Sergueï Karaganov, chef du Conseil de politique étrangère et de défense de Russie, écrivait en 2024 que “L’Afrique est la plus grande source de croissance économique mondiale. C’est elle qui jettera les bases économiques d’un développement mondial plus harmonieux et plus équilibré à long terme » [1].
Les attaques du 25 avril 2026
Le 25 avril, le Mali a subi plusieurs attaques terroristes coordonnées par le JNIM, un groupe affilié à Al-Qaïda, et les touaregs du Front de Libération de l’Azawad (l’Azawad est une région qui se situe au nord du Mali), touchant plusieurs localités stratégiques du pays : Bamako, Konna, Kidal, Kati, Gao et Mopti. Mises ensemble, elles constituent l’attaque la plus massive qu’ait connue le pays depuis quatorze ans [2]. Leur offensive a été immédiatement repoussée par les Forces Armées Maliennes (FAMA) et le corps d’armée russe Africa Corps victorieux. Bien que le bilan humain soit flou (23 morts civils et militaires et plusieurs centaines d’assaillants neutralisés d’après les chiffres officiels[3],[4]) en raison notamment de la taille de la région concernée, l’on sait en revanche que le ministre de la Défense du Mali, Sadio Camara, a été assassiné. Le président de la transition du Mali, Assimi Goïta, est pour le moment chargé de le remplacer. Le pays se trouve actuellement en état d’alerte maximale.
En Occident, malgré l’implication sans relâche des puissances occidentales impérialistes en Afrique, aucun chef d’État ne s’est exprimé pour condamner ces attaques [5].
En revanche, parmi les masses populaires informées, les soutiens envers le peuple malien et son gouvernement se sont rapidement multipliés après le drame, comme à Paris, lors d’un rassemblement où l’on pouvait lire, le 3 mai, sur la pancarte qu’une petite fille portait à bout de bras : “Macron, tu pleures le Bataclan, mais tu finances le terrorisme au Sahel”[6],[7]. En effet, la série d’humiliations que connaît l’impérialisme français depuis le début des années 2020, au moment où trois de ses ex-néocolonies, le Mali (2020), le Burkina Faso (2022) et le Niger (2023), ont accédé par la force à un processus d’indépendance réel et non purement formel, qui a débouché sur la création de l’Alliance des États du Sahel (AES) en 2023, le pousse à redoubler d’agressivité dans cette partie du continent. Cette agressivité se manifeste principalement par le financement, l’aide au niveau de la formation, le renseignement ou encore la livraison d’armes à destination de groupes terroristes, le soutien informationnel, financier, logistique et médiatique à d’ex-marionnettes (Bazoum au Niger), des opposants politiques (Oumar Mariko au Mali) ou associatifs (ONGs), ayant pour but de maintenir la région dans un état d’instabilité permanente afin, in fine, de reprendre le contrôle sur les ressources naturelles du Sahel. Le président du Burkina Faso et de l’AES, Ibrahim Traoré, l’exprime clairement : “Le terrorisme [actuel, au Sahel], c’est une manifestation de l’impérialisme.” [8]. Remarquez que peu importe l’époque et le lieu, le modus operandi est sensiblement, à chaque fois, le même. Il faut croire que l’impérialisme est un mauvais élève, comme dirait l’autre… À Taïwan, il “défend” le droit international, en Palestine il le viole, en Ukraine il refuse la souveraineté du Donbass, au Sahel il “défend” celle de l’Azawad… [9],[10]
Un spectre hante le Sahel : le spectre de Kadhafi
Pour comprendre l’origine de cette situation, il est nécessaire de remonter quelques années en arrière, en 2011 plus précisément, en Libye. Cette année marque celle des bombardements de l’OTAN, la France et les États-Unis en particulier, conduisant à la destruction de la Jamahiriya arabe libyenne, la Libye populaire dirigée par le colonel socialiste et panafricain Mouammar Kadhafi, où l’éducation et la santé étaient gratuites, les banques et les secteurs économiques clés, comme le pétrole, nationalisés, la formation de coopératives encouragée, le système hydraulique du pays modernisé, les conditions de vie des femmes améliorées, etc.[11],[12] Ce n’était certainement pas le paradis, surtout si l’on prend en compte les sanctions économiques occidentales (responsables de 28 millions de morts de 1971 à 2021 dans le monde, d’après une étude publiée dans The Lancet[13]) qui ont fait bondir le chômage dans le pays et imposé des baisses dans les dépenses publiques au début des années 2000, ou si l’on considère entre autres les liens étranges qu’entretenait Kadhafi avec certaines puissances impérialistes, mais ce ne pouvait pas être pire que depuis la chute de son gouvernement, en 2011 donc, fomentée au nom de la “démocratie”.
À partir de cette année-là, “les appareils d’État ont implosé au profit des seigneurs de la guerre, des clans mafieux et des terroristes islamo-affairistes ; le pillage des stocks d’armes a transformé ce pays en un gigantesque arsenal à ciel ouvert ; les filières d’immigration clandestine se sont multipliées. Au point que la Libye est devenue, pour reprendre l’expression d’un ancien patron des renseignements français, « l’Afghanistan de proximité des Européens », relève Jean Ping, ancien ministre des Affaires étrangères du Gabon [14]. La guerre civile qui s’en est suivi n’est toujours pas terminée à l’heure où l’auteur écrit ces lignes, les ventes d’esclaves, souvent des migrants qui tentent de rejoindre l’Europe, sont organisées publiquement, au su et au vu de l’Union européenne qui préfère se couvrir les yeux[15]. Voilà ce que c’est, la démocratie des impérialistes…
Cette recrudescence soudaine du terrorisme dans la région a fini par se déverser dans les pays voisins et notamment au Sahel, ce qui a joué un grand rôle dans l’accession au pouvoir des trois nouveaux chefs d’État de l’AES. En effet, la situation était intenable du fait de la présence militaire française, de la corruption et de la soumission aux intérêts impérialistes qui plongeaient la région dans le chaos sécuritaire, économique, politique et social. Il était alors nécessaire de trouver une solution radicale, qui répondait aux aspirations populaires. C’est ainsi que trois militaires soutenus massivement par leur population et dans toute l’Afrique, Assimi Goïta au Mali, Abdourahamane Tiadi au Niger et Ibrahim Traoré au Burkina Faso, s’imposent dans le but de prendre en charge cette responsabilité.

L’une des premières mesures des gouvernements du Sahel a consisté en l’expulsion des troupes françaises, étasuniennes et de leurs bases du sol sahélien, qui ont montré à maintes reprises leur inefficacité dans la lutte contre le terrorisme. Mais le Mali, le Niger et le Burkina Faso, qui avaient été depuis longtemps dépossédés par les impérialistes de leur matériel militaire, ont dû, par conséquent, afin de répondre à l’urgence de la lutte antiterroriste accrue par plusieurs impérialismes en colère, trouver des pays alliés disposés à leur fournir l’armement indispensable[16]. Les pays occidentaux, sans surprise, déclinent. La Russie et la Chine, au contraire, acceptent.
Enjeux internationaux du terrorisme au Sahel
Depuis une dizaine d’années, on observe au niveau mondial la formation de deux blocs : d’un côté les impérialistes de l’OTAN, l’Union européenne et leurs affidés, et de l’autre les BRICS+ et d’autres pays cherchant à défendre leur souveraineté nationale.
Les pays de l’AES appartiennent à la deuxième catégorie.
Comme à Cuba, les sanctions économiques visant les pays de l’AES sont amorties par l’aide de la Chine et de la Russie. Comme en Ukraine, des guerres par proxy sont menées par les puissances impérialistes dans la région du Sahel. Par ailleurs, en 2024, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont officiellement coupé tout lien diplomatique avec le pays, qui a avoué par le truchement d’Andriy Yusov, porte-parole du renseignement militaire ukrainien, que les terroristes qu’affronte le Mali avaient “reçu des informations nécessaires qui leur ont permis de mener une opération militaire réussie contre les criminels de guerre russes” [17]. Le Monde a également parlé en 2024 du soutien militaire et du fournissement de drones ukrainiens aux “rebelles” [18]. De plus, “les camps de réfugiés de l’est de la Mauritanie (près de 200 000 personnes selon l’ONU) sont devenus des bases logistiques du FLA. Les combattants s’y reposent, se soignent et préparent de nouvelles attaques — comme l’a révélé le documentaire ARTE”, écrit un blogueur pro-russe [19]. Pour rappel, la Mauritanie est un pays plutôt favorable aux puissances impérialistes. En 2025, dans une interview à TV5Monde, le porte-parole du FLA (nous y reviendrons…) avoue que son groupe terroriste a des liens avec l’Ukraine, la France, les USA, et l’Occident en général[20]. Les États-Unis, soutien massif de l’Ukraine, notamment via l’OTAN, jouent également un rôle important dans la région, en cherchant à nouer des relations diplomatiques avec le Mali et le Niger en particulier, et à leur fournir un appui au niveau du renseignement militaire afin de servir leur agenda impérialiste. En effet, on apprend d’une journaliste de Libération que “l’attentat terroriste de grande ampleur perpétré au Mali est un moyen pour les États-Unis de saper les positions du « Africa Corps » et de chasser la Russie” [21]. Sans oublier la France, qui, on s’en doute, soutient de quelconque manière les groupes terroristes contre le gouvernement d’Assimi Goïta. Car on se demande bien comment les journalistes des médias occidentaux s’accordent tous pour dire que les équipements des terroristes sont plus performants que ceux des FAMA. La chercheuse au think tank IRIS Fatou Elise Ba s’étonne même que ces factions soient “surarmées” [22]. C’est une histoire d’us et coutume, que voulez-vous… En 2012 déjà, Alain Juppé disait qu’il envisageait de donner l’autonomie aux Touaregs[23]. Cette année, sur LCI, un ancien officier du renseignement français, Vincent Crouzet, notait “qu’en étant présents [la DGSE], nous pouvions mieux nous protéger des actions des groupes djihadistes, d’un autre côté aussi, peut-être, maintenant, notre ambassadeur et notre contingent n’étaient plus otages […] nous aurons peut-être plus de latitudes pour monter des opérations de déstabilisation cette fois-ci plus clandestines” [24]. En 2013, l’ex-directeur de la DGSE Erard Corbin de Mangoux confessait au Point que « le MNLA [groupe touareg terroriste] peut être un allié de circonstance”, dans un document de l’Assemblée nationale pourtant relu et réécrit par la DGSE, d’après le journal : “Plusieurs points marquants ont été retirés du compte rendu” [25]. Un autre ancien directeur de la DGSE, Claude Silberzahn, avait écrit dans ses mémoires “qu’en 1992, le service [la DGSE] organise, à Paris et ailleurs, des rencontres secrètes entre des représentants du gouvernement nigérien et ceux des Touaregs […]”. Comme le précise le journaliste Fayçal Oukaci : “Officiellement présentée comme une médiation, cette intervention permettait surtout à la France de conserver un rôle central dans la gestion des conflits sahéliens, au détriment parfois des cadres régionaux africains. [26]. Dans son article, il met également en évidence la note d’information remise au président du Sénat français par le directeur général adjoint de la sécurité extérieure français en décembre 2023 sur le Sahel : “Je ne trahis aucun secret en vous disant que nous avons des sources humaines et quelques accès techniques en Afrique, et que la remontée d’informations est permanente. Il n’y a aucune rétention d’informations locales des services de renseignement en Afrique.”
Effectivement ce n’est plus un secret pour personne, surtout depuis que les dirigeants occidentaux ne s’en cachent même plus ; on se souvient de la déclaration de Marco Rubio, prononcée en février 2026 à la Conférence de Munich[27], ouvertement néocolonialiste et impérialiste :
“En 1945, pour la première fois depuis l’époque de Christophe Colomb, l’Occident se contractait. […] Les grands empires occidentaux étaient entrés dans un déclin terminal, accéléré par des révolutions communistes athées et par des soulèvements anticoloniaux. Dans ce contexte, comme aujourd’hui, beaucoup en sont venus à croire que l’ère de domination de l’Occident avait pris fin et que notre avenir était voué à n’être qu’un écho faible et affaibli de notre passé. Mais ensemble, nos prédécesseurs ont reconnu que le déclin était un choix, et c’était un choix qu’ils ont refusé de faire. […] C’est ce que le président Trump et les États-Unis veulent faire à nouveau aujourd’hui, ensemble avec vous.” [28]
Ou de celle de François Lecointre, chef d’état-major de l’armée française entre 2017 et 2021, chef du cabinet militaire du Premier ministre sous Manuel Valls, Bernard Cazeneuve et Edouard Philippe et aussi commandant du groupement tactique interarmes (GTIA2) en Côte d’Ivoire entre 2005 et 2007, qui déclare au Figaro en 2024 : “On ne fait pas la guerre pour la démocratie mais pour les intérêts de la France ” :
“Notre destin commun, nous, Européens, c’est la Méditerranée et l’Afrique, (…) la nécessité d’agir collectivement en Afrique et en Méditerranée […], un continent qui est de plus en plus en train de s’enfoncer dans la destruction des appareils d’État (…). […] L’Europe devra se décider à aller défendre ses intérêts, y compris par les moyens militaires. [29]. »
La propagande impérialiste en croisade
Analyser le discours impérialiste est très utile pour mesurer à quel point les médias des grands bourgeois et des pays impérialistes sont alignés sur la même propagande de guerre. Ibrahim Traoré a raison d’insister, dans ses entrevues, sur l’importance de la “décolonisation” des “mentalités”. Dans son adresse à la nation au sujet des attaques, Assimi Goïta a lui aussi invité les Maliens à ne pas céder aux fake news que les ennemis répandent partout pour déstabiliser et diviser la population [30]. Par exemple, en octobre 2025, suite à des attaques du JNIM au Sénégal et en Côte d’Ivoire sur des convois se rendant au Mali, la “guerre psychologique” lancée par les médias et les rumeurs avait été intensifiée, prétendant que la gouvernance d’Assimi Goïta chancelait et allait prendre fin incessamment sous peu [31]. C’est un “classique” de propagande que de dire que l’ennemi est faible, perd tous ses combats et se conduit comme le Diable[32]. Or l’ironie est palpable, quand on sait encore que les Français ont commis bon nombre de “bavures” sur des civils, comme la fois où, en 2021, un drone français a tué 19 Maliens qui fêtaient un mariage [33] ; qu’on pense également au fait que ces Français n’ont jamais réussi à reprendre Kidal des mains des terroristes, même en dépensant 1 million d’euros par jour pendant 8 ans [34], contrairement aux Russes présents depuis bien moins longtemps dans la région et bien moins dépensiers [35].
Alors, quels sont les titres dans les médias dominants ? “Au Mali, la junte sous pression”, dans La Tribune (de CMA Média, possédé à 100 % par Rodolphe Saadé). “Au Mali, la junte incapable de protéger le pays contre les djihadistes”, dans Le Monde (détenu à 72,5-75 % par Le Monde Libre, possédé par Xavier Niel et Matthieu Pigasse), qui ajoute : “Plus occupés à conserver leur pouvoir qu’à s’attaquer à l’insécurité et à la pauvreté qui minent le pays, Assimi Goïta et ses lieutenants risquent de précipiter la transformation du Mali, État vivant et ouvert, en une sorte d’Afghanistan africain [!!!]”. “Une junte dépassée, des Russes inefficaces, des jihadistes et des rebelles puissants… « Comment le Mali se retrouve au bord du gouffre” titre France Info (média de l’État français, depuis composé majoritairement de journalistes venant de médias d’extrême droite). 20 minutes (possédé à 50 % par le Groupe Rossel, dont Patrick Hurbain est le principal actionnaire) réagissant à la détention, depuis 2025, d’un agent de la DGSE au Mali, écrit : “L’espion n’était pas au Mali pour espionner” [36]. Plus c’est gros, plus ça passe. TV5Monde (média de l’État français) va même jusqu’à inviter… le porte-parole du FLA ! “Vous avez donc lancé une offensive conjointe avec les djihadistes du JNIM, aujourd’hui quel est votre but de guerre ?”, demande la journaliste. Ainsi, sur les plateaux très intelligents, très civilisés et très bien des impérialistes, on se permet d’inviter des terroristes. Mais pourquoi s’en étonner ? N’était-ce pas Laurent Fabius qui avait déclaré que “Le Front al-Nosra [groupe terroriste djihadiste] fait du bon boulot en Syrie contre Assad et donc [qu’il] est difficile de les désavouer” ? Pour le moment, sur les 10 points caractéristiques de la propagande de guerre établis par l’historienne Anne Morelli, les médias impérialistes en cochent 8. Réjouissons-nous, c’est financé avec notre argent !
Le plan de réajustement de l’impérialisme depuis son humiliation au Sahel
Il ne faut pas l’oublier : malgré les attaques coordonnées par les impérialistes, les gouvernements de l’AES tiennent, continuent de résister, ils innovent, bâtissent, investissent, planifient, s’extraient du sous-développement imposé par le néocolonialisme, nationalisent leurs ressources pour le bien commun et bénéficient d’un soutien populaire massif, même dans un contexte aussi pénible. L’AES est une réaction logique à des décennies d’impérialisme mortifère, raciste, inhumain, qui pensait faire de l’Afrique son éternel pré carré, son terrain de jeu à piller sans réserve aux dépens des Africains contraints de vivre dans la misère, l’absence d’éducation, d’eau courante, d’électricité, de soins, de nourriture, de droits sociaux et de travail.
Sa défaite au Sahel, l’impérialisme l’a bien compris et c’est pourquoi il se tourne désormais vers l’Afrique de l’Est, en particulier vers le Kenya, tout en renforçant son architecture financière internationale, notamment via le Pacte de Paris pour les peuples 2030, qui prévoit de “mobiliser davantage de fonds provenant des secteurs public et privé pour octroyer des prêts aux pays en développement, et non à effacer leur dette, [ce qui] entraînera inévitablement un alourdissement du fardeau de la dette pour ces pays, mais aussi d’autres conséquences néfastes, telles que l’austérité et une fiscalité élevée” [37].
C’est dans ce contexte que les 11 et 12 mai prochains se tiendra le Sommet France-Afrique, baptisé Partenariats Afrique-France pour l’Innovation et la Croissance, à Nairobi au Kenya.
Le Parti Communiste Marxiste – Kenya (CPM-K) organise au même moment un contre-sommet, le PASAI (Pan-African Summit Against Imperialism), en opposition à la venue des impérialistes dans leur pays : “Nous n’accueillerons pas nos bourreaux. Nous ne serons pas les nouvelles casernes de la domination coloniale” [38].
En réalité, comme les camarades du CPM-K le notent, la présence impérialiste au Kenya n’est pas nouvelle [39] :
“Le Kenya est le premier client des produits français dans la Communauté d’Afrique de l’Est. Les investissements français ont dépassé 1 000 milliards de Sh en 2020, dans les routes, l’énergie, l’agroalimentaire, la santé et la technologie — des arrangements extractifs déguisés en développement [ce qui fait de la France “le cinquième investisseur étranger au Kenya”- – ndlr[40]]. […] En 2024, les États-Unis ont désigné le Kenya comme « allié majeur non-OTAN ». Les États-Unis exploitent des bases avancées à Lamu et Wajir. La Grande-Bretagne maintient sa garnison à Laikipia. La France cherche désormais une présence militaire permanente au Kenya – compensation directe pour ses pertes au Sahel.”
Par ailleurs, “en marge du Sommet mais en lien avec le retour de la France en Afrique, la France a signé un nouvel accord de coopération de défense avec le Kenya. Cet accord fixe le cadre du statut et du traitement des soldats français en visite dans le pays [leur octroyant l’immunité – ndlr]. Avant même la ratification de l’accord, 800 soldats français sont arrivés au Kenya [41].
Le CPM-K dénonce également l’hypocrisie du prétexte de la lutte contre le climat :
“L’Afrique ne contribue qu’à 2–4 % des émissions mondiales de carbone mais subit de plein fouet le changement climatique : sécheresses, inondations, vagues de chaleur. Le sommet vante « l’énergie verte » tout en masquant de nouvelles aventures lucratives pour les monopoles du grand capital.”
Ainsi que l’absence de condamnation de la répression qu’a subie le peuple kenyan :
“En juin-juillet 2024, les masses kényanes se sont soulevées contre le Finance Bill imposé par le FMI. Des dizaines de personnes ont été arrêtées, torturées, disparues ou tuées. La France, les États-Unis et la Grande-Bretagne — actionnaires majeurs du FMI — sont restés complices.”
Si l’impérialisme n’a pas dit son dernier mot, la résistance des peuples non plus.
Soutenez la lutte anti-impérialiste, soutenez le PASAI ! Faites un don sur leur site officiel : https://pasai2026.com/.
Maxime – JDM
[1]https://legrandcontinent.eu/fr/2024/04/20/desoccidentaliser-la-majorite-mondiale-la-doctrine-karaganov/
[2]https://www.legrandsoir.info/le-sahel-coeur-de-la-revolution-panafricaine-fla-et-jnim-les-marionnettes-francaises-dans-la-guerre-contre-toute-l-afrique.html
[3]https://peoplesdispatch.org/2026/04/30/sovereignty-will-be-consolidated-reiterates-malian-president-after-foreign-sponsored-terror-attacks-in-six-cities/
[4]https://www.youtube.com/watch?v=BGz8QvVR4_w Actualité AES/Mali : retour sur les attaques coordonnées de groupes armés terroristes
[5]https://peoplesdispatch.org/2026/04/28/nato-countries-fail-to-condemn-deadly-terror-attacks-in-mali/
[6]https://x.com/GeoTales_/status/2051027306752176498
[7]https://afrinz.ru/en/2026/05/thousands-of-people-in-paris-attend-rally-in-solidarity-with-mali/
[8]https://www.youtube.com/live/Z0xroLNltHk?si=0Qn5b5v8UfizsiPo An I de la proclamation de la RPP : Le capitaine Ibrahim TRAORE face à la presse
[9]https://www.blackagendareport.com/imperialist-attack-alliance-sahel-states
[10]https://revuesupernova.com/lattaque-imperialiste-contre-lalliance-des-etats-du-sahel-2-0/
[11]https://www.lesclesdumoyenorient.com/_Lisa-Romeo_.html
[12]Charvin, R. Mouammar Kadhafi : une tentative pour changer le monde, Editions Delga, 2021.
[13]https://www.thelancet.com/journals/langlo/article/PIIS2214-109X(25)00278-5/fulltext#:~:text=In%20their%20panel%20analysis%2C%20Francisco,casualties%20(106%20000%20deaths).
[14]https://www.monde-diplomatique.fr/2014/08/PING/50709
[15]Charvin, R. Op. cit.
[16]https://www.midwesternmarx.com/articles/malis-military-ejects-france-but-faces-serious-challenges-by-vijay-prashad
[17]https://www.liberation.fr/international/afrique/le-mali-et-le-niger-rompent-leurs-relations-avec-lukraine-20240807_AR3XKCBD7RE75NECGX37Y57LQ4/
[18]https://www.lemonde.fr/en/le-monde-africa/article/2024/10/13/ukrainian-drones-provide-support-for-northern-mali-s-rebels_6729231_124.html
[19]https://www.legrandsoir.info/le-sahel-coeur-de-la-revolution-panafricaine-fla-et-jnim-les-marionnettes-francaises-dans-la-guerre-contre-toute-l-afrique.html
[20]https://www.instagram.com/p/DX7K1Fgj3Py/
[21]https://www.legrandsoir.info/l-agenda-secret-des-etats-unis-un-acte-terroriste-au-mali-pour-un-retour-au-sahel.html
[22]https://www.youtube.com/watch?v=QwA6-oNeb7s&t=5s Mali : vers la fragmentation ? Avec Fatou Élise Ba | Entretiens géopo
[23]https://www.vie-publique.fr/discours/184886-entretien-de-m-alain-juppe-ministre-des-affaires-etrangeres-et-europee
[24]https://www.youtube.com/watch?v=jGtAMilvyRI Mali: Qui se cache derrière les attaques du 25 avril 2026 ? La chronique de Jules DOMCHE.
[25]https://www.lepoint.fr/monde/directeur-de-la-dgse-en-somalie-la-france-ne-se-venge-pas-16-03-2013-1640764_24.php
[26]https://sahelintelligence.info/les-dossiers-secrets-de-la-dgse-au-sahara-operation-manipuler-les-touaregs/
[27]Marx écrit, dans Le 18ᵉ brumaire de Bonaparte : « Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages de l’histoire se produisent pour ainsi dire deux fois, mais il a oublié d’ajouter : la première fois comme une grande tragédie, la seconde fois comme une farce sordide. »
[28]https://www.ptb.be/actualites/contre-la-nostalgie-imperialiste-de-marco-rubio-defendre-lheritage-de-1945
[29]https://www.lefigaro.fr/vox/monde/general-lecointre-on-ne-fait-pas-la-guerre-pour-la-democratie-mais-pour-les-interets-de-la-france-20240408
[30]https://www.youtube.com/watch?v=KgOahqgzFuk FAMa | Discours à la nation du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi GOITA
[31]https://thecommunists.org/2026/03/18/leaflets/hands-off-sahel-imperialism-out-africa/
[32]https://fr.wikipedia.org/wiki/Principes_%C3%A9l%C3%A9mentaires_de_propagande_de_guerre
[33]https://www.midwesternmarx.com/articles/malis-military-ejects-france-but-faces-serious-challenges-by-vijay-prashad Op. Cité.
[34]C’est le cas pour l’opération Barkhane. https://www.aa.com.tr/en/analysis/opinion-operation-barkhane-france-s-afghanistan/2277434
[35]https://www.youtube.com/watch?v=QwA6-oNeb7s&t=5s Op. Cité.
[36]https://www.20minutes.fr/monde/4169006-20250822-agent-francais-dgse-soupconne-conspiration-emprisonne-mali
[37]https://www.instagram.com/p/DX32p3rjZJ7/
[39]L’auteur a lui-même écrit un article qui en parlait partiellement. https://jeunessedumonde.fr/2025/05/18/enfant-ne-pleure-pas-critique-litteraire/
[40]https://www.instagram.com/p/DXxRV1zDYa8/
[41]https://pasai2026.com/ Op. Cité.












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