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Ursula Von der Leyen veut mettre fin au droit de véto des États membres

par | Avr 22, 2026 | Europe | 0 commentaires

Sur Jeunesse du Monde, nous évoquons régulièrement dans nos productions l’importance de la souveraineté à la fois pour la transition socialiste, mais aussi en dehors de tout contexte révolutionnaire, pour le simple respect des peuples à l’autodétermination. Les implications de la souveraineté dans le quotidien des travailleurs et du peuple sont immenses, à commencer par l’accès aux ressources et à la production de son propre pays, en plus de s’autodéterminer politiquement. C’est pourquoi l’Union européenne est un danger sur lequel nous n’arrêtons pas d’alerter. Le projet européen est une construction supranationale d’un marché libre à l’échelle du continent. La perte de souveraineté économique se devait d’être accompagnée de la souveraineté politique, avec la construction de l’Union européenne qui veut dépasser les nations, et les déstructurer.

            Ce dimanche 12 avril, Ursula von der Leyen s’est vu pousser des ailes après la victoire du camp euro-libéral en Hongrie. La défaite de Viktor Orbán est aussi une défaite pour nous, bien qu’il soit loin d’être l’un de nos alliés. Il permettait le maintien d’une opposition souveraine face à la destruction des nations souhaitée par l’UE et la bourgeoisie internationale. Jusqu’à présent les différents gouverneurs européens (nommés non démocratiquement par le chef de l’État de chaque pays membre) pouvaient imposer un droit de veto sur la politique étrangère de l’UE. Ce droit de veto sert en toute logique à éviter l’application de mesures qui entreraient en contradiction avec les intérêts nationaux des différents pays membres. Une précaution dépassée pour les européistes qui veulent accélérer la création de la Fédération européenne. Il est du droit fondamental des nations de ne pas se saboter en mobilisant un droit de veto contre des décisions supranationales ; bien que l’idée d’une entité politique et économique supranationale soit déjà un problème. La présidente du conseil n’est d’ailleurs pas à son coup d’essai, et pousse sa ligne politique depuis son arrivée en 2019. Il s’agit bien d’une posture idéologique et non pas d’une pseudo-adaptation à une situation géopolitique dégradée depuis la guerre en Russie et à Gaza, comme on essaye de nous le faire croire. La destruction des nations par la fédéralisation est dans son agenda politique.

Ursula von der Leyen à Bruxelles le 13 avril 2026.
REUTERS

            La menace d’une remise en cause de l’Union les effraie et ils attaquent pour imposer leur dictature, et retirer aux peuples d’Europe le choix de leur destin. Le terme de dictature n’est pas choisi au hasard : les lois sont décidées par des personnes que nous n’élisons pas, Ursula elle-même a été nommée et n’a pas été élue, et le parlement n’est là que pour légitimer ou amender les textes de lois. Le pouvoir politique des peuples est alors très limité ; jusqu’à l’impuissance économique puisque l’on nous a retiré le contrôle de notre propre monnaie. La destruction du droit de veto serait un précédent terrible auquel nous devons nous préparer à faire face, bien que pour l’instant aucune procédure n’ait été engagée.

            Dans ce contexte, il est important de revenir sur les origines d’Ursula von der Leyen, un éclairage de classe des plus essentiels puisque celle-ci n’a pas été élue, mais désignée par nos élites bourgeoises. Elle appartient à la famille Albrecht, l’une des familles patriciennes de la haute bourgeoisie de Hanovre (une région du Nord de l’actuelle Allemagne). Ses ancêtres sont depuis le XVIIᵉ siècle de parfaits bourgeois allemands : juristes, universitaires, médecins et fonctionnaires. Son arrière-arrière-grand-père était un riche marchand de coton, marié à la fille du baron Ludwig Knoop, l’un des entrepreneurs les plus fortunés de l’Empire russe au XIXᵉ siècle, qui finira consul de l’Autriche-Hongrie. L’entreprise familiale a été transmise jusqu’à son grand-père qui est devenu psychologue. Son père, Ernst Albrecht, est parmi les premiers fonctionnaires européens. D’autres de ses ancêtres figurent aussi parmi les plus riches marchands d’esclaves d’Amérique du Nord, ce qui est logique au vu de l’implantation familiale dans l’industrie du coton. Enfin, Ursula Albrecht s’est mariée en 1986 avec Heiko von der Leyen, originaire d’une famille aristocrate anoblie par le roi de Prusse à la fin du XVIIIᵉ siècle. Nous observons bien la continuité politique, sociale et économique entre la bourgeoisie et la construction européenne, dont elle est l’artisane. C’est parce qu’elle représente la haute bourgeoisie administrative et commerciale allemande, ainsi que la parfaite incarnation idéologique de la fédéralisation, qu’elle a été nommée présidente de la commission.

            La situation est d’autant plus grave que l’agriculture française, dont les petits producteurs sont en grandes difficultés, va subir les conséquences d’un accord avec le MERCOSUR, passé de force malgré l’opposition de la France. Depuis le traité de Maastricht, la construction de l’Union européenne n’est qu’une longue suite de mesures antidémocratiques qui détruisent encore et encore notre souveraineté. Le traité de Lisbonne en 2007 acte la prise de pouvoir de la dictature européenne. Le traité commercial avec le MERCOSUR et la fin du droit de veto s’intègrent dans la continuité. L’idéologie européenne est celle de la dictature néolibérale au sein d’une fédération des régions européennes, sans nation.

Arno – JDM

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