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Surprenant ! L’Europe s’aligne sur les États-Unis contre la Chine…

par | Mai 26, 2026 | Europe | 1 commentaire

Nous l’avons déjà expliqué à plusieurs reprises (1) : depuis le « cirque de Davos », les discours sur l’autonomie stratégique de l’UE – qui viserait à émanciper l’Europe des États-Unis – ont été accentués. L’UE ainsi que l’ensemble des « puissances moyennes » (dixit le Premier ministre canadien Mark Carney) seraient déterminées à entrer dans un processus d’émancipation vis-à-vis des « grandes puissances » que sont les États-Unis et la Chine. Mais les faits sont têtus : l’UE impérialiste reste stratégiquement alignée sur les États-Unis contre la Chine, quelles que soient les tensions bien réelles qui existent entre les vassaux et leur seigneur. Elle ne peut, en l’état actuel des choses, faire autre chose que négocier la longueur de la laisse par laquelle les États-Unis la tient. Cette réalité tend à nouveau à être confirmée.

Selon un document confidentiel consulté par le Financial Times, cinq pays européens, sous l’impulsion de Macron, veulent mener une offensive sans précédent contre ce qu’ils prétendent être les « pratiques commerciales déloyales » de Pékin. La France, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas et la Lituanie appellent à accélérer drastiquement les procédures d’imposition de droits de douane, jugeant le cadre actuel trop lent. Cette coalition est d’autant plus remarquable qu’elle rassemble d’anciens récalcitrants. Il y a seulement un an et demi, l’Espagne – dont le Premier ministre Pedro Sanchez a fait grand bruit en s’opposant aux États-Unis sur la guerre en Iran tout en appelant à accélérer la constitution d’une armée européenne… – refusait encore de prendre position sur les droits de douane visant les véhicules électriques chinois. Aujourd’hui, l’Espagne comme les Pays-Bas – traditionnellement partisans d’une ligne plus libre-échangiste – rejoignent le camp des « faucons ». Seule l’Allemagne, trop exposée à une éventuelle riposte de Pékin, manque à l’appel.

Macron face aux journalistes au sommet de l’UE à Bruxelles, le 19 mars 2026. – SERGE TENANI / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Le prétexte à cette volonté d’offensive est économique – ce fameux déficit abyssal de 360 milliards d’euros, en hausse de 20 % sur un an. Les signataires de cet appel dénoncent un impact direct sur l’industrie européenne, qui aurait perdu un million d’emplois entre 2019 et 2025, et veulent pouvoir cibler des entreprises plutôt que des pays pour contourner les obstacles juridiques. Pourtant, ces 360 milliards d’euros de déficit, prétendument insoutenables, ne sont que le fruit d’une division du travail tout autant à l’avantage de et voulue par les capitalistes européens que la Chine. Car la vérité, que nos vaillants commissaires européens feignent d’ignorer, c’est que « l’excédent est en Chine, tandis que les profits sont en Europe ». Les entreprises européennes achètent des produits semi-finis chinois à bas prix, les transforment en produits finis à forte valeur ajoutée, et les revendent avec des marges juteuses.

En réalité, si l’industrie européenne décline, ce n’est pas à cause d’un prétendu « choc chinois », c’est parce qu’elle est rongée de l’intérieur par ses propres contradictions. L’UE affronte une crise énergétique qu’elle s’est elle-même infligée en s’alignant sur les USA contre la Russie, un millefeuille réglementaire étouffant, et un sous-investissement chronique dans la recherche. Aucun droit de douane ne viendra à bout de ces maux. Ajouter une taxe ne raccourcira pas les délais d’approbation des projets industriels – qui s’étendent parfois sur plus de six ans.

Voilà donc que ceux-là mêmes qui, hier encore, tonnaient contre les « investigations unilatérales et brutales » de l’administration Trump – y compris Emmanuel Macron, qui avait qualifié les droits de douane américains d’« infondés et brutaux » –, voilà que ces mêmes dirigeants s’apprêtent à copier servilement la section 301 américaine pour créer leur propre arsenal protectionniste. Ce que l’UE dénonçait hier comme du « harcèlement » devient aujourd’hui son modèle.

En fait, au-delà des prétextes, la méthode et la finalité réelle, elles, sont claires. Car oui, cette méthode, l’UE ne l’a pas inventée, elle l’a copiée sur Donald Trump. Notre cher président Emmanuel Macron qui, rappelons-le, s’était présenté au cirque de Davos comme étant l’opposant numéro 1 à Trump, a osé le dire tout haut : il faut s’inspirer de la section 301 de la loi américaine sur le commerce de 1974 – l’outil fétiche de Trump pour imposer ses droits de douane unilatéraux. Traduction : il faut singer le maître pour frapper plus fort sur le rival commun. La Chine n’a qu’à bien se tenir : l’UE veut sa « version européenne de la Section 301 », comme l’écrit le Global Times. Il faut bien reconnaître que la capacité qu’ont ces dirigeants des « puissances moyennes » à proclamer de grands discours sur l’autonomie stratégique tout en aboyant contre l’ennemi désigné par leur maître est remarquable. Un chien bien dressé peut bien tirer sur la laisse de temps à autre, il cesse dès lors que le maître l’appelle aux pieds.

Et cette laisse, ils viennent de la raccourcir eux-mêmes. En copiant l’arsenal protectionniste de Trump pour lutter contre Pékin, l’Europe ne se dresse pas contre Washington : elle accepte son rôle de supplétif dans une guerre dont les États-Unis fixent les règles. D’ailleurs, l’UE a déjà imposé près de 80 mesures antidumping ou antisubventions sur des produits chinois, du biodiesel aux vélos. La montée en gamme des industriels chinois menace désormais des secteurs historiquement dominés par l’Europe, comme l’automobile ou la chimie, et accélère la désindustrialisation du Vieux Continent – c’est l’argument officiel. Mais en quoi s’aligner sur l’agenda du shérif américain constitue-t-il une « autonomie » ? En réalité, loin de construire une « troisième voie » impossible entre Washington et Pékin, l’UE s’aligne sur l’oncle Sam dans sa grande confrontation contre la Chine.

Pour la énième fois, les vassaux européens des États-Unis préfèrent s’aligner stratégiquement sur leur maître au nom de leurs intérêts impérialistes communs plutôt que de construire une voie émancipatrice pour les peuples. La laisse est toujours là, et c’est l’Europe elle-même qui vient d’en resserrer le nœud. Pour le peuple et les travailleurs de notre pays, il n’y a qu’une seule voie menant à l’émancipation : celle qui se dirige vers la sortie de l’UE, de l’euro, de l’OTAN et du capitalisme.

William – JDM


(1) https://jeunessedumonde.fr/2026/01/26/groenland-et-forum-de-davos-leurope-contre-les-etats-unis-vraiment/ ; https://jeunessedumonde.fr/2026/01/29/un-accord-historique-entre-lue-et-linde/ ; https://jeunessedumonde.fr/2026/02/08/5979/ ; Jeunesse du monde, N°15 / Mars-Avril 2026, « Face aux États-Unis : l’UE entre posture et soumission »

Sources :

https://www.bfmtv.com/economie/economie-social/union-europeenne/trump-a-donne-des-idees-a-l-europe-la-france-mene-une-coalition-avec-l-espagne-l-italie-et-les-pays-bas-pour-imposer-plus-vite-des-droits-de-douane-en-particulier-avec-la-chine_AN-202605250463.html

https://www.ft.com/content/3c70d1b8-5c64-4398-b034-fdab4a0c8abe?syn-25a6b1a6=1

https://en.people.cn/n3/2026/0526/c90000-20460675.html

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1 Commentaire

  1. GHERARDI épouse LEONARD

    Sommes-nous éternellement condamnés à comprendre de travers parceque nous n’avons pas l’acception logique de l’histoire.
    Quand on pense à une figure de grand  chef, on songe en premier au chef de guerre déployantleurs talents au service d’une œuvre ou d’une mission qui dépasse les intérêts particuliers.
    De tels hommes forcent au respect, mais il faut bien reconnaître qu’ils sont rares et pas toujours considérés à leur juste valeur.
    L’URSS et Cuba 1959-1972. Des relations opportunistes et conflictuelles .

    ARCHIVESCONSULTABLES : http //cwihp.si.edu/cwihplib.nsf/

    Au cours des années 1959-1960, Cuba et l’URSS vont se découvrir puis établir des relations prudentes.
    Fidel Castro revendique l’appartenance de Cuba à une voie, REJETANT AUSSI BIEN LECAPITALISME QUE LE COMMUNISME, et qualifie la révolution d’ HUMANISME.
    Il effectue également un voyage aux Etats-Unis du 15 avril au 10 mai 1959, dont l’objectif essentiel est de rassurer le gouvernement américain. Néanmoins, Fidel Castro souhaite réaliser les promesses faites dans la Sierra Maestra, notamment en ce qui concerne la redistribution des terres aux paysans.
    L’humanisme de Fidel Castro séduit différents mouvements latino-américains, mais le manque de moyens fournis par Cuba, la méfiance croissante des États-Unis font échouer ces tentatives et renforcent l’inquiétude de Fidel Castro quant à l’avenir de Cuba.

    Fidel Castro se tourne versl’URSS  et la Chine. Fort de ces différents soutiens, Fidel Castro pousse plus avant ses réformes. Dès l’été1959, les ministres modérés font place aux ministres communistes. Le principal obstacle à une plus étroite entre l’URSS et Cuba reste l’opinion populairecubaine.

    Le cargo français La Coubre, chargé d’armes et de munitions belges, explose mystérieusement en rade de La Havane, faisant 75 morts et une centaine de blessés. Les rapports américano- cubains s’enveniment. Fidel Castro laisse s’établir les rouages d’un pouvoir communiste à l’intérieur de l’île tandis que les États-Unis la sanctionnent économiquement.

    Las de l’hésitation soviétique, Fidel Castro lance alors un véritable défi. Dès août 1961, il cherche à renouer avec les États-Unis, en proposant un dédommagement des expropriations américaines. Cuba choisit alors de soutenir plus activement lesmouvements révolutionnaires latino- américains. Ce soutien provoque des heurts entre les services secrets cubains et les conseillers soviétiques du KGB, quir efusent d’aider les mouvements latino-américains non marxistes et tentent de modérer les Cubains .

    Ainsi, Cuba montre son originalité par rapport à l’URSS.
    Finalement, les deux alliés ne reçoivent pas les fruits escomptés de leurs alliances : L’URSS n’est pas aussi déterminée à lutter que Cuba l’aurait voulu et l’île n’est pas aussi docile que l’URSS l’avait escompté. Il s’agit dès lors pour Moscou de reprendre en main son allié, quitte à risquer une rupture affective.
    Les Soviétiques sollicités par le gouvernement américain et dénigrés par les Cubains doivent jouer sur les deux tableaux. Ils vont donc tenter dès le mois de novembre de pacifier leurs alliés : ce sera une mission difficile pour A. Mikoïan.  

    Histoire De Gaulle dans tous ses états : « C’est pour cela qu’ils n’ont plus voulu demoi. La présence de De Gaulle à la tête de l’État était pour eux comme un remord vivant. »

    Marin le 01 Juin 2026
    GHERARDI épouse LEONARD

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