L’article qui suit est le fruit d’une initiative individuelle soumise au débat et a vocation à nourrir la réflexion collective sur les problématiques et les perspectives révolutionnaires contemporaines. Les analyses qu’il développe sont proposées à la discussion, à la critique et à l’enrichissement.
Par Erol – JDM
Tout d’abord, nous tenons à indiquer que les articles que nous publions ne feront jamais office de vérités absolues ni d’une quelconque vertu personnifiable, car ils ne sont que les reflets de notre pensée à un moment donné dans un espace donné. Il est à noter que, comme chaque être humain, nous développons notre pensée selon l’environnement et la conscience de classe à laquelle nous appartenons à l’instant. Cependant, la chance dont nous bénéficions tous est de vivre sur le territoire de la Nation Française, rayonnante à l’international par son caractère révolutionnaire, ses révolutions et ses luttes de classe jusqu’à aujourd’hui. De là, l’hypothèse d’une perspective révolutionnaire n’est ni malvenue ni impossible à réaliser à l’heure de la fascisation galopante imposée par l’ordre atlantiste. Nous écrivons donc dans le but d’ouvrir le débat et d’apporter la contradiction qui fera germer une avancée qualitative dans l’évolution de la société actuelle. Une large partie des publications a pour fer de lance la conception socialiste, c’est-à-dire la centralité prépondérante des questionnements ayant pour visée le principe selon lequel le « libre développement de chacun est la clé du libre développement de tous », et devrait permettre une ouverture sur la lecture d’autres articles publiés après de grands travaux de recherche fournis par les camarades de la Jeunesse du Monde et au-delà.

Comment peut-on analyser la perspective révolutionnaire en 2026, à l’heure des guerres, des capitaux internationaux détenus entre les mains de la classe sociale développée du capitalisme parvenu à son stade ultime ?
Nous tenterons de répondre à cette question en analysant, premièrement, l’appropriation du travail collectif par les classes capitalistes à travers l’histoire jusqu’à aujourd’hui. Cette appropriation du mode de production régit toutes les autres formes d’appropriations, que ce soit au travers des formes de domination, d’exclusion ou de peine imposées par la classe dominante bourgeoise. Dans un second temps, nous analyserons le besoin politique des classes bourgeoises d’effacement de la conscience révolutionnaire de la classe ouvrière avec l’appui du lumpenprolétariat, qui s’adjoindra tous les services des ordres bourgeois afin de réprimer l’élan révolutionnaire et donc de maintenir l’ordre actuel, en favorisant entièrement le champ politique réactionnaire. Enfin, nous terminerons en nous centrant sur l’appropriation de l’« authenticité caractérielle » de la classe ouvrière par des classes non-exploitantes, petites-bourgeoises, intellectuelles. Celles-ci côtoient la classe ouvrière, constatent les formes d’exploitation du capitalisme et les exacerbent dans le but politique d’amélioration de leurs seules conditions de vie, sans avoir la perspective (marxiste-léniniste) du dépérissement de l’État par la dictature du prolétariat afin de finaliser l’évolution de la société vers une société sans classes qu’on appelle communément communisme, la phase historique où l’abolition des classes sera réellement effective.
Une anecdote historique vis-à-vis de ce que le gauchisme peut apporter de plus néfaste au mouvement communiste est l’incendie provoqué par un gauchiste s’offusquant de la prise de pouvoir d’Adolf Hitler en Allemagne. Cet événement coûta au camarade Dimitrov une arrestation ainsi qu’un long procès éprouvant, mais qui permit d’unir et de coordonner du mieux possible l’antifascisme international à l’heure de ses accès au pouvoir dans les années 1930.
Il est donc primordial de rappeler ce que l’histoire du mouvement communiste nous enseigne : cette désagrégation n’est jamais spontanée. L’incendie du Reichstag et le procès de Leipzig nous rappellent que la bourgeoisie, à l’heure de la fascisation, n’hésite pas à utiliser les provocations les plus cyniques pour justifier la répression. Comme l’avait démontré Gabriel Péri, le camp réactionnaire n’apporte en rien une réponse aux contradictions exacerbées dans le développement du capitalisme mais est son expression la plus brutale, sa dictature. La leçon de Dimitrov est claire : c’est l’organisation internationale de l’antifascisme, et non les actions isolées d’individus désespérés, qui peut faire front de résistance.
I. L’appropriation du travail collectif par les classes capitalistes : de l’histoire à 2026
L’histoire du mode de production capitaliste est celle d’une spoliation systématique. Dès ses origines, la bourgeoisie ne s’est pas contentée de posséder les moyens de production : elle a dû s’approprier le travail collectif lui-même, en faire une marchandise, le soumettre à la loi de la valeur. Cette appropriation n’a cessé de s’approfondir, prenant des formes toujours plus achevées à mesure que le capitalisme entrait dans son stade impérialiste, puis dans sa phase ultime que nous connaissons aujourd’hui.
L’accumulation primitive : le vol fondateur
Le capitalisme ne naît pas d’une simple évolution technique, mais d’une spoliation violente. L’accumulation primitive — dépossession des paysans, enclosures, conquêtes coloniales — a arraché les producteurs à leurs moyens de subsistance pour les contraindre à vendre leur force de travail. Ce processus, que Marx décrit comme « écrit dans les annales de l’humanité en lettres de sang et de feu », n’est pas un épisode révolu : il se poursuit aujourd’hui sous des formes nouvelles.
La mondialisation capitaliste du XXIe siècle, portée par l’ordre atlantiste, est la continuation de cette spoliation par d’autres moyens. Les guerres, les traités de libre-échange asymétriques, la financiarisation de l’économie et l’endettement des États du Sud constituent une nouvelle accumulation primitive, une appropriation du travail collectif des peuples par une poignée de conglomérats. Comme le rappellent les camarades de la Jeunesse du Monde, « l’impérialisme n’est pas une simple politique étrangère agressive, un goût pour l’aventure militaire. C’est un stade économique précis » (2).
L’exploitation du salariat : le vol quotidien
Dans le mode de production capitaliste, l’appropriation du travail collectif prend sa forme la plus quotidienne à travers le salariat. L’ouvrier vend sa force de travail au capitaliste, qui paie cette force en deçà de sa valeur réelle — la différence constitue la plus-value, source du profit. Cette exploitation n’est pas un accident ou une imperfection du système : elle en est le moteur. Le salariat est le nouveau mode d’exploitation, défini comme le système du salariat, et qui s’est imposé avec l’ère capitaliste après la Renaissance.
Aujourd’hui, en 2026, cette exploitation a atteint des sommets. Les capitaux internationaux, détenus par une classe sociale développée du capitalisme, concentrent des richesses inouïes tandis que la classe ouvrière voit ses salaires stagner, ses conditions de travail se dégrader et sa protection sociale se réduire. Cette dynamique n’est pas conjoncturelle : elle est inscrite dans la logique même du capital, qui doit constamment accroître l’exploitation pour maintenir ses taux de profit. La France, intégrée profondément dans la mondialisation capitaliste, subit de plein fouet ces contradictions, faisant d’elle le maillon faible de la chaîne impérialiste mondiale.
L’impérialisme : l’appropriation internationale du travail
À son stade ultime, l’impérialisme, le capitalisme ne se contente plus d’exploiter la classe ouvrière nationale : il organise l’appropriation du travail à l’échelle planétaire. Par la domination financière, le contrôle des matières premières, les chaînes de production délocalisées et les guerres impérialistes, la bourgeoisie des pays centraux prélève un tribut sur le travail des peuples du monde entier. L’ordre atlantiste, qui impose sa fascisation galopante, est l’instrument politique de cette spoliation globalisée.
Cette appropriation internationale du travail collectif est aujourd’hui à son paroxysme. La guerre des semi-conducteurs, analysée par la Jeunesse du Monde comme « le dernier point de bascule avant le monde nouveau » (3), illustre comment l’impérialisme lutte pour le contrôle des technologies stratégiques et transforme la planète entière en champ de bataille économique, chaque conflit ayant pour enjeu ultime pour l’impérialisme l’appropriation du travail des peuples.
2026 : l’appropriation totale
En 2026, l’appropriation du travail collectif par les classes capitalistes est devenue totale. Elle ne se limite plus à l’exploitation directe dans les usines, mais s’étend à tous les aspects de la vie sociale. Elle s’exerce notamment au travers des formes de réclusions imposées par la classe dominante bourgeoise : enfermement dans des logiques consuméristes, assignation à des rôles sociaux, contrôle par l’endettement et la précarité. C’est une appropriation non seulement de la force de travail, mais de la vie elle-même.
Cependant, cette appropriation totale porte en elle les germes de sa propre destruction. En poussant l’exploitation à l’extrême, la bourgeoisie rend la classe ouvrière toujours plus consciente de son assujettissement. En concentrant les richesses, elle creuse les inégalités jusqu’à la rupture. En unissant le monde sous le joug du capital, elle crée les conditions d’une internationalisation de la lutte. La France, en raison de son histoire révolutionnaire et de la centralité de sa classe ouvrière, apparaît comme l’un des terrains les plus mûrs pour que cette contradiction fondamentale éclate.
II. Le lumpenprolétariat, instrument de la bourgeoisie pour effacer la conscience révolutionnaire
Si l’appropriation du travail est le fondement économique de la domination bourgeoise, elle ne suffit pas à assurer la pérennité du système. La bourgeoisie doit également empêcher la classe ouvrière de prendre conscience de sa condition et de s’organiser pour la renverser. Or, en 2026, la perte d’hégémonie du camp euro-atlantiste fragilise les mécanismes traditionnels de contrôle social — État-providence, médiation syndicale, partis politiques réformistes. Dans ce contexte, les classes dominantes se tournent vers des instruments plus brutaux, plus réactionnaires, pour briser tout élan révolutionnaire. Le lumpenprolétariat est l’un de ces instruments privilégiés.
Le lumpenprolétariat : définition et fonction réactionnaire
Le lumpenprolétariat est pour le marxisme cette couche sociale qui n’a aucune conscience de classe et est incapable de mener une lutte politique organisée. Son instabilité morale, sa paresse, son manque d’éducation, son penchant pour l’aventure et sa violence potentielle en ont fait une proie idéale pour la bourgeoisie, qui a utilisé ses représentants comme briseurs de grève, membres des bandes de pogrom.
La fonction politique du lumpenprolétariat est claire : servir de force de répression, de briseur de grève, de milice d’extrême droite, de supplétif de l’ordre bourgeois. Dans les moments de crise, lorsque la classe ouvrière s’agite, la bourgeoisie a besoin de troupes capables de briser les mouvements sociaux sans passer par les voies légales — trop lentes, trop exposées. Le lumpenprolétariat, déclassé, sans perspective, prêt à vendre sa violence pour une paie, est le réservoir idéal.
La crise de l’hégémonie euro-atlantiste et la montée des pratiques mafieuses
En 2026, la perte d’hégémonie du camp euro-atlantiste aggrave cette dynamique. L’État bourgeois, affaibli par la crise économique, la concurrence des puissances émergentes et l’érosion de ses alliances traditionnelles, n’est plus en mesure d’assurer la domination par le seul consentement. Il doit recourir à des formes de domination plus directes, plus violentes.
C’est dans ce vide que prospèrent les pratiques mafieuses. Le narcotrafic, les réseaux criminels transnationaux, la corruption généralisée deviennent des rouages essentiels du système (4). La bourgeoisie, qui a toujours su utiliser le crime organisé quand cela servait ses intérêts (on pense aux liens entre les services secrets occidentaux et certains trafics pendant la guerre froide), s’en accommode désormais ouvertement. En France, certains quartiers populaires, abandonnés par l’État, deviennent des zones de non-droit où les trafics prolifèrent, créant un lumpenprolétariat toujours plus nombreux et plus violent.
Le clientélisme des partis politiques : de droite comme de gauche
L’instrumentalisation du lumpenprolétariat ne passe pas seulement par la violence directe. Elle passe aussi par le clientélisme. Les partis politiques, de droite comme de gauche, entretiennent des réseaux de dépendance avec des franges déclassées de la population — échanges de services, de petits emplois, de protections contre des soutiens électoraux ou des services de basse police. Ces pratiques, loin d’être marginales, sont devenues systémiques.
À droite, le recours aux milices, aux groupuscules d’extrême droite, aux « citoyens » armés est de plus en plus fréquent. À gauche, certains courants réformistes, pour maintenir leur influence dans les quartiers populaires, transigent avec les réseaux mafieux, fermant les yeux sur les trafics en échange d’une paix sociale de façade. Tous participent au même objectif : maintenir la classe ouvrière divisée, dépourvue de conscience de classe, en la noyant dans le pragmatisme du « chacun pour soi ».
L’effacement de la conscience révolutionnaire
L’objectif ultime de ce dispositif est l’effacement de la conscience révolutionnaire de la classe ouvrière. La bourgeoisie sait que le lumpenprolétariat ne peut pas, à lui seul, empêcher une insurrection. Mais il peut la retarder, la désorganiser, la discréditer. En associant la lutte ouvrière à la violence aveugle, au chaos, à la délinquance, il s’agit de jeter le discrédit sur toute forme de contestation radicale.
Le cas de l’incendie du Reichstag en 1933 est à cet égard exemplaire. Un gauchiste isolé, Marinus van der Lubbe, un jeune ex maçon hollandais ultra-gauchiste, tenta de fomenter des révoltes et mit le feu au parlement allemand. Les nazis saisirent cette occasion pour promulguer un décret suspendant la Constitution, arrêter des centaines de militants communistes — dont Dimitrov — et liquider toute opposition. L’action d’un individu désespéré, déconnecté de toute organisation, servit de prétexte à la répression la plus massive.

La leçon est toujours valable en 2026. La bourgeoisie, qu’elle soit de droite ou de gauche, utilise le lumpenprolétariat — qu’il s’agisse de casseurs, de trafiquants ou de miliciens — pour créer un climat d’insécurité qui justifie la répression. Elle espère ainsi décourager la classe ouvrière, la faire renoncer à l’action collective, l’enfermer dans la peur et la résignation. Face à cette stratégie, la réponse ne peut être que l’organisation. Comme le rappelle l’article de la Jeunesse du Monde sur le Front unique (5), la tactique juste n’est pas le gauchisme aventuriste mais la construction patiente de l’unité de la classe ouvrière, en isolant l’ennemi principal sans se laisser piéger par les provocations.
III. L’appropriation des codes de la classe ouvrière par la petite bourgeoisie intellectuelle
L’instrumentalisation du lumpenprolétariat est la face visible de la répression. Mais il existe une autre forme d’attaque, plus insidieuse : l’appropriation par des couches non exploiteuses — petite bourgeoisie, intellectuels, « nouveaux travailleurs » — des codes, du langage et des vêtements de la classe ouvrière. Cette appropriation, loin d’être anodine, vise à vider la lutte de classe de son contenu, à la réduire à une esthétique, à un mode de vie, à un label. Elle est l’expression moderne d’une tendance ancienne : celle des classes moyennes qui, vivant aux côtés de la classe ouvrière, cherchent à améliorer leurs conditions de vie seules, sans adopter la perspective véritablement marxiste-léniniste du dépérissement de l’État par la dictature du prolétariat.
Une proximité de façade
De nombreux intellectuels, étudiants, professions intermédiaires vivent dans les quartiers populaires, partagent parfois les luttes quotidiennes des ouvriers. Ils peuvent sincèrement se sentir solidaires, adopter le langage, les vêtements, les codes culturels de la classe ouvrière. Mais cette proximité est souvent de façade : elle ne repose pas sur une identité de conditions économiques, ni sur une commune appartenance à la production.
La petite bourgeoisie intellectuelle, par sa position sociale, reste attachée à la propriété privée, à l’individualisme, à la mobilité sociale ascendante. Elle ne souhaite pas l’abolition des classes, mais sa propre promotion au sein de la hiérarchie existante. Elle peut critiquer le capitalisme, mais elle espère en tirer profit — par un meilleur salaire, une reconnaissance sociale, une position d’influence. Cette contradiction fonde son ambiguïté.
L’esthétisation de la lutte des classes
L’appropriation des codes de la classe ouvrière par la petite bourgeoisie prend souvent la forme d’une esthétisation. Le « look » ouvrier — vêtements de travail, casquette, vocabulaire cru — devient un signe de distinction, une manière de se démarquer de la bourgeoisie traditionnelle tout en restant dans son orbite. Le langage, lui aussi, est récupéré : les expressions ouvrières sont utilisées comme des marqueurs d’authenticité, vidées de leur contenu de classe.
Cette esthétisation est dangereuse car elle brouille les repères. Elle fait croire que la lutte des classes est affaire de style, d’attitude, de posture. Elle détourne l’attention des rapports de production réels, des conditions d’exploitation, des enjeux matériels. Elle transforme la révolution en spectacle, en marchandise culturelle consommable par les classes moyennes.
L’idéologie de l’amélioration individuelle
La petite bourgeoisie intellectuelle, même lorsqu’elle se dit « de gauche », « anticapitaliste » ou « communiste », reste fondamentalement individualiste. Elle cherche à améliorer ses conditions de vie seule — par l’éducation, le réseautage, la mobilité professionnelle. Elle peut militer, signer des pétitions, participer à des manifestations, mais elle refuse l’idée d’une transformation radicale des rapports de production, d’une dictature du prolétariat, d’un dépérissement de l’État.
Cette idéologie de l’amélioration individuelle est en réalité profondément réactionnaire. Elle divise la classe ouvrière, en encourageant chacun à penser à sa propre carrière plutôt qu’à la lutte collective. Elle fait le jeu de la bourgeoisie, qui préfère mille fois des contestataires individualistes que des ouvriers organisés. Comme l’analyse l’article sur l’Architecture de classe publiée par la Jeunesse du Monde, la petite bourgeoisie constitue une couche sociale distincte, avec des intérêts propres qui ne coïncident pas avec ceux du prolétariat.
La récupération des luttes émancipatrices
Le danger est particulièrement grand lorsque cette appropriation touche les luttes émancipatrices — racisme, féminisme, écologie. Le communisme regroupe toutes les questions liées au racisme, au féminisme, à l’écologie, notions structurantes du système d’exploitation capitaliste. Or ces luttes sont devenues des terrains privilégiés de la récupération petite-bourgeoise.
La petite bourgeoisie intellectuelle s’empare des questions raciales, féministes, écologiques, mais elle les vide de leur contenu de classe. Elle en fait des causes morales, des revendications identitaires, des labels de vertu. Elle oublie que le racisme, le sexisme, la destruction écologique sont des produits du capitalisme, et que leur abolition passe par l’abolition du mode de production capitaliste lui-même. En séparant ces luttes de la lutte des classes, elle les affaiblit et les rend inoffensives pour le système.
La réponse marxiste-léniniste : l’organisation de la classe ouvrière
Face à cette appropriation, la réponse ne peut être que la réaffirmation de la primauté de la classe ouvrière et de son organisation. Il ne s’agit pas de nier la réalité des oppressions, ni de rejeter toute solidarité avec les classes moyennes. Il s’agit de comprendre que seule la classe ouvrière, parce qu’elle est la classe productrice, parce qu’elle est exploitée, parce qu’elle n’a rien à perdre que ses chaînes, est capable de mener la lutte jusqu’à son terme : l’abolition de toutes les classes.
La petite bourgeoisie intellectuelle, aussi sincère soit-elle, ne peut pas porter cette perspective. Elle peut être une alliée, une force d’appoint, mais elle ne peut pas être le moteur de la révolution. Le moteur, c’est le prolétariat organisé en parti, avec une théorie révolutionnaire, une discipline de fer, une stratégie claire. C’est pourquoi la reconstruction du Parti communiste — « en tant qu’avant-garde et « quartier général » de la classe ouvrière » — est « l’urgence absolue de notre temps ».
Il ne s’agit pas de copier mécaniquement les formes du passé, mais de les adapter aux conditions de 2026. Cela implique une structuration organique : « des cellules dans les entreprises, les usines, les quartiers ; des sections et des comités régionaux ; une organisation centrale capable de coordonner l’ensemble ». Cela implique un travail théorique et pratique, une lutte sur tous les terrains — économique, politique, idéologique — pour gagner la classe ouvrière à la perspective révolutionnaire. Cela implique enfin une vigilance constante contre les récupérations, les déformations, les trahisons, qu’elles viennent de la droite ou de la gauche, du lumpenprolétariat ou de la petite bourgeoisie.
Conclusion : Pour une perspective révolutionnaire en 2026, le fil conducteur reste la dictature du prolétariat
En 2026, la perspective révolutionnaire en France n’est ni utopique ni impossible. Les conditions objectives sont réunies : la crise du capitalisme impérialiste, la fascisation de l’ordre atlantiste, la concentration des richesses, l’exploitation croissante de la classe ouvrière. Mais les conditions subjectives ne le sont pas encore. La classe ouvrière reste divisée, désorientée, privée de sa conscience de classe par les mécanismes que nous avons analysés.
La tâche des communistes est de transformer cette situation pré-révolutionnaire en situation révolutionnaire. Cela passe par l’organisation, la théorie, la propagande, l’action. Cela passe par la reconstruction d’un parti de type nouveau, fidèle au marxisme-léninisme, capable de porter la lutte jusqu’à la dictature du prolétariat et au dépérissement de l’État. Comme l’enseigne l’histoire de Dimitrov et du procès de Leipzig, ce n’est pas l’action isolée des gauchistes qui fera la révolution, mais l’action organisée, disciplinée, collective de la classe ouvrière, unie derrière son avant-garde.
Le jour va poindre. Mais ce jour ne viendra pas tout seul. Il viendra par notre volonté, notre organisation, notre lutte. La France, terre de révolutions, peut être le berceau de la prochaine. À nous de faire en sorte qu’elle le soit.
Notre analyse nous a conduits à travers trois cercles concentriques de l’exploitation capitaliste : l’appropriation du travail collectif, la répression politique via l’instrumentalisation du lumpenprolétariat, et l’appropriation culturelle des codes de la classe ouvrière par la petite bourgeoisie intellectuelle. Ces trois niveaux ne sont pas des phénomènes séparés mais les facettes d’un même mouvement : la tentative permanente de la bourgeoisie de désarmer la classe ouvrière de sa conscience de classe pour pérenniser son exploitation.
Le VIIe Congrès du Komintern, en 1935, a posé les bases de cette unité nécessaire. Marcel Cachin et Maurice Thorez y ont souligné que le danger fasciste ne se combat pas par des aventures gauchistes mais par la construction patiente du parti de la classe ouvrière. La tactique du Front unique et du Front populaire, loin d’être un abandon des positions de classe, constitue au contraire la voie stratégique pour isoler l’ennemi principal sans affaiblir la classe ouvrière.
Aujourd’hui, en 2026, la situation objective est mûre. La France, maillon faible de la chaîne impérialiste mondiale, concentre des contradictions sociales portées à incandescence. La guerre des semi-conducteurs, la financiarisation de l’économie, la militarisation de la société, l’effondrement écologique — tous ces symptômes annoncent l’approfondissement de la crise générale du capitalisme. Mais une situation pré-révolutionnaire ne devient révolutionnaire que par l’intervention consciente, matérielle et organisée des forces révolutionnaires.
C’est ici que se joue le rôle décisif du parti. La reconstruction du Parti communiste passe par une structuration organique : des cellules dans les entreprises, les usines, les quartiers ; des sections et des comités régionaux ; une organisation centrale capable de coordonner l’ensemble. Sans cette architecture de classe, sans cette discipline de fer, la classe ouvrière restera dispersée et vulnérable aux sirènes de la petite bourgeoisie qui, sous couvert de « radicalité », ne fait que servir les intérêts du capital.
La lutte contre le gauchisme n’est pas une querelle dogmatique. C’est une nécessité stratégique. L’incendie du Reichstag a montré comment l’action individuelle et désorganisée peut servir de prétexte à la répression la plus massive. De même, l’appropriation des codes vestimentaires et linguistiques de la classe ouvrière par des couches non-exploitantes n’est pas une simple question culturelle : c’est une tentative de dissolution de la conscience de classe dans le relativisme petit-bourgeois, une forme insidieuse de récupération qui vide la lutte de son contenu révolutionnaire.
La perspective marxiste-léniniste reste donc la boussole. Elle nous enseigne que l’abolition des classes ne passera pas par des compromis avec la bourgeoisie, ni par des subterfuges culturels, ni par des actions spectaculaires mais isolées. Elle passera par la dictature du prolétariat — phase historique nécessaire où la classe ouvrière, organisée en parti, s’empare du pouvoir d’État pour briser la machine d’État bourgeoise et établir les bases d’une société sans classes. Cette dictature n’est pas un but en soi mais le moyen d’achever le dépérissement de l’État, conformément à l’enseignement de Marx et Lénine.
En 2026, les conditions objectives sont réunies. La conscience socialiste ne surgira pas spontanément des décombres de la crise ; elle doit être semée, cultivée par l’organisation. Le travail théorique, l’étude des sources, la diffusion des brochures comme celle de Gabriel Péri, l’analyse concrète de la composition des classes en France — tout cela est indispensable. Mais la théorie sans pratique est stérile. La pratique sans théorie est aveugle.
Notre devoir est clair : construire le parti, unir la classe ouvrière, isoler l’ennemi, et préparer la prise du pouvoir. La révolution n’est pas une fatalité, mais elle est une possibilité historique qui dépend de notre capacité à organiser, à éduquer et à lutter.
Sources :
- Non, le Nazisme n’est pas le socialisme, brochure de Gabriel Péri, rédigée en 1941 en pleine occupation allemande du territoire français. https://hurlus.fr/peri1941_nazisme-socialisme/peri1941_nazisme-socialisme_a5.pdf
- Interventions de Marcel Cachin et de Maurice Thorez au VIIe congrès de la 3e Internationale, tenu du 25 juillet au 21 août 1935, à Moscou. https://www.cinearchives.org/catalogue-7eme-congres-du-komintern-a-moscou-le-1104-15-1-0.html
- https://www.persee.fr/doc/rhmc_0048-8003_1991_num_38_1_1583?q=dimitrov
- Le héros du procès de Leipzig. https://materialisme-dialectique.com/georgi-dimitrov-et-le-proces-de-leipzig-en-1933/
Les articles à lire pour aller plus loin :
https://jeunessedumonde.fr/2026/01/31/pourquoi-la-prochaine-revolution-eclatera-en-france/
Notes :
(1) : https://materialisme-dialectique.com/georgi-dimitrov-et-le-proces-de-leipzig-en-1933/
(2) : https://jeunessedumonde.fr/2026/01/31/pourquoi-la-prochaine-revolution-eclatera-en-france/












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