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Comment faire l’OCF ? Nos cellules, nos sections, nos comités régionaux et notre organisation centrale

par | Fév 15, 2026 | Théorie-débats | 1 commentaire

Désormais que notre organisation a su passer la première étape de son congrès fondateur et rassembleur, après plusieurs semaines difficiles et de travail acharné sous le feu des attaques des pires toutous de la clique désormais pleinement à la tête du PRCF — grand bien leur fasse —, la question de la remise en route de notre structuration locale et de son articulation avec notre organisation centrale, dans le cadre validé par nos statuts, se fait de plus en plus pressante.

Pour rappel, notre parti, par choix politique et organisationnel ancré dans la réalité, se structure ainsi :

  1. Là où des camarades sont concentrés dans une entreprise (d’un ou plusieurs sites), une usine, un village, un établissement scolaire ou un quartier, nous y formons avec eux une cellule ;
  2. Différentes cellules rapprochées, ou à défaut et à minima la concentration de camarades sur une grande ville, forment une section ;
  3. Et l’ensemble est suivi par un comité régional, le tout subordonné au parti, à l’organisation centrale.

De ce simple rappel doit tout de suite émerger la bonne compréhension de nos tâches en la matière.

Nos cellules, unités de base de la vie du parti

Elles sont les organisations de base de l’ensemble de notre parti et celles qui font vivre, dans les bases, les actions du parti. Elles concentrent nos recrues dans un espace donné restreint et pertinent politiquement (une usine, une entreprise ou un groupement d’entreprises, un village rural, un quartier urbain, un lycée ou encore une université).

C’est jusque-là que doivent redescendre et se discuter les dernières analyses, les dernières propositions, les derniers éditos de l’OCF et de la JDM.

C’est là que ces discussions doivent se transformer en action de diffusion de l’agitation et de la propagande, liées aux questions propres à leurs périmètres, afin de permettre d’élever la conscience de classe des travailleurs et des citoyens sur place.

Ce dernier point m’impose d’insister sur un aspect parfois trop flou sur ce qu’il convient de faire dans le cadre de nos adhésions. Nos procédures d’adhésion ont été clarifiées et ouvrent la voie à une cooptation de militants plus rigoureuse. Cette cooptation doit devenir progressivement encore plus « professionnelle », car pour obtenir et maintenir un niveau politique élevé et n’être pas tirés vers le bas par des éléments certes volontaires mais trop peu conscients des enjeux de classe dans leur globalité, nos cellules doivent trier sur le volet avec le plus grand des professionnalismes ceux et celles qui y adhèrent. Cela ne signifie pas, bien au contraire, qu’il ne faille pas s’appuyer sur des éléments sympathisants pour des tâches précises et, tout simplement, sur les dynamiques des masses. Cela ne signifie pas non plus qu’il faille être un marxiste déjà éprouvé pour rejoindre notre parti qui a justement pour vocation de former, de « fabriquer », de tels éléments capables d’insuffler la conscience de classe à un maximum de travailleurs. C’est même là tout l’enjeu de la cellule que d’ancrer le parti, ses idées et ses représentants nationaux et locaux dans les masses, tout en maintenant un niveau de conscience et d’action révolutionnaire élevé, « professionnel ».

Dans les entreprises et usines, qu’elles soient sur un ou plusieurs sites distincts, la cellule est confrontée, à l’intérieur, à un travail « clandestin » des plus importants puisque la propagande politique y est totalement interdite. Les possibilités d’organisation depuis l’extérieur amenuisent les risques, mais un travail communiste énergique en entreprise, de l’intérieur et de l’extérieur, pourrait éveiller les soupçons des syndicalistes vendus à la direction, et de la direction elle-même. Il y a donc un véritable enjeu d’organisation discrète pour nos cellules d’entreprise le temps qu’elles prennent suffisamment de force. À l’extérieur, la cellule doit étendre ses ramifications autant que faire se peut sur tous les aspects qui peuvent l’aider à se développer et assurer sa sécurité et sa pérennité.

Les tâches principales des cellules d’entreprise et d’usine, où se joue l’exploitation capitaliste la plus directe, sont d’œuvrer à rassembler et organiser les militants communistes de l’entreprise, à les mettre en branle pour lutter au sein de tous les syndicats pour l’unité syndicale et pour la direction syndicale unique de classe, et à diffuser la propagande, l’agitation et les mots d’ordre de notre parti, de toutes les manières possibles, aux travailleurs salariés. Il conviendrait pour notre parti de pouvoir compter dès son deuxième congrès sur l’établissement préalable de quelques cellules capables de « faire exemple » pour l’ensemble du mouvement. Là où déjà des perspectives se dessinent, il s’agit de forger à deux ou trois militants, avec le concours de notre commission à l’organisation, ces cellules qui seront appelées à se multiplier par la suite.

Dans un quartier ou un village, la cellule ne peut se limiter à une simple activité de diffusion de tracts ou à la vente du journal sur les marchés et en porte-à-porte, même si ces tâches demeurent indispensables. Elle doit avant tout s’ancrer profondément dans la vie concrète de la population et se rendre identifiable comme une force utile, sérieuse et digne de respect. Être reconnu ne suffit pas : il faut être perçu comme nécessaire. Cela implique de participer activement à la vie locale, d’y intervenir avec constance, d’y nouer des liens durables, et de porter des initiatives, avec l’appui d’un maximum de concitoyens, qui répondent aux besoins réels des habitants. Collectes et distributions alimentaires, soutien aux familles en difficulté, entraide de voisinage, mais aussi organisation d’activités culturelles, familiales ou éducatives : autant de moyens de rassembler largement, de recréer du lien social et d’ouvrir des espaces de discussion politique. Ces initiatives ne sont pas de simples œuvres caritatives ; elles doivent être pensées comme des leviers d’élévation de la conscience de classe, en montrant concrètement que les problèmes rencontrés localement trouvent leur origine dans les contradictions du système capitaliste et dans les choix politiques nationaux et européens.

Contrairement au travail en entreprise, la discrétion y est moins de mise : dans les quartiers et villages, nos militants doivent assumer publiquement leur engagement et se construire progressivement comme des figures locales reconnues pour leur sérieux, leur dévouement et leur capacité à rassembler. Il s’agit de gagner la confiance, puis le respect, en se plaçant au service des intérêts populaires. La cellule de quartier doit ainsi contribuer au développement d’organisations de masse non syndicales, adaptées aux réalités locales, capables d’agréger largement travailleurs, familles, jeunes et retraités autour de revendications concrètes et d’initiatives collectives. C’est dans ce cadre que peuvent émerger des travailleurs et citoyens reconnus, respectés, capables de prendre des responsabilités et de diriger le mouvement populaire. Les échéances électorales municipales, qui ne doivent pas être boycottées, constituent un moment particulier de cristallisation de ce travail d’implantation et de représentation politique, mais elles ne sauraient en être l’unique horizon : c’est par un enracinement quotidien, patient et organisé que la cellule acquiert sa légitimité.

Dans un établissement scolaire, général, professionnel ou universitaire, la cellule veillera là aussi tout d’abord à rassembler les éléments communistes qui peuvent adhérer à l’OCF. Si des spécificités liées à des élections (élections étudiantes, élections CROUS notamment) peuvent animer nos camarades dans ce cadre là, et d’un point de vue similaire à l’implantation en quartier ou en village, nos cellules veilleront peut-être davantage à animer une activité aiguë de formation des jeunes recrues en lien avec d’autres cellules locales et avec la section dont ils dépendent. On peut même dire que ces cellules sont d’une importance capitale, à l’heure où en France plus de la moitié des jeunes s’inscrivent dans un cursus étudiant, classes populaires comprises, et où l’écrasante majorité des mineurs passe par un lycée général ou professionnel. Ouvrir nos jeunes esprits aux enjeux de classe, à l’analyse marxiste, aux intérêts du prolétariat et de l’humanité, aux sciences politiques telles qu’elles doivent être menées par un parti communiste, voilà un objectif audacieux mais vital pour diffuser chemin faisant et partout dans le pays nos idées, nos analyses, notre organisation et notre combat, ainsi qu’assurer des recrues neuves plus régulièrement.

Nos sections, coordinatrices politiques et logistiques locales

Afin que la vie des cellules puisse trouver écho dans notre propre parti, et afin de lier logistiquement entre elles des cellules d’une même grande ville et de ses environs, il importe que celles-ci mettent en place, avec l’aide de notre commission à l’organisation et de leur comité régional respectif, une section locale dirigée par un bureau le plus représentatif possible de l’activité locale de notre parti. Sa mission première doit être d’assurer le suivi de l’activité des cellules, la remontée au comité régional d’un rapport global d’activité de ces cellules et de toute autre activité locale menée. Il importe aussi que la section aide les cellules à tisser un réseau logistique viable entre elles et avec toute autre association utile. Elle pourrait également les rassembler épisodiquement pour des évènements conviviaux et festifs afin de faire la démonstration de leur étendue.

La section doit, à mon avis, ne pas sortir de ce cadre pour ne pas prendre la place des cellules qui doivent rester l’unité de base de la vie du parti.

Dans le cas où une section municipale serait créée pour regrouper des camarades d’une grande ville sans que n’existe aucune cellule, il n’est alors d’autre tâche pour cette section que d’œuvrer prioritairement à un plan — et à l’exécution de ce plan — permettant le plus rapidement possible pour chaque militant ou groupe de militants de créer des cellules afin que la section ne soit pas sans fin dans des dispositions exceptionnelles mais retrouve rapidement sa raison d’être.

J’insiste, il est tout à fait primordial que nos sections locales ne jouent pas le rôle d’une cellule à une échelle moins pertinente. Elles doivent s’en tenir à un rôle de coordination. Le bureau de la section locale, néanmoins et comme le bureau de tout échelon, est garant de l’orientation politique prise par l’OCF lors de son congrès précédent. Un bureau doit tenir bon sur les orientations politiques du parti, mais ne doit pas se substituer à un autre, qu’il soit d’échelon plus « bas » ou plus « haut », sinon c’est la pagaille assurée et la crise de légitimité qui en découle ne produit dans nos rangs qu’amertume et déception. C’est en ce sens que chaque échelon doit avoir son rôle propre et que les orientations politiques adoptées à la majorité doivent agir comme un liant entre tous ces échelons. C’est toute l’organisation qui doit veiller à la bonne tenue de ce principe.

Si des problèmes politiques venaient néanmoins à éclater au sein d’une cellule, la section locale doit en avertir son comité régional qui en fera état, sauf cas d’extrême urgence où il convient d’agir et d’informer rapidement, dans son rapport global d’activité à notre direction centrale.

Nos comités régionaux, lien crucial entre l’organisation centrale et ses bases

Ceux-là, animés par un bureau composé progressivement et conjointement avec notre parti des meilleurs éléments de la région — mais en nombre limité —, n’ont d’autre objectif que de déployer « vers le bas » les directives de l’organisation centrale, et de faire remonter « vers le haut », par des assemblées générales régionales au moins annuelles, les rapports et bilans d’activités, d’organisation et de développement.

Si nous voulons assurer à notre parti le développement local qui lui est nécessaire, il est primordial là aussi que nos comités régionaux jouent leur rôle et qu’on les y aide « d’en haut » et « d’en bas ».

Jamais un comité régional ne doit constituer autre chose qu’un bureau de coordination en parfaite adéquation avec l’organisation centrale. Sinon c’est qu’il devient soit un objet indépendant, soit le bureau politique des sections et cellules de la région considérant que les affaires de sa région ne regardent que lui. Or c’est d’un parti centralisé dont nous avons besoin, vivant par ses cellules et ses sections locales, représenté (à terme) par un Comité central et une direction issue de ses rangs et dont le congrès, l’expression souveraine de tout l’OCF, lui confère toute la légitimité démocratique possible. Si nous voulons que cela fonctionne ainsi, alors l’ensemble de notre parti doit comprendre que nos comités régionaux, pour le dire simplement, doivent être des émanations de l’organisation centrale et non des émanations des organisations locales.

Cela oblige cependant l’organisation centrale à travailler de concert avec nos organisations à la base pour proposer des comités régionaux qui soient légitimes et en mesure de travailler et d’assurer leur mission. Ce jeu de centralisme, de légitimité et de confiance est un travail précis et délicat, qui nécessite une connaissance accrue de notre organisation tout autant qu’une parfaite compréhension des enjeux de « bolchevisation » de l’OCF — voire de la renaissance communiste tout court — qui sont aux antipodes de quelques constructions de baronnies « communistes » locales que ce soit, naviguant comme bon leur semble, avec ou sans la direction centrale.

L’organisation centrale, à hauteur de vue de nos objectifs

En développant correctement tous ces aspects, en chassant de nos pratiques toute velléité de faire le Parti en plus petit et de régler telle ou telle affaire sans en référer à personne, l’organisation centrale de notre parti s’en retrouvera renforcée pour assurer elle aussi sa tâche : porter l’OCF à la hauteur de vue nationale et internationale qu’imposent les conditions matérielles du monde afin que « le prolétariat conquière le pouvoir politique, s’érige en classe nationale (ou en classe dirigeante de la nation), se constitue lui-même en nation » (Marx et Engels, Manifeste du Parti communiste, 1848 et 1888).

En cela notre organisation centrale minimale actuelle doit pour notre prochain congrès mettre en place les conditions permettant la création d’un véritable Comité central duquel la direction centrale sera issue. Ces instances — peut-être accompagnées d’autres si cela est jugé nécessaire mais sans alourdir l’ensemble — formeront le tout de notre organisation centrale que nos congrès légitimeront d’un mandat. Et il ne doit y avoir aucune hésitation quant à la nécessité que ce mandat permette à l’organisation centrale de porter l’ensemble des décisions prises en congrès et, par-là, de porter la ligne générale de notre parti. Cela non pas seulement pour porter de simples postures nationales et internationales sur tel ou tel sujet, mais pour diriger la tâche de l’ensemble du parti d’élever la conscience de classe et la hauteur de vue du prolétariat à cette échelle pour le disposer à se mêler des affaires nationales et internationales, à en comprendre les enjeux, à apprendre à les régler à sa manière et, le jour venu, à diriger lui-même la nation et davantage en « se constituant lui-même en nation ».

Par là, la construction de notre média national, en l’occurrence Jeunesse du monde, revêt un caractère extrêmement important pour porter à cette juste hauteur, et avec les moyens de diffusion extraordinaires que nous avons entre nos mains, les analyses, mots d’ordre et le programme que nous portons. Sur cet aspect, j’invite le lecteur à prendre connaissance de mon texte « Des relations de notre organisation avec son organe central ».

Nous avons aujourd’hui accès à l’ensemble de l’actualité nationale et mondiale. Articulée à une analyse marxiste-léniniste, chacun d’entre nous, et en premier lieu les dirigeants et cadres, peut et se doit d’appuyer autant que faire se peut notre média en contribuant directement à la réflexion de l’ensemble de notre parti pour le développement des cellules à sa direction nationale. C’est ainsi, et en défendant le caractère centralisé du parti, que nous ferons de la politique au sens le plus noble du terme, que nous renforcerons notre apprentissage de l’organisation et, chemin faisant, que nous ferons réellement Parti.

Le 15/02/2026

Gilliatt De Staërck, secrétaire général de l’OCF

(Mes remerciements à mon camarade Jérémy pour ses commentaires et ses apports qui ont permis d’affiner ce texte)

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1 Commentaire

  1. GHERARDI

    Selon Platon, l’Etat peut exercer des censures sur les contenus de l’enseignements concernant des tensions irréductibles entre deux impératifs la préservation des libertés individuelles et la défense de l’intérêt général.

    Aujourd’hui. Le Code de l’éducation article L141-6 Le service public de l’enseignement supérieur est laïque et indépendant de toute emprise politique, économique, religieuse ou idéologique ; il tend à l’objectivité du savoir ; il respecte la diversité des opinions. Il doit garantir à l’enseignement et à la recherche leurs possibilités de libre développement scientifique, créateur et critique.

    Réponse

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