Nabil Fahmy, ancien ministre égyptien des Affaires étrangères, a été désigné secrétaire général de la Ligue arabe. Il succède à Ahmed Aboul Gheit, lui aussi égyptien, confirmant la mainmise traditionnelle du Caire sur une organisation qui prétend parler au nom du monde arabe mais reste largement paralysée par les intérêts des régimes qui la composent.

Le profil de Fahmy dit beaucoup de cette continuité. Ancien ambassadeur d’Égypte aux États-Unis, ministre après le coup de force militaire de 2013, il incarne une diplomatie d’appareil, prudente, compatible avec Washington et avec l’ordre régional issu des compromis imposés aux peuples arabes depuis des décennies.
Sa nomination intervient pourtant dans un moment où la faillite de la Ligue arabe apparaît au grand jour. Gaza est détruite, le Liban est bombardé, la Palestine continue d’être livrée au sionisme, tandis que plusieurs régimes arabes maintiennent ou préservent leurs relations avec Israël et les États-Unis. Face à cette situation, la Ligue arabe multiplie les déclarations, mais ne construit aucun rapport de force réel.
Le problème n’est donc pas la personnalité de Fahmy, mais la nature même de cette organisation : une structure dominée par des États bourgeois, monarchiques ou militaires, plus soucieux de préserver leurs équilibres diplomatiques que de soutenir effectivement les peuples arabes. Tant que la rupture avec l’impérialisme américain et le sionisme ne sera pas posée comme ligne politique, la Ligue arabe restera un théâtre de discours sans puissance réelle.












0 commentaires