Du 3 au 6 avril 2026 s’est tenu à Paris le congrès de reconstitution de la Jeunesse Communiste (JC). Organisé à l’initiative du Comité pour la Reconstitution de la Jeunesse Communiste (CRJC), créé en septembre 2025, dans une période marquée par la crise du capitalisme, l’aggravation des tensions internationales et la fragmentation des forces se réclamant du communisme, ce congrès intervient comme une tentative de répondre à un double problème : reconstruire une organisation de jeunesse communiste et lui donner une ligne politique cohérente.

L’Organisation Communiste de France (OCF) a pu, sur invitation des congressistes, prendre part à un débat sur la nécessité des cellules d’usine et du lien entre la classe ouvrière et les communistes. Nous remercions fraternellement les camarades de la Jeunesse Communiste et les félicitons pour la bonne tenue de ce débat ainsi que de l’ensemble du Congrès. Cela a été pour nous l’occasion d’exposer publiquement notre ligne sur la question des liens entre la classe ouvrière et les communistes, mais aussi de prendre connaissance à la fois des points de convergence et de divergence avec cette Jeunesse Communiste nouvellement formée (ou reformée). Cela permettra, nous l’espérons, de clarifier les liens entre nos organisations.
Le fait même qu’un tel congrès ait été préparé sur plusieurs mois, à partir d’un document d’orientation et d’une proposition de statuts, indique qu’il ne s’agissait pas d’un simple rendez-vous symbolique. L’événement s’inscrit dans une logique de reconstruction patiente, appuyée sur des structures locales, des débats centralisés et un effort de formalisation politique.
Le rapport politique introductif dressait le constat de la crise générale de l’impérialisme, opposée à une « tendance principale dans le monde [qui] est la Révolution ». Les débats ont porté sur la place de l’impérialisme français en Europe, notamment dans son alliance avec l’Allemagne, ainsi que sur les principes fondamentaux du marxisme. La France a été caractérisée comme une puissance de second rang traversant une crise politique et économique avancée, et la question des monopoles, de la composition de classe, du surprofit impérialiste et du rôle des médias ont été débattus. La question de la dictature du prolétariat, du centralisme démocratique et de la violence révolutionnaire a été longuement discutée et mise en avant comme étant à la base de la compromission du PCF historique.
Cette lecture n’est pas seulement doctrinale ; elle sert aussi à définir une pratique. Le congrès a de ce fait insisté sur la nécessité d’un ancrage dans les lycées, les universités, les entreprises et les quartiers. Autrement dit, la question n’est pas seulement celle de la définition idéologique de la jeunesse communiste, mais celle de sa capacité à s’insérer dans les lieux concrets où se forme et se politise la jeunesse populaire, la reconstruction organisationnelle étant inséparable d’une stratégie d’implantation. Une façon de voir les choses qui, au-delà des divergences de ligne et des différences d’analyse historique, rejoint largement nos propres analyses sur la nécessité de l’implantation au sein de notre classe, avec toutefois une insistance toute particulière de notre part, nous y reviendrons avec l’intervention de notre camarade au débat, sur la nécessité des cellules d’entreprise.
Le samedi soir, les travaux ont porté sur l’adoption des statuts, largement inspirés de ceux du Komsomol soviétique et de la Ligue de la Jeunesse Communiste chinoise. Un débat a opposé les délégués sur la composition de la future direction nationale : faut-il privilégier une majorité de camarades prolétaires ou ouvriers, ou juger avant tout sur le bilan, les positionnements dans les luttes de lignes et la volonté de servir le peuple ? En tout cas, il est ressorti que la direction devait être « à l’image des masses ».
Ce Congrès a été considéré comme étant le 12ème Congrès de la Jeunesse Communiste. Pourquoi ? Parce que les congressistes se réclament de l’héritage direct de la Fédération des Jeunesses Communistes de France (FJCF), fondée en 1920. Celle-ci avait tenu onze congrès avant sa dissolution en 1945 au profit de l’Union de la Jeunesse Républicaine de France (UJRF). Le Mouvement de la Jeunesse Communiste de France (MJCF), issu de la scission de 1956, est quant à lui rejeté comme une organisation révisionniste.
L’événement majeur du congrès fut l’ouverture de la session publique, le dimanche après-midi, qui a rassemblé au moins 200 personnes à l’intérieur de l’amphithéâtre. L’invitée d’honneur, Isaline Choury Amalric, militante anti-impérialiste corse et nièce de Danielle Casanova, a été longuement ovationnée. Plusieurs délégations internationales ont pris la parole, notamment l’allemande Roter Bund (Ligue rouge), l’organisation turque BIR-KAR, ainsi que des messages du FPLP palestinien et du Parti Communiste d’Inde (Maoïste). La fondation de la Ligue Anti-impérialiste (LAI) en Équateur a été saluée.
L’anti-impérialisme a été absolument central durant tout le congrès. Cet anti-impérialisme, que nous partageons bien évidemment quant au fond, a toutefois révélé des divergences avec nos propres conceptions. Les propos tenus par le camarade indépendantiste corse du Cumitatu di Ricustruzzione d’u Partitu Cumunistu (CRPC) appelant à brûler le drapeau tricolore et le tonnerre d’applaudissements qui s’est ensuivi nous posent question à nous, patriotes internationalistes héritiers de la Révolution Française et des jacobins, de la Commune de Paris, du Front populaire et de la Résistance, et qui « voyons dans le drapeau tricolore le symbole des luttes du passé et dans notre drapeau rouge le symbole des luttes et des victoires futures » (Jacques Duclos, Discours du 14 juillet 1935). D’ailleurs, la mise en avant de la revendication girondine de l’indépendance de la Corse, qui satisferait très bien l’UE impérialiste qui n’a de cesse de dépecer la République une et indivisible et qui s’en donnerait sans doute à coeur joie d’en profiter au passage pour mettre en avant l’autonomie de l’Alsace, de la Bretagne, du Pays basque… constitue elle-même un point de désaccord.
Les propos tenus tout au long du congrès sur le « social-impérialisme » chinois et les appels à organiser des grèves contre les « impérialismes russes et chinois » nous posent également question. Au-delà de la question du caractère impérialiste ou non de la Russie et du caractère socialiste ou capitaliste de la Chine, nous avons du mal à comprendre ce genre d’appels à une époque où ces deux pays sont plus que jamais aux prises avec l’impérialisme euro-atlantiste, principal danger pour les peuples, la paix, le prolétariat, et l’existence même de l’humanité.
Quid aussi de la question de la sortie de l’UE et de l’OTAN ? Car reconnaître le caractère impérialiste et belliciste de ces deux organisations et appeler à la révolution prolétarienne ne suffira pas. La révolution prolétarienne ne sera pas simplement un processus de lutte armée appelant dès le départ à la révolution et à la dictature du prolétariat – une telle manière de faire étant un excellant moyen de s’isoler des masses -, mais sera, comme cela avait été établi lors du VIIème congrès du Komintern qui officialisait la stratégie des fronts populaires, l’aboutissement d’un processus populaire, patriotique, pacifiste et antifasciste rassemblant derrière l’avant-garde du prolétariat l’ensemble des masses populaires prolétariennes et non prolétariennes non immédiatement acquises à la révolution socialiste et à la nécessité de la dictature du prolétariat, prenant de ce fait dans un premier temps une forme qui ne sera pas tout de suite celle de la révolution socialiste. Penser qu’il y aura d’abord la révolution prolétarienne et que par conséquent il est illusoire d’appeler à quitter l’UE et l’OTAN par la voie progressiste, isolant par là-même le capital financier transnational et permettant de ce fait au prolétariat de conquérir de nouvelles positions pour la révolution socialiste, c’est une vision gauchisante des choses qui conduira à l’isolement.
Quoiqu’il en soit de nos divergences, nous saluons cet effort comme une tentative de remise en ordre. Remise en ordre idéologique, d’abord, par une lecture structurée de l’impérialisme et de la crise française. Remise en ordre organisationnelle, ensuite, par l’adoption de statuts et par la volonté de constituer un appareil de jeunesse durable. Remise en ordre politique enfin, puisque l’ambition affichée est de faire de la jeunesse communiste non pas un simple espace de formation de cadres aptes à organiser des campagnes électorales, mais un instrument de combat capable d’intervenir dans les luttes réelles. La question décisive, à ce stade, n’est plus celle de l’annonce, mais celle de la capacité de cette initiative à transformer ses principes en implantation concrète afin de les confronter en dehors des cercles militants. Reste à savoir donc si cette nouvelle Jeunesse Communiste parviendra à s’implanter durablement dans les entreprises, les quartiers et les lieux d’études.
Pour terminer, nous publions ci-dessous la version écrite de l’intervention de notre camarade lors du débat sur les liens entre le classe ouvrière et les communistes auquel l’OCF était invité. Le débat a été structuré à partir de deux questions : Qu’est-ce que le prolétariat ? Et comment organiser la classe ouvrière ?
I- Qu’est-ce que le prolétariat ?
Je ne vais pas seulement m’attacher à définir ce qu’est le prolétariat, mais aussi et surtout ce qu’est la classe ouvrière. Car pour nous à l’OCF, ces deux réalités ne se recouvrent pas totalement, et la classe ouvrière joue pour nous un rôle tout particulier d’un point de vue stratégique : elle est, au sein du prolétariat, destinée à être la force motrice de la révolution et à tenir la première place dans la direction de la société.
J’ai noté 3 types de thèses social-démocrates sur la classe ouvrière auxquelles il faut s’opposer. Toutes ont pour point commun d’abandonner l’idée que la classe ouvrière serait la force motrice de la transformation de la société, celle qui sera amenée à terme à diriger la société :
- La pire version, la gauche Terra Nova/PS qui abandonne purement et simplement la classe ouvrière au Front National au profit des « jeunes », des « diplômés », des « femmes », des « immigrés » et des « minorités », en réalité la petite-bourgeoisie culturelle des villes.
- La gauche LFI, qui dissout la classe ouvrière dans un agrégat conceptuel appelé « peuple » avec Mélenchon.
- La gauche PCF qui dissout la classe ouvrière dans ces autres agrégats conceptuels que sont « le monde du travail », « les travailleurs », « les salariés », le « Parti pris du travail ».
Toutes ces thèses ont pour point commun de justifier l’abandon de la centralité de la classe ouvrière par les transformations qu’elle a subi suite à la désindustrialisation. Et à la base de ces considérations, on retrouve une perspective électoraliste, que celle-ci soit assumée ou non (le PCF nie explicitement adopter une perspective électoraliste dans sa nouvelle base commune).
En effet, d’un point de vue électoraliste, ce genre de positions se comprend puisqu’effectivement la classe ouvrière a tendance ou bien à voter RN, ou bien à s’abstenir. Par ailleurs, il est vrai que les ouvriers au sens de l’Insee ont largement diminué numériquement en France depuis les années 80, passant de 30,3% en 1982 à 18% en 2024, soit pour la gauche une chute de 40% de son socle électoral. Quant à la part des ouvriers de l’industrie, historiquement les plus combatifs et politisés, elle a également fondu. Si on prend le cas des sidérurgistes, on passe de 2,5 millions en 1980 à moins de un million aujourd’hui. Difficile de gagner des élections donc avec une telle classe ouvrière… et partant nécessité de miser sur d’autres classes sociales.
Mais qu’en est-il lorsque nous adoptons une perspective révolutionnaire, marxiste-léniniste ?
Ce n’est plus une question de nombre, de voix électorales, mais une question de rapports de force économiques et politiques. Ce n’est plus simplement une question quantitative mais qualitative. Et donc pour comprendre la place que la classe ouvrière peut et doit occuper dans le processus de transformation de la société, il faut comprendre quelle place elle occupe aujourd’hui au sein des rapports de production, comment cette place à évolué au cours des dernières décennies, et quels enjeux politiques se posent à elle aujourd’hui.
Pour ce faire, il faut déjà opérer quelques distinctions conceptuelles :
- Le salariat : un PDG d’entreprise est un salarié. Idem pour les hauts cadres supérieurs du privés, les hauts fonctionnaires publics, les grands journalistes, etc… A l’inverse des auto-entrepreneurs sont des prolétaires déguisés (uber). Cette notion de salariat n’est donc pas pertinente puisqu’elle ne permet pas de rendre compte de la lutte des classes et de se positionner dans cette lutte.
- Les « Travailleurs » : idem, un PDG travaille, un professeur travaille, un artisan travaille.
- Le prolétariat ≠ ouvriers : ceux qui ne possèdent pas les moyens de production, qui vendent aux propriétaires de ces moyens leur force de travail intellectuelle et manuelle, et qui produisent pour eux de la plus-value, c’est-à-dire un surtravail non payé qui est à la base de l’exploitation capitaliste.
- La notion de classe ouvrière est plus restrictive que celle de prolétariat : elle désigne les prolétaires de la sphère productive matérielle, essentiellement ceux des mines et de l’énergie, de l’industrie de transformation, des transports, de la logistique, des chantiers et de l’agriculture.
Il est clair que la classe ouvrière n’a plus le même visage qu’il y a 50 ans. En fait, la classe ouvrière industrielle traditionnelle était très puissante en France, trop puissante, avec un parti communiste et un syndicalisme eux-mêmes très puissants. Par conséquent la bourgeoisie française a fait alliance, dans le cadre de la « construction européenne », avec la bourgeoisie allemande pour en finir avec cette classe ouvrière trop dangereuse, en fermant les mines, en détruisant la sidérurgie, le textile, et maintenant l’automobile et le ferroviaire, en délocalisant la production et en abandonnant la grande industrie mécanique à l’Allemagne, où Hitler avait neutralisé les communistes et les syndicats de lutte. Il y a eu par suite une division du travail au sein de la classe ouvrière en Europe : l’Allemagne a conservé son industrie lourde, tandis que la France est devenue plutôt un hub logistique et une zone de tourisme et de services.
La désindustrialisation a donc été un choix politique visant à briser les forteresses rouges du PCF et de la CGT.
Mais cela n’a pas supprimé la classe ouvrière, cela l’a simplement affaiblie momentanément et transformée. Et de fait, sur le plan qualitatif, la classe ouvrière a démontré qu’elle est toujours à l’avant-garde des luttes, comme on l’a vu avec les gilets jaunes ou la bataille pour les retraites en 2023. Par exemple durant les retraites, ce sont les ouvriers raffineurs, les éboueurs, les cheminots, les énergéticiens, les portuaires qui ont bloqué les transports et la production, occupé les sites, mené des grèves reconductibles, coupé le jus aux industriels, et qui sont parfois allés en prison pour cela.
La classe ouvrière est toujours centrale dans les rapports de production. Cette classe reste la partie la plus exploitée du prolétariat. C’est elle qui détient le rapport production/consommation, le plus en faveur de la production. Elle produit des richesses immenses chaque année, mais à cause des bas salaires et de l’inflation, elle doit toujours plus restreindre sa consommation. Cela signifie trois choses :
- C’est elle qui a le plus de raisons de vouloir lutter
- Du fait de sa place absolument centrale dans la production, elle est la plus à même de perturber toute l’économie et donc de faire plier la bourgeoisie, de remporter des victoires et donc de rallier à elle le reste des classes populaires comme étant la classe qui peut assurer la victoire.
- De ce même fait de la place centrale qu’elle occupe dans la production et par voie de conséquence, c’est à elle de diriger la société de demain, puisqu’aucune société débarrassée de la dictature capitaliste ne pourra fonctionner sans l’investissement plein et entier de ceux qui produisent la richesse matérielle, base sans laquelle aucune société n’est possible.
En résumé, elle est la plus à même d’entrer en lutte de façon déterminée, elle est la plus à même d’emporter derrière elle le reste des classes populaires, et elle est vouée à diriger la société, à « s’ériger en classe dirigeante de la nation ». Les transformations de ces 50 dernières années ne changent rien à tout cela.
Par ailleurs, c’est une erreur de se limiter au seul plan national. Au plan international, il n’y a jamais eu autant d’ouvriers sur terre : Selon l’Organisation Internationale du Travail, l’emploi industriel mondial a progressé en valeur absolue, dépassant les 800 millions de travailleurs, et a augmenté d’environ 3% en valeur relative depuis les années 2000. Autrement-dit, la désindustrialisation n’est qu’un déplacement de l’industrie. Les capitalistes ont exporté massivement leurs capitaux vers les pays du « Sud global » : c’est ce qu’on appelle l’impérialisme. La France s’est désindustrialisée, certes, mais pas le monde, au contraire.
Ce phénomène a engendré un phénomène de déclassement du prolétariat et une augmentation des conflictualités dans le centre impérialiste. Autrement dit on assiste à un double mouvement : d’un côté la classe ouvrière des pays de la périphérie impérialiste se renforcent, de l’autre côté la classe ouvrière et l’ensemble du prolétariat des pays du centre impérialiste a de plus en plus de raisons de se révolter. En d’autres termes, le capitalisme-impérialisme crée ses propres fossoyeurs.
Enfin, on constate empiriquement un sursaut de la classe ouvrière et une intensifications des luttes de classes à travers le monde. On l’a vue en France avec les gilets-jaunes et les retraites, mais on l’a aussi vu en Corée du Sud, aux États-Unis, au Canada, en Italie, en Angleterre, en Belgique, ou encore en Inde, où on a pu assister aux plus grandes grèves de l’histoire de l’humanité en novembre 2020 avec 250 millions de grévistes, en juillet 2025 avec 200 millions de grévistes et cette année en 2026 avec 300 millions de grévistes ! La lutte des classes n’est pas finie. Elle s’est mondialisée et intensifiée. D’où la nécessité plus forte que jamais de l’internationalisme prolétarien.
Le centre impérialiste est aux abois. Ce qui manque à la classe ouvrière, c’est son Parti, et une ligne politique de rupture franche avec le capitalisme-impérialisme et ses institutions supranationales : l’UE et l’OTAN.
II- Comment organiser la classe ouvrière
Je l’ai dit, les communistes n’ont pas à avoir une vision électoraliste des choses. Nous ne cherchons pas à prendre part à l’organisation bourgeoise de la société, nous cherchons à la renverser et à instaurer la dictature du prolétariat, c’est-à-dire à faire en sorte que le prolétariat, avec la classe ouvrière en son centre, dirige la société. Or pour cela, il est nécessaire de politiser la classe ouvrière, au sens fort du terme, c’est-à-dire non pas lui expliquer pour qui elle doit voter, mais l’intéresser aux questions politiques les plus élevées, lui apprendre à prendre en main ces questions-là, l’aider à s’organiser pour qu’elle puisse se mettre en capacité de prendre en main ces questions-là, et à terme la mettre en position de pouvoir diriger elle-même la société. De ce point de vue, la cellule d’entreprise ou d’usine est absolument centrale.
Les cellules d’entreprise sont ce qui permet au Parti d’être un véritable parti de classe, c’est l’ancrage matériel du Parti, car c’est sur le lieu de travail que les prolétaires s’organisent et luttent contre le capital. C’est différent dans les quartiers par exemple où certes, on retrouve en majorité des prolétaires et des ouvriers, mais ceux-ci sont sur leur lieu de vie et d’habitation et en tant que tel, ce n’est pas tout à fait le même genre de questions qui se posent à eux dans ce cadre. Sur leur lieu de travail, c’est au patronat directement qu’ils ont à faire, c’est le centre névralgique de la contradiction capital travail et le lieu de l’exploitation la plus directe, et donc un lieu de politisation privilégié pour les communistes que nous sommes. Politiser la classe ouvrière, tel est précisément notre but, et cela passe surtout par la politisation des luttes ouvrières, et donc par les cellules d’entreprise.
Cela implique une conscience claire de la nécessité et du rôle du Parti. Car dans les entreprises, il y a aussi la question syndicale. Or le propre des syndicats est d’organiser les travailleurs au sein des entreprises, sur les lieux de travail, pour leur permettre d’engager un rapport de force face au Capital qui leur permette de résister à ses attaques, voir de conquérir certaines améliorations de leurs conditions de travail. La base des syndicats, c’est l’auto-organisation des travailleurs pour faire face au capital (du moins si l’on met de côté les syndicats jaunes de collaboration de classe). Mais en tant que tels, à eux seuls les syndicats ne sont pas en mesure de politiser les prolétaires en vue de la direction de la société. Les syndicats à eux seuls n’apprennent pas à diriger la société, ils ne sont qu’un outil organisationnel du prolétariat pour résister au patronat.
Ainsi Lénine nous apprend dans Que faire ? que l’auto-organisation des travailleurs, dans une société où l’idéologie dominante est celle de la classe bourgeoise et où l’éducation politique et scientifique est confisquée par la bourgeoisie, n’est pas suffisante et ne peut aboutir à elle seule au maximum qu’au trade-unionisme, c’est-à-dire à des revendications visant simplement à améliorer le sort des prolétaires au sein de la société capitaliste. La résistance auto-organisée contre les attaques du capital implique certes par elle-même une certaine conscientisation du prolétariat, mais à elle seule elle ne peut conduire le prolétariat à la conscience politique de sa mission historique et des rapports de classe au sein de la société. Autrement dit, dans la société capitaliste, le prolétariat ne devient pas spontanément révolutionnaire, il y a besoin d’un parti d’avant-garde qui vienne apporter la conscience de classe aux prolétaires pour ainsi dire « de l’extérieur ». C’est donc au Parti que revient la mission de politiser la lutte des classes.
C’est pourquoi le travail syndical, bien qu’il ne doive pas être mis de côté puisqu’il constitue réellement un outil de la lutte des classes, n’est pas suffisant à lui seul. Le travail syndical doit être subordonné au parti, c’est-à-dire au travail de conscientisation de la classe ouvrière. Le rôle des militants communistes dans les entreprises est de conquérir la direction des syndicats afin de faire des luttes ouvrières non pas simplement des moyens d’obtenir des concessions patronales mais aussi et même surtout des moyens de gagner en influence, d’organiser et d’unir les travailleurs, et de les éveiller à la conscience de classe.
Et du point de vue de la lutte syndicale strictement délimitée, le rôle des communistes est d’intéresser les travailleurs aux questions professionnelles les plus larges, de dépasser les luttes d’entreprise locales limitées vers les luttes de branches. Car s’ils doivent diriger la société, alors ils doivent avoir une vue la plus élargie, une vue d’ensemble de la production. Les luttes de banches permettent d’intéresser les travailleurs aux questions d’organisation nationale et internationale de leurs activités, de les élever ainsi à la conscience la plus aigue de la contradiction capital/travail, et de les amener à terme à poser eux-mêmes la question de la Révolution.
Enfin pour terminer sur la question des cellules d’entreprise, il faut comprendre qu’il y a un lien direct entre la mutation social-démocrate du PCF et l’abandon de l’organisation en fonction du lieu de travail au profit du lieu d’habitation : les quartiers sont plus propices pour la propagande électoraliste, alors que les entreprises sont faites, comme nous l’avons vu, pour politiser une classe vouée à agir politiquement et à terme diriger la société. Donc le choix des cellules de quartier par le PCF est lié à l’abandon du marxisme-léninisme, à l’abandon de l’idée que la classe ouvrière peut et doit diriger la société. Il s’agit alors non pas d’éveiller la classe ouvrière à la conscience de classe, mais de la faire voter.
Ainsi, l’abandon progressif des cellules d’entreprise suit et alimente l’abandon progressif des principes du marxisme-léninisme : adhésion à l’eurocommunisme dans les années 70, abandon de la dictature du prolétariat (1976), abandon de la référence au marxisme-léninisme (1979), abandon du marxisme comme outil théorique privilégié et de la référence au rôle dirigeant de la classe ouvrière (1990), abandon du centralisme démocratique (1994), puis création en 2004 du Parti de la gauche européenne (PGE) venant couronner l’adhésion du PCF à l’eurocommunisme, tout cela sur fond de suivisme vis-à-vis du PS au nom de la soi-disant « union de la gauche ».
En abandonnant les cellules d’entreprise à partir des années 70 et en renonçant aux principes fondamentaux du marxisme-léninisme, le Parti se désouvrièrise mécaniquement, puisqu’ainsi il rompt son lien organique avec la classe ouvrière. La désouvrièrisation du Parti n’est donc pas seulement liée à la désindustrialisation : elle est le fruit d’un choix politique conscient. Le Parti n’a pas subi cette désouvriérisation, il en a été l’auteur.
On l’a vu, la classe ouvrière est toujours là et sa mission historique demeure. Invoquer la désindustrialisation et les transformations subies par la classe ouvrière pour justifier l’abandon de la centralité de la classe ouvrière et de la nécessité des cellules d’entreprise est fallacieux. La classe ouvrière a toujours changé, et pourtant il a toujours fallu l’organiser. Les transformations contemporaines de la classe ouvrière ne justifient en rien d’abandonner le travail d’organisation de la classe ouvrière.
Sources :
https://www.causedupeuple.net/2026/04/03/chronique-du-congres-3-avril-2026/
https://www.causedupeuple.net/2026/04/04/chronique-du-congres-n2-4-avril-2026/
https://www.causedupeuple.net/2026/04/05/chronique-du-congres-n3-5-avril-2026/
https://www.causedupeuple.net/2026/04/06/chronique-du-congres-n4-6-avril-2026/
William – JDM












« L’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde » – Nelson Mandela.
Monsieur le commandant en chef Fidel Castro Ruz est marqué par cette revalorisation patriotique de Martí, auquel il se réfère, comme à une muse spirituelle, politique et idéologique.« Je porte dans le cœur les doctrines du Maître et dans la tête les idées nobles de tous les hommes qui ont défendu la liberté des peuples » Fidel Castro Ruz
La formation universitaire et jésuite de Monsieur le commandant en chef Fidel Castro Ruz explique en partie, sa posture spécifique de leader charismatique.
La jeunesse serait en effet plus prompte à la révolte, favorable au changement et propagatrice de nouveauté, renversant la corruption au sein de l’Etat. L’élévation d’un peuple et sa vitalité consiste en une éducation méthodique de la jeune génération, nécessitant d’une formation civique et morale.
Pour Monsieur le commandant en chef Fidel Castro Ruz, compter sur les jeunes générations fut une philosophie, un principe d’action, la garantie de succès de toute entreprise révolutionnaire. En 2007 les affirmations de Fidel n’ont rien perdu de leur pertinence « si les jeunes échouaient, tout échouerait ».
En utilisant les pénuries, en semant le découragement, les frustrations et les doutes, surtout chez la jeunesse. Bien sûr, que nous devons combattre, contre la bureaucratie, l’incompétence, la corruption de personnes sans scrupules qui font du profit aux dépens de la population.
En 1988 Monsieur le commandant en chef Fidel Castro Ruz affirma : Qu’allons-nous à craindre. Consacrons-nous au travail et nous verrons comment nous allons trouver les solutions, car personne ici ne les a, nous ne les avons pas, mais nous sommes convaincus qu’avec vous nous allons les trouver.
Marin le 14 avril 2026.
GHERARDI épouse LEONARD.
Vous avez omis les artisans sous traitants ou co traitants qui par le jeux des lois des coquins ont porté les responsabilités décennales des constructeurs non réalisateurs de la défiscalisation et du blanchiment sans aucune obligation de les régler sur des prix fixer par des immobiliers, des esclaves maniables à souhaits!