
Au Pérou, le second tour de l’élection présidentielle tourne à l’épreuve de force politique. Opposée à Roberto Sánchez, candidat de gauche issu de Juntos por el Perú, Keiko Fujimori, héritière directe du régime fasciste instauré par son géniteur, joue une nouvelle fois son retour au pouvoir dans un scrutin extrêmement serré.
Le dépouillement, qui pourrait s’étirer jusqu’à la fin du mois de juin, illustre l’état de crise profonde du régime péruvien. Chaque bulletin, chaque procès-verbal contesté, chaque vote venu de l’étranger peut désormais faire basculer le résultat. Dans le pays, Sánchez conserve un appui important dans les secteurs populaires et ruraux, tandis que Fujimori bénéficie du vote extérieur et de l’appareil politique de la droite.
Le pays sort ainsi du scrutin plus divisé que jamais. Même en cas de victoire, Roberto Sánchez se heurterait à un Parlement dominé par la droite et les forces conservatrices, bien décidées à empêcher toute rupture avec l’ordre établi. L’expérience récente du Pérou l’a montré : lorsqu’un président issu du camp populaire prétend gouverner contre les intérêts de l’oligarchie, la bourgeoisie parlementaire, les juges et l’appareil d’État savent rapidement transformer la crise politique en déstabilisation ouverte. Dans ces conditions, l’hypothèse d’un nouveau coup de force institutionnel ne peut être écartée.












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