
Le ministre nigérien des Mines est attendu à Alger pour une visite consacrée au renforcement de la coopération entre le Niger et l’Algérie. Les discussions doivent porter sur plusieurs axes, notamment les ressources minières, l’énergie et les projets structurants entre les deux pays.
Ce déplacement s’inscrit dans un rapprochement plus large entre Alger et Niamey. Depuis plusieurs mois, l’Algérie multiplie les signaux de coopération avec le Niger, en particulier dans les hydrocarbures, les mines et les infrastructures. La Grande commission mixte algéro-nigérienne, réunie à Niamey en mars, avait déjà débouché sur plusieurs accords, mémorandums d’entente et programmes de coopération.
Ce rapprochement est d’autant plus significatif qu’il contraste avec les relations très dégradées entre l’Algérie et le Mali, pourtant allié du Niger au sein de l’Alliance des États du Sahel. Depuis la destruction d’un drone militaire malien près de la frontière algérienne, Bamako accuse Alger d’entraver ses opérations militaires dans le Nord, tandis que l’Algérie affirme défendre son espace aérien et sa sécurité frontalière.
La situation révèle les contradictions de la recomposition sahélienne. Le Niger, le Mali et le Burkina Faso affichent une solidarité politique au sein de l’AES, mais leurs rapports avec l’Algérie ne sont pas identiques. Niamey privilégie aujourd’hui une coopération économique et diplomatique pragmatique avec Alger, tandis que Bamako reste engagé dans une confrontation ouverte avec son voisin du nord.
Pour l’Algérie, l’enjeu est clair : redevenir un acteur central au Sahel, non par l’alignement sur Paris ou Washington, mais par une diplomatie régionale fondée sur les intérêts de sécurité, d’énergie et de développement. Pour le Niger, ce rapprochement offre une marge de manœuvre utile dans un contexte de rupture avec l’ordre néocolonial français et de recherche de nouveaux partenariats souverains.












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