
“Entre 1971 et 2024 86% des revenus tirés de l’exploitation d’uranium a bénéficié à Orano, contre seulement 9,2% pour l’État du Niger”, Alio Daouda, Ministre de la justice du Niger.
Ce 1ᵉʳ février 2026, la Chambre des Crimes économiques et Contre l’humanité du Tribunal de Niamey a rendu un jugement de portée internationale : la condamnation de la France, du Royaume-Uni et de l’Allemagne pour pillage des ressources dans une « entreprise criminelle commune », avec l’Allemagne désignée comme commanditaire, le Royaume-Uni comme complice, et la France désignée comme exécutante. Le tribunal remonte jusqu’à la conférence de Berlin de 1884 puis liste les divers crimes lésant la nation nigérienne. Les crimes de négligence sont évalués à 10 milliards d’euros de réparations, les crimes de sang sont évalués à 20 milliards d’euros, et l’échange inégal dans le secteur de l’uranium lié aux accords commerciaux signés sous la contrainte est évalué à 85 milliards d’euros, ce qui porte le total des dédommagements imposés à la France à 115 milliards d’euros. La cour préconise la saisie immédiate des capitaux de ces trois nations présents sur le territoire nigérien et l’annulation de la dette envers ces pays, instrument de coercition signé contre l’avis des peuples.
Cette décision fait suite au bras de fer entre le Niger et la France sur les crimes d’Orano, entreprise détenue à 90 % par l’État français et issue de la destruction planifiée d’Areva. Il a été découvert dans la région d’Agadez au Niger près de 400 tonneaux de carottes radioactives, dépassant de 10 à 20 fois les seuils de radioactivité autorisés, abandonnés à même le sol, menaçant très gravement les cours d’eau, la faune, la flore, et la culture agricole d’une région très pastorale dont la superficie est la même que celle de la France (670 000 km²) et dont la population s’élève à 566 000 habitants. Non seulement le comportement d’Orano viole la réglementation internationale sur le nucléaire, mais il viole également le droit nigérien, non seulement par cette pollution, mais également par le viol de la législation sur le partage de ses bénéfices avec l’État nigérien, et sur le paiement de ses impôts et redevances. Ce comportement n’est pas nouveau, il est la norme depuis des décennies dans tous les pays d’Afrique pour les entreprises impérialistes.
Pendant qu’Orano se plaint au parquet de Paris pour ce qu’elle qualifie de « pillage » (tiens donc !), les éditorialistes des médias français, d’État comme privés, appliquent la ligne politique et clouent la décision sous une chape de silence : le silence de plomb du coupable qui refuse de répondre de ses crimes. Le silence vis-à-vis des contre-offensives d’une nation qui affirme sa souveraineté va de pair avec le silence sur ses propres attaques, et ainsi aucune lumière n’est faite sur la coalition de l’Union européenne et des bourgeoisies compradore de la CEDEAO pour affronter les nations qui aspirent à l’indépendance.
Face à une telle situation, le communiste ne souffre d’aucun dilemme : la lutte pour la libération nationale marche de pair avec la lutte pour l’émancipation sociale et économique du prolétariat. Le tombeau de la néocolonisation, de l’impérialisme et de l’échange inégal sera celui du capitalisme et de l’exploitation de l’homme par l’homme. L’expropriation des forces productives par le prolétariat contre la bourgeoisie passe par l’expropriation des forces productives par la nation contre l’occupant monopoliste, comme la reprise du contrôle sur la valeur d’usage produite passe par celle de la valeur produite. Travailleurs de tous les pays, peuples opprimés de la Terre, unissons-nous !
Silco – JDM












0 commentaires