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Divergences syndicales, même combat de classe

par | Juin 3, 2026 | Luttes | 0 commentaires

Grève et rassemblement des AED dans la Loire contre l’exploitation et l’arbitraire du rectorat

Ce 2 juin 2026, dès 9 heures, les assistants d’éducation (AED) venus de Montbrison, Saint-Chamond et d’autres établissements de la Loire se sont rassemblés en assemblée générale. À 10 h 30, ils ont convergé devant la DSDEN pour interpeller directement le rectorat de Lyon et l’académie. Une même colère de classe unit ces prolétaires de l’Éducation nationale : précarisés, sous-payés, livrés à l’arbitraire patronal.

Des divergences tactiques, mais une même exploitation

Dès l’AG, un constat s’impose : des divergences existent au sein du mouvement sur la stratégie à adopter. Certaines organisations syndicales agissent seules, d’autres freinent sur les revendications de CDIsation. Mais pour les AED présents, l’essentiel est ailleurs : l’ennemi commun, c’est le rectorat et l’académie de Lyon, qui refusent les grilles salariales, bloquent les CDI, et entretiennent la précarité comme arme de domination.

Après dix ans de travail, certains AED en CDI sont payés moins que des nouveaux en CDD. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de grille salariale, le gel des salaires est absolu, et l’Académie de Lyon ne respecte même pas ses propres obligations.

« On mérite un salaire digne » : la voix des AED devant la DSDEN

Devant la DSDEN, une AED a pris la parole, résumant avec force les revendications du mouvement :

« Nous, aujourd’hui, on est mobilisés pour réclamer plus de droits pour les assistants d’éducation. Notamment, ça passe par des augmentations de salaires, parce qu’on considère que pour les 41 heures semaines qu’on fait et l’investissement qu’on a auprès de nos élèves, on mérite un salaire digne, notamment par rapport à l’inflation en ce moment. […] Ce qu’on demande, c’est une réduction du temps de travail. Pour les collègues d’internat, ce qu’on souhaiterait, c’est que toute leur heure de nuit soit payée. Et donc arrêter ce forfait de trois heures alors qu’ils sont en présentiel sur l’établissement et disponibles pour les élèves toute la nuit. Également que nos missions et nos postes soient respectés et qu’on ne nous demande plus de remplacer que ce soit des profs, des secrétaires. »

Chaque phrase est un coup porté à la logique patronale : productivité maximale, salaire minimal, disponibilité totale.

Un témoignage en AG a frappé les esprits. Dans le cadre de la mise en place des « classes Défense », des AED ont été chargés d’encadrer cette activité avec des intervenants extérieurs. Une AED a accepté la mission. Résultat : elle s’est retrouvée à dormir à l’extérieur et à encadrer les jeunes… même de nuit. Sans aucune compensation financière. Voilà la réalité de l’Éducation nationale patronale : des missions élargies, des responsabilités démultipliées, et toujours le même mépris pour ceux qui portent le service public sur leurs épaules.

L’arbitraire quotidien et le mépris du rectorat

Les directions profitent du flou total sur les missions des AED pour leur imposer n’importe quelle tâche. Le rectorat, malgré ses obligations, n’a toujours pas donné de grilles salariales. Le Vade Mecum promis traîne depuis l’automne dernier. La vie scolaire est sous tension : suppression de 10 heures par semaine, soit un poste en moins.

Perspective marxiste-léniniste : de la revendication à l’organisation de combat

Camarades, ce n’est pas du corporatisme. C’est la lutte de classe dans l’Éducation nationale. L’État employeur agit comme un patron : divisions, menaces, absence de grille, gel des salaires, précarité comme arme de dissuasion. Le rectorat de Lyon n’est pas « mal organisé » : il applique une politique de classe, celle du capital.

La réponse ne peut être que politique et collective. Unités d’action, grèves reconductibles, AG dans les établissements, solidarité avec tous les travailleurs exploités.

Ce que nous exigeons, ce n’est pas une miette de plus : ce sont des conditions de travail et de vie dignes. Le droit à la qualification et à la formation tout au long du parcours. La fin de ce sous-statut qui fait des AED des travailleurs de seconde zone. Un véritable statut, des salaires progressifs, des missions claires et encadrées, la fin du travail gratuit et des nuits volées. Ni précarité, ni arbitraire : une place pleine et entière dans l’Éducation nationale !

Ce 2 juin 2026, vous avez montré que la peur recule quand la conscience de classe avance. La lutte continue.

Ivan – Section stéphanoise de l’OCF

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