Le 25 février 2026, Cuba a affirmé avoir repoussé une attaque de mercenaires en provenance des États-Unis. Il s’agirait de ressortissants cubains engagés pour mener des actions de déstabilisation et de terrorisme sur l’île. Cet épisode survient un peu moins de deux mois après l’attaque des États-Unis sur le Venezuela, avec l’enlèvement du président Maduro. La stratégie états-unienne est aussi agressive que claire : se débarrasser au plus vite de ses principaux ennemis afin d’affaiblir son rival chinois. Le Venezuela socialiste, lui aussi sous embargo, était le principal fournisseur de pétrole de Cuba, et un gros partenaire de la Chine. Les États-Unis affament et étouffent Cuba depuis sa révolution socialiste, et après l’échec de multiples tentatives d’assassinats, de déstabilisations et de révoltes contre le régime, ils décident aujourd’hui d’accélérer la destruction de l’île. La récente attaque de l’île, la destruction des routes commerciales avec le Venezuela et la guerre en Iran ne présagent rien de bon pour Cuba, qui est depuis des décennies en permanence menacé d’une attaque sur son sol.
Depuis 1992, l’embargo états-unien aux Nations unies est maintenu grâce aux votes d’Israël et des États-Unis, ponctuellement accompagnés d’États à la recherche de la reconnaissance de l’oncle Sam, tels que l’Albanie ou l’Ouzbékistan dans les années 90, ou encore récemment l’Ukraine. Pour autant l’île tient bon, soutenue par sa population, comme ce fut le cas de l’ensemble des pays socialistes ou anti-impérialistes qui ont subi ces sanctions : Corée du Nord, Iran, Venezuela, etc.. Pourtant, ces sanctions, acclamées par certains comme une nécessité face à un régime dangereux et autoritaire, sont une véritable catastrophe humanitaire. Une étude récente datant de 2025 [1] a déterminé que les sanctions états-uniennes sont responsables à elles seules de plus de 550 000 morts par an. Un nombre démentiel, qui ne prend en compte que les sanctions états-uniennes, qui représente en une année presqu’autant que le nombre d’exécutions qui eut lieu pendant toute la période de l’URSS (environ 800 000 exécutions selon les chiffres de Viktor Zemskov).
L’idée d’une invasion américaine semble pour le moment écartée. L’île ne possède que peu de ressources, donc elle ne peut tenir sous embargo sans l’aide de puissances étrangères elles aussi sous embargo comme le Venezuela. La fin de l’importation de pétrole a eu un effet dévastateur sur l’économie cubaine : plus d’électricité, plus de déplacements motorisés et plus d’avions à cause de la pénurie de kérosène. Toute son économie est à l’arrêt : fin du tourisme et fin des exportations agricoles et manufacturières telles que les cigares ou leur rhum ; mais aussi ses savoir-faire avec son déploiement de médecins à l’international. Cette destruction économique semble écarter pour le moment les risques d’invasions militaires, les États-Unis ayant réussi à forcer les Cubains à ouvrir des discussions avec eux.

L’île manque de tout et la diaspora n’est plus en mesure de venir en aide à Cuba, puisque l’année dernière, Donald Trump a rendu beaucoup plus difficile toute transaction économique avec l’île ou avec ses entreprises. Pour pallier à la pénurie qui s’installe, un convoi d’aide internationale de 20 tonnes (nourritures, médicaments, panneaux solaires, etc.) est en chemin pour Cuba. L’entraide internationale a permis de récolter plusieurs centaines de milliers de dollars de fournitures afin d’aider l’île. Mais cette aide semble bien maigre face aux besoins d’un territoire de 9 millions d’habitants.
Des discussions sont alors en cours entre La Havane et Washington D.C. « Le but de ces discussions est, en premier lieu, d’identifier les problèmes bilatéraux qui nécessitent une solution, en tenant compte de leur gravité et de leur incidence » et de « trouver des solutions à ces problèmes », a déclaré le chef de l’État devant des membres du Bureau politique, du secrétariat du comité central du Parti communiste cubain (PCC) et du comité exécutif du Conseil des ministres. Mais l’espoir est mince d’aboutir à des résultats permettant une amélioration significative de la situation cubaine. L’île s’autodétermine depuis plus de 70 ans, ce qui semble être le problème principal des États-Unis, qui attendent la destruction du régime socialiste depuis sa révolution. La situation est plus qu’incertaine, pour autant, une invasion américaine semble peu probable dans la mesure où la population est prête à résister. Les Yankees maintenant englués dans une guerre contre l’Iran qui risque d’amener la destruction de leur économie, ne se risqueront surement pas dans un autre conflit incertain. Sans compter que la guerre en Ukraine continue de trainer, et que la pression Chinoise s’accentue sur Taïwan.
Arno – JDM
[1] Effects of international sanctions on age-specific mortality: a cross-national panel data analysis : https://www.thelancet.com/journals/langlo/article/PIIS2214-109X(25)00189-5/fulltext












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