La pertinence de l’œuvre de Lénine, la maladie infantile du communisme « le gauchisme », est remis à l’ordre du jour à chaque tentative opportuniste qui, au fur et à mesure du temps, se présente plus marxiste (léniniste) que le marxisme-léninisme lui-même. Ceci dans le but de détourner le vrai fond du problème : l’absence de la méthode dialectique dans les idéologies gauchistes.
« La dictature du prolétariat, c’est la guerre la plus héroïque et la plus implacable de la classe nouvelle contre un ennemi plus puissant,contre la bourgeoisie dont la résistance est décuplée du fait de son renversement (ne fut-ce que dans un seul pays) et dont la puissance ne réside pas seulement dans la force du capital international, dans la force et la solidité des liaisons internationales de la bourgeoisie, mais encore dans la force de l’habitude, dans la force de la petite production, car, malheureusement, il reste encore au monde une très, très grande quantité de petite production : or, la petite production engendre le capitalisme et la bourgeoisie constamment, chaque jour, chaque heure, d’une manière spontanée et dans de vastes proportions. Pour toutes ces raisons, la dictature du prolétariat est indispensable, et vaincre la bourgeoisie est impossible sans une guerre prolongée, opiniâtre, acharnée, sans une guerre à mort qui exige la maîtrise de soi, la discipline et la fermeté, une volonté une et inflexible. »
Ce court extrait présente, à y regarder de plus près, les explications les plus justes en ce qui concerne la tumeur maligne qui touche le communisme même à notre époque : le révisionnisme (l’opportunisme au final). En premier lieu, le marxisme-léninisme n’est pas un principe servant de faire-valoir à ceux qui le revendiquent en parole. Il se structure lui-même avec une colonne vertébrale : la méthode dialectique. Mais qu’est-ce que la méthode dialectique sans les données essentielles du temps et de l’espace ? Vous ne voyez pas où nous venons en venir ?
Vous vous sentez un peu comme « Alice au pays des merveilles, tombée dans le terrier du lapin blanc » ? Choisissez donc la pilule rouge, restez dans le pays des merveilles révisionnistes et descendez avec le lapin au fond du gouffre. Sinon prenez la pilule bleue et tout s’arrête. Vous pourrez faire de beaux rêves étoilés et penser ce que vous voudrez (ou ce que veut plutôt la bourgeoisie (euro-atlantique) dans ce mode de production qu’on appelle : le capitalisme). N’oubliez pas que le marxisme-léninisme vous offre la vérité, rien de plus…
Vous avez choisi ? Très bien… alors commençons.
Cuba ! C’est là que sera notre première étape explicative de la fantaisie des courants révisionnistes. Pour certains d’entre eux, Cuba n’est pas un pays socialiste. Il n’y a même pas lieu de parler de la Révolution cubaine. Pour d’autres, « oui, il y a eu une révolution cubaine mais c’est dû à une expérience réussie par un concours de circonstances hasardeux »… Toujours selon les mêmes, si l’impérialisme américain ne s’était pas « endormi sur ses lauriers » à cause de conditions matérielles (il faut toujours placer une référence au marxisme chez ces gens-là), cette Révolution n’aurait même pas abouti en rêve ! (toujours sur les mêmes lauriers ?). Donc comprenez que selon eux, la Révolution cubaine tient du miracle. Voilà le massacre exposé aux yeux de tous du socialisme scientifique, plus précisément de la dialectique du Marxisme.
Sans nous éloigner de notre propos principal, il faut relever que les métaphysiciens aiment minimiser les révolutions par les concours de circonstances et les faits tenant du miracle. Par exemple, la révolution bourgeoise française serait un hasard. Elle s’expliquerait par la faiblesse et le caractère doucereux de ce bon roi Louis XVI. La révolution n’aurait jamais eu lieu si Louis XVI avait été l’homme fort qu’il aurait dû être. Mais encore, si Louis XVI avait écourté son repas à Varennes, il n’aurait pas été arrêté et la suite de l’Histoire aurait été différente. Telles sont les vues métaphysiques. Au contraire, le socialisme scientifique ne donne aucune place aux explications issues du hasard et du miracle. Elles n’ont pas de place « ni dans la nature ni dans l’Histoire », comme l’a dit Lénine.
Dans la vision du socialisme scientifique (du marxisme-léninisme donc), la Révolution cubaine ne peut s’expliquer seulement par le concours de circonstances provoquées par les erreurs de l’impérialisme américain et des classes dominantes de Cuba. La réussite de l’expérience cubaine tient à l’origine de l’état de développement du capitalisme à son époque.
Ce qui est à noter ici, pour en revenir à notre Kazib (oups… Alice) au pays des merveilles révisionnistes, c’est la différence entre l’essence véritablement révolutionnaire de la transformation et l’incantation. Ces incantations dénaturent complètement les théories révolutionnaires de l’époque en question en se basant trop souvent sur des idées marxistes à l’origine mais dogmatisées, et donc dénuées de leurs contextes d’époque et de lieu.
Revenons à notre sujet. Pour que les pays semi-coloniaux comme Cuba puissent réussir le passage au socialisme, Lénine avait entrevu une première étape de guerre contre l’impérialisme sous 3 conditions :
- la coordination d’une majeure partie de la masse de ces nations opprimées dans la révolte.
- ou une possibilité ouverte par les conditions internationales particulières (l’exemple de l’incapacité ou de la faiblesse d’intervention des impérialistes, d’une guerre inter-impérialiste paralysant inéluctablement leur domination dans les pays colonisés).
- ou qu’une révolte du prolétariat sur la bourgeoisie d’un pays capitaliste développé se déroule au même moment.
Par cette approche, on peut commencer à déduire que l’apport au marxisme-léninisme des hasards, des miracles et des opportunistes de gauche est nul. Alors que l’expérience cubaine a approfondi et agrandi le trésor du marxisme-léninisme.
Malheureusement, le peuple héroïque cubain est passé dans la voie du socialisme au travers d’une Révolution démocratique nationale en payant le prix d’une guerre civile.
Mais pourquoi une révolution démocratique nationale plutôt qu’une révolution socialiste clamée haut et fort dès le départ ? (Que mes camarades m’excusent par avance de la question, mais la tâche s’impose d’expliquer au lecteur non avisé ayant choisi la pilule rouge).
Le fait est que Cuba, comme les autres pays de l’Amérique latine, n’avait pas :
1) Le niveau de développement industriel suffisant pour s’appuyer sur une classe ouvrière organisable et organisée.
2) Les rapports féodaux prédominaient encore dans l’agriculture.
Telles ont été les données principales qui ont appuyé la thèse de mener une lutte anti-impérialiste par le biais de la Révolution démocratique nationale en Amérique latine. Défendue par Fidel Castro et Ernesto Che Guevara, elle privilégiait l’alliance de la classe ouvrière, paysanne, intellectuelle, petite-bourgeoise ainsi que de la partie de la bourgeoisie nationale et progressiste qui avait des intérêts à ce que la domination impérialiste cesse, sur un programme commun de libération nationale.

Il faut séparer ce point de vue des courants opportunistes développés par la suite. Le premier courant opportuniste est celui selon lequel une stratégie de révolution socialiste était impossible dans les pays d’Amérique latine du fait de la présence encore importante de rapports féodaux dans la production agricole notamment, et d’un capitalisme bourgeonnant qui n’a pas permis de développer une bourgeoisie nationale. L’absurdité de la thèse saute aux yeux lorsque l’on connait a minima le matérialisme historique. Ces messieurs-là n’ont que faire de pousser leurs analyses jusqu’au bout et d’en sortir des vérités religieuses tenant plus de la fantaisie que de la réalité.
Les révolutions en Chine, dans les pays d’Europe de l’Est, du Vietnam, de la Corée et de Cuba ont contribué à alimenter le mouvement socialiste basé sur le marxisme-léninisme. Ces révolutions ont toutes démontré la thèse du brisement de la chaîne impérialiste dans ses maillons les plus faibles. Toutes ces victoires ont été le fruit de luttes armées, sans exception, face aux agressions et aux interventions armées de l’impérialisme. Comment peut-on alors entrevoir à partir du matérialisme historique une « résolution », un « dépassement » du capitalisme par la voie pacifique ? C’est bien deux années de lutte armée basée sur la guérilla qui ont permis le renversement du régime de Batista, pantin de l’impérialisme américain à Cuba.
Deuxièmement, il ne faut pas confondre les points de vue tenus par les acteurs de la Révolution cubaine avec celui de Régis Debray, instigateur de la théorie du foco, elle aussi pétrie dans le dogmatisme. Cela, bien que cette théorie ait eu un fort retentissement dans le mouvement socialiste et ait permis aux courants « pacifistes » de faire feu sur les théories de lutte armée apportées par les victoires des révolutions socialistes. La première critique à faire contre la théorie du foco est qu’elle met au premier plan le militaire plutôt que les travaux politiques. La réalité est inverse : la lutte politique a été « secondée » par la lutte armée. Cette lutte armée a été rendue obligatoire par l’exaction des crimes du camp impérialiste avant tout. La deuxième critique s’attaque au principe de la lutte entre la ville (=bourgeoise) et la campagne (prolétarienne). Chez Debray, cette lutte serait même une lutte de classe, ce qui est faux d’un point de vue marxiste-léniniste. Il en découle que la lutte armée à Cuba n’a pas été initiée par une organisation avant-gardiste de révolutionnaires prolétariens mais par le fait que la campagne prolétarienne luttait face à la ville bourgeoise.
Voilà toutes les absurdités, toutes les erreurs que peuvent apporter les courants opportunistes rendus révisionnistes. Ils ne contribuent en rien à l’expérience du mouvement révolutionnaire issu du prolétariat. Tout comme les renégats de la IIᵉ Internationale, ils prennent place aux côtés de la bourgeoisie pour détruire de l’intérieur le mouvement défendant les intérêts du prolétariat. Il suffit de voir aujourd’hui les positions prises concernant l’enlèvement de Nicolás Maduro et de Cilia Flores, ou sur les révoltes en Iran. Bien évidemment aidés par la bourgeoisie pour être au devant de la scène et crier à pleins poumons au prolétariat du monde entier : « JE SUIS AVEC VOUS MAINTENANT ! Pour être contre vous demain ».
Erol – JDM












J’ai rédigé un premier avis critique un peu long. J’ai parfaitement recopié la captcha. Mais ça a effacé mon texte que je dois rédiger de nouveau. Hum !!!! La Captcha n’aime pas les textes critiques !