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En tant que communistes, que faire face à LFI ?

par | Juin 20, 2026 | Théorie-débats, Une | 2 commentaires

Orphelins de leur parti, les communistes éparpillés oscillent aujourd’hui sur leur attitude face à l’objet « LFI ». On trouve schématiquement trois stratégies : l’entrisme pour tenter d’y peser de l’intérieur[1], le soutien politique du dehors tout en diffusant ses propres analyses, et l’indépendance organisationnelle visant à reconstruire un véritable parti communiste. Pour savoir ce que l’on peut attendre politiquement de la France insoumise, il est utile d’opérer un détour par son soubassement théorique. C’est ce que nous proposons d’aborder dans cet article après avoir achevé la lecture du document « Comment faire ? », où ce mouvement livre une vision complète de son projet, de sa stratégie et de sa conception de lui-même. C’est d’autant plus instructif que ce texte est construit par confrontation au projet communiste, qu’il prétend dépasser.

Gauche radicale, force d’agrégation et dynamique populaire

La première et la deuxième attitudes se fondent sur le fait que « c’est là que ça se passe ». Et il faut ici d’emblée reconnaître et saluer le travail politique accompli par le mouvement insoumis pour avoir réussi, en dix ans d’existence, à s’imposer à l’évidence comme LA force de gauche progressiste qui compte. Trois éléments nous permettent d’établir ce constat : 1) ce mouvement constitue depuis sa création une réelle et constante force d’opposition au pouvoir, 2) la FI a su porter et diffuser largement un programme politique vecteur d’espoir dans le pays, 3) Mélenchon est en position de pouvoir remporter la présidentielle en 2027. Malgré les bavardages, de plus en plus haineux, sur les plateaux télé  ̶  qu’une partie grandissante des Français n’écoute plus ou bien avec distance  ̶  aucune autre force de gauche ne peut en dire autant. Et cela commence à se voir…    

Sur ce plan, la FI dit ce qu’elle fait et fait ce qu’elle dit. En effet, elle se donne pour tâche de partir des luttes dans le pays, d’aller à la rencontre des acteurs qui portent les revendications les plus avancées en faveur de l’intérêt général dans tous les domaines de la vie, afin de les agréger dans un programme cohérent capable d’unifier politiquement le peuple (nous reviendrons sur cette notion centrale). Elle incarne ainsi à merveille le mot d’ordre de convergence des luttes qui a dominé les mouvements sociaux de ces quinze dernières années. La FI l’a fait et c’est la raison pour laquelle elle incarne l’espoir du « peuple de gauche ». En cristallisant les contestations sociales effectives et visibles, les oppositions les plus vigoureuses au « système », elle se considère à juste titre comme représentante de la gauche radicale, ou gauche « de rupture ». Est-ce cela être un pas devant les masses comme le préconisait Lénine ?

Les Insoumis refusent la fonction d’avant-garde théorisée et mise en application par le mouvement communiste. Ils adhèrent pourtant à la conception marxiste de la conscience politique, qui n’est pas innée mais à construire. Ils reconnaissent en effet l’importance de passer d’un groupe social en soi  ̶   c’est-à-dire ayant des conditions de vie homogènes   ̶   à un groupe social pour soi   ̶   c’est-à-dire conscient de ses intérêts communs et prêt à les faire valoir dans la société. Ce processus de « conscientisation » n’a rien d’automatique, mais il ne peut se faire, pour eux, que dans l’action. Pour passer d’une « majorité sociale » à une « majorité politique », le mouvement insoumis se propose donc de jouer le rôle de « lanceur d’alerte » et « d’éclaireur » sur les causes des conflits ayant trait aux intérêts collectifs. En revanche, il refuse de prendre la direction des luttes. Il se borne à leur « être utile ». « Le mouvement n’injecte pas de la conscience. Il aide parfois à « mettre en mots ». Dans tous les autres aspects, il n’exprime aucun intérêt distinct de celui des gens en lutte. »

Les Insoumis n’apportent pourtant aucune réfutation théorique à la nécessité d’une avant-garde révolutionnaire. Ce que Marx, Engels et particulièrement Lénine avaient mis en évidence, c’était la difficulté pour le prolétariat, dans ses conditions matérielles de vie concrètes et dans les conditions de la production idéologique, matériellement dominée par la bourgeoisie, de prendre pleinement conscience de l’exploitation capitaliste, de la marche de l’histoire et de la possibilité d’organiser la production sociale de façon radicalement différente. Les éléments les plus conscients du prolétariat doivent donc jouer un rôle permanent de contre-propagande, d’agitateurs mais, surtout, prendre la direction politique de la lutte pour arracher, le moment propice, les racines sur lesquelles la société capitaliste se branche. Cela signifie non seulement instaurer les conditions politiques et matérielles d’une émancipation réelle vis-à-vis de la bourgeoisie dans tous les domaines, mais aussi neutraliser l’ennemi de classe pour étouffer ses tentatives contre-révolutionnaires de rétablir l’ordre ancien. Au risque d’insister, l’enjeu auquel la théorie de l’avant-garde répond est le suivant : celui de disséquer correctement les ressorts du système d’exploitation capitaliste afin de savoir lui porter les coups fatals et l’empêcher durablement de se relever quand le soulèvement de la foule l’aura mis momentanément à terre.

Dans ce document qui présente pourtant longuement leur différence d’avec les partis de « l’ancien monde », les Insoumis éludent totalement ces problèmes. Ils ne justifient leur abandon de l’avant-gardisme que par leur rejet de ce qui en serait le corollaire, à savoir le « substitutisme ». « [Notre] impératif est de n’agir jamais en substitution à l’action populaire comme y conduit le plus souvent l’ancienne formule du « parti » et la conception « avant-gardiste » ». Pourtant, les communistes n’ont jamais prétendu faire la révolution sans l’œuvre des masses. Communistes et insoumis partagent la vision d’un processus historique à l’œuvre, qu’il s’agit de hâter. Les premiers veulent prendre la direction de la lutte des classes pour la mener jusqu’au bout, tandis que les seconds veulent accompagner la révolution citoyenne. Nous pensons utile de les citer à nouveau car le sous-bassement théorique du mouvement insoumis est rarement exposé tel quel dans leurs discours politiques et interventions médiatiques. « La révolution citoyenne est une révolution sociale et politique. Elle se conclut politiquement dans la tenue d’une assemblée constituante reformulant l’ensemble des institutions du pays concerné au service des objectifs écologiques et sociaux de la révolution. Cette conclusion, oui, c’est le projet des insoumis. Pour finir, un processus autonome et auto-organisé y conduit. La stratégie insoumise l’accompagne donc en se mettant au service de son déploiement. »

Pour comprendre cette divergence de conception de la tâche révolutionnaire, sur laquelle les Insoumis insistent dans leur document stratégique, il faut en venir au contenu du phénomène historique dans lequel ces deux courant prétendent s’inscrire. À ce stade, soulignons toutefois que la volonté insoumise de fédérer les luttes plutôt que de les diriger explique que son programme soit tout à la fois socialement en deçà de celui de Mitterrand en 1981, et tout à la fois indéniablement porteur d’espoir dans la France de 2026. Il reflète bel et bien la conscience contestataire spontanée du « peuple » après des décennies de capitalisme « néolibéral » dévastateur et d’absence de contre-poids idéologique communiste, tant en France qu’à l’international. 

La FI accuse également les partis communistes de s’être substitués à la classe ouvrière qu’ils voulaient représenter, et une fois au pouvoir de s’être mués en État-parti. Cette critique, classique du mouvement trotskyste, doit être prise au sérieux par les communistes. En effet, la chute de l’URSS tient en partie à la trahison interne des élites du PCUS, comme l’analyse l’historien Alexandre Ostrovski[2]. Trahison  permise par des dysfonctionnements de ce parti, et plus généralement par des lacunes dans l’organisation politique du prolétariat en URSS. Mais l’exercice de la dictature du prolétariat, qui constitue la phase socialiste transitoire, est un sujet trop vaste pour être abordé ici. D’autant que cette critique ne constitue pas un point central sur lequel l’argumentaire insoumis s’appuie pour présenter la divergence de leur projet d’avec celui des communistes.

Le peuple comme acteur politique et l’électoralisme comme horizon

L’analyse insoumise se fonde sur l’assertion suivante : « L’opposition entre l’oligarchie et le peuple succède à celle des bourgeois et des prolétaires du siècle précédent. » Nous allons montrer plus bas qu’il s’agit d’une escroquerie intellectuelle, mais il faut d’emblée préciser que ce sophisme prospère sur un relatif vide théorique et pratique que les communistes se doivent de combler urgemment. Que signifie le prolétariat aujourd’hui ? Y a-t-il une classe révolutionnaire en France et si oui, quels en sont les contours ? La classe ouvrière a-t-elle disparu ou simplement changé de forme ? Est-elle trop minoritaire dans la société pour entraîner derrière elle les autres classes sociales dans un processus révolutionnaire ? Mais au fait, que signifiait exactement classe ouvrière pour Marx, et qu’est-ce que cela signifie dans l’état du capitalisme actuel ? Les employés peuvent-ils en faire partie ? Ou bien les précaires ont-ils vocation à être aujourd’hui la pointe avancée de la lutte révolutionnaire ? Le prolétariat ne se trouve-t-il pas finalement ailleurs à l’échelle mondiale, à laquelle s’est reconfiguré le capitalisme, rendant impossible toute révolution endogène dans les centres impérialistes ?

Le formidable développement du salariat et de la sécurité sociale, la désindustrialisation et la tertiarisation de l’économie française, tout comme l’érosion actuelle de l’impérialisme atlantiste et français, commandent d’actualiser l’analyse marxiste pour bâtir une stratégie communiste solide, ancrée dans la réalité matérielle du moment que nous vivons. C’est-à-dire  ̶  que l’on soit bien clair  ̶ , d’utiliser la méthode marxiste pour identifier les bons leviers de l’action révolutionnaire, et non pas de réviser cette méthode comme si elle n’était plus adaptée. De mener, en somme, une analyse concrète de la situation concrète, comme Marx et Lénine l’avaient fait à leur époque, en bon matérialistes dialectiques. C’est ce à quoi s’attelle l’Organisation communiste de France par le biais de l’un de ses groupes de travail, et nous espérons que cela suscitera l’intérêt de tous les communistes, des débats et critiques, et pourquoi pas des contributions extérieures.

Au lieu de cela, et prenant prétexte de tous les changements intervenus dans la société française, et en particulier de la disparition du « monde ouvrier » tel qu’il a existé, la FI jette carrément les classes sociales par-dessus bord. Voyez plutôt : « Le salariat comme classe sociale et le capitalisme comme mode de production ont généré une nouvelle entité sociale : le peuple. […] Nous avons défini le peuple de notre temps dans un registre matérialiste c’est-à-dire à partir de sa place dans les rapports sociaux. Nous avons alors identifié sa dépendance aux réseaux du collectif comme ceux de l’eau, de l’électricité, de l’alimentation qui rendent possibles la production et la reproduction de la vie matérielle des populations. […] La nature publique ou privée de ces réseaux instaure des conditions sociales d’accès et une violence d’aliénation différentes. On le sait bien dans une époque où la tendance est au rétablissement de droits d’accès privés sur les réseaux auparavant publics. Ce retour des « tributs » privés est une caractéristique des tentatives actuelles du capitalisme pour surmonter sa propre crise d’accumulation. Dans cette description, le « peuple » contient le salariat mais ne s’y limite pas. Il inclut aussi les retraités, les personnes en formation, les chômeurs, toutes les catégories de « sans », et d’une façon générale les autres composantes de la population contraintes à la même dépendance absolue aux réseaux collectifs[3]. »

Voilà la quintessence de la réflexion insoumise qui prétend supplanter Marx et Lénine en proclamant « l’ère du peuple ». Après l’exaltation du vibrant discours d’ouverture de campagne de Jean-Luc Mélenchon à St-Denis[4], c’est un peu la douche froide. Nous savions bien que nous allions être critiques, mais nous ne nous attendions pas à une entourloupe aussi mal ficelée. Il est dit en creux que, jadis, c’est surtout la classe ouvrière qui dépendait des réseaux collectifs, tandis que maintenant, avec l’exode rural achevé et la paysannerie réduite à peau de chagrin, les conditions de vie de l’ensemble du peuple se sont homogénéisées et sont fondamentalement structurées par la vie urbaine et connectée. Or si l’on dézoome, c’est le propre du développement du capitalisme que de générer une interdépendance croissante de l’humanité. En effet, la concurrence et le moteur du profit alimentent de formidables progrès techniques qui permettent sans cesse de concentrer davantage la production et de multiplier les échanges. Nous sommes effectivement passés, en quelques siècles, de sociétés majoritairement féodales ou tribales, où l’on vivait en quasi autarcie au sein de son village, au développement d’agglomérations urbaines interconnectées, et ceci partout sur le globe. Au motif que cette tendance pluriséculaire s’est à nouveau accélérée à la fin du XXe siècle avec la révolution numérique, les insoumis décrètent que cela témoigne d’un changement du paradigme capitaliste, sans prendre la peine d’en apporter la moindre démonstration.

Nous avons tout juste droit à une simple énumération des nombreuses et réelles mutations anthropologiques récentes (rapports familiaux, place des femmes et des enfants, subjectivité, changement des modes de communication…). En effet, comme le matérialisme historique l’a révélé, le bouleversement continu des forces productives engendre à son tour d’importantes évolutions dans la civilisation humaine. Le phénomène central que les Insoumis en dégagent est celui de l’ « individuation ». Cela signifie que les individus aspirent à une maîtrise croissante sur eux-mêmes, qui trouve sa traduction politique collective dans l’aspiration à la souveraineté populaire. Mais là encore, ce qui est décrit, c’est un bond spectaculaire au sein d’un phénomène qui, lui, n’est pas nouveau. En effet, le développement des rapports capitalistes a ouvert une formidable dynamique de progression de l’hétéronomie vers l’autonomie, ayant par exemple eu raison de la religion depuis fort longtemps déjà dans notre pays. Cette tendance constitue bel et bien un atout dans la lutte contre le voile démocratique bourgeois qui masque sa dictature. Mais cela ne fait guère du peuple, défini presque essentiellement par sa dépendance aux réseaux collectifs et par cette soif partagée d’autonomie, un acteur révolutionnaire solidaire.  

Premièrement, leur aurait-il échappé que Bernard Arnault, Vincent Bolloré ou encore Elon Musk dépendent eux aussi des réseaux routiers, d’eau et d’électricité, des lignes aériennes, des voies de chemin de fer, des gazoducs, des câbles internet sous-marins, des satellites et des réseaux sociaux ? Elon Musk possède son propre réseau internet Starlink. Certes, mais il n’est pas indépendant pour autant, car il faut plusieurs milliers de salariés pour le faire fonctionner. Seul il ne peut rien. La société moderne impose l’inter-dépendance à tous, même les plus fortunés. La dépendance aux réseaux collectifs ne crée donc aucune opposition structurante, elle ne définit aucunement le peuple par opposition à l’oligarchie. Ce n’est rien d’autre que la possession des grands moyens de production qui définit la grande bourgeoisie. Et c’est précisément cela qui fournit la base matérielle sur laquelle se fonde son pouvoir politique. Lénine a parfaitement montré, du reste, comment, à mesure que les forces productives se développaient et que les échelles de production s’élargissaient, les capitaux bancaires et industriels ont fusionné pour former un capital financier qui se concentre chaque jour entre les mains d’une oligarchie toujours moins nombreuse. Cette analyse clinique du passage du capitalisme concurrentiel à l’ère impérialiste des monopoles reste plus que jamais d’actualité. Les insoumis la passent pourtant totalement sous silence. Aussi vertigineuse que soit l’emprise des GAFAM sur la planète, il n’est nul besoin d’inventer de nouveaux concepts pour la comprendre et la combattre[5]. N’en déplaise aux insoumis, pour être rigoureux, il faut ici en rester à Marx et à Lénine.

Leur aporie est d’ailleurs particulièrement visible quand ils parlent du « retour des « tributs privés » ». Qu’y a-t-il donc de si neuf ? Dans la société bourgeoise, aucun bien ou service dont les capitalistes peuvent tirer profit ne leur est soustrait, à moins que les travailleurs ne l’arrachent de haute lutte et ne le défendent dans la durée. En France, les services publics ont été instaurés par les ministres communistes à la Libération. Ils ont donc été conquis au prix du sang et à la faveur de ce qu’il faut bien appeler l’équilibre de la Terreur. Ce qui a permis à l’oligarchie capitaliste de repasser à l’offensive, à la fin du XXe siècle, pour les re-privatiser un à un par petits bouts, ce n’est rien d’autre que la chute de l’URSS. 

Ignorant tout ceci, il est alors commode de prétendre que « l’effacement des partis communistes correspond à l’évidence à la disparition du prolétariat tel que l’instituait le capitalisme des dix-neuvième et vingtième siècles ». Nous affirmons pour notre part qu’il correspond surtout aux conséquences idéologiques de cette contre-révolution mondiale. Ce cycle historique effroyable où l’impérialisme états-unien a joui d’une hégémonie sans contre-pouvoir se referme aujourd’hui avec l’ascension de la Chine populaire et l’émergence du monde multipolaire qu’elle entraîne. Ce nouvel état de choses ne signifie nullement que les guerres et les attaques antisociales vont cesser, mais simplement que la perspective de nouveaux processus révolutionnaires se rouvre. L’impérialisme en crise est tout aussi, voire plus agressif encore qu’en période d’ascension ou d’équilibre, mais il est en crise. Il présente donc d’importantes failles sur lesquelles les révolutionnaires pourront appuyer.

C’est ainsi qu’en l’absence de proposition communiste solide et audible ces dernières décennies, la FI s’est autorisée à balayer tout simplement ce projet révolutionnaire au motif que ça n’aurait pas marché. « Le parti et la classe qui devaient être les accoucheurs du socialisme par
l’histoire ont échoué dans cette tâche » écrivent-ils. On fera crédit ici à Bernard Friot de marteler, fort à propos, que la bourgeoisie a mis des siècles à supplanter économiquement la féodalité et que, même au pays des révolutions violentes comme le nôtre, il lui a fallu trois tentatives avant d’instaurer durablement sa domination politique (1789, 1830 et 1848). Les communistes savent donc que 1917 a ouvert une nouvelle ère mondiale de révolutions et de contre-révolutions. Mais nul ne peut prédire combien de temps il faudra à l’humanité pour venir définitivement à bout de l’exploitation de l’homme par l’homme. L’agonie du mode de production capitaliste, l’impérialisme pourrissant dont Trump est l’avatar complet, pourrait durer encore longtemps. La bataille entre la bourgeoisie et ses fossoyeurs se fait chaque jour plus pressante, mais n’en reste pas moins ardue. Qui sait même ce qui adviendra de l’humanité au terme de cette troisième guerre mondiale   ̶  qui a vraisemblablement déjà commencé  ̶  si les forces progressistes ne l’emportent pas à temps ?

En résumé, si les Insoumis prennent appui sur des constats pertinents sur la société actuelle pour prétendre que les catégories marxistes seraient dépassées plutôt que d’en actualiser le contenu, c’est au profit d’une proposition qui ne tient pas la route. Paresse intellectuelle ou opportunisme ? La FI ne fait pas mystère de sa volonté de réaliser la révolution citoyenne, écologique et sociale par les urnes. Dès lors, remplacer la notion de classes sociales par une grande catégorie unificatrice dans laquelle presque tout le monde se retrouve ne peut que faciliter son entreprise. De même, substituer le clivage de la dépendance aux réseaux à celui de la possession des moyens de production n’est pas fortuit. Cela évite d’avoir à affronter l’idéologie bourgeoise des indépendants, praticiens libéraux et petits patrons. Comme l’ont bien analysé les camarades de la Paduteam, la FI veut nous faire croire que les petits patrons auraient les mêmes intérêts que leurs salariés[6]. Il est important de souligner ici que les communistes ne méprisent aucunement ni le travail de construction d’une hégémonie culturelle, ni la recherche d’un large soutien politique dans le pays, pas plus que la participation aux élections. Le souci de ne pas se mettre la petite bourgeoisie à dos peut notamment constituer un enjeu stratégique pour la révolution. Mais cela ne signifie pas bâtir son discours sur des leurres. Les communistes observent que tous les secteurs de la population n’ont pas le même intérêt matériel à révolutionner la société de fond en comble. Ce sont donc les plus exploités qui seront les plus résolus à aller au bout du processus. C’est pourquoi ce sont eux qui doivent en prendre la direction.  

Des modèles de résistance plus que de réussite

Avant de conclure en abordant le contenu de la révolution citoyenne que les Insoumis appellent de leurs vœux, il est utile d’opérer un bref détour à la hache par les expériences à partir desquelles les insoumis déduisent la notion d’ « ère du peuple ». C’est en effet instructif pour mieux cerner la nature « anticapitaliste » de leur projet. Il s’agit des « agitations populaires sociales et politiques » qui ont eu cours « d’abord en Amérique du Sud, puis au Maghreb, dans le sud de l’Europe, au Proche-Orient, puis en Asie ». Plus particulièrement, nous savons que la première vague de gauche antilibérale qui a remis en cause la prédation des multinationales US au sein de leur pré carré continental constitue une source importante d’inspiration pour la FI. En Argentine, au Venezuela, en Bolivie, en Équateur, au Brésil, au Nicaragua, des gouvernements progressistes ont engagé, dans des proportions variables, d’importantes nationalisations, en particulier des matières premières, et de vastes programmes sociaux redistributifs. Ils ont renégocié la dette ou repris en main la politique économique au service des intérêts nationaux. Ils ont également accordé des droits spécifiques aux peuples originaires ayant subi la colonisation puis la marginalisation et pris des dispositions pour protéger l’environnement et les ressources naturelles. Tous ces gouvernements ont obtenu des résultats positifs en termes de démocratisation, de réduction de la pauvreté, d’alphabétisation, de santé et de croissance économique.

La FI critique à juste titre l’euro-centrisme des formations de gauche traditionnelles qui n’ont pas jugé bon de s’intéresser à ces victoires et de tirer des enseignements de toutes ces expériences. Nous pensons à l’évidence que nous devons apprendre de tous les peuples du monde qui engagent un bras de fer avec l’impérialisme et le capital. En particulier de la révolution bolivarienne au Venezuela et du processus de changement du MAS en Bolivie qui ont manifestement su créer un attachement durable des classes populaires à la défense de leurs conditions de vie et de la souveraineté nationale. Mais à part au Venezuela et au Nicaragua qui résistent, dans aucun de ces pays le mouvement populaire n’a empêché le retour de la droite voire de l’extrême-droite au pouvoir et la menace de se voir reprendre toutes les conquêtes précédentes. En suivant la logique insoumise, ne serait-on donc pas autorisés à dire que la révolution citoyenne a échoué ?

Selon les propres mots des insoumis, « la version du parti révolutionnaire professionnel d’avant-garde [a] fait naître l’URSS, le bloc socialiste de l’Europe de l’Est et la Chine de Mao. » Le processus révolutionnaire a ensuite généré « un bond de développement inouï des forces productives de ces pays ». Nous ajoutons qu’il a permis de vaincre le fascisme, soutenu le processus de décolonisation, changé la face du monde, sorti des millions de personnes du sous-développement et tenu beaucoup plus longtemps avant de subir un retour de la classe capitaliste au pouvoir, ce qui n’a toujours pas eu lieu ni en Chine, ni à Cuba, ni au Vietnam, ni en Corée du Nord. Alors pourquoi être si prompts à troquer le projet révolutionnaire communiste contre la révolution citoyenne ? N’est-ce pas tout simplement parce qu’on refuse d’envisager la socialisation intégrale des moyens de production comme cela fut le cas en URSS ?

En effet, si la France insoumise met un tel focus sur les réseaux collectifs et les services publics, c’est que l’horizon de la société qu’elle souhaite voir advenir risque fort de se limiter à la renationalisation de certains secteurs sans toucher fondamentalement à la propriété des grands moyens de production. Envisagent-ils par exemple de nationaliser la grande distribution, l’industrie agroalimentaire ou bien les services de télécommunication ?

Révolution citoyenne ou révolution ?

L’approche insoumise du processus révolutionnaire est inspirée du matérialisme dialectique. Elle combine la rupture franche avec l’ancienne société et le caractère nécessairement progressif de la construction des bases de la société nouvelle. « Le programme de transition vise à faire franchir des seuils de non-retour, à imaginer les mesures qui vont précipiter les événements en élargissant les rangs de l’action citoyenne. » Mais il y a deux grandes différences avec le projet communiste révolutionnaire.

Premièrement, les Insoumis n’envisagent cette rupture que dans le respect du cadre institutionnel actuel, jusqu’à l’adoption d’une nouvelle constitution. Les communistes ne disqualifient pas en soi la possibilité de prendre le pouvoir par les urnes. Ils comptent toutefois davantage sur la construction d’un rapport de force matériel, que ce soit pour accéder au pouvoir ou pour s’y maintenir. Si la perspective d’une insurrection populaire peut sembler irréelle dans la France de 2026, il faut rappeler que rien que le mouvement des gilets jaunes a réussi à déborder les forces de l’ordre et failli contraindre Macron à évacuer l’Elysée. Par ailleurs, même en cas d’élection, s’engager par avance à respecter la légalité bourgeoise peut signifier sa perte dans le cas probable où les puissances impérialistes réagiraient de manière immédiate et agressive pour déstabiliser le nouveau gouvernement. Il est toutefois possible qu’un mouvement politique révolutionnaire soit disposé à user du rapport de force extralégal, si la situation l’y contraint, sans que cela soit annoncé publiquement.

Ainsi, la seconde différence plus problématique tient à la clarté du cap final que l’on se fixe.  La FI mentionne qu’aucune des révolutions communistes passées n’a jamais donné naissance aux « formes annoncées par la théorie ». Cette assertion, sans plus de précisions, est très contradictoire avec un autre passage plus développé où les Insoumis rappellent avec honnêteté que la théorie marxiste n’a jamais décrit précisément ni « les formes concrètes de la gestion socialiste de la société », ni le schéma d’organisation d’une société communiste. Ils indiquent notamment : « l’absence de description précise de la société communiste est revendiquée et assumée par Marx et Engels comme une sorte de quintessence de la méthode matérialiste historique. Dans L’Idéologie allemande, ils écrivent « Le communisme n’est pour nous ni un état qui doit être créé, ni un idéal sur lequel la réalité devra se régler. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état actuel. Les conditions de ce mouvement résultent des prémisses actuellement existantes ». »

Les théoriciens du socialisme scientifique ont eu bien raison de ne pas formuler un programme tout fait de réformes qui seraient à appliquer en tous temps et en tous lieux pour passer d’une société capitaliste à une société communiste. Ce serait absurde. Cela ne signifie en revanche nullement que les communistes, dans chaque pays, n’ont pas pour tâche de formuler un programme de mesures concrètes pour engager la transition vers le socialisme, qui soit adapté à leur réalité nationale. C’est au contraire essentiel pour mener la bataille idéologique et se préparer à l’exercice du pouvoir, le jour venu. Toutefois, les communistes ont conscience que l’application d’un programme est entièrement conditionnée par le contexte national et international, qui sera lui-même totalement bousculé par la rupture révolutionnaire. Rappelons ici qu’en 1917, le pouvoir bolchevik a dû affronter l’agression armée de quatorze pays pendant plus de trois ans. De même, Cuba subit un blocus criminel depuis plus de soixante ans. C’est pourquoi l’engagement envers l’horizon final d’une société sans classes est plus important pour les communistes que la définition d’un programme de transition dont le sort est totalement imprévisible.

À l’inverse, le mouvement insoumis se propose de fédérer autour d’un programme de gouvernement et rien d’autre. « Le mouvement n’a ni doctrine de référence, ni aucune affirmation autre que celles contenues dans ce texte. […] Le mouvement, c’est l’action pour le programme. Le programme, c’est le but de l’action du mouvement. Pas davantage. Pas moins. » Malgré les dires, ce programme possède forcément une orientation spécifique pré-établie : « passer à une autre forme de société, en rupture avec les règles du capitalisme, son productivisme aveugle, sa prédation exponentielle sur la planète et sa maltraitance sociale généralisée ».

Et c’est bien là que le bât blesse. Le communisme se définit comme le mouvement réel de lutte pour l’abolition de la propriété privée des moyens de production, base sur laquelle repose concrètement l’exploitation capitaliste. Cela a le mérite d’être très clair et de se fonder sur la démonstration scientifique de Marx, que personne n’a été en mesure de réfuter jusqu’à nos jours. La FI défend, elle, une économie mixte dans laquelle les entreprises privées subsisteraient, sans délimiter leur périmètre, tout en prétendant mettre fin à « l’exploitation capitaliste entre les humains ». C’est une contradiction dans les termes. Le capitalisme n’est jamais défini et semble ainsi être réduit à la « règle » de « la concurrence libre et non faussée ». Or celle-ci ne correspond à aucune réalité économique. Qu’on songe notamment, pour s’en faire une idée, aux pantouflages, aux armées de lobbies corrompant les parlementaires bruxellois, aux blocus commerciaux contre des pays entiers ou au rétablissement des droits de douane par Trump ! Cette « règle » n’est qu’un leurre qui sert de prétexte à la bourgeoisie pour démanteler les services publics[7]. Du reste, que signifie concrètement lui substituer « la coopération et l’entraide » ? 

Le mouvement insoumis ne se présente pas comme anti-marxiste mais bien comme post-marxiste. Il ne combat pas frontalement le marxisme, mais s’en inspire partiellement tout en prétendant le dépasser, car il serait obsolète ou erroné sur de nombreux pans. Pourtant, c’est bien un considérable recul théorique que la FI nous propose. En revenant à une conception idéaliste et donc fausse du capitalisme, en éclipsant la lutte des classes et en diluant la centralité de la propriété des moyens de production, les insoumis opèrent un retour au socialisme utopique, que l’on pourrait donc qualifier plus justement de pré-marxiste.

En effet, ce n’est pas que notre idéal de société diverge. Nous souscrivons sans problème à la description que les insoumis en donnent. « Le but affiché est une société d’harmonie. La forme poétique de l’expression ne doit pas faire oublier son contenu matérialiste. Il désigne une concordance des cycles de la réalité écologique et sociale. C’est celle des êtres humains entre eux et avec l’équilibre de l’écosystème. Cela suppose la centralité de l’égalité et la fin de l’exploitation capitaliste entre les humains d’une part. Et d’autre part la fin du productivisme. C’est-à-dire l’organisation de la synchronie des cycles de l’activité humaine avec ceux de l’écosystème de sorte de ne jamais prélever davantage que celui-ci peut reconstituer dans un temps donné. » Or ce n’est pas parce que Marx et Engels étaient rabat-joie qu’ils ont âprement combattu à leur époque la devise « tous les hommes sont frères » au sein de la Ligue des Justes, devenue, grâce à eux, Ligue des communistes. C’est parce que les grandes abstractions rassembleuses comme le « peuple », la « coopération » et « l’harmonie » ne permettent pas de mener efficacement la lutte révolutionnaire. Il en va autrement des mots d’ordre conflictuels que sont la lutte des classes, l’expropriation et la socialisation des moyens de production. C’est pourquoi nous considérons que la tâche actuelle des communistes est de reconstruire l’outil de classe dont le prolétariat a besoin pour vaincre l’ennemi de l’humanité que l’oligarchie capitaliste est devenue.

Que faire ?

Nous comprenons que nombre de communistes se découragent face à l’ampleur de la tâche, et qu’il paraisse plus efficace de s’inscrire dans le sillon de la FI que de reconstruire leur parti de zéro. Mais la lutte révolutionnaire n’a jamais été facile et l’expérience des bolcheviks doit nous conforter dans l’optimisme de la volonté. En période de crise impérialiste, les situations peuvent vite basculer et offrir un boulevard à une radicalisation politique du prolétariat, si tant est que les communistes, même peu nombreux, y soient préparés et organisés. 

À l’opposé, d’autres camarades décrètent sommairement que la FI n’est qu’une resucée social-démocrate destinée à trahir. C’est raisonner de façon idéaliste. Certes le passé socialiste de Jean-Luc Mélenchon et sa révérence envers François Mitterrand ne sont pas de nature à donner confiance, mais c’est bel et bien le rapport de force populaire qui sera le plus déterminant pour orienter ses actes une fois au pouvoir. C’est donc à la construction de ce rapport de force que les communistes doivent travailler. Pour prendre un exemple concret, le mouvement insoumis s’inscrit dans la filiation de la gauche qui a dit non au Traité Constitutionnel Européen en 2005. Revendiquant la souveraineté populaire dans le cadre national ET le progrès social, il porte en lui la potentialité d’un anti-impérialisme en acte[8]. Le recul de la FI sur la sortie de l’Union européenne par rapport à 2017 est donc un signal très négatif. En effet, si l’option du Frexit n’est pas sur la table, la « renégociation des traités » se retrouve vidée de son contenu et c’est l’ensemble du programme insoumis qui devient inapplicable. Les communistes de l’OCF feront tout pour ramener cet enjeu central de la lutte des classes au cœur de la campagne de 2027[9]

Par ailleurs, avec un mouvement progressiste comme LFI, une organisation communiste peut envisager des d’alliances tactiques, que ce soit dans le cadre d’élections ou pour la constitution de fronts politiques permettant l’union des travailleurs à la base et visant par exemple la victoire sur le fascisme ou la guerre. Elle ne doit en revanche jamais sacrifier ses objectifs, son indépendance et l’autonomie de ses mots d’ordre, malgré sa modestie numérique. Elle ne doit rien céder aux vieilles rengaines révisionnistes et poursuivre son cap inébranlable, celui d’organiser le prolétariat pour la prise du pouvoir.

Chaumette


[1]Nous parlons ici du choix stratégique hypothétique de communistes individuels. Nous ne faisons pas référence à l’association des insoumis communistes en tant que structure collective dans la mesure où son animateur Francis Parny a totalement rallié les analyses de la France insoumise et abandonné les fondamentaux du marxisme-léninisme définissant la lutte communiste. Voir ici : https://lafranceinsoumise.fr/wp-content/uploads/2026/04/Adresse-insoumis.es-communistes-30-07-2024.pdf

[2]https://editionsdelga.fr/produit/erreur-ou-trahison/#:~:text=Enqu%C3%AAte%20sur%20la%20fin%20de,manipulation%2C%20orchestr%C3%A9e%20de%20toutes%20pi%C3%A8ces.

[3]Indiquons simplement ici, d’une part que le salariat n’est pas rigoureusement une classe sociale, et que déjà au temps de Marx, l’armée de réserve des privés d’emploi faisait pleinement partie de la classe ouvrière. L’analyse actualisée des classes sociales doit en revanche prendre en compte les enfants, les étudiants et les retraités, groupes sociaux qui n’existaient effectivement pas en tant que tels à son époque. Cela implique de formuler théoriquement comment l’insertion dans le mode de production se réalise au cours des différents cycles de la vie. Mais l’on perçoit aisément que l’étudiant de BTS fonderie en alternance et le doctorant en histoire de l’art appartiennent à des classes sociales différentes bien que partageant le même statut d’étudiant.

[4]Nous n’avons toutefois pas manqué d’en souligner les quelques lourdes fautes politiques : https://jeunessedumonde.fr/2026/06/10/jean-luc-melenchon-pour-une-6e-republique-ecologique-et-sociale/

[5]Notre camarade Aymeric Monville avait notamment commenté en vidéo l’usage que les insoumis font du concept de techno-féodalisme, qui est néanmoins absent de leur document stratégique : https://www.youtube.com/watch?v=CAiUpieyHLc&t=2307s

[6]https://www.youtube.com/watch?v=-LxOG_3Mvm0 / https://www.youtube.com/watch?v=bSHi37snhMM&t=2469s

[7]Nous ne pouvons en fournir la démonstration ici. Cela est analysé dans cet article à l’aune de l’exemple du transport ferroviaire : https://jeunessedumonde.fr/2026/06/01/en-greve-le-10-juin-quand-les-cheminots-defendent-la-souverainete-populaire/

[8]Aux antipodes des partis trotskystes qui font un procès en « nationalisme » aux insoumis et qui révèlent là encore combien ils sont anti-impérialistes en parole mais pro-impérialistes dans les faits.

[9]https://jeunessedumonde.fr/2026/05/28/frexit-progressiste-pourquoi-et-comment-sortir-de-lunion-europeenne-et-de-leuro/

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2 Commentaires

  1. Ainuage

    Je viens de passer 1 heure à rédiger un commentaire un peu long et vlan … disparu après le clic de « soumettre le commentaire » !
    Ce n’est pas la première fois.
    J’aimerais récupérer ce commentaire ! est-ce possible ?

    Réponse
  2. GHERARDI épouse LEONARD

    Envisager des d’alliances tactiques, contre la victoire sur le fascisme ou la guerre sans jamais sacrifier ses objectifs et son honneur, sa conscience et sans se décourager face à l’ampleur de la tâche c’est de la Résistance.

    Si le mouvement insoumis se présente comme post-marxiste. Marx et Engels laissentt l’homme s’adapter à son époque dans l’intérêt général dans tous les domaines de la vie.

    Reformuler l’ensemble des institutions du pays au service des objectifs écologiques et sociaux.

    Si la chute de l’URSS tient à la trahison d’un mouvement Trotskyste. Beaucoup se sont revendiqué du Général de Gaulle pourtant presque tous l’on trahit.

    C’est dans l’effort que l’on trouve la satisfaction et non dans la réussite. Un plein effort est une pleine victoire. Citation de Gandhi sur Réussite, Effort et Victoire

    MARTINIQUE le 22 juin 2026
    GHERARDI épouse LEONARD.

    Réponse

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