Cela fait aujourd’hui 4 ans que « l’opération militaire spéciale » russe a commencé en Ukraine. Alors que Trump se vantait de pouvoir mettre fin à la guerre en 24 heures, la guerre ouverte s’est poursuivie pendant plus d’un an depuis son investiture, et les combats se poursuivent encore aujourd’hui.
I- État des lieux de la guerre en Ukraine
Comme nous l’avions déjà expliqué dans plusieurs articles [1], les États-Unis, impliqués avec leurs alliés dans un triple front stratégique contre la Russie, l’Iran et la Chine, ont intérêt à ce que le conflit cesse afin de pouvoir se concentrer sur le front indo-pacifique contre la Chine, ennemi principal des États-Unis. Nous établissions que la Russie était déjà suffisamment affaiblie et que les avantages à tirer d’une poursuite de la guerre étaient faibles par rapport aux coûts et aux risques qu’implique la poursuite du conflit pour les États-Unis. Malgré de multiples tentatives de négociations de paix ou de cessez-le-feu à l’initiative des Américains, elles ont toutes échoué parce que les Européens, la France de Macron en tête, veulent quant à eux poursuivre la guerre afin de maintenir et d’étendre la zone d’influence européenne à l’est, et de contenir la Russie dont l’extension de la zone d’influence en direction de l’Europe serait dangereuse pour les impérialistes allemands et dont les relations avec l’Afrique sont dangereuses pour l’impérialisme français.
Conformément à la stratégie affichée par l’administration Trump depuis son investiture et confirmée par la Stratégie de défense nationale 2026 [2] des États-Unis – qui consiste à rompre avec l’ancienne doctrine visant à mettre le monde sous contrôle direct de l’armée américaine, et ce faisant consiste à répartir les forces entre les États-Unis et ses vassaux pour la défense de l’hégémonisme euro-atlantique et l’endiguement de la Chine et de ses alliés –, les États-Unis exigent des pays européens qu’ils augmentent leur budget militaire et qu’ils prennent une part plus importante dans le soutien à l’Ukraine. Ainsi la Stratégie de défense nationale 2026 explique-t-elle :
« Le ministère continuera également à jouer un rôle essentiel au sein de l’OTAN, même si nous ajustons la posture et les activités militaires américaines et les activités des forces américaines dans le théâtre européen afin de mieux tenir compte de la menace russe pour les intérêts américains ainsi que des capacités propres de nos alliés. Moscou n’est pas en mesure de prétendre à l’hégémonie européenne. L’OTAN européenne éclipse la Russie en termes d’économie, de population et, par conséquent, de puissance militaire latente. D’un autre côté, bien que l’Europe reste importante, sa part dans la puissance économique mondiale est plus faible et en déclin. Il s’ensuit que, même si nous sommes et resterons engagés en Europe, nous devons donner la priorité à la défense du territoire américain et à la dissuasion de la Chine, et nous le ferons. Heureusement, nos alliés de l’OTAN sont nettement plus puissants que la Russie, qui est loin derrière. À elle seule, l’économie allemande éclipse celle de la Russie. Parallèlement, sous la direction du président Trump, les alliés de l’OTAN se sont engagés à augmenter leurs dépenses de défense pour atteindre la nouvelle norme mondiale de 5 % du PIB au total, dont 3,5 % du PIB investis dans des capacités militaires lourdes. Nos alliés de l’OTAN sont donc en bonne position pour assumer la responsabilité principale de la défense conventionnelle de l’Europe, avec un soutien américain essentiel mais plus limité. Cela inclut le fait de prendre l’initiative dans le soutien à la défense de l’Ukraine. Comme l’a déclaré le président Trump, la guerre en Ukraine doit prendre fin. Comme il l’a également souligné, cependant, cette responsabilité incombe avant tout à l’Europe. La sécurisation et le maintien de la paix nécessiteront donc le leadership et l’engagement de nos alliés de l’OTAN. »
Cette position s’est notamment traduite par une quasi-suppression de l’aide financière, humanitaire et militaire américaine à l’Ukraine partiellement compensée par une augmentation de l’aide européenne [3], par un engagement des pays membres de l’OTAN à augmenter leur budget militaire de 2 à 5 % de leur PIB, par un repartage partiel des postes de commandement de l’OTAN [4], et par un rapprochement des États-Unis et de leurs alliés européens avec l’Inde pour le contrôle de l’Indopacifique [5].
Aujourd’hui, les négociations de paix en sont toujours au point mort. Des négociations tripartites entre les Américains, l’Ukraine et la Russie ont eu lieu les 23 et 24 janvier ainsi que les 4 et 5 février à Abou Dabi, puis les 17 et 18 février à Genève. Aucun accord n’a été conclu. En cause, le refus de l’Ukraine de se retirer de Donetsk et Louhansk et de partager l’exploitation de la centrale nucléaire de Zaporijia avec la Russie, ainsi que la persistance des Européens à vouloir envoyer des troupes en Ukraine et à laisser ouverte la possibilité que l’Ukraine rejoigne l’OTAN.
Depuis début 2025, la Russie progresse lentement mais sûrement, conquérant en moyenne 435 km² par mois. Selon DeepState, la Russie contrôle la Crimée, la majeure partie du Donbass (Donetsk à 78 %, Louhansk à 99 %), et de larges portions des régions de Zaporijia (75 %) et Kherson (72 %). La centrale nucléaire de Zaporijia est également sous contrôle russe [6]. La suite de la guerre, si elle se poursuit, laisse largement présager une continuation de la progression russe sur le front, imposant à l’Ukraine des concessions territoriales de plus en plus fortes, voire probablement à terme un effondrement économique et militaire ukrainien.

II- L’OTAN et la vassalisation de l’Europe par les États-Unis
L’OTAN n’a jamais constitué une alliance entre égaux. Derrière le discours officiel sur le multilatéralisme, l’organisation atlantique fonctionne comme une structure de subordination dans laquelle les États-Unis imposent leurs orientations stratégiques à des puissances européennes soigneusement maintenues en position subalterne. Le secrétaire général Mark Rutte l’a d’ailleurs rappelé sans détour devant le Parlement européen : « l’Europe ne peut pas se défendre sans les États-Unis. » Déclaration qui a suscité l’indignation de Paris, mais qui ne fait que décrire une réalité objective.
Cette relation de dépendance ne résulte pas du hasard. Depuis sa création en 1949, l’OTAN a méthodiquement organisé l’intégration des capacités militaires européennes sous commandement américain. Implantation de bases militaires américaines sur le continent, standardisation des équipements imposée aux industries nationales, absorption des fleurons technologiques européens par des groupes américains : l’ensemble du dispositif a été conçu pour que les armées européennes ne puissent engager d’opérations d’envergure sans l’aval de Washington. La France elle-même, à travers la vente d’Alstom Energy à General Electric en 2015, a contribué à ce désarmement stratégique en livrant à la concurrence américaine un secteur clé de son industrie.
En rompant avec la Russie pour satisfaire les exigences américaines, en vidant leurs arsenaux pour armer l’Ukraine, les Européens se retrouvent aujourd’hui militairement affaiblis, énergétiquement dépendants du gaz naturel liquéfié américain, et stratégiquement marginalisés au moment même où les négociations de paix leur échappent – les pourparlers décisifs se déroulant entre Américains, Russes et Ukrainiens, en leur absence.
Kaja Kallas, haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères, l’a reconnu avec une lucidité inhabituelle : « L’Europe n’est plus le principal centre d’attraction pour Washington. » Formule qui revient à admettre que les « alliés » européens, après avoir sacrifié leur autonomie au profit de l’alliance transatlantique, découvrent que les États-Unis les abandonnent à leur sort pour se recentrer sur leurs propres priorités stratégiques.
L’OTAN, présentée dans le discours officiel comme un bouclier protecteur contre la menace russe, apparaît ainsi pour ce qu’elle est réellement : l’instrument d’une subordination soigneusement construite, qui prive aujourd’hui l’Europe de toute autonomie stratégique pour défendre ses propres intérêts impérialistes dans la guerre qui se déroule à ses frontières. Les dirigeants européens mesurent amèrement la justesse de l’avertissement formulé jadis par Henry Kissinger : « Être un ennemi de l’Amérique est dangereux, mais être un ami de l’Amérique est fatal. » [7]
III – Pour nos salaires, pour la paix et pour nos services publics : Dégageons Macron, sortons de l’UE, de l’euro, de l’OTAN et du capitalisme !
Pourtant, l’UE persiste à détruire l’économie des pays européens et à approfondir sa vassalisation aux États-Unis. Face aux injonctions de Trump à prendre en charge la défense de l’Ukraine, l’UE répond en approuvant un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, que l’Ukraine « remboursera une fois qu’elle aura reçu des réparations de guerre de la part de la Russie » [8], c’est-à-dire jamais. Malgré le veto de la Hongrie [9], l’UE et les principaux pays membres, dont la France qui contribuera à hauteur de 17 milliards à ce prêt s’il est effectué, ont manifesté leur détermination à trouver un moyen d’accorder ce prêt.
On voit donc que les débats sur la dette et le budget austéritaire de la France sur fond de nécessité de « faire des économies » pour justifier la casse des services publics et des droits sociaux voilent la réalité. En effet, non seulement, comme nous l’expliquions dans un précédent article [10], cette problématique de la dette n’existerait pas si la France n’avait pas renoncé à sa souveraineté monétaire au profit de l’euro, mais en plus, cette problématique illustre le bellicisme français et européen en mettant à la lumière du jour leur choix fondamental : faire des économies sur ce qui bénéficie aux classes populaires tout en augmentant les dépenses de guerre.
Par conséquent, ces 4 ans de guerre ouverte en Ukraine – rappelons, soit dit en passant, que la guerre en tant que telle, qui oppose non pas seulement la Russie à l’Ukraine mais la Russie à l’OTAN, a commencé en 2014 avec le coup d’État antirusse de l’« Euromaïdan » – montrent d’une manière éclatante la nécessité, pour la paix, nos salaires et nos services publics, de dégager Macron, fer de lance belliciste en Europe, de sortir de l’UE, de l’euro et de l’OTAN, ces organes de la vassalisation de notre pays par l’hégémon américain, et du capitalisme qui « porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ».
William – JDM
[1] https://jeunessedumonde.fr/2025/05/29/la-tete-de-pont-de-la-democratie-nous-mene-a-la-guerre/ ; https://jeunessedumonde.fr/2025/03/11/pendant-que-des-negociations-de-paix-sont-en-cours-entre-trump-et-poutine-macron-et-lue-arment-leurope/ ; https://jeunessedumonde.fr/2025/07/03/le-nouveau-tandem-macron-merz-en-route-vers-larmee-europeenne/ ; https://jeunessedumonde.fr/2025/08/25/des-negociations-de-paix-sabotees-par-une-europe-ultra-belliciste/
[2] https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/26/strategie-de-defense-nationale-des-etats-unis-le-texte-integral/
[3] https://www.kielinstitut.de/publications/news/ukraine-support-after-4-years-of-war-europe-steps-up/
[4] https://euractiv.fr/news/washington-cede-des-responsabilites-du-commandement-de-lotan-a-leurope-mais-conserve-les-leviers-cles/
[5] https://jeunessedumonde.fr/2026/01/29/un-accord-historique-entre-lue-et-linde/ ; https://jeunessedumonde.fr/2026/02/08/5979/
[6] https://www.touteleurope.eu/l-ue-dans-le-monde/quatre-ans-de-guerre-en-ukraine-ou-en-sont-les-negociations-de-paix/
[7] https://internationalreporters.substack.com/p/la-question-du-groenland-divise-les
[8] https://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20260206IPR33903/le-parlement-approuve-un-pret-de-90-milliards-d-euros-en-faveur-de-l-ukraine
[9] https://fr.euronews.com/my-europe/2026/02/23/lue-critique-le-manque-de-loyaute-de-la-hongrie-apres-son-veto-a-un-pret-de-90-milliards-d
[10] https://jeunessedumonde.fr/2025/12/29/loi-speciale-votee-pour-la-deuxieme-annee-consecutive-symptome-de-la-crise-politique-de-letat-bourgeois/












J’appellerai cette guerre agression impérialiste et non pas « 4 ans de guerre ouverte en Ukraine entre la Russie et l’OTAN »
la Roussi ne pouvant plus laisser le peuple de Donbass massacré par les fantoches du capital occidental. L’operation a été annoncée comme Dénazification et la FI et le PCF s’était déclares partisans de Macron, de l’UE et l’Otan …