
L’attaque terroriste contre l’aéroport international Diori-Hamani de Niamey (1) prend une dimension politique supplémentaire. Le ministère nigérien de la Défense accuse des mercenaires soutenus par la France d’avoir participé à l’assaut du 18 juin, qui a fait treize morts, dont onze soldats nigériens et deux civils. L’attaque avait été repoussée par les forces nigériennes, avec vingt-deux assaillants tués et vingt suspects arrêtés.
L’aéroport de Niamey n’est pas une cible ordinaire. Il abrite une base de l’armée de l’air nigérienne et le quartier général de la force conjointe de l’Alliance des États du Sahel, formée par le Niger, le Mali et le Burkina Faso. Ce site est donc central pour les États sahéliens engagés dans la rupture avec la tutelle militaire et politique française.
Ces accusations interviennent dans un climat de confrontation ouverte entre le Niger et l’ancienne puissance coloniale, depuis l’expulsion des troupes françaises et le basculement du pays vers une politique de souveraineté nationale. Paris nie régulièrement toute implication dans les violences qui frappent le Sahel, mais Niamey accuse au contraire l’ancien ordre néocolonial de chercher à déstabiliser les pays de l’AES.
L’affaire confirme l’enjeu réel de la bataille sahélienne. Derrière la lutte contre les groupes terroristes, se joue aussi l’affrontement entre des États qui cherchent à reprendre le contrôle de leur sécurité et les forces décidées à empêcher l’émancipation du Niger, du Mali et du Burkina Faso (2).
(1) https://jeunessedumonde.fr/2026/06/20/niger-attaque-terroriste-contre-laeroport-de-niamey/
(2) Voir à ce sujet notre analyse complète : https://jeunessedumonde.fr/2026/05/07/la-resistance-du-mali-contre-limperialisme/












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