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Nouvelle attaque contre l’école publique à Paillon : on ferme une classe de plus

par | Mai 22, 2026 | Luttes | 0 commentaires

Vendredi 22 mai, devant l’école primaire Paillon à Saint-Étienne, parents d’élèves, enseignants, militants syndicaux et élus se sont rassemblés pour dénoncer une nouvelle fermeture de classe annoncée pour la rentrée prochaine.

Rassemblement devant l’école primaire Paillon le 22 mai 2026 à Saint-Étienne

Encore une.

Encore une décision prise loin du terrain, dans les bureaux de l’inspection académique, avec des tableaux Excel, des ratios et des « ajustements » budgétaires. Encore une attaque menée au nom de la rationalisation, alors qu’en réalité il s’agit toujours de la même logique : réduire les moyens de l’école publique, faire des économies sur le dos des enfants, et particulièrement sur celui des enfants des quartiers populaires.

Parce qu’il faut le dire clairement : à Paillon, on ne parle pas d’une école comme les autres.

Comme l’a rappelé une représentante des parents lors du rassemblement :

« L’école Paillon n’est pas une école comme les autres. Son indice de position sociale est de 79.4, alors que l’IPS moyen en France est de 105. Derrière ce chiffre, une réalité humaine : cette école accueille un public d’élèves particulièrement fragile, tant sur le plan social que scolaire. »

Tout est là.

Derrière les chiffres froids de l’administration, il y a des enfants qui ont besoin de davantage d’accompagnement. Des familles confrontées à des difficultés sociales. Des enseignants qui tiennent déjà l’école à bout de bras. Et pourtant, c’est ici que l’on décide de retirer encore des moyens.

« Supprimer une classe ici, ce n’est pas faire un ajustement comptable. C’est fragiliser une école qui se bat déjà au quotidien. »

Aujourd’hui, Paillon fonctionne avec huit classes. Huit classes qui permettent encore, difficilement, de maintenir un équilibre. Si cette fermeture est actée, les conséquences sont connues d’avance : des effectifs plus lourds, moins de temps pour les élèves en difficulté, encore moins de moyens pour accompagner les enfants à besoins particuliers.

« Le temps que chaque enseignante pourra accorder aux élèves en difficulté va drastiquement diminuer. L’inclusion des élèves à besoin particulier, qui manque déjà cruellement de moyens, va encore se dégrader. »

En clair : on va aggraver des inégalités déjà bien présentes. Et ce seront, comme toujours, les plus fragiles qui paieront.

Le plus révoltant, c’est que cette situation n’a rien d’inévitable.

On nous parle de baisse démographique. On nous explique qu’il faut « adapter » la carte scolaire. Mais si les effectifs diminuent, pourquoi ne pas en profiter pour améliorer enfin les conditions d’apprentissage ? Pourquoi ne pas alléger les classes ? Pourquoi ne pas renforcer l’accompagnement ?

Pourquoi transformer cette opportunité en prétexte à la suppression de postes ?

Dans la Loire, ce sont 77 fermetures de classes annoncées pour la rentrée. Au niveau national, ce sont 4 000 postes supprimés dans l’Éducation nationale.

Ce n’est pas un hasard. Ce n’est pas une erreur technique. C’est un choix politique. Un syndicaliste l’a dit sans détour pendant le rassemblement :

« On ferme une classe avec un public qui est un des plus fragiles de la Loire. Un IPS de 79. C’est ici que l’inspecteur académique a décidé de fermer. »

Et plus grave encore : plusieurs intervenants ont rappelé que l’école pourrait bénéficier de moyens supplémentaires, qu’elle pourrait même relever d’un classement REP+.

« L’école pourrait être en REP+, c’est-à-dire qu’elle pourrait avoir encore plus de moyens. »

Au lieu de cela, on retire. On réduit.

On abandonne.

Mais vendredi, devant l’école, il n’y avait pas seulement de la colère. Il y avait aussi de la détermination.

Des parents mobilisés. Des enseignants debout. Des soutiens syndicaux et politiques. Une communauté entière refusant de laisser faire.

« Nous exigeons aujourd’hui la réouverture de la classe sacrifiée par l’inspecteur de l’académie. »

Le mot n’est pas trop fort : sacrifiée.

Parce qu’au fond, c’est bien cela. On sacrifie une classe. On sacrifie des conditions d’apprentissage. On sacrifie un peu plus l’idée même d’un service public capable de corriger les inégalités sociales au lieu de les reproduire.

La fermeture de Paillon dépasse largement Paillon.

Elle raconte ce que devient l’école publique quand elle est gérée comme un coût à réduire plutôt que comme un droit à garantir.

Elle raconte une politique qui prétend défendre l’égalité tout en organisant concrètement son recul. Alors oui, il faudra continuer à se mobiliser.

Continuer à faire du bruit.

Continuer à rappeler une évidence que certains semblent avoir oubliée : l’école n’est pas une dépense inutile. C’est un investissement collectif.

À Paillon comme ailleurs, défendre une classe, ce n’est pas défendre quatre murs. C’est défendre le droit de tous les enfants à apprendre dans de bonnes conditions. C’est défendre l’école publique.

Et ça, effectivement :

on ne le lâchera pas.

Ivan – Section stéphanoise de l’OCF

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