Déclaration du Comité exécutif central de l’Organisation communiste de France.
Le 08/07/2026
Réunie en Conférence nationale les 27 et 28 juin 2026, l’Organisation communiste de France a décidé d’intervenir pleinement dans la séquence présidentielle et législative de 2027. Elle le fera par une campagne politique indépendante, centrée sur la rupture avec l’Union européenne et l’OTAN, et articulée tactiquement au soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle.
Ce choix n’est ni un ralliement ni une parenthèse dans notre combat communiste. Il vise au contraire à donner une expression politique claire à la colère populaire, à disputer le vote ouvrier et populaire à l’extrême droite, à faire reculer le bloc bourgeois et fascisant, et à renforcer, dans le même mouvement, la nécessité d’une organisation communiste indépendante en France.
Le constat saute aux yeux de quiconque vit de son travail en France : le quotidien est devenu une lutte permanente contre l’effondrement des services publics, l’explosion des factures et la stagnation des salaires. Depuis plus de trois décennies, et plus précisément depuis la signature du traité de Maastricht qui accompagne la victoire atlantiste sur l’URSS et l’ensemble du camp socialiste et antifasciste, notre pays subit une offensive capitaliste méthodique et ininterrompue.
35 ans de saccage social et industriel
Ce bilan, c’est d’abord celui de 35 ans d’austérité budgétaire, où la santé, l’éducation et les infrastructures publiques sont sacrifiées sur l’autel des critères de déficit européens. C’est le bilan de 35 ans de désindustrialisation massive, menée dans le cadre du marché unique, qui a brisé notre outil productif, condamné des régions entières au déclin et livré la classe ouvrière aux délocalisations. C’est, enfin, le bilan de 35 ans d’offensive capitaliste continue contre le Code du travail, le système de retraite par répartition, nos conventions collectives, nos diplômes et qualifications, ainsi que notre modèle de protection sociale largement issu des conquêtes du Front populaire et du Conseil national de la Résistance.
Fascisation : le bouclier du capital face à la gronde populaire
À cette destruction économique s’ajoute la fascisation galopante du régime. Le pouvoir macroniste, fer de lance depuis 10 ans des classes dominantes, à bout de souffle et minoritaire, utilise des politiques de plus en plus réactionnaires et autoritaires pour imposer ses politiques. Ce durcissement fait directement le lit du Rassemblement National. Mais cette montée de l’extrême droite n’est pas un accident électoral. Elle émerge avant tout comme un besoin vital pour les classes dominantes. Face à une gronde populaire de plus en plus forte, face à la colère légitime des travailleurs, des ouvriers et des paysans qui relèvent la tête, la bourgeoisie capitaliste a besoin de verrouiller l’appareil d’État. Quand la démocratie bourgeoise ne suffit plus à garantir ses profits et l’ordre capitaliste, le grand capital n’hésite jamais à armer la réaction pour briser la contestation sociale et diviser les travailleurs.
Le nouveau visage de l’UE : l’économie de guerre
À ce sombre tableau s’ajoute désormais une menace existentielle majeure : la guerre. L’Union européenne ne se cache plus derrière de simples objectifs commerciaux ; elle s’affirme aujourd’hui comme la tête de pont de l’atlantisme en Eurasie et le bras de plus en plus armé d’une intégration militaire supranationale. Entre les projets d’« armée européenne » et la soumission totale aux logiques d’escalade de l’OTAN, les budgets nationaux sont sommés de s’orienter vers l’armement. C’est une économie de guerre qui se met en place, et ce sont une fois de plus les travailleurs qui sont appelés à en payer le prix fort, tant sur le plan financier que humain.
Face à un régime irréformable : la nécessité de la rupture
Face à cette impasse historique, que d’aucuns comme Jean-Luc Mélenchon ont déjà correctement ciblée par le passé, la question doit être posée sans faux-semblants : l’Union européenne, on la change ou on la quitte ?
La social-démocratie et les illusions réformistes prétendent qu’une « Europe sociale » ou qu’une réorientation de l’intérieur des traités de marbre serait possible. L’histoire démontre le contraire. L’UE n’est pas une structure neutre qu’on pourrait gauchir au gré des élections ; elle est, par essence, l’outil de domination de la grande bourgeoisie capitaliste conçu pour interdire toute souveraineté populaire et briser toute velléité de transformation sociale réelle.
Puisqu’on ne peut pas la changer, et puisqu’elle est l’expression même de la mondialisation capitaliste, l’alternative progressiste et patriotique se clarifie par l’expérience des faits : il faut la quitter. Le Frexit, la sortie de l’Euro, de la Banque centrale européenne et de l’OTAN ne sont pas des options techniques mais des batailles politiques obligatoires pour conscientiser les travailleurs et le peuple, dynamiser les luttes sociales, patriotiques et démocratiques, conquérir la souveraineté populaire et l’indépendance nationale, rebâtir notre industrie et, par tout cela, construire à terme un État démocratique dirigé par les travailleurs, classe ouvrière en tête.
À l’approche des échéances présidentielles et législatives de 2027, cet enjeu est donc plus que jamais de taille. Et ces échéances de la Vᵉ République bourgeoise doivent être prises pour ce qu’elles sont et dans les limites de ce qu’elles peuvent réellement apporter.
Nous nous souvenons de la dynamique de 2017 où le mot d’ordre « L’Europe, on la change ou on la quitte », formulé par Jean-Luc Mélenchon, avait permis de disputer le vote ouvrier au Front National en donnant une perspective politique cohérente aux secteurs les plus combatifs du monde du travail et de la classe ouvrière.
C’est dans cette perspective que l’OCF a décidé d’engager ses forces dans la bataille politique de 2027. L’OCF portera son propre mot d’ordre : « 35 ans d’austérité, de désindustrialisation, d’offensive capitaliste, et maintenant la guerre… Alors, l’UE on la change ou on la quitte ? ».
Nous voulons placer la nécessité de la sortie de l’UE au cœur du débat public. Dans le cadre de la présidentielle de 2027, cette orientation s’articulera tactiquement au soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Celle-ci apparaît non seulement comme le vote le plus efficace pour faire reculer Attal, Bardella, Le Pen, Retailleau et autres Glucksmann, mais aussi comme la dynamique la plus à même d’insuffler de la force aux luttes.
Ce double choix s’inscrit dans une démarche tactique claire : mener une campagne indépendante d’agitation et de propagande dans les secteurs ouvriers et populaires combatifs, renforcer l’ancrage de l’OCF dans ces secteurs, et soutenir la candidature Mélenchon comme le seul point d’appui électoral aujourd’hui capable d’infliger, par le vote populaire, une défaite politique à la droite et aux forces fascisantes. Voter Mélenchon ne suffit pas : notre objectif reste la reconstruction du parti communiste en France, condition nécessaire au rétablissement de l’indépendance politique de la classe ouvrière.
Aucune posture gauchiste ni dérive opportuniste n’ouvrira de chemin vers la victoire, car la lutte, pour être victorieuse, se mène à fond. Rejoignez-la ! Adhérez à l’Organisation communiste de France !












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