Jeunesse du Monde est aussi sur YouTube : Notre chaîne

La production de ces contenus nécessite des ressources. Pour garantir notre indépendance et soutenir le financement de notre studio, vous pouvez participer à notre cagnotte.

Déclaration de Maracay : des figures du chavisme historique réaffirment l’indépendance du Venezuela

par | Août 17, 2026 | International | 1 commentaire

Une trentaine d’ex-ministres, d’ex-députés et d’intellectuels proches du « chavisme originel » ont publié, le 28 juillet, la « Déclaration de Maracay », une lettre ouverte dénonçant ce qu’ils considèrent comme une tutelle étrangère et appelant au respect de la souveraineté nationale du Venezuela. Rédigée à l’occasion de l’anniversaire de la naissance d’Hugo Chávez, elle défend notamment les principes d’indépendance et de souveraineté nationale.

Le texte exige la restitution à l’État vénézuélien du contrôle des ressources pétrolières, actuellement administrées, selon les signataires, par un fonds placé sous contrôle américain. Il rejette également toute « ingérence étrangère » dans le dialogue national annoncé pour le 1er août. Parmi les signataires figurent notamment Elías Jaua, ancien vice-président de la République, et Reinaldo Iturriza, ancien ministre de la Culture. L’ancien ambassadeur vénézuélien en France, Michel Mujica Ricardo, a affirmé son plein accord avec cette déclaration.

La déclaration annonce également la création de la plateforme « Voces por la Independencia Nacional », destinée à regrouper les secteurs défendant l’indépendance et la souveraineté du Venezuela. Cette initiative illustre les débats traversant actuellement le camp chaviste autour de la souveraineté nationale, des relations avec les États-Unis et de l’orientation politique du pays.


DÉCLARATION DE MARACAY

MARACAY – 28 JUILLET 2026

Réunis ce 28 juillet 2026 dans la ville de Maracay, berceau du Mouvement Bolivarien Révolutionnaire 200, un ensemble de dirigeants et de référents du chavisme provenant de divers États du pays, à l’occasion de la célébration de la naissance du commandant Chávez, nous déclarons :

  1. La nécessité impérieuse de nous articuler autour de la défense de la Constitution de la République bolivarienne du Venezuela, de notre souveraineté et de la lutte pour la récupération de notre indépendance. Nous rejetons fermement et catégoriquement toute forme de tutelle ou de domination sur notre nation. Nous élevons la voix pour la récupération de la gestion souveraine des ressources économiques issues de la vente du pétrole et des autres ressources qui sont actuellement déposées dans un fonds géré par le gouvernement des États-Unis, ce qui aggrave la situation économique et sociale très difficile de la famille vénézuélienne.
  2. À propos de l’annonce du début d’un dialogue devant se tenir à partir du 1er août, nous exigeons que cet espace soit cohérent, honnête et transparent, qu’il privilégie les intérêts des grandes majorités des Vénézuéliens et Vénézuéliennes ; un dialogue d’envergure nationale qui inclue tous les facteurs politiques et sociaux, qui soit convenu entre les Vénézuéliens, pour les Vénézuéliens et par les Vénézuéliens, sans ingérence étrangère aucune, afin d’élaborer et de construire une solution politique et démocratique à la situation actuelle de tutelle que vit le pays, qui permette le rétablissement des conditions économiques, sociales et politiques pour l’exercice d’une vie digne pour le peuple vénézuélien.
  3. Nous lançons un appel à l’unité nationale la plus large, à tous les acteurs patriotiques, pour favoriser un courant organique d’opinion en faveur de l’indépendance et des droits des travailleurs et travailleuses, à travers des mécanismes ou plateformes d’articulation et de communication, par l’organisation d’assemblées, de rencontres et de réunions pour l’indépendance nationale dans tous les États et municipalités du pays, avec le meilleur esprit d’union et d’intégration nationale.

En cette heure, la Patrie clame l’unité de ses meilleurs fils et filles, pour construire un grand projet national qui réponde aux intérêts du peuple vénézuélien, et nous nous déclarons en activité permanente pour la réalisation de ces objectifs.


source :

Vous Souhaitez adhérer?

1 Commentaire

  1. Lafleur

    Cette Déclaration de Maracay me paraît particulièrement importante à lire et à discuter. Elle doit d’abord être replacée dans la situation exceptionnelle que traverse aujourd’hui le Venezuela. Après l’agression américaine, l’enlèvement de Maduro et son épouse et la mise sous pression directe de la souveraineté vénézuélienne, la question première est celle de l’indépendance du Venezuela et de la capacité du peuple vénézuélien à décider lui-même de son avenir.

    C’est précisément ce que réaffirme cette déclaration : récupération du contrôle souverain des ressources, refus de toute tutelle étrangère, dialogue entre Vénézuéliens et pour les Vénézuéliens, mais aussi défense des droits des travailleurs et construction d’un projet national répondant aux intérêts des grandes majorités.

    Il faut donc éviter de réduire la situation à une opposition entre personnalités ou à une lecture simplement institutionnelle. La contradiction fondamentale demeure celle entre souveraineté populaire et impérialisme, dans un contexte où les ressources du pays constituent évidemment un enjeu matériel majeur.

    Mais cette déclaration est également intéressante parce qu’elle montre que le chavisme continue de débattre de son orientation et de ses moyens de poursuivre le processus bolivarien dans des conditions extrêmement difficiles. Le soutien exprimé encore récemment par Nicolás Maduro Guerra à Delcy Rodríguez doit être regardé dans ce cadre : défendre la continuité des fondamentaux bolivariens ne signifie pas nier les difficultés, les contradictions ou les débats internes ; cela signifie refuser que ceux-ci soient tranchés de l’extérieur.

    C’est une position qui rejoint, me semble-t-il, le principe constant défendu par mon parti le PCF : solidarité avec le peuple vénézuélien, défense de sa souveraineté et refus de toute agression ou ingérence impérialiste, tout en restant attentifs aux aspirations sociales et aux exigences du monde du travail.

    Pour suivre ces évolutions avec une information qui donne une place importante au terrain et aux réalités latino-américaines, je conseille vivement le travail de Romain Mingus et de Les 2 Rives. C’est précisément le type de source qu’il faut suivre pour essayer de comprendre l’Amérique latine à partir de ses propres acteurs, de son histoire et de ses contradictions, plutôt qu’à travers les seules grilles de lecture médiatiques occidentales.

    Le Venezuela mérite mieux que les caricatures : il mérite d’être compris dans sa réalité, dans ses contradictions et dans la lutte qu’il mène pour son indépendance.

    Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Ces articles vous intéresseront