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Drapeau palestinien interdit, liberté syndicale bafouée : de Landerneau à Paris, la même logique répressive de l’État français

par | Fév 22, 2026 | Luttes | 0 commentaires

Les syndicats FO, SNES et SUD éducation 29 du lycée de l’Élorn se sont mobilisés contre une énième répression. Leur collègue, un professeur et représentant syndical, a été convoqué le 9 février 2026 au Rectorat pour avoir affiché un drapeau palestinien sur son casier personnel et une brochure d’ONG sur la situation sanitaire à Gaza dans l’enfer du génocide.

L’administration lui a reproché un « manquement au devoir de neutralité ». Une accusation absurde que nous devons dénoncer avec la plus grande fermeté.

La salle des professeurs est un lieu réservé aux personnels. Aucun élève n’y a accès. La liberté d’expression des fonctionnaires est garantie par la Loi Le Pors (1983). L’État français a officiellement reconnu l’État palestinien. L’ONU a officiellement reconnu que le peuple palestinien était victime d’un génocide. Malgré cela, on a demandé à ce professeur de retirer ce symbole de soutien aux palestiniens.

Nous ne nous y trompons pas. Cette convocation n’était pas un fait divers local. C’était une attaque politique. Une tentative d’intimidation contre un représentant syndical, et à travers lui, contre tous ceux qui refusent de fermer les yeux sur le massacre en cours à Gaza. Une entrave au droit syndical et une forme de répression d’État.

La solidarité a répondu présente. Le 9 février, nombreux étaient ceux rassemblés devant le Rectorat. Mais le combat est loin d’être terminé. Cette convocation n’était qu’un épisode parmi d’autres d’une offensive généralisée.

DU LYCÉE À L’UNIVERSITÉ, LA MÊME LOGIQUE FASCISANTE

Cette offensive généralisée est le fruit d’une pression constante de l’Union européenne et de ses orientations fascisantes, visant à éradiquer toute voix critique envers l’entité sioniste. La répression nous touche dans toutes les sphères de la société, du lycée à l’enseignement supérieur, en passant par les mobilisations dans la rue.

Dans les universités :

– À l’université Sorbonne Nouvelle (1), les syndicats dénoncent un climat de censure politique, des pressions administratives et des convocations disciplinaires contre les militants pro-palestiniens, où la critique de la politique israélienne est honteusement assimilée à de l’antisémitisme.

– À Paris 8 (2), c’est un « saut répressif inédit » qui a été observé : des réunions censurées, et une étudiante carrément convoquée au ministère. La présidence d’université se fait complice de la police politique.

– Aux Beaux-Arts (3), des étudiants qui se mobilisaient ont subi menaces et interdictions. Face à cela, ils ont répondu par une mobilisation massive, montrant que la répression ne fait qu’attiser la flamme de la résistance.

Dans l’Éducation nationale :

– Une enseignante a été suspendue pour avoir simplement observé une minute de silence en hommage aux martyrs de Gaza (4).

Dans le monde académique :

– Un colloque sur les liens entre la Palestine et l’Europe, organisé par la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe du Collège de France, en partenariat avec le Centre arabe d’études et de recherches politiques de Paris, a été annulé après plusieurs jours d’agitation en ligne et de plaintes de la part de médias et d’activistes de droite et pro-israéliens (5).

Plus largement,

– Des intellectuels et militants, comme Shahin Hazamy, subissent des sanctions administratives prolongées, assorties d’interdictions de territoire, sous des prétextes sécuritaires et de lutte contre l’ « extrémisme » (6).

L’AFPS dénonce une « continuité répressive » : enquêtes antiterroristes contre des associations, menaces de dissolution, et surtout la proposition de loi Yadan, qui vise à faire taire la solidarité avec la Palestine en créant un délit spécifique pour les appels à la destruction ou à la négation d’un État.

Face à cette déferlante, une coordination nationale s’est mise en place pour recenser ces cas et briser l’isolement des victimes (7). C’est un outil nécessaire, mais cela ne suffit pas.

L’UNION EUROPÉENNE EST LE MOTEUR DE LA FASCISATION DU CONTINENT

Cette répression n’est pas une anomalie française. Elle est la traduction locale d’une orientation dictée par les traités européens et les classes dominantes du Vieux Continent. L’Union européenne, par son alliance stratégique avec l’OTAN et son soutien indéfectible aux intérêts impérialistes, verrouille l’espace public.

Elle criminalise la solidarité internationale car celle-ci met en lumière le rôle complice des puissances européennes dans le génocide palestinien. En attaquant les libertés syndicales et d’expression, elle tente de désarmer les travailleurs et la jeunesse face à la crise du capitalisme.

En France, cette logique est poussée à son paroxysme. Le Premier ministre Sébastien Lecornu n’hésite pas à critiquer ouvertement la Cour Internationale de Justice, qui alerte depuis deux ans sur le risque plausible de génocide à Gaza, allant jusqu’à qualifier cette alerte judiciaire… d’antisémite (8)(9). C’est une manipulation grossière, mais dangereuse : ils créent la confusion entre antisémitisme et antisionisme pour faire taire toute critique de l’État colonial d’Israël. Cette équation mortifère permet de traiter en ennemi de la République quiconque dénonce l’impérialisme.

NI NEUTRALITÉ, NI SOUMISSION !

Non, nous ne serons pas « neutres » face au massacre d’un peuple.

Dans sa dernière vidéo sur notre chaîne YouTube Jeunesse du Monde, Meriem Laribi a rappelé les principes qui doivent guider notre action en ces temps de réaction : résister au règne du mensonge ; continuer d’informer, de ne pas avoir peur de dire la vérité ; et surtout, critiquer l’État d’Israël dans son fondement colonial, raciste et suprémaciste, en réaffirmant avec force la distinction entre antisémitisme et antisionisme. Car être anticolonialiste, c’est s’opposer au colonialiste, quelle que soit son identité.

Nous exigeons l’abandon de toutes les procédures engagées contre notre camarade de Landerneau et contre tous les militants réprimés pour leur solidarité avec la Palestine.

La solidarité avec la Palestine est un devoir de classe.

Vive la lutte du peuple palestinien !

Vive la solidarité internationale des travailleurs !

Signez et diffusez la pétition : https://framapetitions.org/petition/user/SoutienElorn29/non-a-la-repression-syndicale

Retrouvez la vidéo de Meriem Laribi sur la chaîne YouTube de Jeunesse du Monde.

(1) CGT FERC Sup [Internet]. [cité 22 févr 2026]. Disponible sur: https://cgt.fercsup.net/syndicats/ile-de-france/universite-sorbonne-nouvelle-paris-3/article/contre-la-repression-des-mobilisations-en-soutien-a-la-palestine-dans-notre

(2) Mage LPLP 8 Lisa. Révolution Permanente [Internet]. [cité 22 févr 2026]. Réunions censurées, étudiante convoquée au ministère : un saut répressif inédit à Paris 8. Disponible sur: https://www.revolutionpermanente.fr/Reunions-censurees-etudiante-convoquee-au-ministere-un-saut-repressif-inedit-a-Paris-8

(3) Répression du soutien à la Palestine aux Beaux-Arts : les étudiants répondent par une immense solidarité [Internet]. [cité 22 févr 2026]. Disponible sur: https://www.revolutionpermanente.fr/Repression-du-soutien-a-la-Palestine-aux-Beaux-Arts-les-etudiants-repondent-par-une-immense

(4) Angelou H. Révolution Permanente [Internet]. [cité 22 févr 2026]. Enseignante suspendue pour une minute de silence avec Gaza : tous devant le ministère de l’Education ! Disponible sur: https://www.revolutionpermanente.fr/Enseignante-suspendue-pour-une-minute-de-silence-avec-Gaza-tous-devant-le-ministere-de-l-Education

(5) Association France Palestine Solidarité [Internet]. [cité 22 févr 2026]. La France censure le colloque sur la Palestine organisée par le Collège de France, soulevant des questions sur les limites de la liberté académique dans le pays. Disponible sur: https://www.france-palestine.org/La-France-censure-le-colloque-sur-la-Palestine-organisee-par-le-College-de

(6) A.Ş NYS ve T. France: sanctions prolongées contre Shahin Hazamy | Europe. Yeni Şafak [Internet]. Yeni Şafak; [cité 22 févr 2026]. Disponible sur: https://www.yenisafak.com/fr/video/international/france-sanctions-prolongees-contre-shahin-hazamy-52700

(7) France : Face à la répression des voix pro-palestiniennes, une coordination nationale se met en place [Internet]. [cité 22 févr 2026]. Disponible sur: https://www.aa.com.tr/fr/monde/france-face-à-la-répression-des-voix-pro-palestiniennes-une-coordination-nationale-se-met-en-place/3809333

(8) Dîner du Crif : Sébastien Lecornu condamne l’utilisation du mot génocide à propos de Gaza et maintien ses positions contre Francesca Albanese – L’Humanité [Internet]. [cité 22 févr 2026]. Disponible sur: https://www.humanite.fr/politique/crif/diner-du-crif-antisionisme-criminalise-genocide-a-gaza-nie-et-lfi-cgt-albanese-attaquees

(9) Le Point.fr [Internet]. [cité 22 févr 2026]. Sébastien Lecornu : « L’inéligibilité pour propos antisémites devra être inscrite dans notre droit ». Disponible sur: https://www.lepoint.fr/societe/sebastien-lecornu-veut-inscrire-lineligibilite-pour-antisemitisme-dans-la-loi-UAIR7NASNNDGVP6WBQADXYMMD4/

Joanna – JDM

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