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Répression des pacifistes et fascisation : solidarité avec Pierre-Olivier Poyard

par | Mar 18, 2026 | Luttes | 1 commentaire

Résumé de l’affaire

Depuis mars 2023, Pierre-Olivier Poyard, écrivain pacifiste et trésorier national du Mouvement de la Paix, est l’objet d’une persécution institutionnelle. Enseignant dans un lycée agricole des Vosges, où il développait un projet pédagogique intitulé « Agri-culture de Paix », il a vu sa vie méthodiquement attaquée par une machine répressive qui associe gendarmerie, justice et administration ministérielle.

L’histoire a débuté avec une calomnie colportée par une minorité de collègues qui, découvrant son orientation sexuelle, l’ont signalé en gendarmerie. Sans aucune plainte d’élève, sans aucun parent mécontent, sans le moindre rapport d’incident. Le 9 mai 2023, Pierre-Olivier Poyard est placé en garde à vue, puis emmené menotté à l’hôpital psychiatrique de Mirecourt pour y subir un « coming out forcé ».

Le procureur des Vosges, bien que les accusations soient infondées, ouvre alors une procédure pour « harcèlement moral ». Il faudra attendre octobre 2025 pour que le tribunal correctionnel d’Épinal relaxe Pierre-Olivier, les juges estimant que proposer l’adhésion à un syndicat ne constitue pas un délit. Mais entre-temps, l’administration a pris le relais.

Sa cheffe d’établissement a produit un rapport malveillant et malhonnête, décrivant l’enseignant comme « focalisé sur le sexe » et évoquant « la longueur du sexe des hommes noirs ». Des propos à la fois homophobes et racistes, que l’administration ministérielle, loin de sanctionner, va au contraire couvrir. Le ministère de l’Agriculture convoque Pierre-Olivier devant une commission disciplinaire nationale le 24 juin 2024 – au moment même où sort son deuxième livre « Écologie et Paix », dans lequel il dénonce les militarismes comme accélérateurs de la destruction écologique.

Malgré la relaxe judiciaire, le ministère maintient sa sanction disciplinaire : exclusion de huit jours dont quatre avec sursis pour « harcèlement moral » – les mêmes faits pour lesquels la justice l’a relaxé. Puis, alors que Pierre-Olivier sort d’un long congé maladie pour dépression, nouvelle sanction : un mois d’interdiction d’accès à son établissement en mars 2025.

Diagnostiqué HPI-TSA et reconnu travailleur handicapé en septembre 2025, l’enseignant demande des aménagements de poste. Réponse de l’administration : on le met au placard dans une « mission régionale » pour l’empêcher d’enseigner. Et quand il ose dénoncer l’homophobie subie, le ministère, dans un rapport d’avril 2024, affirme que cela constituerait « un manquement au devoir de réserve ». Traduction : taisez-vous, ou on vous fait taire.

Parallèlement, certains de ses collègues accusateurs ont contacté son ex-femme pour partager leurs calomnies, ce qui a permis de l’empêcher de voir ses enfants pendant quatre mois. Là aussi, il a fallu que les Juges aux Affaires Familiales interviennent à trois reprises pour faire respecter ses droits parentaux, condamnant la partie adverse à verser plus de 1700 euros d’indemnités.

Ce qui frappe dans cette affaire, c’est la coordination implicite des différents rouages répressifs : gendarmerie, parquet, administration, hiérarchie éducative. Pendant trois ans, Pierre-Olivier Poyard a subi enquête, garde à vue, procédures judiciaires, sanctions disciplinaires, interdiction d’enseigner. Pendant trois ans, on a refusé d’enquêter sur les discriminations homophobes et racistes dont il était victime. Et aujourd’hui encore, le ministère de l’Agriculture, faisant fi des décisions de justice, persiste à le maintenir éloigné de l’enseignement.

« Pour l’État français, il faut faire taire les voix pacifistes par tous les moyens… et les écarter de la jeunesse », résument ses soutiens. Car ce qui est visé à travers Pierre-Olivier Poyard, c’est bien son engagement pacifiste, son action syndicale (il avait obtenu plus de 25 000 euros pour trois collègues précaires), et son travail d’écrivain dénonçant la course aux armements.

L’UE-OTAN et le capitalisme

La réalité est que, si des militants comme Pierre-Olivier Poyard peuvent être ainsi persécutés, si l’administration peut impunément couvrir des pratiques discriminatoires et ignorer les décisions de justice, c’est parce que la société est tenue par un État de moins en moins républicain et de plus en plus autoritaire, qui mène les politiques voulues par le grand Capital et par l’UE-OTAN.

Cela fait des années que, dans le cadre de la « construction européenne », au nom de la compétitivité et de la modernisation, on casse méthodiquement les services publics, on précarise les fonctionnaires, on réprime les syndicalistes. C’est au nom de l’austérité budgétaire imposée par Bruxelles qu’on rogne sur l’Éducation nationale, sur la protection sociale, sur les droits des agents publics.

Et en même temps, des milliards pleuvent pour la guerre et pour l’armée européenne en gestation ! Il y a de l’argent pour la guerre et les armements, mais pas pour protéger les enseignants victimes de discriminations, ni pour défendre la culture de la paix dans nos établissements scolaires !

La fascisation de l’État français

Ce qui se joue dans l’affaire Poyard, c’est la même logique que dans la répression des mouvements sociaux et des syndicalistes combattifs. Partout, l’État déploie une mécanique répressive qui associe police, justice et administration pour faire taire les voix dissonantes.

La persécution d’un militant pacifiste n’est pas un accident. Elle s’inscrit dans un contexte plus large de criminalisation des luttes, de musellement des libertés publiques, de durcissement sécuritaire. Le rapport homophobe de la cheffe d’établissement, couvert par le ministère, dit tout du mépris dans lequel sont tenus les fonctionnaires qui osent dénoncer les discriminations. La sanction maintenue malgré la relaxe judiciaire dit tout du mépris dans lequel est tenue la justice quand elle contredit les intérêts de l’institution.

Face à cela, il est bien sûr nécessaire de soutenir individuellement Pierre-Olivier Poyard. Nous appelons d’ailleurs à signer la pétition, à participer à la cagnotte, à commander son dernier livre. Mais cela ne suffira pas.

Il est nécessaire d’unir l’ensemble du monde du travail, des fonctionnaires réprimés aux ouvriers licenciés, des précaires aux syndicalistes persécutés, contre le capital et ses institutions économiques et politiques. Et particulièrement en cette période de bellicisme euro-atlantiste exacerbé, il convient de se mobiliser contre l’OTAN et l’armée européenne en gestation !

Ni OTAN, Ni armée européenne !

Pour soutenir Pierre-Olivier Poyard :

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1 Commentaire

  1. GHERARDI épouse LEONARD

    Dès que quelqu’un comprend qu’il est contraire à sa dignité d’homme d’obéir à des lois injustes, aucune tyrannie ne peut l’asservir.” …

    Mohandas Karamchand Gandhi

    Réponse

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