
Le président équatorien Daniel Noboa a signé un décret autorisant la présence de militaires étrangers dans le pays, officiellement pour participer à la lutte contre le crime organisé. Le texte leur accorde une large immunité juridique dans le cadre des opérations menées au nom du « conflit armé interne » déclaré par le gouvernement.
Cette décision vise d’abord les États-Unis, dont l’influence militaire progresse rapidement en Équateur. Noboa assume depuis plusieurs mois son alignement sur Washington, au nom de la « guerre contre les gangs » et le narcotrafic. Derrière ce discours sécuritaire, c’est une vieille logique impérialiste qui revient, consistant à utiliser la crise intérieure d’un pays latino-américain pour y réinstaller des forces américaines, leur garantir l’impunité et renforcer le contrôle stratégique de la région.
L’Équateur avait pourtant inscrit dans sa Constitution l’interdiction des bases militaires étrangères, après la fermeture de la base américaine de Manta en 2009. Le gouvernement Noboa travaille désormais à renverser cet héritage souverainiste, en faisant de la violence criminelle le prétexte d’un retour de la tutelle militaire américaine.
Cette politique place le pays sous dépendance directe de Washington. Les militaires américains pourront intervenir sans rendre de comptes réels à la justice équatorienne, tandis que la lutte contre le crime organisé sert à justifier la militarisation, l’autoritarisme intérieur et l’abandon de la souveraineté nationale.












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