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La Défense nationale pour la patrie : s’unir, combattre, travailler.

par | Mai 12, 2026 | Théorie-débats | 0 commentaires

Maurice Thorez, Secrétaire général du PCF, député de la Seine, membre de l’assemblée consultative lors de son discours : S’unir combattre travailler, le 12 avril 1945.

En ce qui me concerne, je suis aussi un « chercheur » en philosophie. Plus précisément : je me suis donné pour tâche, dans ces notes, de rechercher où se sont égarés les gens qui nous offrent, sous couleur de marxisme, quelque chose d’incroyablement incohérent, confus et réactionnaire.

Septembre 1908.

Lénine, préface à la première édition de Matérialisme et empiriocriticisme.  

Comme le rappelle à chaque fois la ligne de l’OCF, la période historique que traverse la France exige le plus grand sérieux politique et organisationnel. Surtout pour ceux qui ont pour guide ce qu’il y a de plus démocratique et de plus émancipateur pour les forces productives : la défense des intérêts des plus exploités sous régime capitaliste : la classe ouvrière.

Les communistes, fidèles aux principes du matérialisme dialectique et historique, mènent leur combat avec ces outils révolutionnaires. L’enjeu central reste donc d’analyser, comprendre et résoudre les crises provoquées qui touchent l’ensemble du peuple de France.

Alors, comment nous défaire des emprises politiques, économiques et idéologiques des classes capitalistes actuelles sur toutes les autres ?

Ces classes capitalistes sont dirigées par l’impérialisme américain, symbolisé aujourd’hui par le gouvernement Trump. Elles cherchent à faire durer leur domination sur la production sociale par la guerre et par la militarisation de toutes les sociétés qu’elles entraînent derrière elles. Que ces sociétés soient sur une voie progressiste ou non ? Peu importe ! Tant que la grosse affaire rapporte, les petites mains s’occuperont de la « dentelle », comme on dit.

Cette métaphore qui transporte le réel dans l’imaginaire peut venir du marxisme-léninisme, mais la fiche de révision change de sens quand l’imaginaire retransforme le réel… Le matérialisme dialectique et historique s’opposera donc toujours à l’éternel idéalisme matériel.

Dans cet article, nous analyserons les conséquences du bridage et de l’homologation des consciences actuelles, qui empêchent encore l’émergence d’un véritable front populaire. Un front fondé sur la défense des intérêts des classes les plus exploitées, en partant de la même base matérielle et historique qu’à l’époque des Thorez, Marceau Pivert, Georgi Dimitrov et tant d’autres communistes. Eux aussi avaient pris la résolution de défendre par tous les moyens nécessaires et possibles cette classe ouvrière, toujours exploitée encore en 2026…

Depuis 1945

Signature de la reddition de l’Armée allemande à Reims, 7 mai 1945. Source : Wikipedia

Depuis la victoire matérielle contre l’Allemagne nazie et contre le fascisme mondial en 1945, la domination des capitalistes américains sur la planète n’a fait que s’accentuer. Elle s’est imposée politiquement, économiquement, idéologiquement et culturellement à travers les organisations internationales : ONU, accords commerciaux, plan Marshall, OTAN, Union européenne, pour ne citer que les plus historiques.

Ce phénomène – un impérialisme devenu hégémonique, comparable à la domination de l’empire romain à l’époque du calendrier julien (introduit par Jules César…), mais à l’échelle méditerranéenne – fut très vite contesté par les États socialistes guidés par les communistes léninistes. Eux qui furent le rempart de la première heure face à la menace fasciste sur les peuples libérés depuis peu.

Les conditions matérielles et de développement de ces « nouveaux nés » du XXe siècle furent si rudes qu’il était impossible pour les pays de l’Est de contester en bloc la toute-puissance impérialiste de la bourgeoisie américaine.

Après les accords historiques entre les vainqueurs du fascisme, le bloc socialiste n’avait pas d’autre choix que d’accepter cette domination matérielle des États capitalistes.

Pourtant, une contradiction a bénéficié aux exploités par l’impérialisme américain : la bourgeoisie impérialiste occidentale a bien dû accepter à sa table les les États démocratiques, socialistes et populaires qui avaient grandement contribué à la victoire de 1945.

Cet « hégémonisme » s’est traduit par la dollarisation du commerce international. L’accumulation de l’or à la Réserve fédérale américaine – la plus grande du monde – a permis aux États-Unis d’asseoir leur domination. Pour l’anecdote, une once d’or valait 35 dollars US (qu’en est-il aujourd’hui ?). Cette richesse accumulée, volée par l’accaparement des biens extérieurs et les tributs de la guerre antifasciste, a fondé les bases structurelles de l’impérialisme américain.

De là a commencé la diffusion massive des principes soi-disant « libérateurs » de la concurrence « libre et non faussée » pour tous les États du monde, y compris les « nouveaux nés » du XXe siècle – sans tenir compte, ou très peu, des indices de développement humain, social ou économique. Il n’est donc pas difficile de comprendre que des États fondés sur des idéaux de développement des forces productives nationales, populaires et démocratiques se retrouvent conditionnés, jusque dans les consciences individuelles, par les règles de la « toute-puissance » américaine.

Ces emprises ont fini par s’infiltrer dans tous les domaines de la société : politique, économie, éducation, enseignement, culture. Tout cela pour asservir la conscience générale, c’est-à-dire les véritables forces productives des sociétés capitalistes : ceux qui ne placent pas les fruits de leur travail dans la recherche de rentes et de richesses infinies. En somme, tous ceux qui ne font que produire pour subvenir à leurs besoins, sans plus.

Ces petites unités économiques, qui finissent par se regrouper en classes, sont toujours influencées par les classes dominantes, car celles-ci bénéficient de conditions matérielles plus développées. C’est ce qu’ont analysé (et analysent encore) les matérialistes se réclamant du marxisme. Il faut bien noter ici que le marxisme rejette tout dogmatisme, contrairement aux courants idéalistes qu’on trouve même à l’extrême gauche et chez les « rêvez plus grand » du marxisme-léninisme magique (je vise ici les trotskistes, qui s’exciteront dans leurs petits cercles en dehors du mouvement présent, comme à leurs habitudes…).

Ces classes se rassemblent dans leur développement matériel et historique en nations, selon les principes d’évolution quantitative qui amènent à un changement qualitatif (cf. l’Anti-Dühring d’Engels, Le marxisme et la question nationale de Staline, et d’autres ouvrages marxistes-léninistes).

Revenons à l’objet de notre article : quand un ordre politique est maintenu par le développement de rapports économiques et sociaux fondés sur l’exploitation, historiquement, cela finit par amener un déclin après l’apogée de l’empire. À l’époque du capitalisme, la bourgeoisie a réussi à contourner cette règle historique par des crises cycliques et des flux politiques contre-révolutionnaires. Ayant la main sur toutes les formes matérielles de production, elle contrôle les masses en utilisant la place de chaque classe dans le rapport d’exploitation.

C’est donc par les connivences avec la haute bourgeoisie que l’inconscience et la désunion de la classe la plus exploitée – la classe ouvrière – permettent encore aujourd’hui de préserver l’ordre impérialiste ! C’est donc sur la lutte des classes que se construisent et se développent nos sociétés encore dominées par le capital.

Pour ne pas alourdir l’article, renvoyons aux ouvrages marxistes basés sur le matérialisme dialectique et historique – ces ouvrages que nos maîtres à penser intellectualistes traitent avec mépris. Ces livres nous apprennent un schéma toujours valable aujourd’hui : Sujet – Action – Objet. Pour les idéalistes, l’élément central est le premier : le Sujet, ce qui devient alors « totalitarisme »… Ce qui aboutit à un récit anti-matérialiste, fantasmé, rejetant toutes les productions des courants communistes qui aident pourtant à comprendre matériellement le monde dans lequel nous vivons.

C’est pourquoi, au nom de la lutte contre le « totalitarisme », les libéraux ont entraîné avec eux toute une partie des organisations politiques qui se croyaient historiquement à gauche. Le maccarthysme, cette « chasse aux sorcières », en est l’exemple le plus visible après le rapprochement entre Américains et Soviétiques suite à leur lutte commune contre le fascisme. Ce rapprochement, porté par des idéaux socialistes et mené en grande partie par des communistes, fut très vite attaqué par la mouvance libérale « anti-totalitaire » lancée par la très intellectuelle Hannah Arendt…

Permettez-nous, après avoir cité ce nom, de rendre hommage aux glorieux communistes de la Nation française tombés sous les balles fascistes avant qu’elle ne prenne sa plume pour répandre son venin anti-stalinien (donc anti-communiste…) :

Georges Politzer, Gabriel Péri, Guy Moquet, Marc Bloch,  Missak Manouchian… et beaucoup d’autres camarades qui ont payé de leur vie le lourd tribut imposé aux peuples du monde entier par la classe des exploitants capitalistes !

Bardella, Le Pen, Zemmour, Némésis, Derenque tous le même versant du front d’exploitation populaire

L’arrivée au pouvoir de l’extrême droite est une excellente locomotive pour la bourgeoisie dans son ensemble. Pourtant, la gauche continue à « picorer » les miettes qu’on lui sert, sans remettre au centre du débat la lutte des classes !

Depuis la « victoire » du capitalisme sur le communisme, l’idée dominante a été d’enterrer la lutte des classes, y compris au sein du parti historiquement communiste. Face au danger, on peut se demander à quel point les « collaborateurs » se sont infiltrés pour gagner la lutte d’influence au sein même de la gauche, jusqu’à renier les principes libérateurs de l’ensemble des travailleurs et travailleuses, des peuples du monde entier. Ces principes, ce sont ceux des communistes matérialistes qui ont pour guide d’action le marxisme-léninisme, seule voie vers la Révolution.

Militarisation : ultime rempart du capitalisme contre le Front populaire

Issue de la série d’affiches « Travail, Famille, Patrie » de Villemot, 1943

La militarisation croissante des sociétés occidentales, sous domination impérialiste américaine, ne répond à aucun impératif de « défense démocratique ». Elle est au contraire la tentative désespérée de la bourgeoisie de verrouiller les contradictions sociales par la violence d’État, la discipline paramilitaire des consciences et la préparation idéologique à la guerre. Loin de protéger les peuples, cette dérive prépare l’écrasement des mouvements sociaux et la criminalisation de toute opposition de classe.

En France, la menace d’une arrivée imminente de l’extrême droite – Bardella, Le Pen, Zemmour et leurs relais médiatiques – ne doit pas masquer la réalité politique : ces forces sont le versant électoral d’un même front d’exploitation populaire, soutenu par les appareils économiques et militaires liés à l’OTAN et aux intérêts stratégiques américains. Leur programme n’est pas la défense nationale, mais la soumission totale aux lois du capital, y compris par l’état d’urgence permanent et la répression militarisée des luttes sociales.

Face à cela, les communistes marxistes-léninistes rappellent, comme le fit Maurice Thorez le 12 avril 1945, que l’unité, le combat et le travail ne sont efficaces que s’ils s’appuient sur la conscience de classe et l’organisation révolutionnaire. Pas sur le repli identitaire ou la collaboration de classe. « S’unir, combattre, travailler » : ces mots n’étaient pas un appel à l’ordre, mais à l’insurrection morale et matérielle contre l’exploitation.

Aujourd’hui, en 2026, la militarisation est le dernier stade du capitalisme avant sa crise définitive. Elle ne peut être vaincue que par un véritable Front populaire – non pas celui des compromis institutionnels, mais celui des usines, des quartiers populaires, des campagnes, des jeunes et des femmes organisés, s’armant politiquement et idéologiquement contre la guerre sociale venue d’en haut.

Comme l’écrivait Engels dans L’Origine de la famille, de la propriété privée et de l’État, l’appareil militaro-policier n’a qu’un but : maintenir l’exploitation par la violence organisée. Et comme l’a montré Staline dans Le marxisme et la question nationale, seule la lutte des classes, à l’échelle nationale et internationale, brise l’emprise impérialiste.

Le Parti communiste, suivant la voie tracée par les martyrs – Politzer, Péri, Moquet, Bloch, Manouchian – ne doit pas renier ses principes. Contre la militarisation, contre l’extrême droite, contre l’OTAN, l’UE et la guerre impérialiste : réarmer politiquement la classe ouvrière, désarmer matériellement la bourgeoisie.

Erol – JDM


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