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L’impérialisme sexuel : pas de Pride à Bamako ?

par | Juin 25, 2026 | International | 0 commentaires

Faut-il bombarder l’Iran pour « libérer » les femmes iraniennes ? Faut-il génocider les palestiniens pour reconstruire une société où le mariage pour tous est accepté ? Faut-il organiser un coup d’État au Burkina Faso pour assurer les droits des LGBT ?

Autant de questions auxquelles la réponse paraît évidente (c’est « Non », au cas où), et pourtant on retrouve cette rhétorique à la base d’une grande partie de la propagande impérialiste. Là où les intérêts impérialistes sont menacés, la question de « l’émancipation » sexuelle des populations locales revient, devenant étrangement centrale. Drôle de panique morale venant de la bourgeoisie du centre impérialiste impliquée dans les scandales sexuels les plus sordides, quel que soit le prisme culturel par lequel on les examine (en effet, n’en déplaise à certains, ce n’est pas Ibrahim Traoré qu’on retrouve en photo avec des petites filles sur l’île Epstein).

L’impérialisme sexuel, c’est quoi ?

Dans les études postcoloniales et historiques, « impérialisme sexuel » (parfois « colonialisme sexuel ») décrit la manière dont les puissances coloniales se sont efforcées de réguler la conduite sexuelle, les rôles de genre et les structures familiales des peuples colonisés, typiquement en criminalisant ou en pathologisant les pratiques qui s’écartaient des normes chrétiennes européennes, et en présentant cette régulation comme une nécessité « civilisatrice ».

L’exemple le mieux documenté est la diffusion des lois anti-sodomie à travers l’Empire britannique. Le rapport de 2008 de Human Rights Watch retrace cette histoire en détail. L’article 377 du Code pénal indien, rédigé au début du XIXᵉ siècle et entré en vigueur en 1860, punissait les « rapports charnels contre l’ordre de la nature ». Il est devenu un modèle : des versions de cet article ont été exportées dans l’ensemble des possessions coloniales britanniques en Afrique, en Asie du Sud et du Sud-Est, et dans le Pacifique [1].

Ces lois étaient souvent associées à la criminalisation des personnes non conformes aux normes de genre. Par exemple, le droit colonial britannique en Inde a officiellement classé les hijras (une communauté transgenre/de troisième genre traditionnelle d’Asie du Sud) comme une « tribu criminelle » [2]. Amnesty International et l’organisation de défense des droits LGBTI ILGA World ont conjointement documenté des cas où le droit colonial a effacé des cadres indigènes qui reconnaissaient les relations de même sexe ou des rôles de genre non binaires, citant par exemple des attitudes distinctes envers la sexualité et le genre dans diverses sociétés africaines précoloniales, et le droit colonial brésilien (les Ordonnances philippines) qui prévoyait l’exécution et l’effacement total de la lignée familiale pour « sodomie » [3].

Impérialisme gay et homonationalisme

L’Occident continue aujourd’hui sur le même modus operandi en tentant de contrôler le comportement sexuel des populations de la périphérie impérialiste, en agissant comme autorité supranationale (et supra-populaire) qui tire sa légitimité d’on ne sait où pour empêcher lesdites populations de voter des lois considérées comme immorales. En effet, il semblerait que le prétendu anticléricalisme des pays libéraux ne consiste en fait qu’à remplacer l’église par la Maison Blanche et la Bible par la saga « Harry Potter » (très bonne lecture pour ceux qui chercheraient à comprendre la vision du monde du libéral moyen). 

Le terme gay imperialism (impérialisme gay) a été développé par les chercheuses Jin Haritaworn, Tamsila Tauqir et Esra Erdem dans un essai de 2008 analysant comment certains militantismes LGBTQ occidentaux se mobilisent autour du traitement des minorités sexuelles dans les pays à majorité musulmane, l’utilisant comme preuve de l’arriération de ces sociétés [4].

Le concept apparenté, et plus largement cité, d’homonationalisme a été forgé par la chercheuse en études de genre Jasbir Puar dans son ouvrage de 2007 Terrorist Assemblages: Homonationalism in Queer Times. L’argument de Puar est que, dans les États-Unis de l’après-11 septembre, certaines identités LGBTQ — en particulier des sujets queers blancs, cisgenres et citoyens — ont été récupérées par l’État dans un récit national de tolérance et de progrès américains, récit ensuite utilisé pour justifier l’intervention militaire, la surveillance et des politiques d’exclusion visant les communautés musulmanes, présentées comme comparativement intolérantes envers l’homosexualité [5].

L’idée est assez simple :  ériger les standards sexuels occidentaux comme boussole morale universelle et se proposer de défendre (et étendre) ces standards partout dans le monde et particulièrement dans les pays à potentiel anti-impérialiste. En effet, aucun problème avec la Corée du Sud où les femmes sont tellement opprimées qu’elles appellent à ne plus se marier à des hommes, ne plus sortir avec eux, ne plus coucher avec eux et ne plus avoir d’enfants [6]. Pourtant, personne ne court à leur rescousse. Morale à géométrie variable, mais peut-être les impérialistes ont-ils une empathie particulière pour les femmes musulmanes…Hypothèse qui tient difficilement le coup face aux vidéos prises à Gaza ces dernières années.

Une preuve frappante de l’efficacité de ce mécanisme dans la justification des agressions impérialistes et dans la déshumanisation des victimes est la réaction internationale face aux récentes attaques menées par les USA contre l’Iran. Il suffisait de s’indigner qu’on bombarde une école de petites filles devant la mauvaise personne et vous étiez parti pour une demi-heure de discours dégoulinant de bienpensance qui finissait ironiquement par dresser la caricature la plus raciste que vous ayez jamais entendue du musulman iranien moyen. Et pourtant, impossible de convaincre la personne en face de l’inverse, voyez-vous, elle a regardé American Sniper au cinéma en 2014 et c’est tiré de faits réels, attention.

Mais comment parler de mission civilisatrice divine sans parler d’Israël ? Benjamin Netenyahu déclare en 2023 : « This is a struggle between the children of light and the children of darkness, between humanity and the law of the jungle.” [7] , ou en français, « C’est un combat entre les enfants de la lumière et les enfants de l’obscurité, entre l’humanité et la loi de la jungle. » Passés maîtres dans l’art de la déshumanisation des arabes et des musulmans, les sionistes et leurs lobbies sont une véritable référence dans l’asservissement du féminisme et des luttes LGBT à leurs ambitions coloniales. Entre 2010 et 2012, le gouvernement israélien a lui-même financé et mené une campagne internationale de tourisme et de communication présentant explicitement Israël, et en particulier Tel-Aviv, comme un « refuge gay ». Selon le reportage de NPR : « Le gouvernement d’Israël met en avant le pays comme l’une des villes les plus accueillantes au monde pour la communauté gay » [8]. Un reportage de la BBC datant de 2020, reprenant le discours officiel israélien, indique : « Le pays a l’attitude la plus progressiste envers les personnes LGBTQ au Moyen-Orient », avec des protections incluant une loi anti-discrimination, des droits d’adoption, et le service militaire ouvert aux personnes homosexuelles depuis 1993. [9] Une campagne publicitaire relayée dans le Detroit Jewish News proclamait :

« Il n’y a qu’une seule nation au Moyen-Orient qui protège les droits légaux, la sécurité et la liberté des communautés LGBT. Israël. »

« Israël est de loin l’État le plus démocratique de tout le Moyen-Orient. Il garantit les droits civiques à tous ses citoyens, quels que soient leur religion, leur origine, leur race, leur genre et leur orientation sexuelle. »[10]

L’utilisation de ce procédé par les puissances impérialistes n’est donc plus à prouver.

La France en mission civilisatrice au Sahel

Depuis 2020, la France observe un recul indéniable au Sahel. Au Mali, le colonel Assimi Goïta accède au pouvoir le 24 mai 2021; au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré prend le pouvoir le 30 septembre 2022 ; au Niger, le général Abdourahamane Tiani devient chef de l’État le 26 juillet 2023. Mauvaise nouvelle pour la France, qui se voit obligée de retirer ses troupes du Mali en août 2022, du Burkina Faso en février 2023, puis du Niger en décembre 2023. En septembre 2023, les trois pays forment un pacte de défense commun, l’Alliance des États du Sahel (AES), avant d’annoncer en janvier 2024 leur retrait de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Le général Abdourahamane Tiani, Président du Niger, à Niamey, le 2 juin 2026. NIGER PRESIDENCY / REUTERS

« Junte militaire » « Dictature » « Régime », autant d’expressions utilisées pour qualifier les nouveaux gouvernements de ces pays. On pourrait croire qu’après avoir mis en place cet exact petit numéro contre le FLN suite à l’indépendance de l’Algérie, les propagandistes de l’empire français essaieraient quelque chose de plus original. On a dû oublier de les prévenir que pour se dire « on ne change pas une équipe qui gagne », il faut déjà gagner. D’ailleurs, gagner, c’est l’opposé de ce que fait la France en Afrique depuis un petit moment. Par exemple, depuis 2020, les trois pays de l’AES, Mali, Burkina Faso et Niger, ont engagé un vaste mouvement de nationalisation de leurs ressources naturelles, en rupture avec leurs anciens partenaires occidentaux. Au Niger, le gouvernement a retiré à l’entreprise française Orano le contrôle opérationnel de ses trois principales mines d’uranium (Somaïr, Cominak, Imouraren) en 2024, avant de nationaliser entièrement la mine de Somaïr en juin 2025, accusant l’opérateur français d’avoir capté 86,3% de la production entre 1971 et 2024 alors qu’il ne détenait que 63% du capital [11][12]. Le Mali a réécrit son code minier en 2023 pour porter la participation possible de l’État jusqu’à 35% des projets miniers, puis a nationalisé la mine d’or de Yatela en octobre 2024 (auparavant détenue par les groupes AngloGold Ashanti et Iamgold), tout en exigeant de la compagnie canadienne Barrick Gold 512 millions de dollars d’arriérés fiscaux rétroactifs et en saisissant trois tonnes de son stock d’or, estimé à plus de 200 millions de dollars [13][14]. Le Burkina Faso a exproprié en août 2024 les mines d’or de Boungou et Wahgnion, auparavant détenues par la société britannique Endeavour Mining, les transférant à la société publique nouvellement créée SOPAMIB (Société de Participation Minière du Burkina), dans le cadre d’un nouveau code minier prévoyant également une participation gratuite de 5% de l’État dans toute opération minière [15][16].

Défaite cuisante pour l’impérialisme français. Que faire ? Bombarder le Mali est devenu une nécessité absolue, mais comment justifier l’assassinat de leaders africains en gardant le contrôle du narratif ? On ne va quand même pas laisser les gens dire que la France n’est pas une démocratie, que la France empêche le développement de l’Afrique, que la France impérialiste est un cancer, un parasite insatiable qui ne peut exister qu’en vampirisant son hôte.  

La solution devient évidente lorsque le problème est posé de cette manière. Il suffit de trouver une raison d’apparence humaniste, une justification morale, un petit roman d’action qui placera la France dans son juste rôle de sauveuse de la veuve et l’orphelin. Le roman s’écrit presque de lui-même lorsque le Mali en 2024, suivi du Burkina Faso en 2025 puis du Niger et du Sénégal en 2026, criminalisent l’homosexualité.  L’encre coule à flot et les articles sur la question se succèdent, petit échantillon à retrouver ci-dessous. Sidaction, association française de lutte contre le SIDA, explique par exemple à quel point la législation menace la lutte contre le VIH [17]. Pourtant cette même organisation ne s’est pas insurgée plus que ça face à l’excavation d’un réseau de trafic pédocriminel au Sénégal avec inoculation volontaire du VIH mené par un Français [18]. Il est donc légitime de se demander quels sont les objectifs réels d’une telle couverture médiatique ?

La France a déjà commencé ses opérations de déstabilisation en Afrique. Le Mali est notamment en proie à des attaques terroristes de grande envergure [19]. Les tentatives d’assassinats font maintenant partie du quotidien des membres du gouvernement de l’AES. Face à cela, il est impératif de tenir une ligne anti-impérialiste sans compromis au cœur des métropoles impérialistes. Il n’est plus permis aujourd’hui à ceux qui se prétendent anti-impérialistes de se laisser niaisement porter par les discours de la bourgeoisie qui a autant à cœur les intérêts des lesbiennes au Mali que ceux des SDF à Paris.

Soutenir la déstabilisation des gouvernements de l’AES, c’est protéger les structures qui permettent l’exploitation de l’Afrique toute entière, homosexuels compris. C’est interdire aux peuples d’Afrique de s’émanciper par eux-mêmes, c’est peser de tout son poids contre les mouvements progressistes en Afrique car ils seraient progressistes mais pas dans la direction que l’Occident voudrait. Ceux qui prétendent vouloir l’émancipation sociale des homosexuels dans les pays du Sahel se sont-ils demandé comment la chute des gouvernements de l’AES les en rapprocherait ? Ont-ils ne serait-ce que l’ombre d’une preuve que l’impérialisme français (pour qui la vie et la dignité d’une personne en Afrique ne vaut pas plus que la quantité de lithium qu’elle peut extraire) est une meilleure alternative pour les gays africains ? Les homosexuels africains ne travaillent-ils pas dans des mines où ils risquent leur vie chaque jour pour toucher quelques dollars à peine, pendant que les propriétaires étrangers de ces mines font leurs courses aux Champs-Élysées et applaudissent quand Attal fait son coming-out ? Les femmes lesbiennes en Afrique ne sont-elles pas vendues à des hommes blancs dans les réseaux de trafic d’esclaves organisés et contrôlés depuis les métropoles impérialistes ?

Il y a ici une fausse dichotomie. Les impérialistes veulent faire croire qu’il y a d’un côté les intérêts des travailleurs africains, et de l’autre côté l’intérêt des homosexuels africains. Or, les homosexuels africains sont aussi des travailleurs. L’impérialisme n’est du côté d’aucun d’entre eux. L’impérialisme est du côté de la domination de l’Afrique, de l’assujettissement des populations africaines et de l’exploitation de ses ressources. On ne peut pas prétendre vouloir améliorer la situation d’un groupe de personnes en Afrique en faisant intervenir l’impérialisme français, à moins que ce groupe de personnes soit en fait un ramassis de rebus humains composé de trafiquants d’esclaves, de bourgeois compradors et d’ « expats » quinquagénaires pédophiles. Les intérêts de l’Afrique, des travailleurs africains, minoritaires ou pas, sont systématiquement à l’opposé des intérêts de l’empire français.

Comment aider les communautés opprimées de ces pays-là alors ?

Ce n’est pas à l’Occident de « sauver » les minorités de tel ou tel pays. L’évolution de leurs conditions matérielles déterminera la direction que prendra leur lutte. Il n’appartient pas aux Occidentaux de s’en emparer, mais plutôt de lutter contre leur propre impérialisme pour dégager un espace de lutte pour que les travailleurs de chaque pays s’émancipent dans une direction qui ne sera pas forcément conforme aux standards de l’empire.

Ceux qui veulent la libération de minorités par l’interventionnisme impérialiste sont les mêmes personnes qui considèrent que les logos arc-en-ciel en juin sont un acquis social. La lutte au cœur des métropoles impérialistes commence par la lutte contre son propre impérialisme et pas par la participation à ses opérations de déstabilisation sous couvert d’exporter le « progrès », la « civilisation » et la « lumière ».

Il est grand temps d’arrêter de se comporter en colon moralisateur et de commencer à s’organiser en prolétariat international.

Mouna – JDM


Sources

[1]  Human Rights Watch, This Alien Legacy: The Origins of ‘Sodomy’ Laws in British Colonialism (2008).

[2]  Human Rights Watch, ‘Sodomy’ Laws Show Survival of Colonial Injustice (2008).

[3]  soumission à l’OHCHR par ILGA World et Amnesty International, The Impact of Colonial Legacies in the Lives of LGBTI+ and Other Persons (2023).

[4]  Haritaworn, Tauqir et Erdem (2008), discuté dans la revue de littérature de Femke Beutels, « Homonationalism » (ResearchGate).

[5] Jasbir Puar, Terrorist Assemblages (Duke University Press, 2007) ; résumé Wikipédia, « Homonationalism ».

[6] https://www.bbc.com/afrique/articles/cly44rpv81xo

[7] Excerpt from PM Netanyahu’s remarks at the opening of the Winter Assembly of the 25th Knesset’s Second Session, https://www.gov.il/en/pages/excerpt-from-pm-netanyahu-s-remarks-at-the-opening-of-the-knesset-s-winter-assembly-16-oct-2023

[8] NPR, « Israel Presents Itself As Haven For Gay Community » (2012), https://www.npr.org/2012/06/04/154279534/israel-presents-itself-as-haven-for-gay-community.

[9] BBC News, « Israel set to have record number of openly gay MPs » (2020).

[10]  Detroit Jewish News, archive numérique, 10 avril 2014.

[11] Al Jazeera, « Niger to nationalise uranium mine operated by French state-affiliated firm », 20 juin 2025. https://www.aljazeera.com/news/2025/6/20/niger-nationalises-uranium-mine-as-spat-with-french-nuclear-giant-worsens

[12] The New Arab, « Niger’s uranium nationalisation shakes indebted France », 2 octobre 2025. https://www.newarab.com/analysis/nigers-uranium-nationalisation-shakes-indebted-france

[13] Africa Defense Forum, « Struggling to Defeat Terrorists, Sahel Nations Squeeze Mining Companies for Cash », 11 février 2025. https://adf-magazine.com/2025/02/struggling-to-defeat-terrorists-sahel-nations-squeeze-mining-companies-for-cash/

[14] ISPI (Istituto per gli Studi di Politica Internazionale), « Nationalisation, Sovereignty and Geopolitical Realignment in African Mineral Extraction: The case of West Africa », 9 juin 2025. https://www.ispionline.it/en/publication/nationalisation-sovereignty-and-geopolitical-realignment-in-african-mineral-extraction-the-case-of-west-africa-210345

[15] African Mining Online, « West Africa’s mine nationalisation », 30 juillet 2025. https://www.africanmining.co.za/2025/08/01/west-africas-mine-nationalisation/

[16] Modern Diplomacy, « The Alliance of Sahel States: The Road towards Nationalization », 27 mai 2025. https://moderndiplomacy.eu/2025/05/04/the-alliance-of-sahel-states-the-road-towards-nationalization/

[17] https://www.sidaction.org/transversal/au-burkina-la-criminalisation-de-lhomosexualite-menace-la-lutte-contre-le-vih/

[18] https://www.ladepeche.fr/2026/02/10/il-recrutait-des-enfants-au-senegal-pour-les-prostituer-et-leur-inoculait-le-vih-pour-les-controler-un-restaurateur-francais-au-coeur-de-lhorreur-13217126.php

[19] https://jeunessedumonde.fr/2026/05/07/la-resistance-du-mali-contre-limperialisme/

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