Une vaste mise en scène a lieu en Europe depuis l’intensification des menaces d’annexion du Groenland par les États-Unis gouvernés par le fasciste Trump. Le forum de Davos en a été une expression éloquente.
Emmanuel Macron, cet homme ridicule qui nous sert de président, n’a pas manqué de, justement, se ridiculiser devant tout le monde avec ses lunettes à la Top Gun. Ressemblant plus à Charlie Sheen dans Hot Shots qu’à Tom Cruise dans Top Gun, il a fait mine de porter l’étendard de la résistance face aux États-Unis, de l’autonomie stratégique européenne et du multilatéralisme, tout en prônant le renforcement du G7 dominé précisément par les États-Unis.

Le premier ministre canadien, moins ridicule et plus lucide mais néanmoins toujours aveuglé par ses illusions bourgeoises, a appelé au réalisme dans une nouvelle période où la force prime sur le droit. Il a appelé les pays vassaux du bloc UE-OTAN à s’allier pour former une troisième voie entre les USA et la Chine.
Quant à von der Leyen, il n’est même pas utile de la mentionner tant elle a été fantomatique.
Ne nions pas les tensions qui existent entre les États-Unis et leurs vassaux. Néanmoins, face à des discours militants qui pointeraient bien naïvement la possibilité d’une alliance anti-hégémonique des pays vassalisés du bloc UE-OTAN contre les États-Unis, voir une alliance anti-hégémonique entre les BRICS+ et les pays vassalisés de l’UE-OTAN contre les États-Unis, il faut rester lucide et comprendre qu’il ne s’agit là que de timides résistances de vassaux qui resteront vassaux. Face aux tentatives de soumission totale des pays vassaux du bloc UE-OTAN par les États-Unis, les premiers tentent de résister afin de conserver une relative autonomie face à ces derniers, cela afin de pouvoir continuer d’affirmer leur propre impérialisme. Mais sortir de leur état de vassaux impliquerait pour eux de renoncer à la première condition de possibilité de réalisation, certes partielle car sous condition d’alignement stratégique sur les États-Unis, de leurs propres aspirations impérialistes, à savoir précisément leur vassalisation par les États-Unis.
Sortir de la vassalisation, cela supposerait de prendre leurs distances avec les structures contrôlées par et au service de l’hégémonisme américain telles que le G7, le FMI, la Banque Mondiale, l’OTAN. Quelles possibilités auraient-ils alors ? Créer leur propre alliance inter-impérialiste indépendante des États-Unis ? Cela supposerait qu’ils aient une force militaire suffisante pour faire valoir leurs intérêts impérialistes, qu’ils aient un système économique et financier émancipé des États-Unis et du dollar, et une unité politique suffisante. Or, à l’heure actuelle, rien de toute cela n’est le cas[1]. Se rapprocher de, voir intégrer l’alliance des BRCIS+ ? Cela supposerait un rapprochement avec la Russie et donc un apaisement sur la question ukrainienne, mais aussi notamment sur la question du Sahel (notamment Burkina Faso, Mali, Niger), ce qui impliquerait un recul de l’impérialisme allemand dans sa sphère d’influence est-européenne et un recul de l’impérialisme français dans sa sphère d’influence africaine. Cela supposerait également un rapprochement avec une Chine conçue à raison par l’UE comme un « rival systémique promouvant un modèle alternatif de gouvernance »[2], c’est-à-dire comme le principal danger pour l’impérialisme européen. Et cela supposerait pour le Canada de renoncer à, ou a minima de fortement alléger son impérialisme dans les pays d’Amérique latine, rendu possible essentiellement par sa subordination à l’impérialisme américain. Bref, cela supposerait un net recul, voir un renoncement de l’impérialisme de ces pays vassaux, ce qui est bien entendu inenvisageable tant que les capitalistes resteront la classe dominante.
Par conséquent, à l’heure actuelle, la seule alternative crédible qui existe pour les vassaux des États-Unis est de négocier avec eux la longueur de la laisse. Leur perspective à court et moyen terme est alors la suivante : tenter de tenir des rapports de force avec les États-Unis pour négocier la longueur de la laisse tout en s’alignant stratégiquement encore et toujours avec eux pour affronter les puissances montantes anti-hégémoniques des BRICS+, et en particulier la Chine. Autrement-dit, le bloc impérialiste sous hégémonie américaine UE-OTAN se maintiendra pour affronter le bloc anti-hégémoniste tout en se fissurant par ses tensions internes. La contradiction entre ces deux blocs restera alors la contradiction principale à l’échelle internationale. Mais le premier bloc est en crise et restera par conséquent fragile, quelles que soient les solutions momentanées qui seront trouvées pour colmater la brèche. Il reste à nous, militants révolutionnaires qui avons conscience que « l’ennemi est dans notre propre pays », de faire éclater ce bloc.
William – JDM
[1] Sur l’intrication des capitaux américains et européens, voir cet article : L’UE s’oppose-t-elle aux USA ? – Jeunesse du monde
[2] https://commission.europa.eu/document/download/1fedf472-1554-416e-8351-1346f80a4ff8_en?filename=communication-eu-china-a-strategic-outlook.pdf












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