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ACCORD DE « PAIX » ENTRE L’IRAN ET LES ÉTATS-UNIS

par | Juin 18, 2026 | Positions, Une | 0 commentaires

Déclaration du Comité exécutif central de l’OCF

Le 18 juin 2026

L’annonce de la conclusion d’un accord de paix entre l’Iran et les États-Unis constitue un événement géopolitique majeur. Pour l’Organisation Communiste de France (OCF), cet accord marque avant tout un recul net de l’impérialisme nord-américain et un échec cuisant pour la stratégie de guerre totale menée par le régime israélien. Face à l’agression brutale déclenchée en début d’année, c’est la résistance acharnée et héroïque des peuples iranien et libanais qui a brisé la dynamique d’annihilation de l’axe Washington-Tel-Aviv, contraignant la Maison-Blanche à s’asseoir à la table des négociations ainsi qu’à reconnaître à demi-mot son échec.

Cette situation fait cependant éclater au grand jour une contradiction naissante et profonde entre les donneurs d’ordres américains et les dirigeants sionistes. Pour Tel-Aviv, cet accord confère à l’Iran un statut d’inviolabilité de fait, le coût d’une attaque directe s’étant avéré prohibitif pour n’importe quelle puissance ; il lui permet surtout de reconstituer ses forces. Pour la survie de leur projet colonial, le torpillage de cet accord est une question de vie ou de mort. Les sionistes vont tout tenter avant l’échéance cruciale des midterms américaines, conscients qu’ils ne retrouveront jamais un président aussi servile que Trump. Des pressions directes à Washington jusqu’au chantage, leur stratégie maîtresse consistera à redoubler d’agressivité dans toute la région, à l’image du bombardement criminel de Beyrouth qui a provoqué la réplique balistique de Téhéran et contraint Trump à intervenir pour stopper l’escalade, dans l’unique but de pousser l’Iran à la faute et de forcer la dénonciation du traité.

L’OCF appelle à la plus grande vigilance : les risques de reprise des hostilités restent immenses. Israël et les États-Unis — appuyés en sous-main par la complicité passive de l’Union européenne — chercheront la moindre opportunité pour saboter ce processus et rallumer le brasier au Moyen-Orient. La paix, aux conditions des opprimés, n’est jamais définitivement octroyée par les traités des impérialistes ; elle doit être conquise et défendue par l’action directe des peuples et du monde du travail. C’est notamment ce que nous a entre autres choses appris la révolution socialiste cubaine qui, d’ailleurs, risque de se voir davantage dans le viseur de son voisin impérialiste depuis la défaite de ce dernier en Iran.

En France, cette crise a mis en lumière la faillite et l’attentisme des grandes directions politiques et syndicales dites « de gauche », notamment la direction de la CGT. Alors que l’économie de guerre et les tensions internationales ont servi de prétexte pour assommer le pouvoir d’achat des Français et justifier l’austérité, ces organisations ont été incapables d’organiser une offensive sociale d’envergure. Il aurait fallu lier immédiatement la lutte internationale pour la paix à une bataille sans précédent pour l’augmentation des salaires dans les usines, les ports et l’ensemble des entreprises.

Pour l’OCF, la politique de paix se traduit aujourd’hui par un mot d’ordre qui doit unifier le monde du travail : largent pour les salaires, pas pour la guerre ! C’est en imposant le blocage des prix, la hausse des rémunérations et la sortie de l’UE et de l’OTAN que nous couperons les vivres à la machine guerrière capitaliste.

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