
La CGT Transports a publié un communiqué de presse, que nous reproduisons ci-dessous, appelant à la mobilisation contre un texte récemment approuvé par une commission de l’Assemblée nationale. Ce texte, à l’initiative des « Républicains » et soutenu par les centristes, les macronistes et le RN, attaque directement et gravement le droit de grève.
Le RN se démasque une fois de plus – si besoin était – comme ce qu’il a toujours été : un parti bourgeois fasciste et viscéralement anti-ouvrier. Après avoir reculé sur la contre-réforme des retraites, n’avoir pas voté certaines motions de censure au nom de la « respectabilité », avoir défendu contre le service national militaire « volontaire » de Macron un service national militaire obligatoire, ne s’être jamais opposé à la hausse du budget militaire et n’avoir jamais levé le petit doigt contre les velléités bellicistes du gouvernement – liste non exhaustive des actions entreprises contre le peuple –, voilà qu’il soutient un texte contre le droit de grève. Le RN, ce n’est ni « l’augmentation du pouvoir d’achat » ni la défense de la « souveraineté nationale ». Chaque fois qu’il critique Macron, c’est pour proposer pire, sous prétexte que celui-ci n’irait pas assez loin. Il suffit d’examiner son argumentaire contre le budget euro-austéritaire : le RN lui reproche de creuser le déficit public en dépensant trop, notamment pour les droits sociaux des immigrés ou pour l’Éducation nationale que le RN voudrait détruire au profit de l’enseignement privé, et en ne baissant pas assez les impôts sur les sociétés et les cotisations sociales qui sont sources de financement de la Sécurité sociale. Le RN, c’est la casse des droits sociaux et des services publics, les cadeaux fiscaux aux capitalistes, la répression des travailleurs en lutte et la soumission totale de la France au capital financier.
Il faut par ailleurs avoir conscience – fait malheureusement occulté par la CGT Transports dans son communiqué – que cette atteinte au droit de grève s’inscrit dans une logique plus large et multi-décenale de soumission du secteur public des transports au marché, cadre imposé par les traités européens et leur principe de « concurrence libre et non faussée ». Depuis les arrêts Viking et Laval (2007), la CJUE (Cour de justice de l’Union européenne) a établi une jurisprudence selon laquelle le droit de grève doit être limité par les libertés économiques fondamentales du TCE (aujourd’hui le TFUE), telles que la « libre circulation des biens, des personnes, des services et des capitaux », et ne doit pas entraver le marché commun. Une grève impliquant des restrictions des droits communautaires européens fondamentaux peut être autorisée « à condition qu’il soit établi qu’elles sont aptes à garantir la réalisation de l’objectif légitime poursuivi et ne vont pas au-delà de ce qui est nécessaire pour atteindre cet objectif » [1]. Par ailleurs, ces arrêts stipulent que le droit de l’Union prime sur le droit national des États membres. Ainsi, une grève peut être interdite si elle contrevient aux libertés économiques fondamentales stipulées dans les traités de l’UE, même si le droit national l’autoriserait. Autrement dit, l’UE limite drastiquement le droit de grève dans les transports, mais aussi la souveraineté juridique des États membres. L’UE étant une construction capitaliste néolibérale fondée sur la « concurrence libre et non faussée », il en découle que le droit de grève est subordonné au respect du sacro-saint « marché commun », censé agir librement sans entrave.
Par conséquent, face à cette atteinte grave au droit de grève, il faut répondre résolument, non par ces habituelles « journées de mobilisation » sans impact réel sur l’économie et incapables d’instaurer un rapport de force, mais en engageant un combat franc, unitaire et de longue haleine contre l’État bourgeois. Et pour cela, il faut aussi être clair et désigner l’ennemi sans ambiguïté : l’UE du capital !
William – JDM
[1] Viking, paragraphe 90 (https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CELEX:62005CJ0438)
DROIT DE GRÈVE
UNE NOUVELLE ATTAQUE PARLEMENTAIRE INACCEPTABLE !
En ce début d’année 2026, le droit de grève est de nouveau attaqué frontalement. Après un premier texte adopté au Sénat en avril 2024, une commission de l’Assemblée nationale a approuvé, le 14 janvier, une proposition de loi visant à restreindre lourdement l’exercice de ce droit fondamental garanti par la Constitution pour les salarié·es des transports.
Porté par le groupe Les Républicains dans le cadre de sa niche parlementaire du 22 janvier 2026, ce projet s’inscrit dans une offensive politique assumée, soutenue par des députés centristes, la majorité présidentielle et le Rassemblement national. Tous reprennent le même discours : au nom de la « continuité du service public », il faudrait faire taire les salarié·es quand ils et elles se mobilisent !
Le cœur du texte est clair : neutraliser l’exercice du droit de grève. Il prévoit l’instauration de 30 jours par an dits « sensibles », durant lesquels des restrictions drastiques pourraient s’appliquer, notamment autour des jours fériés, des vacances scolaires, des examens ou de grands événements. Limitation de la grève à six heures par jour, interdiction pure et simple pour des agents déclarés « indispensables », durcissement des procédures et allongement des délais de préavis : tout est fait pour dissuader, empêcher et réprimer l’action collective. Tout est fait pour dissuader, empêcher et réprimer l’action collective.
Ce projet de loi ne règle rien. Il ne répond pas aux causes des conflits : les conditions de travail dégradées, les suppressions d’emplois, le manque de moyens, la casse du service public… Au contraire, il tente d’organiser la répression sociale et remet en cause un droit garanti par la Constitution et par les conventions internationales.
La discussion en séance publique est prévue le 22 janvier 2026, avec une volonté d’adoption rapide.
La CGT l’affirme clairement : nous ne laisserons pas faire ! Toucher au droit de grève, c’est ouvrir la voie à sa remise en cause partout et pour tous demain. Le problème, ce n’est pas l’exercice de la grève, c’est le manque de moyens pour les transports du quotidien, qui souffrent des politiques d’austérité, du manque de personnel et de matériel !
Notre mobilisation sera à la hauteur de l’attaque !
https://cgttransports.fr/droit-de-greve-une-nouvelle-attaque-parlementaire-inacceptable/












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