Ce texte de la commission Recherche & Formation de l’OCF est un travail de recherche interne, soumis au débat entre camarades. Il n’engage pas une position officielle de l’OCF, mais vise à alimenter une réflexion collective nécessaire. Il a été motivé par le constat suivant : dans la période de contre-révolution que nous traversons, les résistances légitimes contre l’autophobie (le dénigrement de notre propre histoire) peuvent parfois basculer dans une dérive inverse, qu’il est proposé d’appeler ici « folklorisme ». Cette dérive, qui fige le communisme dans un culte du passé et des symboles, constitue un obstacle à la reconstruction d’un parti révolutionnaire. Cette étude se concentre sur le cas français et sur les scissions du PCF des années 1990, notamment celle qui donnera le PRCF, mais elle s’inscrit dans un champ de recherche plus large. Les travaux de la commission Recherche & Formation portent également sur deux autres objets principaux : la classe ouvrière au XXIème siècle, et la question des fronts politiques. L’analyse qui suit n’a pas vocation à clore le débat, mais à l’ouvrir, dans un esprit d’autocritique et de construction collective.
Avec la chute de l’URSS et la période de contre-révolution perdurant jusqu’à nos jours, le mouvement communiste s’est trouvé affaibli et attaqué de toute part. Son passé a été largement criminalisé. On l’a accusé de tous les maux afin de le rendre moins désirable aux yeux des masses et d’amoindrir les volontés de résistance. De manière étonnante, c’est y compris dans les rangs des organisations se revendiquant du camp révolutionnaire qu’ont eu lieu des attaques terribles contre le « totalitarisme ». C’est ce que Domenico Losurdo appelait l’autophobie1 et contre lequel le marxiste italien nous avertissait, c’est-à-dire le dénigrement de son histoire propre en reprenant les mots de l’adversaire. Ce phénomène était, et est toujours dans une certaine mesure, à ce point massif que Losurdo n’a pas analysé la tendance inverse, bien moins perceptible, chez certains mouvements communistes, mais tout autant idéaliste, et qu’on appellera faute de mieux le folklorisme.
En effet, la première des résistances contre cette autophobie fut d’assumer ce passé communiste tant décrié, quitte à le dénaturer partiellement en lui donnant une image figée dans le passé. Une résistance en soi salutaire mais qui devient dangereuse si on s’en contente comme activité ou tout simplement ridicule si elle vise au “paraître”, physiquement comme mentalement, communiste.
Bien qu’il s’agisse d’un phénomène planétaire, notre sujet d’étude étant les scissions du PCF mutant (années 1990), nous allons nous concentrer sur le cas français. Étant donné que l’auteur de ces lignes a été pendant 8 ans membre du PRCF, que cette organisation a pendant longtemps été la mieux organisée des scissions du PCF, il sera fait une analyse plus longue sur des éléments moteurs de sa stratégie, en particulier deux de ses points cardinaux : son utilisation des grands noms de l’histoire du PCF et la centralité de l’activité mémorielle.
1) Le folklorisme : ses origines, ses limites
En avant-propos, nous signalons au lecteur que ce caractère folkloriste peut aussi être attribué à divers groupuscules politiques au cours de l’histoire de France ou internationale. Dans les années 70, certains maoïstes se plaisaient à mettre à tout bout de champ les noms et portraits de Marx-Engels-Lenine-Staline, sans pour autant suivre les enseignements de ces personnages. Il s’agit toujours d’une tentation du monde ouvrier, surtout dans les tendances sectaires. Cependant, celle-ci était contenue par un mouvement ouvrier fort représenté par son parti. Ce qui s’est passé au moment de la mutation du PCF est d’une autre envergure.
Commençons par replacer les choses dans leur contexte.
Le PCF a connu depuis les années 60 une lente mutation idéologique qui a favorisé, malgré le maintien de son rôle de parti de la classe ouvrière, sa décomposition bien des décennies après. On pense immédiatement à ce qui apparaît le plus évident : l’abandon idéologique de la défense de la dictature du prolétariat (1976), puis du centralisme démocratique (1996). Cependant, il faut prendre en compte le changement de composition sociale des militants du PCF. Au fur et à mesure que son institutionnalisation dans le jeu électoral avançait, les couches sociales prolétariennes abandonnèrent le parti. Peu à peu, arrivèrent en masse, à la base puis à la direction, les intellectuels, les enseignants et les fonctionnaires de manière générale. Les élus, traditionnellement cantonnés à un rôle très précis et n’ayant pas une autorité trop importante par rapport à la direction du Parti, commencèrent à avoir un poids important dans les décisions de l’organisation. Ce rôle central sera accentué dans les années Robert Hue par la réorganisation de la vie militante locale autour de la défense des municipalités communistes. Des élus qui par ailleurs auront de moins en moins une origine ouvrière : comme de nombreux partis de gauche, ce seront surtout les membres de la fonction publique qui s’en empareront, et pas forcément les simples agents d’exécution2.
Cependant, il ne faut pas isoler ce processus de la vague de reflux du communisme. Certes, le Parti commençait déjà à dériver dès Waldeck Rochet, il ne pouvait pour autant totalement sombrer dans l’opportunisme à cause des luttes révolutionnaires partout dans le monde (Vietnam, Palestine, Afrique du Sud), sans parler du maintien au pouvoir de nombreux États socialistes. À partir des années 80, aussi bien les luttes révolutionnaires que les États socialistes, à commencer par l’URSS de Gorbatchev, connaissent une période d’effondrement. Ce sont les prémices d’une période contre-révolutionnaire qui débutera réellement avec la chute du premier pays socialiste en 1991. Effondrements en série qui sont la suite logique d’une immense campagne politique de déstabilisation de ces pays, sans parler des fautes politiques commises par les mouvements communistes. La bourgeoisie sortait triomphante à l’aube des années 90. Elle avait réussi à vaincre un ennemi qui présentait un modèle alternatif à son régime ET à récupérer des territoires à piller, comme les ex-soviétiques l’apprendront à leurs dépens3. En somme, la situation internationale ne pouvait que permettre d’achever la mutation en cours du PCF.
Délié de la classe ouvrière et se concevant comme un parti démocratique institutionnel à gauche, le PCF a repris à son compte les attaques de la bourgeoisie contre le mouvement communiste, reniant son histoire, ses victoires, ses liens avec des pays se revendiquant encore du socialisme comme Cuba et la République populaire et démocratique de Corée, mais surtout avec tout modèle de sortie du capitalisme autrement que par la voie réformiste. Ce qui a mené logiquement à maintenir des alliances avec le PS au niveau national, d’où la participation communiste au gouvernement Jospin, celui qui a le plus privatisé et par ailleurs validé les bombardements sur l’ex-Yougoslavie.
Au niveau économique, la France a connu à partir des années 80 une vague de désindustrialisation à coup de licenciements et de délocalisations dans des pays à bas coûts, grandement favorisés par l’appartenance de la France à l’Union européenne. Le Parti qui s’organisait avant en cellules d’entreprise a vu disparaître une grande partie de celles-ci. Une disparition qui a d’autant plus facilité l’abandon de leur centralité dans l’organisation militante.
Ces bouleversements dans le Parti ont créé des oppositions militantes contre l’abandon de la classe ouvrière par les instances de Colonel Fabien. Ce sont des sujets que mes camarades Aymeric Monville4 et Adrien Delaplace5 ont déjà travaillé dans leurs articles respectifs, mais pour faire simple, le PCF ayant abandonné l’idée même du communisme, il a fallu à ceux qui contestaient cet abandon le maintenir en vie. L’un des objets de lutte était la critique de l’analyse donnée par la bourgeoisie, reprise par le PCF de Hue, à l’histoire du communisme mondial. Une lutte acharnée contre l’autophobie d’un appareil dans une position paradoxale : celle d’un parti qui renie son histoire sans accepter de changer son nom, à l’inverse du cas italien qui ira jusqu’au bout de cette logique6. La bourgeoisie et le PC diabolisaient l’URSS ? Il fallait répondre sur les mérites de ce pays et en particulier de Staline, que ce soit sur l’aspect international ou sur l’aspect démocratique. Même chose pour Cuba, la Corée, la Chine ou l’Allemagne de l’Est. Le PC abandonnait les dates phares du communisme international ? On organisait à sa place des actions ce jour-là pour les rappeler. Le PCF renonçait aux enseignements de Marx et de Lénine ? Il fallait les défendre, faire des colloques et autres événements pour rappeler leur pensée.
Évoquée précédemment, la classe ouvrière et son organisation en cellules d’entreprise subirent une grave attaque, la bourgeoisie ayant repris du poil de la bête. Celle-ci se lançait dans une répression tous azimuts des militants politiques et syndicaux tentant de lutter contre ce plein pouvoir patronal. Concrètement, entre la disparition progressive des usines, le chômage de masse et la répression, sans parler du relais dans certains syndicats de la voix du patron, il fut compliqué aux militants anti-mutation de recréer ces espaces. Ces échecs menèrent à la démoralisation et à la dispersion.
Tout ceci amena à se reporter à l’endroit où le combat était le plus facile : l’histoire. Ce n’est d’ailleurs pas totalement étonnant que dans la production intellectuelle marxiste proche des courants anti-mutation se soit au fil des années spécialisé dans le domaine historique, précisément de l’histoire communiste mondiale, plutôt que sur une analyse du développement de la classe ouvrière. La production intellectuelle suivait la pratique militante.
Ce combat idéologique était nécessaire et le reste aujourd’hui dans une moindre mesure. Il s’agissait de la survie du courant politique : comment aurions-nous pu continuer d’aller vers les masses avec nos symboles si nous avions accepté la criminalisation ? Cependant, cette contre-attaque fut à ce point exténuante, d’autant plus à l’intérieur même d’un parti7 se voulant communiste, qu’elle a pour beaucoup occupé une place prépondérante dans l’action, délaissant la réalité concrète et les luttes de terrain.
Cependant, il était tout autant vital de ne pas s’enfermer là-dedans. En effet, c’était prendre le risque d’oublier la bataille pour la réalisation concrète des objectifs de la classe ouvrière et du peuple en général, ou de tenter d’utiliser sans réflexion critique les mêmes outils et mots d’ordre passés malgré un changement de situation concrète. Ce qui d’ailleurs fut le cas en partie, menant certains à adopter une « posture » de communiste dans les paroles, voire dans un déguisement physique rien moins que fantaisiste. Une attitude qui n’est pas totalement étrangère à la transformation de certains groupes en simples cercles de discussion communistes coupés de tout travail militant concret.
Ces écueils amènent un autre problème très peu étudié : rendre l’organisation incapable d’imposer ses mots d’ordre aux masses et être plus ou moins obligée de courir derrière l’initiative de ces dernières, sans jamais réussir à les influencer.
Cette voie folkloriste, nous la retrouvons à son paroxysme dans les organisations les plus sectaires des scissions du PCF mutant. Prenons l’exemple du Parti Communiste Révolutionnaire de France.
Si je me rends sur leur site, je vois qu’ils éditent des brochures8. A priori, si le PCRF réalise une dépense d’argent pour de la propagande théorique, c’est que l’organisation estime le sujet particulièrement nécessaire. Sur les 16 brochures, 9 concernent spécifiquement l’histoire du communisme international (dont les mérites de l’URSS). 2 brochures sont consacrées aux deux principaux animateurs de la gauche établie française, à savoir Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel. Une brochure se consacre à la question du parti et les 4 autres à des sujets plus d’actualité (les femmes, l’écologie, l’UE et la guerre en Ukraine). À proprement parler, nous n’avons rien sur la classe ouvrière aujourd’hui, pourtant un élément central de la tactique de cette organisation, qui se revendique de la ligne classe contre classe portée par le Sixième congrès de l’Internationale communiste. Nous n’avons aucune brochure spécifique sur la question du logement, sur l’impérialisme français, sur la fascisation, sur les gilets jaunes, sur le néocolonialisme ou tout simplement sur la socialisation des moyens de production. Si je vais faire un tour dans l’onglet « Théorie », les objets d’études sont essentiellement du même acabit : hommage à la pensée de Lénine, à celle d’Engels ou à celle de Staline.
Un article expose le contenu de l’une des brochures consacrées aux 80 ans de la victoire de l’URSS sur le nazisme, ou plutôt à l’évènement organisé par le PCRF à ce sujet. Cette action du parti se composait d’une exposition de photographies, d’une diffusion des films sur l’URSS, d’un atelier interactif sur la bataille de Stalingrad, d’un espace ludique de « wargame PC pour jouer l’Armée rouge contre les nazis » et d’une vente de divers objets en rapport9. L’événement, on peut s’en douter, n’a pas parlé à d’autres personnes que les déjà convaincus des bienfaits du communisme.
Toujours sur le site, dans le texte à propos de Staline10, l’organisation fait de sa réhabilitation un élément prioritaire qu’ils rappellent dans leur livret d’accueil aux adhérents. Ils en font même un élément de clarification fondamental entre les révolutionnaires et ceux qui vont passer à la social-démocratie11. Dans la même lignée, sont proposés à la vente des t-shirts Staline et Lénine, ou des affiches célébrant ce même Oulianov. En allant sur leur chaîne YouTube, nous retrouvons une vidéo d’un hommage aux fusillés de Châteaubriant12. Dans celle-ci, nous les entendons crier : « Pour l’URSS, hip hip hourra ! Pour le socialisme-communisme, hip hip hourra ». Slogans qui, s’ils ont toujours notre sympathie en tant que communistes, ne touchent probablement personne d’autre.
Pour être concret, le problème apparent, c’est que l’idéal-type communiste ressemble à s’y méprendre à celui d’un poseur : adoption d’un vocabulaire et d’une attitude s’apparentant à celle d’un communiste, mais sous la forme m’as-tu-vu, bien trop pompeuse pour être autre chose qu’une pâle imitation.
Si nous avons mis en exergue le cas du PCRF, intéressons-nous à la forme que prend ce folklorisme au PRCF, de loin l’organisation qui était la plus représentative de ces scissions du PCF mutant13, la plus stable politiquement et celle qui se voulait aussi la moins sectaire.
2) Le fil rouge : la stratégie de la filiation
L’avantage de départ du PRCF, au regard de ses concurrents dans le microcosme des scissions de l’opposition à la mutation du PCF, c’est la présence dans ses rangs et en soutien de grands héros ou de figures apparentées de l’époque du PCF florissant. En faisant une liste non exhaustive, on peut citer :
– Léon Landini, ancien résistant FTP-MOI,
– Georges Hage, ancien député élu à plusieurs reprises dès le premier tour,
– Pierre Pranchère, ancien résistant FTP,
– Roger Sylvain, ancien responsable syndical à Renault-Billancourt en 68,
– Arsène Tchakarian, dernier membre vivant du groupe Manouchian,
– Henri Alleg (soutien), résistant anticolonialiste, torturé pendant la guerre d’Algérie,
– Simone Nicolo-Vachon, ancienne résistante.
Il faut ajouter à cela la filiation familiale, évoquée à de nombreuses reprises, de cette histoire. Ainsi, en plus de leur appartenance au PRCF et de leur militantisme passé au PCF, il n’est pas rare que les adhérents du Pôle rappellent que leurs parents ont été dans la résistance française à l’occupant allemand14. A côté de ces figures représentant le fil rouge du Parti au PRCF se sont ajouté les cautions intellectuelles, à savoir le philosophe Georges Gastaud, l’éditeur et intellectuel Aymeric Monville (depuis passé à l’OCF), l’essayiste Loïc Chaigneau lorsque celui-ci était adhérent15, le chercheur Bruno Guigue (seulement sympathisant du PRCF), ainsi que de manière plus significative l’historienne Annie Lacroix-Riz.
Avec cette base, le PRCF justifiait à ses concurrents sa plus grande légitimité à être porteur de ladite reconstruction. Ce « fil rouge » est devenu l’un des axes majeurs de la communication du PRCF, entre autres pour sortir de son isolement médiatique. A titre d’exemple, lors de la panthéonisation de Missak et Melinée Manouchian, le PRCF a profité de l’invitation de Léon Landini, dernier résistant FTP-MOI encore en vie et président de l’organisation, pour essayer au maximum d’apparaître dans les médias16. Ce qui de facto mettait moins l’accent sur notre ligne politique que sur l’histoire communiste dont était porteur Léon et sur qui pouvait s’en prétendre le continuateur.
Cette revendication de la filiation historique est tellement ancrée dans l’ADN du PRCF qu’elle s’est manifestée lors du vingtième anniversaire de l’organisation (2024) : deux numéros d’Etincelles17, la revue théorique du Pôle, ont été consacrés à cet anniversaire. Numéros composés d’un dossier spécial nommé « Mémoire rouge » ne comportant que des biographies de militants18 dont la grande partie de la carrière glorieuse s’était faite au PCF. Une telle présentation ne permet pas d’apprécier les efforts du Pôle pour se construire. Le PRCF a été créé en 2004 après avoir été poussé vers la porte par la direction mutante du PCF. Depuis plus de 20 ans, il a participé au référendum contre la constitution européenne, aux manifestations de 2010 contre la réforme des retraites, à celle de la loi travail, aux gilets jaunes et à diverses luttes dures de travailleurs. C’est un choix de ne pas faire une biographie globale de l’organisation pour ses 20 ans. Faire une biographie de l’organisation implique de réaliser un bilan sur les réussites et les échecs de celle-ci, c’est-à-dire de se regarder en face et d’avoir une vision autocritique de son activité19. Comprendre aussi pourquoi 20 ans après la reconstruction communiste n’a toujours pas eu lieu malgré une relative radicalisation politique cette dernière décennie. Il n’y a aucune autre raison d’insister autant sur les biographies que de raccorder le “fil rouge” (de plus en plus mince) du Parti avec le PRCF20.
De cette stratégie de la filiation ont découlé plusieurs problèmes ou manquements graves.
Le premier entre tous : il n’y a pas eu de renouvellement de nos héros. Aucun syndicaliste de combat (même si certains camarades ont mené des luttes dures dans leurs entreprises et ces derniers ont pour beaucoup rejoint l’OCF) ou aucun combattant de la classe ouvrière s’étant particulièrement distingué, par exemple au moment des gilets jaunes, ne nous a rejoints ni ne s’est construit avec l’appui du Pôle. Nos héros du PCF, à cause de leur âge, ont fini par partir dans le repos éternel sans qu’une nouvelle génération ne vienne la remplacer, et cela malgré des luttes sociales très dures depuis 2004. Loin de moi l’idée de reprendre cette organisation sans arrière-pensée critique, mais même un petit parti comme Révolution permanente a pu ramener à elle des syndicalistes de luttes, des intellectuels et même des artistes si on pense à l’actrice Adèle Haenel, une des grandes figures du cinéma français de ces dernières années. Il aurait fallu réfléchir sur ce problème, ce qui implique en premier d’en prendre conscience, plutôt que de se contenter de reprendre les mêmes noms glorieux. C’est-à-dire réfléchir à ce qui permet ou coince au niveau organisationnel ce développement de l’organisation de simple association de communistes vers un parti des masses, ce qui empêche sa professionnalisation, sous peine de devoir reprendre ad vitam aeternam les mêmes exemples de camarades dont les faits d’armes datent de l’époque où l’URSS existait !
Le second manquement grave, c’est l’utilisation de ces “grands noms” par la direction du PRCF comme légitimé en soi pour rappeler à l’ordre tout militant qui n’aurait pas eu une attitude favorable à 100 % avec son secrétariat. Il n’est pas anodin que le second écrit de la crise aboutissant à la création de l’OCF soit un texte signé de la famille Hage, Landini et Pranchère, avant toute réponse politique21. Ecrit qui n’évoque d’ailleurs pas les raisons de la crise interne du PRCF mais se contente d’être une lettre de soutien de principe à la direction… en évoquant à nouveau le fil rouge de l’histoire du PCF22. De plus, l’utilisation des héros du PRCF pour appeler à la discipline, brandie comme argument d’autorité lors de l’exclusion de 2025 ayant conduit à la création de l’OCF, frise le ridicule ou la mauvaise foi dans la mesure où ces héros ont parfois été les premiers à enfreindre le centralisme démocratique au sein du PRCF. L’épisode le plus notable en la matière eut lieu en 2007, où le président du PRCF G. Hage soutint officiellement la candidature de la pseudo-communiste (et ex-ministre du « socialiste » Jospin) M.-G. Buffet, à l’encontre de la juste position du Pôle. Faut-il préciser qu’il n’y eut aucune procédure disciplinaire interne au PRCF, aucun rappel à l’ordre, l’organisation, embarrassée, se contentant alors de laisser faire, considérant sans doute que l’aura de député de son président le dispensait du respect des positions décidées collectivement, ou plutôt qu’elle devait fermer les yeux pour éviter trop de remous (qui existèrent malgré tout, du côté des tenants du centralisme démocratique pour tout le monde…) ?
Enfin, et cela concerne davantage les cautions intellectuelles, en particulier l’historienne Annie Lacroix-Riz : beaucoup de camarades ne rejoignent ou ne connaissent l’organisation qu’à cause de leur passion pour les livres de nos penseurs, seuls à ne pas cracher régulièrement leur haine envers le passé communiste. Cette attitude n’est pas un mal en soi, chaque militant vient avec son bagage personnel qui l’amène vers la politique. Il est seulement dommage que ce soit souvent le seul élément revenant régulièrement dans l’adhésion. Concrètement, même si les militants en tant qu’êtres humains peuvent évoluer, si leur raison principale d’adhérer est la lecture et non pas une lutte sociale concrète ou le fait de subir une exploitation criante, il est très probable que leur activité sera, sans prise en main par l’organisation, dilettante et plus portée à transformer les réunions ou actions en simple club de débats communistes, sans parler de la probabilité que ces militants viennent dans la grande majorité des classes moyennes éduquées.
Parallèlement à cette sacralisation des héros (surtout en public, moins en privé), on assistait à un mépris relatif de la masse militante de base, qualifiée par le secrétaire national de “cons et d’oisifs”23. Mépris qui remontait jusqu’aux membres du Comité central, considérés comme de grands enfants passifs24. Cette méthode était foncièrement mauvaise car elle entraînait la direction à se maintenir dans une illusion d’elle-même, aboutissant au caractère sectaire et groupusculaire du PRCF25.
3) La centralité de l’activité mémorielle
En droite lignée de la stratégie de la filiation revient la place prépondérante de la question mémorielle, impliquant elle-même une certaine vision du militantisme et des priorités de celui-ci.
Les rassemblements, manifestations ou colloques en rapport avec une date de l’histoire communiste sont un des éléments centraux caractérisant l’identité du PRCF. En huit ans de Pôle, j’ai pu voir passer, à titre de liste non exhaustive, les 100 ans de la Révolution d’octobre, les 15 ans puis les 20 ans de la victoire du non au référendum de 2005, l’anniversaire de l’Internationale communiste, du Congrès de Tours, les 20 ans du Pôle ou les 80 ans de la victoire de Stalingrad26. Cette volonté de marquer notre attachement à l’histoire révolutionnaire allait à un tel point que même un rassemblement ou une manifestation sur un sujet d’actualité, sans mention historique précise, devaient au mieux correspondre à une date phare du mouvement ouvrier.

En général, ces événements commémoratifs se voulaient des hommages auxquels on rattachait un objet politique d’actualité. Lors du rassemblement organisé par le PRCF pour les 80 ans de Stalingrad en 2023, il s’agissait bien sûr de parler entre autres de la guerre en Ukraine et de l’influence des néonazis dans l’armée ukrainienne. L’anniversaire du programme du CNR devait permettre quant à lui de parler du front à faire contre l’Union européenne. Cependant, une manifestation prenant pour base un hommage reste un hommage. Je veux dire par là que celui qui se rend à ce genre de manifestation y va soit pour commémorer un événement d’une autre époque glorieuse, soit pour pleurer les victimes d’un massacre27. Spontanément, sa disposition d’esprit n’est pas tournée vers le combat mais vers la passivité. Au Pôle, nous nous enfermions dans un schéma où nos événements se transformaient en semi-conférences d’histoire au lieu d’être des rassemblements combatifs contre l’anti-communisme, l’UE, Macron ou la guerre en Ukraine. Au mieux, nous aurions pu parler à propos de ces événements de propagande en faveur du communisme, mais guère d’agitation à l’attention des masses.
Ces dernières étaient appelées à venir à nos événements, mais sans adapter l’organisation de notre activité de telle manière à la rendre attractive pour les classes populaires. On “espérait” du monde à nos rassemblements sans que ce ne soit jamais le cas. À la place d’une autocritique organisationnelle, on mettait en cause les camarades pas suffisamment impliqués dans le fiasco28.
Afin de justifier la pertinence de tel ou rassemblement commémoratif, Georges Gastaud, de loin la tête pensante de l’organisation, nous parlait de “coup politique” à mener pour briser le plafond de verre et qu’on nous attendait là-dessus. Qui nous attendait ? Cette notion n’a jamais été précisée.
Dernier événement en date : les 20 ans du Non à la Constitution européenne. Il fallait à tout prix organiser quelque chose pour coiffer au poteau les Philippot et compagnie à cause du retentissement médiatique qu’il allait y avoir. Loin de moi l’idée de méconnaître la portée de ce qui s’est passée en 2005, cette victoire transformée par Sarkozy en défaite revient régulièrement dans la bouche des citoyens. Un déni démocratique qu’on peut facilement comparer à la mascarade des élections législatives de 2024. Toutefois, on peine à voir les avancées médiatiques et organisationnelles qu’a pu connaître le PRCF grâce à ça. Le Pôle a-t-il été visible dans des grands médias grâce au rassemblement ? Il ne semble pas. A-t-il connu une croissance des adhésions suite à notre action ? Non plus. Alors pourquoi dépenser autant de temps à son organisation ? Si l’objectif était de faire de la propagande contre l’Union européenne, n’aurait-il pas été plus intéressant de faire autrement pour aller parler à la population directement, notamment dans les secteurs les plus touchés, c’est-à-dire les usines délocalisées, chez les cheminots ou à l’hôpital ? Y avait-il besoin de mobiliser de l’argent et des camarades des provinces pour un événement de 60 personnes ne permettant pas de faire avancer d’un iota l’opinion en faveur du frexit ?
De même, lors des 20 ans de l’organisation, où tout était tourné vers l’histoire d’une petite association, de ses héros et de ses intellectuels, en la magnifiant, quitte à faire le choix économique de ne pas aller à la Fête de l’Humanité, l’une des plus importantes fêtes militantes de France en termes de visiteurs. Ça aussi c’était justifié par le fait qu’on “nous attendait” là-dessus…
En revenant au problème des intellectuels développé au point précédent, l’adhésion au PRCF de nombreux adorateurs desdits intellectuels va dans cette centralité mémorielle et finit par poser un autre problème dans le développement organisationnel, c’est-à-dire l’avancement vers la forme parti. En effet, si en adhérant, on vient avant tout pour retrouver un club des passionnés des pays communistes et de la résistance, cela ne signifie pas qu’on s’engage en croyant à la capacité de l’association à provoquer un changement de société. D’où l’attitude pratique de plusieurs camarades qui, sur le principe, sont d’accord avec la ligne du Pôle et sa vision de l’histoire, mais dans la pratique vont porter leurs espoirs sur la FI et dans une moindre mesure le PCF comme force structurante de changement, tout en refusant d’aider le PRCF à devenir cette force. Afin de rendre le propos plus clair : aux alentours des principales échéances électorales, dès que le Pôle tentait de prendre une position qui ne soit pas un simple soutien à un parti, voire s’engageait lui-même dans une démarche électorale, beaucoup de camarades refusaient de participer à l’activité du PRCF (démissions, retraits militants temporaires), moquaient pour certains, sans rendre leur carte du Pôle, cette tentative comme idéaliste.
Afin de critiquer ma présentation, je suppose qu’on prendra comme contre-exemple l’utilisation mémorielle par les communistes cubains de Jose Marti, père de l’indépendance cubaine. Je suppose qu’on évoquera aussi Georgi Dimitrov, communiste bulgare et célèbre héros de l’antifascisme, et son rapport au Septième congrès de l’Internationale communiste insistant sur l’utilisation de l’histoire nationale pour contrer le fascisme. Je rétorquerais dans ce cas que les premiers utilisent une image bien connue des masses cubaines, d’autant plus que même si l’île a acquis son indépendance, elle est toujours sous la menace de l’impérialisme américain. Quant au second, il se recommandait d’une stratégie pour battre un ennemi puissant, il n’en faisait pas l’élément moteur du combat politique.
4) Conclusion
Accepter le folklorisme, c’est risquer de transformer le communisme en un ensemble de noms glorieux jamais égalés et de dates païennes à fêter, tout en échouant à reconstruire un parti. C’est une déviation qui trouve son origine dans la contre-révolution et la nécessaire contre-attaque de la part des mouvements communistes, mais dont il est important de sortir. Alvaro Cunhal, leader du PC portugais pendant de longues années, recommandait justement de n’avoir ni le culte des morts ni le culte des vivants29. Il ne le faisait pas dans une optique révisionniste comme tant d’autres, mais justement pour ne pas enfermer les communistes dans un étau où il s’agirait d’analyser de la même façon des événements séparés dans le temps, au risque flagrant de commettre des erreurs. Les pensées de Lénine et de Marx sont deux éléments incontournables, tout comme celles de ceux qui ont poursuivi leur œuvre. Cela ne signifie nullement recopier bêtement ce qu’ils ont dit et fait à une époque révolue. La théorie révolutionnaire doit toujours s’accompagner de l’analyse concrète des événements concrets et de la pratique.
Ambroise
- Fuir l’histoire. ↩︎
- Pour approfondir ce point, nous vous invitons à lire le livre Le Parti des communistes de Julian Mischi. ↩︎
- Le grand bon en arrière d’Henri Alleg. ↩︎
- Le communisme n’est pas un signifiant propriétaire : Notes lacaniennes sur un schisme nécessaire écrites par un sujet « barré » – Jeunesse du monde ↩︎
- Contre-révolution et renaissance communiste : facteurs subjectifs et construction de l’organisation – Jeunesse du monde ↩︎
- Qui a tué le Parti communiste italien ? de Guido Liguori. ↩︎
- Nous rappelons à ce titre que les oppositions à la mutation du PCF ont eu lieu d’abord dans le but de réorienter le Parti, avant que la décision ne soit prise d’en sortir. ↩︎
- Brochures du PCRF – Parti Communiste Révolutionnaire de France ↩︎
- Brochure « Conférence sur les 80 ans de la victoire de l’URSS et des résistances sur le fascisme » – Parti Communiste Révolutionnaire de France ↩︎
- Contribution du PCRF – Parti Communiste Révolutionnaire de France ↩︎
- L’auteur de ces lignes est loin d’être un anti-stalinien. Il reconnaît pleinement les mérites de Staline. Il n’est simplement pas d’accord pour faire de la défense de Staline un élément central de l’organisation alors que le débat est avant tout historique. ↩︎
- L’URSS et la résistance ont sauvé l’humanité ! ↩︎
- Ayant avec elle la légitimité de la filiation historique, forte d’une présence visible aux manifestations, de nombreux RS actifs et d’un renouvellement générationnel depuis une dizaine d’années, sans parler d’avoir la ligne la plus consistante, le PRCF était très largement l’organisation issue des scissions du PCF la plus représentative de la reconstruction communiste. L’ironie de l’histoire veut que la crise ayant conduit à la création de l’OCF se soit faite la même année que celle du décès de son principal héros et président, Léon Landini, et l’avènement de l’URC en première place de la reconstruction communiste (savoir si cette organisation peut donner quelque chose est encore un autre sujet). ↩︎
- Le cas de Georges Gastaud étant à part : il fait effectivement mention de son père résistant, mais celui-ci appartenait au courant gaulliste. ↩︎
- C’est-à-dire jusqu’à janvier 2019. ↩︎
- Voir les passages au média Blast. ↩︎
- Les numéros 58 et 59. ↩︎
- À la notable exception de l’article sur le Comité Honecker dans le numéro 59. ↩︎
- Georges Gastaud en fait une brièvement dans son discours lors de l’anniversaire, mais en se concentrant surtout sur ce qui précède la naissance du Pôle : https://www.initiative-communiste.fr/articles/lhistoire-les-acquis-et-les-combats-actuels-de-la-reconstruction-du-parti-communiste/ ↩︎
- Un autre exemple de l’ancrage de cette filiation (au moins dans la tête de ses militants) avec l’histoire du PCF, c’était la reproduction de mêmes comportements qu’au PCF dans le microcosme du Pôle. Typiquement, l’attitude voulant qu’on préfère taire ses critiques par peur de nuire au Parti. Lors de la crise ayant débouché sur une scission du PRCF, l’un des camarades du secrétariat national ayant validé par son vote l’exclusion d’une partie de la direction, avant de démissionner de l’organisation en dénonçant ces mêmes exclusions, l’a fait par peur, en révélant ses divergences voire en s’opposant au secrétariat national, de détruire le Pôle et que le prolétariat lui reproche d’avoir participé à sa destruction. Ce camarade reprenait spontanément l’idée que le PRCF c’était déjà le Parti et qu’il avait un devoir envers la classe ouvrière. Cette même classe qui ignore toujours 20 ans après sa création ce qu’est le PRCF. ↩︎
- Il s’agit d’un courriel daté du 22 novembre 2025. ↩︎
- On peut voir aussi avec ce rappel à l’ordre un autre argument de la légitimité du PRCF. C’est-à-dire le point de vue subjectif de ces grands noms, ainsi que des dirigeants de sections du PCF ayant fait adhérer en masse au PRCF (Lens, Liévin, Boulogne-sur-Mer), qui reconnaissent leur parti dans le PRCF. Et leur légitimité à eux vient de la reconnaissance qu’ils avaient auprès des masses par le passé (résistant, anticolonialiste, député populaire, dirigeant de section, etc.), peu importe si cette légitimité n’existe plus. ↩︎
- Cette phrase vient d’un courriel rageur fait à l’un de nos camarades qui faisait part de son état de santé. Toutefois, il ne s’agissait pas d’un cas isolé et l’auteur de ces lignes a pu de nombreuses fois entendre des propos équivalents. ↩︎
- Cette passivité des militants, surtout ceux ayant adhéré au PCF lors des années 60-70, est l’une des attitudes transmises lors de la longue dégénérescence du PCF à ses scissions. C’est une sorte d’attentisme qui entraîne spontanément chez ces adhérents un suivisme aveugle de la direction, qui ne participe très peu à mettre en place la ligne politique et, dans certains cas, non plus à la mettre en pratique. ↩︎
- Je différencie le sectarisme du PCRF et du PRCF, dans le sens où le premier, à la manière de Lutte ouvrière, refuse par principe les alliances et les compromis avec d’autres organisations. Le second ne refuse pas celles-ci. Au contraire, si nous lisons les textes sur Initiative communiste, le PRCF semble ouvert aux alliances avec différents groupes communistes, sociaux-démocrates ou gaullistes. Il est sectaire dans les faits car se considérant comme un parti déjà constitué, encore une fois davantage dans les esprits de ses militants et de sa direction que dans les faits et dans les textes de l’organisation, le PRCF a du mal à accepter la façon de s’organiser des autres organisations. Il a encore plus de mal à s’adapter à leurs attentes pour en tirer le plus de profit. Je vais prendre deux exemples. D’abord la France insoumise. Sur le site IC, vous pouvez trouver à de nombreuses reprises des interpellations à La France insoumise ou à Jean-Luc Mélenchon en personne. Les discussions au niveau de la direction du Pôle portaient régulièrement sur l’absence de résultat de nos interpellations. Cependant, une rapide analyse nous aurait permis de nous rendre compte de la vanité de ce genre de démarche. Quoi qu’en disent les médias, la FI est un mouvement essentiellement électoraliste et ne s’intéresse pas à autre chose. De leur point de vue, discuter avec une petite organisation ne se présentant pas aux élections et n’ayant pas de moyen de répercuter leur parole, c’est perdre son temps. Prendre ce point en considération aurait permis d’adapter la stratégie. Le second exemple concerne nos relations avec l’Association nationale des communistes (ANC), qui a depuis fusionné avec le Rassemblement communiste pour donner naissance à l’Union pour la reconstruction communiste (URC). Lorsque nous avons repris les actions avec eux courant 2022-2023, nous n’avons pas pris en compte leur mode d’organisation très menchévique et très centré sur les syndicats. Pour le dire vite, la coordination mise en place avec l’ANC ne se faisait qu’avec les sections de l’ANC qui le voulaient bien, l’accord avec sa direction ne faisant pas l’objet de directive pour tout le territoire. Il s’agit d’un mode de fonctionnement radicalement différent du PRCF où les décisions prises par la direction élue doivent s’appliquer partout. Soit, mais cette attitude n’aurait pas dû valoir un motif de rupture. Là où nous travaillions avec l’ANC, nous pouvions montrer par notre constance et notre réflexion politique la justesse de notre position, ainsi jouer sur les contradictions en leur sein. À la place, nous avons privilégié la rupture.
Le PRCF préférait faire des alliances avec des groupes dont nous partagions à peu près 100 % de la ligne, mais dont l’organisation était moins bonne et les résultats pour nous quasi-inexistants, sauf à prendre pour objectif notre capacité à garder le contrôle de A à Z.
Pourquoi ? Tout simplement parce que pour un militant du Pôle la ligne du parti est la meilleure et ne peut être contredite, voire dans les cas extrêmes ne peut connaître aucune amélioration, il n’existe pas de moyen de ne pas être d’accord dans les instances avec le secrétariat national, ou dans les faits avec Georges Gastaud, pour les militants. ↩︎ - Plusieurs militants de l’OCF ont d’ailleurs eux-mêmes, en suivant la ligne du Pôle, organisé ce genre d’actions. ↩︎
- C’est encore le cas d’une des dernières vidéos de la chaîne de l’organisation : Hommage à trois héros communistes : Charles Debarge, Maurice Ledent et Moïse Boulanger ↩︎
- Une attitude perceptible aussi chez certains militants, pas uniquement au niveau de la direction du PRCF. ↩︎
- Le parti en toute transparence, Alvaro Cunhal. ↩︎












Franchement merci camarades pour avoir proposer cette analyse qui met beaucoup de mots sur un ressentie difficilement ordonnable.
Ayant fais 5 piges au prcf, j’ai en tête cette élément de languages de G. G « les états de services communistes ». Sa m’a toujours absolument déranger. Alors la fidélité sans borne qui frise parfois l’aveuglement était un gage de vérité.
L’utilisation à outrance dès l’apparition d’une secousse de la légitimation par les « état de service communisme » rappelais aux camarades pas d’accord avec la direction, que nous n’étions pas légitime a critiqué. Comme si, il fallais être dans l’antichambre de la mort avec 40 ans de fidélité au parti pour présenter une critique…
On ne peut pas faire table rase du passé, chaque jour nous nous construisons aussi sur les zone grises de Lénine, Marx ….
Hegel considère que l’histoire universelle, comme dialectique, permet la production de l’Esprit universel, c’est-à-dire l’Esprit illimité qui exerce son droit […] sur ces esprits finis dans l’histoire mondiale, qui est aussi le tribunal du monde.
Ne jugeons pas le passé en fonction du présent « Michel Pastoureau »
Aujourd’hui les héros du passé on rejoint l’éther mais leurs esprits habitent nos consciences.
Non les ouvriers du bien ne sont pas seuls.
MARTINIQUE le 25 mai 2026.
GHERARDI épouse LEONARD
Chacun pourra juger de l’honnêteté de la « réponse » du PRCF. Malheureusement le site IC n’offre, lui, pas d’espace pour les commentaires : https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/comment-rallier-la-mutation-reformiste-aux-cris-de-la-lutte-des-classes-cest-du-folklore/