
Ce mercredi 10 juin, le rail français a vécu une journée noire. Quatre syndicats majoritaires (CGT Cheminots, UNSA Ferroviaire, SUD‑Rail et CFDT Cheminots) ont appelé à une grève nationale de 24 heures, massivement suivie : selon la CGT, un cheminot sur deux a cessé le travail. Un TGV sur trois, un Intercités sur deux, et un trafic régional « très fortement perturbé ».
Les cheminots ne se battent pas seulement pour leurs salaires. Leur colère va surtout contre les restructurations imposées par la direction et la création de filiales qui diluent le statut du cheminot. Très concrètement, cela induit des allongements de temps de service, moins de repos, moins d’agents.
Derrière cette réorganisation se profile l’ouverture à la concurrence voulue par l’Union européenne, qui oblige les régions à mettre en compétition les opérateurs ferroviaires. Pour s’adapter, la SNCF a créé de multiples filiales, avec des transferts de personnel qui affaiblissent les droits sociaux. Les syndicats réclament un moratoire sur ce processus, qu’ils jugent destructeur pour le service public.
Au‑delà des aspects techniques, ce mouvement touche à l’essence même de la démocratie. En défendant un service public de qualité, les cheminots s’opposent à une logique de concurrence qui, à terme, pourrait priver les citoyens d’un outil collectif. Leurs revendications résonnent avec celles des usagers qui, eux aussi, aspirent à un rail accessible et fiable. Le 23 juin, la direction recevra les syndicats. Mais l’unité des cheminots reste leur meilleure arme.
Nos analyses sur le sujet :
https://jeunessedumonde.fr/2026/02/03/vague-de-suicides-de-cheminots/
https://jeunessedumonde.fr/2026/01/21/une-nouvelle-offensive-contre-le-droit-de-greve/












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