
À Washington comme à New York, l’aile gauche du Parti démocrate enregistre plusieurs succès électoraux. Dans la capitale fédérale, Janeese Lewis George, soutenue par les Democratic Socialists of America, a remporté la primaire démocrate pour la mairie, tandis que Robert White s’est imposé pour le poste de délégué de Washington au Congrès. À New York, plusieurs candidats soutenus par le maire Zohran Mamdani et par les DSA ont également remporté des primaires démocrates, battant parfois des élus installés de l’appareil démocrate.
Cette poussée traduit une radicalisation limitée mais réelle d’une partie de l’électorat urbain américain. Logement hors de prix, précarité, inégalités raciales, recul des droits sociaux, soutien démocrate à Israël : dans les grandes métropoles, les démocrates traditionnels paient leur incapacité à répondre aux contradictions du capitalisme américain. Les candidats de cette gauche urbaine parlent de loyers, de services publics, de taxation des riches, de droits des immigrés et, parfois, de Palestine.
Mais il ne faut pas confondre cette dynamique avec une percée socialiste au sens sérieux du terme. Les Democratic Socialists of America relèvent surtout d’une social-démocratie de gauche, intégrée au Parti démocrate, l’un des deux grands partis du capital américain. Leur horizon reste celui d’une réforme du système de l’intérieur, non d’une rupture avec le pouvoir de la bourgeoisie.
L’intérêt de ces résultats est ailleurs : ils montrent que, même au cœur de l’empire américain, l’appareil démocrate est contesté sur sa gauche par des secteurs populaires et militants que la crise sociale pousse à chercher autre chose. Reste à savoir si cette colère restera captive du progressisme démocrate ou si elle pourra trouver, un jour, une expression indépendante de classe.
Source: https://www.peoplesworld.org/article/d-c-socialists-and-progressives-sweep-elections/












0 commentaires