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L’ILLUSION du CAPITALISME VERT

par | Juin 11, 2026 | Théorie-débats | 2 commentaires

Le nouveau livre d’Alain Bihr, « l’écocide capitaliste », vient combler un vide dans la pensée marxiste en montrant, contrairement à ce qu’on dit souvent, que Marx et Engels ont toujours été préoccupés par l’écologie. Selon lui, la catastrophe écologique actuelle provient des rapports capitalistes de production, qui détruisent la nature.

Dès le début, Marx voit que le capitalisme engendre un rapport destructeur à l’environnement. Il n’est pas productiviste (le productivisme vise à produire plus avec moins de temps et de ressources. À ne pas confondre avec le développement des forces productives, qui permet de travailler moins et de développer les arts et l’humanité), mais il reconnaît que le capitalisme favorise la croissance et le progrès, tout en soulignant aussi le lourd prix à payer, comme l’expropriation des producteurs. Selon lui, l’histoire avance souvent par des sacrifices. Le développement est à la fois civilisateur et déshumanisant.

Marx montre aussi que le capital réalise ce qui ne s’était jamais produit, une parfaite séparation entre producteurs et moyens de production. La nature nous devient étrangère et nous devenons étrangers à la nature. Cette aliénation détruira les communautés rurales, mènera à une agriculture mécanisée, chimique, à l’exode. Cette destruction atteint notre corps avec la malbouffe et les maladies. Le capital détruit la nature extérieure et intérieure.

Dans le capitalisme, la production vise surtout à faire du profit, non à répondre aux besoins. Il choisit de produire ce qui rapporte le plus, comme l’armement, parce que très rentable, tandis que certains biens, comme le logement, sont négligés pour maximiser la plus-value. Le capital ne cherche que les besoins solvables. Il pousse à produire toujours plus vite en utilisant moins de travail, pour battre la concurrence, en augmentant sans cesse la productivité, sinon il ne s’en sort pas. Le productivisme est donc au cœur de ce système. Lié à sa nature même, il doit constamment s’étendre, accélérer sa rotation et se renouveler. Cela entraîne des déchets, la surconsommation et une croissance démesurée. Il détruit l’environnement à grande échelle : changement climatique, pollution des mers, acidification, déforestation, dégradation des sols, pollution de l’air, de l’eau, des océans, des zones humides et des forêts. Il menace la biodiversité, provoque des crises sanitaires comme la Covid-19, et continue d’utiliser le feu comme énergie. Tout cela met en danger la santé humaine, provoquant une crise écologique et sanitaire profonde. Il est écocidaire !

Au contraire, le socialisme et le communisme visent à donner le pouvoir aux travailleurs, en planifiant rationnellement l’économie pour répondre aux besoins réels, et non à produire pour produire.

Du côté des économistes, le capitalisme était considéré comme naturel et éternel. Ils savent aujourd’hui que la situation est catastrophique, mais leur réponse est de renforcer le capitalisme. Ils voient la nature comme un facteur de production qui peut être optimisé à l’instar du capital et du travail. Cette idée, que Marx critiquait déjà, issue de l’école néoclassique, ajoute un troisième élément à la dyade capital-travail.

Le capitalisme vert, lancé dans les années 1980 pour sauver le système, promet une croissance durable, trouve des solutions aux problèmes environnementaux simples, comme la couche d’ozone. Mais en réalité, il a échoué face aux défis majeurs comme le changement climatique, qui continue de s’aggraver. Ce modèle ne remet pas en question la logique du capitalisme, il ne fait que masquer ses limites, et ses solutions restent insuffisantes. Chaque COP promet toujours de faire mieux, sans expliquer comment. C’est juste un « on fera mieux demain », alors qu’on aurait pu agir plus tôt.

Quels sont les horizons possibles pour sortir de la crise écologique ? Le scénario de l’effondrement proposé par Jared Diamond est fragile, car il s’appuie sur des sociétés précapitalistes. Certes le profit sera de moins en moins facile à réaliser, car les ressources (matières premières, énergies, travail) coûteront de plus en plus cher. Le chaos écologique se développant, nous approchons d’une situation désastreuse avec la paupérisation des populations, la multiplication des maladies, le risque de guerres pour les ressources naturelles. C’est une apocalypse qui menace notre planète. Une perspective sombre est en marche si on ne réagit pas. Pour préserver l’avenir et défendre la vie face au pouvoir du capital, il faudra relier lutte écologique et communisme. C’est l’objet de son prochain livre.


https://www.youtube.com/watch?v=jt499gp9OcM
https://www.syllepse.net/l-ecocide-capitaliste-_r_65_i_1155.html

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2 Commentaires

  1. GHERARDI épouse LEONARD

    La Corse est une démonstration de ce que le capitalisme engendre destruction de l’environnement, pression foncière et tensions sociales autour d’une activité devenue destructrice.

    L’île Corse est l’une des régions françaises où le tourisme pèse le plus lourd, mais aussi l’une des plus pauvres en revenus par habitant. La richesse générée ne profite pas à la population locale. Une partie importante des bénéfices quitte le territoire à travers les grands groupes ou la spéculation immobilière.

    Les conséquences écologiques, érosion, destruction d’espaces naturels, pollution maritime, multiplication des constructions et tensions sur les ressources, menace sur les espèces animales et sur le vivant.

    Le sentiment de dépossession, la multiplication des résidences secondaires et des locations saisonnières provoque une flambée spectaculaire des prix immobiliers. Les jeunes Corses subir les inconvénients du tourisme ne peuvent plus acheter ni louer avec des salaires souvent modestes.

    Une question presque civilisationnelle d’un territoire insulaire confronté à des forces financières.

    L’avenir de la Corse se joue-t-il dans une révision constitutionnelle?

    « L’autonomie est incompatible avec l’idée d’une République unie et indivisible. »

    En ouvrant la porte d’un nouveau mille feuilles institutionnelles, d’une division accrue des citoyennes, en Corse et sur le continent. Au lieu d’égaliser les règles à l’échelle de la nation, pour que chaque individu qui y vit soit sous la protection de la loi commune, sans limitation qui résulterait de la position géographique, de la naissance, de la nationalité, de la culture, de la confession ou de l’opinion. Prenez-garde!

    L’âme Corse veut préserver sa nature et sa jeunesse. Les profits bénéficient à un système mafieux déjà bien établi dans les îles caraïbes. Pour les néophytes ARTE le 16 juin 2026.Monaco. « La grande histoire d’un micro-état. »

    Pour revenir à la Corse, après la french connexion. Une réforme régionale de 1982 et le statut Joxe de 1991. « divide ut regnes » Ce lâcher du lest a suscité des dérives criminelles, brigadistes ou mafieuses jusqu’à ce jour. L’histoire jugera.

    Notre sang dit que la Corse comme l’ensemble de la France s’ébrouent devant des lois qui spolient le peuple pour une oligarchie sans patrie ni foie.

    Marin le 17 juin 2026.

    GHERARDI épouse LEONARD.

    Réponse
  2. GHERARDI épouse LEONARD

    PUBLIC SENAT18.06.26

    Agriculture : l’Union européenne dit oui aux nouveaux OGM

    Les députés européens ont adopté un règlement qui facilite l’utilisation de nouvelles techniques génomiques (NGT) dans l’agriculture. Le but est de permettre aux cultures d’être plus résistantes, notamment face au changement climatique. Les opposants dénoncent un retour des OGM « dans le dos » des consommateurs.

    Par Audrey VuetazPublié le 17/06/2026 à 15:07

    C’est peut-être l’un des textes les plus clivants de cette mandature concernant l’agriculture. Il autorise la culture de certains végétaux issus de nouvelles techniques génomiques, souvent appelées « nouveaux OGM », dans l’agriculture en Europe.

    Les Verts, la gauche radicale et une partie des socialistes s’y sont opposés, tandis que la droite, les centristes et l’extrême droite ont majoritairement soutenu le texte.

    « Concrètement, on met à plat le génome, on réveille certains gènes qui sont déjà présents dans la plante et on en endort d’autres, explique Céline Imart, agricultrice et députée européenne (LR/PPE) qui défend le texte.

    En fait, on accélère l’adaptation qui se fait déjà dans la nature mais qui prend en général beaucoup plus de temps. » Une technique différente des OGM développés dans les années 90, qui consistaient souvent à introduire un gène provenant d’une autre espèce.

    « Grâce à ces nouvelles techniques, la plante va avoir besoin de moins d’eau, d’engrais ou de pesticides. On répond au défi de résilience des agriculteurs et aux attentes de la société qui demande moins de pesticides », ajoute Céline Imart.

    Un changement de règles

    Pour l’instant, les « nouveaux OGM » sont soumis aux mêmes règles que les OGM, qui figurent parmi les plus strictes au monde. L’Union européenne impose une évaluation préalable, une traçabilité et un étiquetage clair.

    « Cela a fortement limité le développement commercial des nouveaux OGM dans l’UE. On a pris énormément de retard par rapport à la Chine, à l’Inde, au Brésil ou aux États-Unis », ajoute Céline Imart.

    Le texte va assouplir les règles pour les modifications estimées proches du naturel, c’est-à-dire celles que l’on pourrait observer dans la nature. En revanche, les plantes dont les modifications sont jugées plus complexes resteront soumises aux règles OGM actuelles.

    Un manque d’évaluation

    L’assouplissement des règles inquiète les associations environnementales et certaines organisations paysannes. « Le Parlement européen s’est couché devant les multinationales Bayer, Monsanto ou Corteva, qui ne sont même pas européennes et qui ont pour objectif de faire main basse sur les semences », s’emporte Christophe Clergeau (PS/S & D).

    Il s’inquiète aussi que certaines plantes génétiquement modifiées soient mises sur le marché sans évaluation suffisante de leurs effets potentiels sur l’environnement ou la santé.

    Il dénonce également un manque de traçabilité : elle sera limitée aux semences achetées par les agriculteurs, mais pas aux aliments finis.

    « Il ne sera pas possible de détecter des NGT dans un champ ou dans un aliment. On va imposer aux gens de manger des NGT sans le savoir et sans le choisir. »

    « Les macronistes, la droite et l’extrême droite refusent de s’opposer au grand retour des OGM dans nos assiettes », réagit sur X Manon Aubry (LFI/GUE/NGL). Sous un autre nom, les nouvelles techniques génomiques modifieront le vivant sans même informer les consommateurs.

    En 2027, La France insoumise les interdira.
    La question des brevets

    Pour l’heure, il est interdit d’apposer des brevets sur des caractéristiques qui existent déjà dans le vivant. Mais Christophe Clergeau s’inquiète : « Avec ces nouveaux OGM, ce sera possible. Or on le voit dans toutes les filières, quand les brevets s’installent, les gros effacent les petits.

    Dans quelques années, on constatera que la mainmise des gros semenciers s’étendra. Nos semences ne nous appartiendront plus. C’est une bataille perdue. »

    Ce vote du Parlement sur un texte de compromis signe la fin du processus législatif. Le règlement devrait donc s’appliquer directement d’ici deux ans.

    Réponse

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