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De Caen à Gaza, d’Arlit à Caracas : même combat contre le capitalisme. 8 mars 2026, grève féministe et anti-impérialiste !

par | Mar 8, 2026 | Luttes | 2 commentaires

En cette Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, alors que les cortèges féministes se préparent à défiler dans les rues de Paris et de nombreuses villes, nous voulons faire résonner la voix de celles qui, aux quatre coins du monde, subissent le plus durement la barbarie du système capitaliste et impérialiste. Loin des plateaux télé, des millions de femmes mènent un combat quotidien pour leur survie et celle de leur peuple. Leur ennemi est le nôtre : l’impérialisme atlantique dont la France est l’un des rouages.

C’est dans cet esprit d’internationalisme prolétarien que nous dressons ces portraits de femmes, victimes directes de l’escalade guerrière menée par l’axe UE-OTAN.

Yanet, 34 ans, agricultrice à Boyeros (Cuba)

À quelques kilomètres de La Havane, Yanet cultive un lopin de terre pour nourrir ses trois enfants survivants. Son dernier-né, qui souffrait d’une malformation cardiaque, n’a pas vécu. Les médicaments nécessaires, produits aux États-Unis, n’ont pas pu être acheminés à cause de l’embargo criminel que Washington maintient contre l’île depuis plus de 60 ans. Un blocus qui, selon les estimations, a causé près de 30 millions de décès à Cuba en trois décennies. Pour couronner le tout, ses récoltes, source unique de revenus, sont compromises : le manque de pétrole vénézuélien, dû aux sanctions étatsuniennes, paralyse les livraisons de carburant et l’approvisionnement en engrais. Yanet est une survivante de cette guerre économique.

Maryam, 22 ans, étudiante à Gaza (Palestine)

Maryam a vu son université réduite en poussière par les bombes israéliennes, avec le soutien indéfectible des États-Unis et de l’Europe. Réfugiée dans le sud de la bande de Gaza, elle tente d’enseigner l’alphabet aux enfants dans un camp de tentes, au milieu des maladies et du manque d’eau potable. Son frère a été arrêté, sans procès, et croupit dans une prison israélienne où la torture est monnaie courante. Maryam refuse pourtant de baisser les yeux, elle incarne la résistance d’un peuple que l’on veut effacer.

Fatima, 9 ans, écolière à Minab (Iran)

Le 28 février 2026, Fatima est morte. Elle faisait partie des 165 civils tués lors d’une frappe aérienne près du détroit d’Ormuz, dans le cadre des menaces renouvelées d’intervention militaire. Fatima était élève à l’école primaire de filles Shajareh Tayyebeh. Pour elle, l’espoir d’apprendre, de s’émanciper, et même d’assister à une potentielle prise de pouvoir du peuple, à une révolution socialiste émancipatrice pour le peuple iranien, s’est effacé. Victime collatérale des guerres pour le contrôle du pétrole, son corps est une pierre de plus sur le chemin sanglant de l’impérialisme.

Sofia, 29 ans, journaliste et milicienne à Caracas (Venezuela)

Sofia couvrait les manifestations pacifiques. Mais devant la menace d’une nouvelle intervention étatsunienne — qui a eu lieu le 3 janvier 2026 —, elle a rejoint les milices bolivariennes. Aujourd’hui, elle alterne entre son carnet de notes et son fusil. Elle sait que le pétrole vénézuélien est dans le viseur de Washington et que la « communauté internationale » ferme les yeux sur ce nouveau coup de force. Sofia incarne la volonté farouche d’un peuple de défendre sa souveraineté, contre les multinationales qui veulent piller ses richesses.

Elizabeth, 42 ans, militante communiste à Isiolo (Kenya)

Membre du Parti Communiste Marxiste du Kenya, Elizabeth a participé à la manifestation devant l’ambassade des États-Unis pour exiger la libération de Nicolás Maduro. Depuis, elle vit dans la peur constante. Le 24 février 2026, le secrétaire général de son parti, Booker Ngesa Omole, a été enlevé, torturé et détenu illégalement par des forces inconnues. Elizabeth sait que l’ombre de la répression plane sur elle. Pourquoi ? Parce qu’elle dénonce l’ingérence américaine en Amérique latine et, localement, l’exploitation des travailleurs kényans par le capital étranger.

Aïcha, 55 ans, commerçante à Arlit (Niger)

Aïcha a un cancer. Comme beaucoup d’autres dans la région d’Agadez. Pendant des décennies, la multinationale française Orano (ex-Areva) a exploité l’uranium sans se soucier de la santé des populations. Aujourd’hui, des montagnes de déchets radioactifs, contenant des taux 10 à 20 fois supérieurs aux normes, sont laissées à l’air libre, contaminant une zone grande comme la France. Aïcha, comme des milliers d’autres, est une victime du néocolonialisme français qui continue de piller les ressources africaines au mépris de la vie humaine.

Anna, 38 ans, habitante du Donbass (Ukraine)

Anna a perdu son mari en 2014, tué par l’artillerie ukrainienne, réalisant une épuration politique et ethnique par des bombardements des quartiers. Aujourd’hui, elle vit dans une cave avec ses deux enfants, fuyant les nouvelles offensives. Prise en étau entre les forces de Kiev et les manœuvres russes, sa famille subit la guerre car l’impérialisme européen — et la grande bourgeoisie française en tête — considère sa terre natale comme une simple zone d’influence. Pour eux, les vies des habitants du Donbass ne pèsent pas lourd face aux intérêts géostratégiques et à la rentabilité de l’industrie de l’armement.

Louise, 51 ans, infirmière à l’hôpital public de Caen (France)

Louise travaille dans un service où les effectifs ont fondu comme neige au soleil. Ses patients sont de moins en moins bien pris en charge. Louise voit son hôpital se vider de ses moyens pendant que l’État débloque 10 milliards pour un porte-avions. En France, 62 % des smicards sont des femmes. Mais d’un autre côté, elle sera bientôt tranquille puisqu’elle est menacée de licenciement pour avoir refusé d’enlever son calot. Les métiers du soin, très féminisés, sont laminés. La casse des services publics, c’est l’autre nom de la guerre faite aux femmes de la classe ouvrière.

La lutte des femmes est une lutte de classe, une lutte anti-impérialiste

Ces portraits, hélas bien réels dans leurs tragédies, le prouvent : la question des droits des femmes est d’abord une question de vie ou de mort. Qu’il s’agisse de l’accès aux soins à Cuba, de la survie sous les bombes à Gaza, de la protection contre les pollueurs au Niger ou de la défense des services publics en France, le fil rouge est le même. C’est le capitalisme, à son stade suprême incarné dans le bloc UE-OTAN qu’est l’impérialisme, qui est l’ennemi.

Lénine, dans son analyse de l’impérialisme, a montré que la domination des monopoles et la course aux matières premières et aux zones d’influence conduisaient inévitablement à la guerre et à l’exploitation la plus barbare des peuples. Les prolétaires, femmes et hommes de tous les pays, ne font qu’un dans ce combat. La lutte pour la souveraineté populaire au Venezuela, en Palestine ou au Kenya est la même que la lutte pour des hôpitaux publics dignes de ce nom en France. Notre seule issue est l’union internationale des travailleurs et travailleuses contre l’ennemi commun : la bourgeoisie impérialiste.

Le communisme : la seule perspective d’émancipation

Répression, criminalisation, enlèvements, torture : tout est bon pour empêcher ne serait-ce qu’un bol d’air frais pour les peuples en lutte. Aujourd’hui, comme le montre l’enlèvement de Booker Ngesa Omole au Kenya ou les menaces sur Elizabeth, ce sont les communistes qui sont en première ligne. Pourquoi ? Parce que nous sommes les seuls à proposer une analyse conséquente de la situation.

C’est via les analyses marxistes-léninistes que nous pouvons déchiffrer les enjeux derrière les conflits. Comprendre que le sort d’Anna dans le Donbass est lié à celui de Louise à Caen, que le cancer d’Aïcha est le produit des mêmes logiques de profit que la mort du bébé de Yanet. En pensant ces liens, en les dénonçant, nous nous constituons en classe prolétarienne internationale. Notre simple existence, notre capacité à faire le lien entre ces luttes, menace l’ordre établi. C’est pourquoi ils veulent nous réduire au silence.

Cependant, comme nous l’enseigne Karl Liebknecht, ‘l’ennemi principal est dans notre pays’. Ce n’est pas en envoyant des vœux pieux aux femmes de Palestine, du Kenya ou du Venezuela que nous les soutiendrons réellement, mais en combattant ici concrètement, en France, la grande bourgeoisie qui, à travers Orano au Niger, les ventes d’armes à Israël, ou les sanctions contre Cuba, est complice de leur oppression. Le devoir des prolétaires français est de s’opposer à la politique impérialiste de leur propre gouvernement, car c’est ainsi qu’ils serviront le plus efficacement la cause de l’émancipation de tous les peuples.

Alors que l’extrême droite gagne du terrain et tente d’instrumentaliser les droits des femmes pour justifier le racisme et la guerre, notre place est dans la rue, aux côtés de nos camarades du monde entier. Le 8 mars 2026, mobilisons-nous contre le fascisme, le sionisme, le racisme, l’impérialisme. Battons nous pour des services publics dignes, pour l’égalité salariale, mais aussi contre les guerres impérialistes, pour la sortie de l’UE-OTAN et pour l’autodétermination des peuples.

La libération des femmes ne pourra advenir que par la révolution anti-impérialiste et socialiste. En ce 8 mars, proclamons le haut et fort : prolétaires de tous les pays, unissons nous !

Joanna – JDM

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2 Commentaires

  1. Mylène Sallette

    Très bon article, juste une petite rectification : L’ennemi principal est dans notre pays ! Est de Karl Liebknecht.

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    • William

      Oui exact, c’est corrigé, merci ^^

      Réponse

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