
Dans une tribune publiée par Le Monde diplomatique, Frédéric Lordon dénonce les ambitions politiques de Mathieu Pigasse. Le banquier d’affaires s’était installé dans le paysage médiatique comme un candidat pour réaliser la fameuse union des gauches à la présidentielle. Selon Frédéric Lordon, il révèle maintenant son véritable objectif.
Lordon décrit une stratégie en quatre phases : de l’amuseur radiophonique au « présidentiable » de pacotille, puis au « ministrable » et enfin au « ministré réel ». Le financier, propriétaire de la banque Lazard et actionnaire de médias, se présenterait comme le « truchement » indispensable entre LFI et le patronat, celui qui saura parler le langage du capital pour rassurer les milieux d’affaires. « Ministre du truchement, on ne le dira pas comme ça mais ce sera la réalité », écrit Lordon.
Lordon va plus loin : ce poste ne serait qu’une étape. Pigasse préparerait déjà l’après-2032, envisageant de quitter le gouvernement après deux ans pour revenir en « présidentiable sérieux » – celui qui a fait ses preuves aux côtés du capital avant de regagner les rangs de la droite « raisonnable ».
Ce n’est pas la première fois que Mathieu Pigasse, ancien conseiller du gouvernement grec pour la restructuration de sa dette, suscite la méfiance à gauche : en 2010 puis en 2015, il a été impliqué dans les plans d’austérité contre la Grèce. Le banquier est également intervenu au Venezuela pour restructurer une dette estimée entre 170 et 200 milliards de dollars, une mission qui lui a valu des accusations d’accointance avec l’administration Trump, dont il se défend.
Pour Lordon, le parcours de Pigasse illustre la porosité entre la finance et la politique : « Du capital financier au sommet de l’État : un raccourci de l’époque ».
Pour lire le billet de Lordon : https://blog.mondediplo.net/mathieu-pigasse-porte-beau












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