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Jean-Pierre Page analyse les enseignements de l’édification du PCC

par | Août 7, 2026 | Théorie-débats | 0 commentaires

Dans le cadre de notre rubrique consacrée au débat d’idées, nous publions cet entretien accordé par Jean-Pierre Page à l’agence chinoise Xinhua. L’auteur y revient sur les conceptions développées par Xi Jinping autour de l’édification du Parti communiste chinois. Auto-révolution, lutte contre la corruption, lien avec les masses, développement centré sur le peuple ou encore place du socialisme dans le monde contemporain, il livre son analyse des orientations du PCC et des enseignements qu’il estime pouvoir en tirer pour les partis communistes confrontés aux défis du XXIᵉ siècle. Cette publication s’inscrit dans la volonté de Jeunesse du Monde de nourrir le débat et la réflexion sur les grandes questions du mouvement communiste international.


Jean-Pierre Page

1. Sur l’auto-révolution du PCC

Le secrétaire général du PCC, Xi Jinping, a défini « l’auto-révolution » comme une réponse pour que le PCC échappe au cycle historique du déclin. Selon vous, quelles sont les inspirations de cette « auto-révolution » pour les partis politiques du monde ?

Dans un article fin 2024, le président Xi Jinping a évoqué le concept d’auto-révolution et, comme il le fait souvent, de manière concrète, claire et convaincante.  En effet, il s’agit d’un enjeu important, je dirai même existentiel pour tout parti communiste, pour sa crédibilité comme pour le contenu de ce que doit être son engagement et celui de ses membres. Il s’agit de convaincre les larges masses, de donner du sens et du contenu à leurs combats historiques. Des luttes des Taiping à la Longue Marche, l’histoire de l’action du peuple chinois contre le féodalisme et l’impérialisme et pour sa libération sont d’une grande richesse. Le président Xi Jinping les prend en compte. Cela a donc à voir avec la conception qui est la sienne du rôle du parti. Celui-ci doit se définir clairement à travers sa fonction, sa finalité, je dirais même son utilité, son histoire. Un parti communiste, plus que tout autre parti, est un corps vivant, militant, s’organisant à travers des principes, autour d’une vision s’appuyant sur le rôle de la classe ouvrière comme classe révolutionnaire ayant comme objectif d’unir le peuple par une rupture avec l’ordre capitaliste ancien et avec l’ambition de construire un ordre nouveau : une société socialiste et communiste. Pas l’une sans l’autre.

Il doit pour cela reposer sur la capacité de chacun de ses membres partageant en commun des valeurs autour d’un idéal, d’une ambition se construisant à partir d’un programme et d’objectifs concrets tenant compte de l’histoire du peuple tout entier, de ses luttes de classes, de ses victoires comme de ses échecs comme des valeurs qui sont les siennes. C’est pourquoi le parti et ses membres se doivent d’être en prise directe avec l’analyse concrète de la situation concrète, être capables d’initiatives, en assumant là où ils se trouvent leurs responsabilités de communiste, être attentifs, écouter, apprendre des masses, être créatifs, tenir compte du réel et donc du rapport des forces, de la vie, des besoins du peuple dans son ensemble et donc prendre en compte l’histoire, la diversité, la culture, les différences et les contradictions au sein de celui-ci. Ce corps vivant que doit être le parti doit tenir compte des qualités comme des défauts de chacun et chacune de ses militants, des succès comme des erreurs, et en quoi celles-ci doivent être corrigées par un travail collectif patient et exigeant. La critique et l’autocritique sont des démarches de principe pour chaque communiste, et cela à quelque niveau de responsabilité que ce soit.

Je pense que c’est de tout cela dont il s’agit avec l’auto-révolution dont parle le président Xi Jinping, c’est-à-dire l’orientation donnée à chaque membre du Parti communiste chinois sans exception afin qu’ils se considèrent interpellés dans le but d’améliorer sa pratique politique, à travers les activités concrètes et des comportements quotidiens qui se doivent d’être exemplaires. Ainsi ils contribueront à renforcer la cohésion et l’unité du parti. Cela demande beaucoup d’efforts personnels, en particulier dans l’étude constante et la mise en œuvre pratique du marxisme, du léninisme, de la pensée Mao Zedong, comme de la pensée de XI Jinping. Par conséquent, selon moi cette approche, on peut dire cette conception concerne tout PC dans le monde. Évidemment c’est à chacun de décider de son fonctionnement en tenant compte de son histoire. Il n’y a pas de modèle, mais il est toujours important de tenir compte de l’expérience des autres.

Pour les partis de l’oligarchie représentatifs des intérêts du capital et de ceux de la bourgeoisie, il en va autrement. La finalité politique qui est la leur est bien différente. Ce n’est pas la même chose qu’être au service de quelques parasites et être au service du peuple tout entier.

Le président Mao Zedong, dans son fameux texte Servir le peuple, aimait à dire :

Tous les hommes doivent mourir, mais l’ampleur de la mort peut varier. L’ancien écrivain chinois Szuma Chen a dit, « Bien que la mort tombe pareillement sur tous les hommes, elle peut être plus lourde que le mont Tai ou plus légère qu’une plume. » Mourir pour le peuple est une mort plus lourde que le mont Tai, mais travailler pour les fascistes et mourir pour les exploiteurs et oppresseurs est une mort plus légère qu’une plume. Si nous avons des défauts, nous n’avons pas peur que l’on nous les fasse remarquer et qu’elles soient critiquées, car nous servons le peuple. Toute personne, quelle qu’elle soit, peut signaler nos lacunes. Si elle a raison, nous les corrigerons. Si ce qu’elle propose profite au peuple, nous le mettrons en œuvre.« 

2. Sur la gouvernance stricte du Parti

Dans de nombreux pays, les partis au pouvoir sont depuis longtemps souvent confrontés à la bureaucratisation, à la fossilisation des intérêts et à la déconnexion d’avec la population. Pensez-vous que les efforts du PCC pour promouvoir une gouvernance stricte et intégrale du Parti offrent de nouvelles approches aux partis politiques mondiaux pour résoudre ce dilemme du pouvoir à long terme ?

Ce constat est exact ! En France ou ailleurs, aucune force politique ou sociale organisée n’échappe à cette évolution qui est évidemment dangereuse, surtout quand l’on veut parler de démocratie. Cela concerne donc les partis communistes, nul n’est à l’abri de ces tendances destructrices. On se souvient de la phrase du dramaturge et écrivain allemand Berthold Brecht : « Le peuple ne comprend pas la politique du parti, alors il faut changer le peuple. » Cette évolution inquiétante des pratiques politiques est synonyme de bureaucratisation, de déconnexion d’avec la réalité, de corruption, d’ambition, de carriérisme, d’institutionnalisation, de professionnalisation de la vie politique et également syndicale. Cela touche tous les partis et syndicats sans distinction, y compris les partis communistes au sein desquels certains pratiquent plus la lutte des places que la lutte des classes.

Ainsi pour un parti communiste, renoncer ou s’éloigner des principes de lutte de classes a toujours des conséquences non seulement en termes d’influence à travers sa relation aux travailleurs et à leurs familles dans les entreprises et les quartiers, mais même dans la manière dont il fonctionne. L’éloignement des préoccupations comme des besoins du peuple se paye le plus souvent d’un prix très lourd. C’est le cas dans la plupart des pays européens à quelques exceptions près, où le déclin de certains PC pour cause d’erreurs stratégiques, de renoncement aux principes communistes et de fonctionnement influencé par les idées de la bourgeoisie prive les peuples de l’outil de défense de leurs intérêts.

En règle générale, il faut ajouter, et cela est un nouveau phénomène, une médiocrité et un analphabétisme politique très inquiétants parmi le personnel politique au sens large de celui-ci. Pour ma part, je pense que l’on trouve là une autre manifestation de la crise systémique du capitalisme. D’autant qu’aucun pays occidental n’est épargné, nous connaissons une dégradation sans précédent de la vie politique où disparaissent les principes, les règles et où tous les coups sont permis. C’est très inquiétant ! Dans sa fable “Les animaux malades de la peste”, notre grand fabuliste du 18ᵉ siècle La Fontaine écrivait : “Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés.” C’est un peu ainsi.

Sur un autre plan, nous ne mettons pas les mêmes choses derrière les mêmes mots, ainsi du mot gouvernance. Dans les pays capitalistes développés, la gouvernance est un concept abstrait dans sa formulation mais très unilatéral dans sa définition et son application. Pour les gouvernements et États occidentaux, il n’y aurait qu’une seule conception de la gouvernance, elle serait universelle, ce serait la leur. Il n’y a donc là aucun souci à tenir compte démocratiquement de l’expérience d’autres États. Or nous avons tous à apprendre les uns des autres. Nul ne saurait dicter sa vision et ses méthodes de gouvernement à un autre. Il ne fait aucun doute que bien des partis dans le monde devraient s’instruire et s’enrichir de la longue expérience politique accumulée par la riche civilisation chinoise. Malheureusement nous n’en sommes pas là, car ce qui domine toujours dans de très nombreux pays occidentaux, c’est l’arrogance, le contentement de soi, la conviction que leur action est d’essence divine et qu’elle doit s’imposer au reste du monde. Le président des États-Unis en est la parfaite illustration, la vulgarité en plus.

Cette évolution inquiétante conduit partout en Europe à un désengagement des peuples de la vie politique. Cette manière de faire de la politique provoque un rejet au point que de nombreux citoyens se réfugient dans l’abstention dans les élections ou dans le soutien à des partis racistes, extrémistes et fascistes. C’est le cas en France où seulement un peu plus de 50 % de la population participe aux consultations.

3. Sur la philosophie de développement centrée sur le peuple

Dans plusieurs régions du monde, la politique des partis politiques est facilement prise en otage par le capital, les factions ou des groupes d’intérêts. Quelle est, selon vous, la portée de l’attachement du PCC à une philosophie de développement centrée sur le peuple pour remodeler le système de valeurs des partis politiques ?

Il vient de se tenir à Beijing le Forum 2026 sur la gouvernance mondiale des droits humains, j’y participai et je m’y suis exprimé. Près de 300 participants de 91 pays y assistaient. Par ailleurs le 40ᵉ anniversaire des importants documents des Nations Unies sur la Déclaration du droit au développement en était aussi l’occasion. Pour ma part et pour prendre l’exemple convaincant de la Chine, je dirai que l’éradication de la pauvreté et les droits de l’homme sont inséparables du bien-fondé et de l’efficacité du socialisme qui se construit en Chine. Ce devoir historique qui rappelle comment Yukong déplaça les montagnes, cette légende que le président Mao Zedong aimait à citer en évoquant pour le peuple chinois les deux obstacles du féodalisme et de l’impérialisme auxquels celui-ci devait faire face. Presque quatre-vingts ans plus tard, le peuple chinois est debout et les résultats concrets qui découlent du choix du socialisme contribuent à bouleverser l’ordre des choses dans ce pays-continent cinq fois millénaire et où le confucianisme demeure une référence que le communiste Xi Jinping aime à citer.

Cette réussite de votre pays peut être appréciée également au plan international quand, d’une part, les pays capitalistes deviennent demandeurs d’aides et d’assistance à la Chine, c’est le cas de la France et de l’Allemagne comme d’autres, et quand, d’autre part, le reste du monde cherche à s’émanciper de la tutelle étouffante des Occidentaux et de leurs institutions comme le FMI, la Banque mondiale, l’UE ou l’OTAN. Si la Chine n’est pas un modèle, elle est un exemple aux valeurs incontestables pour les peuples qui sont à la recherche d’alternatives de développement.

Par ses résultats, la Chine crédibilise le socialisme de manière indiscutable et incite à y réfléchir de manière renouvelée. Sa contribution, a fortiori avec à sa tête un parti communiste de près de 100 millions de membres dont l’une des références idéologiques demeure la « dictature du prolétariat« , est à bien des égards pédagogique. Par conséquent, l’on peut affirmer sans crainte d’être contredit : le socialisme, ça marche, la Chine en est la preuve vivante ! Entre puissances ascendantes et puissances déclinantes, « le piège de Thucydide » n’est donc pas une vue de l’esprit. On peut le voir comme un risque ou comme une opportunité.

4. Sur la relation entre l’édification du Parti et la gouvernance de l’État

Comment évaluez-vous la thèse formulée par le secrétaire général Xi Jinping selon laquelle « l’édification du Parti doit progresser au même rythme que le développement de la cause du Parti et du peuple » ? Cela démontre-t-il que l’édification du Parti n’est pas une simple affaire partisane, mais une affaire cruciale de la capacité de gouvernance de l’État ?

Dans la construction du socialisme aux caractéristiques chinoises, le président Xi Jinping insiste sur le caractère concret du rythme du développement et, de manière cohérente, sur l’édification du parti. Faire coïncider ces deux démarches en une seule exige une grande volonté politique des dirigeants et du premier d’entre eux. Le président Xi Jinping n’en manque pas. Il s’agit là d’une conviction importante de sa part. Il faut avancer avec le peuple, en contribuant à conduire l’action de celui-ci à son rythme et pas en marchant des kilomètres devant lui. Ce choix et cette manière de faire ont beaucoup contribué à la stabilité politique de la Chine, ce qui par ailleurs est un des atouts de son développement comme de la cohésion de son peuple multiethnique, de son adhésion continue aux principes du socialisme. Prenons les droits de l’homme, ils ne sont pas un supplément d’âme, une formule, un slogan, et ne sauraient être une arme politique au service d’une hégémonie comme c’est le cas dans les pays occidentaux et aux USA en particulier. Concernant sa mise en œuvre, il en va de la crédibilité de l’action du Parti communiste, de son influence et de la force organisée de celui-ci au niveau de l’État et du gouvernement comme au niveau local dans les villages, les quartiers, les entreprises comme à la campagne. Partout la présence du parti est décisive. Les résultats acquis sont une démonstration supplémentaire de la force du socialisme aux caractéristiques chinoises avec à sa tête un parti communiste digne de ce nom.

5. Sur la lutte contre la corruption et le leadership politique

Le secrétaire général Xi Jinping a mené la lutte contre la corruption avec un sens des responsabilités résumé par la formule : « Offenser des milliers de personnes plutôt que de décevoir un peuple de 1,4 milliard. » Quel type de leadership cette démarche reflète-t-elle ? Quelles leçons le parcours de lutte contre la corruption du PCC offre-t-il aux partis politiques dans le monde pour explorer une gouvernance stable ? 

L’auto-révolution et la lutte contre la corruption vont de pair. À juste titre, le président Xi Jinping en a fait une des priorités de son action. Laisser faire la corruption, c’est laisser s’accroitre les inégalités, laisser s’installer la vie facile et l’enrichissement personnel pour quelques-uns au détriment de la grande masse du peuple, c’est accroitre les tensions et les risques de déstabilisation. Il n’y a pas de corrompus, sans corrupteurs. Il faut donc s’attaquer aux causes autant qu’aux conséquences, c’est une responsabilité pour chaque communiste. Se refuser à la faire, c’est conduire le pays dans une impasse. Les pays d’Europe de l’Est et l’URSS elle-même ont connu de telles dérives qui ont conduit à une distanciation avec le peuple et ses intérêts, cela n’a pas été indifférent à la destruction de l’Union soviétique. Pour autant, on a vu par la suite comment ces tendances, loin de se résoudre, se sont aggravées rapidement avec le capitalisme. L’exemple de l’Ukraine, qui est le pays sans doute le plus corrompu au monde, en est la preuve. C’est surtout profondément contraire à la conception du socialisme et à ce qui doit être l’éthique des communistes, dont le comportement et le travail doivent être exemplaires.

Dans les pays occidentaux, la corruption à tous les niveaux de l’État, des partis politiques, des syndicats fait des ravages, elle s’est aggravée de manière exponentielle, elle implique les institutions, les entreprises autant que les personnes. Les exemples ne manquent pas et les scandales en sont le plus souvent les manifestations. Il existe par ailleurs une impunité qui provoque des colères légitimes chez les peuples, surtout quand l’État pratique une justice conciliante et permissive à l’égard des puissants, une justice à deux vitesses, là encore les exemples ne manquent pas. Les lobbys jouent un rôle important auprès des institutions, ainsi au niveau européen on compte plus d’un millier d’entre eux, dont l’usage de la corruption est une de leurs méthodes. Cette situation alarmante ne cesse de progresser et décrédibilise ces institutions et ces personnes qui parlent abondamment de démocratie et de respect des droits humains et qui, dans les faits, se considèrent au-dessus des lois.

6. Sur la synergie entre édification du Parti et développement socio-économique

De la réduction de la pauvreté à la revitalisation rurale, en passant par le développement vert, le PCC intègre sa direction dans tout le processus de la gouvernance nationale. Selon vous, qu’est-ce que cela révèle sur la relation entre « l’édification du Parti » et le développement socio-économique d’un pays ?

De ce point de vue, la Chine vient de publier son Plan d’Action National pour les droits de l’homme 2026/2030, c’est un évènement politique de première importance pour la Chine bien sûr, mais plus fondamentalement parce qu’il est une réponse concrète à ceux qui en Occident prétendent définir les droits humains. Comme le démontre le PCC, les droits de l’homme et le droit au développement doivent avoir une définition concrète et cette vision doit contribuer au contenu de l’action du parti. À quoi servirait-il de parler des droits de l’homme à des peuples, à des hommes, des femmes, des enfants, des personnes âgées privés d’un revenu, d’un emploi, d’un toit leur permettant de vivre, de s’éduquer, de se soigner dignement ? De la même manière, à quoi servirait-il de glorifier le PCC si ces mêmes gens sont incapables d’apprécier l’utilité et l’efficacité de l’action de celui-ci ? Défendre la promotion des droits de l’homme, c’est lutter contre les inégalités, toutes les inégalités. Cela appelle par conséquent une définition concrète associée au droit au développement. C’est un objectif majeur du socialisme et par conséquent c’est là la responsabilité d’un parti communiste. Il y a donc une profonde cohérence dans la vision de la Chine et sa définition des droits de l’homme à travers son approche précise des droits économiques, sociaux, culturels autant que des droits civils, politiques et environnementaux, tout comme dans la conception qui est la sienne du rôle d’un parti communiste.

7. Sur l’innovation théorique et les racines culturelles

La pensée de Xi Jinping sur l’édification du Parti est à la fois enracinée dans la théorie marxiste et nourrie par la sagesse de la culture traditionnelle chinoise. Quelles inspirations ce mode d’innovation théorique apporte-t-il aux partis d’autres pays pour renforcer leur propre édification en phase avec leur histoire et leur culture ?

Le Président Xi Jinping s’est imposé internationalement comme un chef d’état d’une dimension politique incontournable. Je dirai qu’il est un homme de vision, de principes, de réconciliation, d’alternatives concrètes. Il est également un homme de grande culture, d’ouverture d’esprit. Sa passion pour la lecture est bien connue en particulier pour la littérature française. On ne peut dissocier les deux. On peut ajouter et cela tient à sa jeunesse et sa vie parmi des paysans pauvres pendant plusieurs années, ou dit-il il a beaucoup appris et pris en compte la richesse de la civilisation chinoise. La pensée chinoise, la place qu’elle  occupe dans la culture universelle, la pensée de certains philosophes comme Confucius et Lao Tseu ont profondément marqué  et influencé la Chine mais aussi l’humanité toute entière . D’ailleurs le Président Xi Jinping a reçu un présent de la France auquel il est particulièrement attaché, il s’agit d’un livre “ Confucius et la science des princes” édité en France en 1688. 

Comme communistes, on se doit de prendre en compte cette dimension de l’histoire et de la pensée, pas pour la rejeter de manière artificielle et parfois violente, mais la prendre en compte parce qu’elle est partie intégrante de la pensée du peuple. C’est par ailleurs un apport de grande valeur au développement des civilisations dans leur diversité. C’est là, je crois, le sens que le président Xi Jinping entend donner à l’action et à la pensée du PCC, qui est un apport important et stimulant à la pensée marxiste. Je retiens surtout qu’il n’est pas seulement un homme de réflexions mais aussi un homme d’action, pas un homme de discours mais de réalisations concrètes, prendre en compte la réalité telle qu’elle est et non comme on l’imagine. Quand il parle de communauté de destin et de gagnant-gagnant, il s’adresse au monde, aux nations en considérant les formidables bouleversements auxquels nous assistons internationalement. Si l’on prend en compte les nouvelles routes de la soie (BRI) auxquelles sont associés près de 150 pays et qui sont dorénavant des réalisations concrètes d’infrastructures à travers le monde, on a là, je crois, la traduction convaincante de la pensée de Xi Jinping dans la vie réelle et les besoins des peuples.

Notre écrivain Victor Hugo disait Nous avons besoin d’un esprit plus vaste que le ciel. Cela représente assez bien je crois ce qui devrait être une interpellation politique et intellectuelle pour bien des pays dans le monde, de leurs dirigeants, comme pour toutes les forces politiques, économiques et sociales. On ne choisit pas la période dans laquelle on vit il faut savoir se hisser à la hauteur de ce que celle-ci exige. Le Président Xi Jinping en est l’exemple, il en a l’ambition pour la Chine tout comme pour l’humanité toute entière.

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