On avait cru à un « avenir radieux », et les gens luttaient indépendamment de leur nationalité : les problèmes communs avant tout ! Un doute se glissa dans l’âme, et les gens commencèrent à se séparer pour regagner chacun son chez-soi national : que chacun ne compte sur soi-même ! « problème national » avant tout ! 1
En date du 14 décembre 2025, le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) a déclaré l’indépendance de la Kabylie de manière unilatérale, lors d’une « cérémonie » à Paris. La question se pose concernant l’opportunisme de cette annonce par un mouvement présent uniquement en France et sans ancrage réel dans le territoire en question. Pourquoi cette annonce tombe après la montée en puissance des tensions entre les gouvernements français et algériens ? Sur fond de crise économique et géopolitique à l’international, n’est-ce pas là une opportunité d’exploitation et de domination ou même de destruction d’une république sur une autre ayant écrit toutes les deux dans leurs constitutions respectives « une et indivisible » ?
Depuis son indépendance, elle a tenu des positions opposées envers les impérialistes qui, en perte fulgurante d’assises et de crédibilité sur les quatre coins du globe, veulent lui en faire payer le prix…

Nous tenons à indiquer que nos préoccupations se tournent avant tout vers l’avenir des peuples face à la montée en puissance des tensions attisées par les puissances capitalistes, impérialistes, hégémonistes en déclin. Pour une coopération des peuples qui œuvre pour la paix et la fin de l’exploitation…
En effet, force est de constater que cette annonce (bien qu’elle n’ait pas eu les relais médiatiques du fait de son absence d’ancrage local et du doute de l’impact qu’elle aurait en Algérie) porte le signal d’une volonté de plus en plus annoncée de rebattre les cartes pour le partage du monde. D’autant plus que les soutiens du MAK sont les USA, Israël et le Maroc (dont ils soutiennent la colonisation du Sahara Occidental). Le cas de cette organisation n’est pas unique : faire ressurgir le particularisme d’une minorité (certes mais occulter le problème originel, c’est-à-dire des rapports sociaux entre les détenteurs de moyens de production et les forces productives : la lutte des classes en somme) n’est pas une innovation.
En effet, depuis l’apparition du capitalisme et son développement qui aboutit sur l’impérialisme : se chercher un allié dans une région, faire pression sur les éléments perturbant le cours du « marché » capitaliste-impérialiste et réassoir une domination ; c’est une caractéristique de l’impérialisme. C’est bien ce que tente l’impérialisme réactionnaire français avec l’Algérie : délaissée par son allié américain (mais qui arrive quand même à soumettre aux pays membres de l’OTAN l’augmentation des budgets militaires) et soumise à l’UE, celle-ci cherche par tous les moyens à s’accaparer de nouveaux marchés, des ressources énergétiques, de la production et des forces productives ne lui appartenant pas mais qui serviront ses intérêts financiers. Tenir en son sein et permettre le développement d’éléments séparatistes petit-bourgeois, voire bourgeois tout court, est un levier d’actions qu’a utilisé à maintes reprises l’impérialisme français. L’exemple phare reste le fameux « France-Afrique » où maintes fois les gouvernements de la Vème République française ont fait preuve d’ingérence dans leurs anciennes colonies, bafouant la souveraineté nationale des pays, voire même sont soupçonnés d’implication dans les assassinats de dirigeants tels que Thomas Sankara (président du Burkina Faso). Nous pouvons de même citer le cas de l’ayatollah Khomeyni (Iran) ou encore plus récemment le cas d’Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire).
À l’heure où le concept d’État-nation est remis en cause par l’impérialisme US qui ne s’est jamais soucié du sort des nations, des peuples malgré toutes ses prétendues actions envers la démocratie, la liberté, mais encore les droits de l’homme (pendant qu’on y est…), il est très important de comprendre là où les classes bourgeoises mènent la danse consciemment ou inconsciemment devant le regard attentif de la grande bourgeoisie, celle qui à l’heure actuelle a du mal à reconnaitre l’avènement d’un monde multilatéral et qui est prête à faire valoir la menace de l’extinction de l’Humanité pour ne pas perdre sa domination économique, idéologique, politique et culturelle sur le monde.
1 La Question nationale et la social-démocratie, Prosvechtchénié, K. Staline, 1913.
Erol H. Biçici pour l’OCF












0 commentaires