Le samedi 28 février au matin, une coalition américano-israélienne a lancé une vaste offensive aérienne sur l’Iran. Selon le Pentagone et le président Trump, des raids « aériens et maritimes » ont visé des infrastructures militaires et nucléaires iraniennes dans de nombreuses provinces et grandes villes à travers l’Iran. Les villes de Téhéran (site du palais du Guide suprême, du président et du ministère de la Défense), de Qom (recherche nucléaire), Ispahan et d’autres sites militaires ont été bombardées. L’armée israélienne a affirmé avoir touché des cibles « au cœur de Téhéran » afin de détruire les systèmes de défense aérienne restants. Le Premier ministre Netanyahou a annoncé que « de hauts responsables du régime » avaient été « éliminés », tandis que Donald Trump a dénoncé Ali Khamenei comme « l’une des personnes les plus diaboliques de l’Histoire » et confirmé qu’il « est mort ».
L’Iran a officiellement annoncé la mort du Guide suprême Ali Khamenei, tué au sein de son complexe à Téhéran lors des frappes du 28 février. La télévision d’État et l’agence IRNA ont confirmé son décès et proclamé 40 jours de deuil national. Cet assassinat politique a profondément marqué la population iranienne : des milliers d’Iraniens en deuil ont manifesté dans les rues de Téhéran et d’autres villes, portant des drapeaux et scandant des slogans funèbres, malgré les risques de nouvelles frappes.

I. Bilan humain : un massacre qui s’alourdit d’heure en heure
Le bilan humain n’a cessé de s’alourdir au fil des heures. Selon les médias officiels iraniens, au moins 165 civils ont été tués – essentiellement des écolières – dans une frappe visant l’école primaire de jeunes filles Shajareh Tayyebeh à Minab (proche du détroit d’Ormuz). Des douzaines d’autres personnes auraient été blessées dans cette seule attaque, selon le procureur local cité par IRNA. D’autres villages ont également souffert : au total plusieurs centaines de morts civils sont évoquées par la presse semi-officielle (Fars, Croissant-Rouge).
Plusieurs hauts responsables militaires figurent parmi les victimes. La télévision iranienne a confirmé que le général Abdolrahim Mousavi (chef d’état-major), le général Aziz Nassirzadeh (ministre de la Défense) et le général Mohammad Pakpour (commandant du CGRI) ont été tués. La Garde révolutionnaire (CGRI) et l’armée ont perdu leurs principaux chefs d’état-major. Selon l’armée israélienne, cinq commandants militaires supérieurs supplémentaires ont été éliminés, dont le conseiller militaire Ali Shamkhani. La mort de dizaines de généraux et hauts officiers est l’un des faits marquants de cette offensive.
II. La riposte iranienne
Au-delà de l’Iran, la riposte iranienne s’est étendue à toute la région. Dans la nuit du 28 février au 1er mars, l’Iran a lancé des missiles balistiques et des drones de croisière vers Israël et des bases américaines au Moyen-Orient. Les défenses israéliennes ont alors été mises en alerte : Magen David Adom a fait état d’une femme tuée lors de tirs de missiles iraniens sur Tel-Aviv et sa région le 28 février. Mais dans la nuit du 1er mars, une nouvelle salve de missiles, plus puissante, a frappé le centre d’Israël. Le bilan côté israélien s’est alourdi : on dénombre désormais 9 morts.
Du côté des États du Golfe, les batteries de défense aérienne sont entrées en action : l’Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Koweït et la Jordanie ont chacun annoncé avoir intercepté des missiles ou drones iraniens. Malgré ces interceptions, les frappes iraniennes ont tout de même fait des victimes dans la région. À Abou Dhabi (EAU), on dénombre 3 mort et 58 blessés, selon les autorités émiraties, principalement des travailleurs étrangers présents dans des zones industrielles. Des sirènes d’alerte ont également retenti à Dubaï, Riyad, Doha et Manama, attestant du lancement de missiles ou drones vers ces villes.
Les frappes iraniennes ont également visé des bases américaines. Une base aérienne américaine au Koweït a été touchée par un drone. Une base en Jordanie a également été visée. Le Pentagone a confirmé la mort de 3 soldats américains depuis le début de l’attaque.
Sur le plan matériel, les frappes iraniennes ont provoqué la fermeture provisoire des grands aéroports du Golfe et des secteurs du ciel, perturbant gravement le trafic aérien mondial. Des infrastructures sensibles à Dubaï, Doha et Abou Dhabi ont été visées. Mais le point le plus critique est le détroit d’Ormuz, par où transite 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial. Le trafic pétrolier est touché, des navires et un pétrolier ont été frappés dans le détroit d’Ormuz. Le détroit est actuellement paralysé, la plupart des compagnies maritimes ayant suspendu leurs traversées. Cela risque d’avoir pour effet une augmentation jamais vue depuis des années du prix du pétrole.
III. Réactions internationales : l’Occident complice, l’Orient solidaire
Face à cette escalade, les réactions ont été contrastées, mais un clivage net se dessine entre le bloc atlantiste et les forces anti-impérialistes.
L’Union européenne a condamné les frappes iraniennes sur ses voisins tout en appelant à la « retenue maximale ». Dans un communiqué commun, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont fustigé les attaques iraniennes contre des pays de la région et demandé une reprise de la négociation, sans condamner l’agression américano-israélienne. La France a décidé d’envoyer le porte avion Charles-de-Gaulle en Méditerranée. L’Espagne a été l’un des plus fermes critiques occidentaux, dénonçant une action unilatérale « inacceptable ». Mais la position européenne est claire : derrière les appels à la retenue, c’est un soutien de fait à l’agression.
Quant au Canada, le premier ministre Mark Carney, qui avait fait tant de bruit à Davos en appelant à l’union des vassaux pour s’émanciper des États-Unis (3), soutient pourtant l’attaque américaine. Une contradiction qui confirme que les discours sur l’indépendance ne sont que poudre aux yeux quand l’OTAN appelle à la guerre.
Dans le monde arabe, les États du Golfe, pris entre leur alliance avec Washington et leur peur d’une déstabilisation régionale, renforcent leurs défenses sans pour autant rompre avec les États-Unis. L’Arabie saoudite a appelé au calme mais continue d’accueillir les troupes américaines sur son sol. Le Qatar, qui abrite la plus grande base américaine de la région, a condamné les frappes iraniennes et refuse de rompre avec Washington. Seul Oman, médiateur historique avec l’Iran, a proposé une médiation.
Le premier ministre indien Narendra Modi, a brillé par son silence sur l’agression israélo-américaine et l’assassinat de Khamenei. 3 jours avant le déclenchement de l’attaque, il rendait visite à Netanyahou en Israël. L’Inde confirme son statut de « maillon faible des BRICS+ » et sa tendance à l’alignement sur les intérêts stratégiques de l’hégémon américain (1).
La Russie a dénoncé un « acte d’agression planifié » violant le droit international. Le président Poutine a convoqué une réunion d’urgence du Conseil de sécurité russe et annoncé des manœuvres militaires en mer Caspienne. Moscou a également proposé sa médiation, mais en affirmant clairement son soutien à « l’intégrité territoriale et à la souveraineté de l’Iran ».
La Chine a « fermement condamné » la frappe qui a tué le Guide suprême. Le ministère des Affaires étrangères chinois a appelé à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU et menacé de prendre des « mesures de rétorsion » si ses intérêts économiques dans la région (notamment ses investissements dans le cadre des Nouvelles routes de la soie) étaient menacés. Pékin a également mis en garde Washington contre toute escalade impliquant ses navires en mer de Chine méridionale, établissant un lien clair entre le théâtre moyen-oriental et la rivalité en Asie-Pacifique.
Le Hamas palestinien a condamné ce qu’il a appelé un « crime abominable », et le Hezbollah libanais a promis de « faire face à l’agression » contre l’Iran.
En Irak, le pouvoir chiite a proclamé trois jours de deuil national en signe de solidarité avec Téhéran. Des manifestants, dont des soutiens de milices chiites irakiennes, ont défilé dans Bagdad, chantant des slogans pro-iraniens et brandissant des portraits d’Ali Khamenei. L’ambassade américaine à Bagdad a été attaquée par des manifestants, et les forces de sécurité irakiennes ont dû intervenir pour protéger le bâtiment.
Aux Nations unies, l’ambassadeur iranien a qualifié les frappes de crimes de guerre contre des civils lors d’un Conseil de sécurité extraordinaire. Le secrétaire général Guterres a appelé à la désescalade pour éviter une guerre régionale et a souligné que l’attaque américano-israélienne va à l’encontre du droit international.
IV. La comédie française : entre servilité atlantiste et surenchère réactionnaire
Cette attaque impérialiste nous renseigne une fois de plus sur la nature profonde de la bourgeoisie française et de ses valets politiques. Comme nous l’avions analysé à propos de la vassalisation de l’UE aux États-Unis, derrière les discours sur l’autonomie stratégique, la réalité est celle d’un alignement servile sur les intérêts stratégiques américains. (2)
L’extrême droite prouve une fois de plus qu’elle est la force politique la plus alignée sur les intérêts américains. Bardella, en réaction à l’attaque américaine, condamne unilatéralement la réaction de défense de l’Iran, comme si, attaquée, elle n’avait d’autre droit que de se soumettre : « Les États-Unis et Israël ont pris la décision de frapper le régime terroriste des Mollahs. Les frappes iraniennes visant plusieurs pays du Golfe, à commencer par des installations civiles, constituent une menace directe pour la stabilité régionale, pour l’équilibre énergétique mondial et pour la sécurité de nos partenaires. Nous devons dénoncer sans ambiguïté ces actes terroristes qui frappent des États avec lesquels la France entretient des relations d’amitié et de coopération, et où nos intérêts stratégiques, économiques et humains sont engagés. »
Le Pen a renchéri : « Tout ce qui peut contribuer à permettre au peuple iranien de retrouver sa liberté va dans le bon sens. » « « L’Arabie saoudite, le Qatar, Bahreïn, le Koweït et surtout les Émirats arabes unis subissent aujourd’hui des attaques menées par le régime terroriste iranien. […] Je veux dire très clairement notre solidarité à nos alliés du Golfe, en particulier aux Émirats arabes unis, ainsi qu’à nos compatriotes et à nos forces armées présentes dans la région. »
Retailleau a déclaré que la France « doit se tenir aux côtés du peuple iranien, qui subit depuis des décennies les massacres d’un régime criminel discrédité ». Éric Ciotti a parlé d’une « immense victoire pour la liberté de tous les Iraniens ». Le média d’extrême droite Frontières a rendu compte de la manifestation pro-Trump sous pavillon « iranien » qui s’est tenue ce dimanche à Paris en titrant : « 🚨 PARIS : DES MILLIERS DE PERSONNES REMERCIENT TRUMP ET NETANYAHOU APRÈS LES FRAPPES EN IRAN ».
Nous voyons donc et sans surprise que la droite et l’extrême droite constituent la force politique la plus alignée sur les intérêts américains. Derrière les discours nationalistes et xénophobes, il n’y a en réalité qu’une volonté de soumettre toujours plus la France aux États-Unis. Car l’impérialisme français, que la droite et l’extrême droite défendent, y a intérêt dans un monde de plus en plus polarisé entre les forces impérialistes euro-atlantistes dirigées par l’hégémon américain et les forces anti-impérialistes en lutte pour un monde multipolaire. La droite et l’extrême droite ne rivalisent avec le macronisme que par une volonté de faire pire que Macron à tous points de vue.
À « gauche », les positions reflètent malheureusement l’état de confusion idéologique qui y règne.
Faure a timidement critiqué l’attaque américaine tout en se réjouissant moins timidement de la mort de Khamenei. Tondelier aurait « préféré que Khamenei soit jugé que tué ». Des positions qui, en refusant de nommer l’agresseur, font le jeu de l’impérialisme.
Roussel, conformément à sa tiédeur habituelle, s’est contenté d’une timide position niniste : « Soutien total au peuple iranien, en étau entre la dictature des mollahs, les provocations de Netanyahou et la politique guerrière de Trump. Comme le rappellent nos partenaires du Tudeh, l’avenir appartient aux forces démocratiques du pays, pas aux ingérences ni aux tyrannies. »
Mélenchon, après avoir fait un pas en avant en condamnant fermement l’agression américaine et par là dépassant dans une certaine mesure le ni-nisme, il a fait un demi pas en arrière en déclarant : « Nos positions sont les mêmes que celles portées par le collectif Roja : contre la guerre ! Femme, Vie, Liberté ! Ni Shah, ni Mollahs ! » Une position qui, en mettant sur un pied d’égalité l’agresseur impérialiste et la résistance anti-impérialiste, donne des cartouches aux impérialistes.
Il convient toutefois de saluer la réaction de Rima Hassan qui, ne prêtant pas le flanc à la propagande impérialiste, a très clairement pris position : « L’Iran a le droit de se défendre et Israël a le droit de la fermer. »
V. Résistances et contradictions aux États-Unis
Du côté américain, la base MAGA de Trump est divisée. Trump se présentait comme le président de la paix et de la fin des interventions étrangères américaines. Des manifestations anti-guerre ont actuellement lieu aux États-Unis. À New York, Los Angeles et Chicago, des milliers d’Américains sont descendus dans la rue pour protester contre cette nouvelle guerre. Des vétérans du Vietnam et d’Irak se sont joints aux manifestants, dénonçant « l’éternelle machine de guerre américaine ».
Les consulats américains au Pakistan à Karachi et à Lahore ont été attaqués par des manifestants pro-iraniens. Des manifestations en soutien à l’Iran ont eu lieu un peu partout au Pakistan, en Irak (où l’ambassade américaine à Bagdad a été attaquée), et en Afghanistan un soutien officiel à l’Iran a été affiché. Le monde musulman chiite se mobilise, et la menace d’une extension du conflit à toute la région est réelle.
VI. Derrière l’Iran, la Chine
Cette attaque ne peut se comprendre hors du cadre plus général de la stratégie américaine consistant à contrer la montée en puissance de la Chine pour tenter de sauvegarder l’hégémonie américaine en déclin. L’Iran occupe en effet une position stratégique. Partenaire clé de la Russie et de la Chine, elle forme avec eux un trio qui s’est consolidé depuis l’opération militaire spéciale russe de 2022, et qui était déjà vu comme une menace potentiellement dangereuse en 1997 par Brzezinski qui expliquait que si « elle se concrétisait, la nouvelle contre-alliance pèserait sur les affaires du monde : elle réunirait la première puissance slave, le pays le plus peuplé et le plus grand d’Asie et l’État islamique le plus remuant. » (4)
L’Iran est un fournisseur majeur de la Chine en pétrole, représentant entre 12 et 18 % des approvisionnements de la Chine, et le principal fournisseur de pétrole qui échappe au contrôle américain. L’Iran possède les quatrièmes réserves mondiales de pétrole et les deuxièmes réserves de gaz. Pour Pékin, avoir accès au pétrole iranien, en dehors du contrôle des marchés dominés par le dollar et des compagnies occidentales, est une question de sécurité nationale. La Chine achète la grande majorité du pétrole iranien, souvent à prix réduit et en échange de biens et d’investissements. Les États-Unis, via leur alliance avec les monarchies du Golfe (notamment l’Arabie saoudite) et leur contrôle historique des routes maritimes (détroit d’Ormuz, détroit de Malacca), cherchent à garder la main sur les flux énergétiques mondiaux. En s’implantant solidement en Iran, la Chine crée une voie d’approvisionnement alternative qui échappe à ce contrôle. C’est un moyen de briser le monopole américain sur la sécurité énergétique mondiale. L’Iran est donc un acteur stratégique majeur dans le cadre de la lutte anti-hégémoniste pour un monde multipolaire et pour la dédollarisation du monde.
L’Iran est aussi un nœud essentiel de la nouvelle route de la soie. Il relie la Chine à l’Europe via l’Asie centrale, mais surtout, il offre un accès potentiel à l’Asie du Sud et à l’océan Indien via ses ports.
Sur le plan militaire, l’armée américaine est massivement engagée au Moyen-Orient pour protéger Israël et ses alliés du Golfe contre l’Iran et ses proxies. Plus la menace iranienne est perçue comme forte, plus les États-Unis doivent y maintenir de ressources (bases, porte-avions, troupes). C’est autant de forces qui ne peuvent pas être redéployées en Asie-Pacifique pour faire face à la Chine. La Chine fournit à l’Iran des technologies (drones, missiles, systèmes de surveillance, etc.), souvent en contournant les embargos. Cela renforce la capacité de l’Iran à défier les forces américaines et leurs alliés. En retour, la Chine a accès à des technologies iraniennes (notamment dans le domaine des missiles) et à une expérience précieuse en matière de guerre asymétrique. La Chine a d’ailleurs participé à des exercices navals conjoints avec l’Iran et la Russie dans le golfe d’Oman. C’est un signal fort d’une coopération militaire trilatérale qui vise explicitement à contrebalancer la puissance navale américaine.
Sur le plan géopolitique, l’entrée officielle de l’Iran dans l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) puis dans les BRICS est une victoire diplomatique majeure pour la Chine et la Russie. Cela intègre Téhéran dans des institutions économiques et sécuritaires alternatives à celles dominées par l’Occident, solidifiant ce bloc eurasiatique.
Par ailleurs, l’Iran menace directement les intérêts américains en menaçant les monarchies pétrolières du Golfe (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Koweït, Qatar) avec les forces de la révolution chiite. L’Iran contrôle l’une des routes maritimes les plus critiques au monde : le détroit d’Ormuz. La capacité de l’Iran à menacer ce détroit avec ses missiles, ses mines et ses petits navires en fait un point d’étranglement stratégique. Pour les États-Unis, qui ont fait de la libre circulation du pétrole un intérêt vital, surveiller et contenir la marine iranienne dans cette zone est une mission de la plus haute importance. La 5e flotte américaine est basée à Bahreïn précisément pour cela.
Washington voit d’un mauvais œil le rapprochement militaire et politique entre l’Iran, la Russie et la Chine. En maintenant l’Iran sous pression et isolé de l’économie mondiale, les États-Unis cherchent à affaiblir ce triangle et à empêcher la formation d’un bloc cohérent capable de défier l’ordre mondial dominé par l’Occident. La guerre en Ukraine a renforcé ce défi, avec l’Iran fournissant des drones à la Russie, ce que les USA tentent d’enrayer.
Tout cela sans compter, car cela est le plus évident et manifeste, que l’Iran est la tête de l’axe de la résistance et en tant que tel la principale menace pour Israël, « allié modèle » des États-Unis (5). Israël est stratégique pour les États-Unis parce qu’il sert de « porte-avions » irremplaçable au Moyen-Orient : une base avancée capable de projeter une force militaire redoutable (frappes, renseignement, cyberdéfense) sans qu’un seul soldat américain ne soit déployé ou mis en danger. Allié loyal dans un océan d’instabilité, Israël partage avec Washington un ennemi commun (l’Iran) et agit comme le fer de lance de l’endiguement de l’expansion de la révolution iranienne. En retour, les États-Unis lui garantissent une supériorité militaire qualitative et une protection diplomatique absolue. Cette relation symbiotique permet aux USA de verrouiller leurs intérêts pétroliers et sécuritaires dans le Golfe, de vendre des armes à tous leurs alliés (qui veulent tous se prémunir contre l’Iran), et de maintenir une influence hégémonique sur une région vitale pour l’économie mondiale, le tout en mutualisant les risques avec un partenaire technologiquement avancé et politiquement fiable.
Conclusion : quelle issue ?
Cette guerre est une guerre impérialiste des États-Unis et de leur « allié modèle » Israël dans un contexte de déclin et de tentative de résistance de l’hégémon américain contre la Chine en premier lieu et contre l’ensemble des forces luttant pour un monde multipolaire sans hégémonie. Et les pays membres de l’UE et de l’OTAN, et la France de Macron en premier lieu avec la surenchère de la droite et de l’extrême droite, s’alignent sur les USA pour la conservation de l’hégémonie euro-atlantiste. Cela au détriment de l’indépendance nationale et du peuple. Car cette guerre engendrera une augmentation des prix du pétrole et avec elle une inflation généralisée encore supérieure à celle que nous connaissons déjà depuis la guerre en Ukraine.
Face à la barbarie impérialiste qui frappe l’Iran, face à la servilité de nos gouvernants, une seule position est digne et révolutionnaire : soutien inconditionnel au droit du peuple iranien et de son gouvernement à se défendre contre l’agression, dénonciation de l’UE-OTAN et de ses valets locaux, et construction d’un front de lutte pour la paix, contre l’impérialisme, pour la sortie de l’UE-OTAN et pour un monde multipolaire débarrassé de la tutelle américaine.
Pour la paix, brisons les chaînes de l’OTAN et de l’UE : l’argent doit aller aux salaires, pas à la guerre !
William – JDM
Sources :
Iranian leader Khamenei killed in air strikes as U.S., Israel launch attacks | Reuters https://www.reuters.com/business/aerospace-defense/israel-us-launch-strikes-iran-2026-02-28
Death toll in Israeli strike on southern Iran school rises to 165 | Israel-Iran conflict News | Al Jazeera https://www.aljazeera.com/news/2026/2/28/israel-strikes-two-schools-in-iran-killing-more-than-50-people
Death toll in Israeli strike on southern Iran school rises to 165 | Israel-Iran conflict News | Al Jazeera https://www.aljazeera.com/news/2026/2/28/israel-strikes-two-schools-in-iran-killing-more-than-50-people
Israel hits Tehran again after killing Khamenei, leadership council takes over | Reuters https://www.reuters.com/world/middle-east/more-strikes-aimed-iran-after-us-israeli-assault-kills-supreme-leader-2026-03-01
What is the strait of Hormuz and why is it crucial for oil supplies? | Oil | The Guardian https://www.theguardian.com/business/2026/mar/01/us-israel-strikes-iran-oil-price
US lawmakers see no Trump plan for Iran following strikes | Reuters https://www.reuters.com/world/us/us-lawmakers-see-no-trump-plan-iran-following-strikes-2026-03-01
EU nations call for ‘maximum restraint’, respect for international law in Iran conflict | Reuters https://www.reuters.com/world/middle-east/eu-nations-call-maximum-restraint-respect-international-law-iran-conflict-2026-03-01
Germany, France and UK tell Iran to stop attacks in region | Reuters https://www.reuters.com/world/europe/germany-france-uk-tell-iran-stop-attacks-region-2026-02-28
Iran forms interim leadership council as President Pezeshkian resurfaces – ABC News https://abcnews.com/International/iran-forms-interim-leadership-council-president-pezeshkian-resurfaces/story?id=130650550
China’s heavy reliance on Iranian oil imports | Reuters https://www.reuters.com/business/energy/chinas-heavy-reliance-iranian-oil-imports-2026-01-13
UK to allow US to use British bases for defensive strikes against Iran | Keir Starmer | The Guardian https://www.theguardian.com/politics/2026/mar/01/uk-to-allow-us-to-use-british-bases-for-defensive-strikes-against-iran
(1) https://jeunessedumonde.fr/2026/01/29/un-accord-historique-entre-lue-et-linde/ ; https://jeunessedumonde.fr/2026/02/08/5979/ ; https://jeunessedumonde.fr/2026/02/15/une-nouvelle-greve-historique-du-glorieux-peuple-travailleur-indien/
(2) https://jeunessedumonde.fr/2026/01/26/groenland-et-forum-de-davos-leurope-contre-les-etats-unis-vraiment/ ; https://jeunessedumonde.fr/2026/01/29/un-accord-historique-entre-lue-et-linde/ ; https://jeunessedumonde.fr/2026/02/08/5979/
(3) https://jeunessedumonde.fr/2026/01/26/groenland-et-forum-de-davos-leurope-contre-les-etats-unis-vraiment/
(4) Zbigniew Brzeziński, Le grand échiquier : l’Amérique et le reste du monde, Fayard, 2016, p. 154.
(5) https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/26/strategie-de-defense-nationale-des-etats-unis-le-texte-integral/












Superbe article, félicitations camarade! Sourcé et complet ! 🚩 Soutien dans la lutte contre l’impérialisme et comme le rappelait Guevara, « Chaque fois qu’un pays s’arrache de l’arbre impérialiste, ce n’est pas seulement une victoire dans une bataille partielle contre notre ennemi fondamental, mais aussi une contribution à son réel affaiblissement et un pas vers la victoire definitive» ce à quoi il ajoutait « Une victoire d’un pays, quel qu’il soit, contre l’impérialisme, est toujours notre victoire […]»