
Moins de deux ans après son arrivée au gouvernement, le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé sa démission lundi 22 juin 2026, cédant à des mois de pression au sein de son propre camp. La voix étranglée, le dirigeant travailliste de 63 ans a déclaré : « Toutes les décisions que j’ai prises ont eu pour objectif de faire passer en premier le pays que j’aime. C’est pourquoi je vais démissionner de mon poste de président du Parti travailliste ».
L’impopulaire chef du gouvernement résistait depuis des mois aux appels à son départ. Mais sa position est devenue intenable après l’élection jeudi au Parlement de son rival au sein du Labour Party, Andy Burnham, désormais en position de briguer la direction du parti et du gouvernement. Plus de 100 députés réclamaient son départ, et son ministre de la Santé avait démissionné dans l’espoir de lui succéder.
Malgré un bilan qu’il a vanté sur l’économie, l’accès à la santé ou le soutien à l’Ukraine, Keir Starmer a déclaré avoir entendu le message de son parti : « La question que mon parti se pose aujourd’hui est de savoir si je suis le mieux placé pour nous mener aux prochaines élections législatives. J’ai pris connaissance de la réponse de mon groupe parlementaire et j’accepte cette réponse ». Sa politique budgétaire critiquée et la nomination controversée de l’ancien ambassadeur Peter Mandelson ont alimenté la défiance.
Keir Starmer restera en poste jusqu’à la désignation de son successeur à la tête du Labour. Il a précisé avoir informé le roi Charles III de sa décision et demandé au Comité exécutif national du parti d’établir un calendrier prévoyant l’ouverture des candidatures le 9 juillet et leur clôture le 1er septembre, avant la reprise des travaux du Parlement.
Andy Burnham, populaire maire du Grand Manchester, est le grand favori pour lui succéder. Il doit être officiellement investi député lundi vers 14h30 locales, une étape indispensable pour prétendre à la direction du parti travailliste. Nigel Farage, chef du parti Reform UK, en tête des sondages nationaux depuis des mois, a appelé à de nouvelles élections législatives. Mais le Labour Party gardant une large majorité au Parlement, des législatives ne sont pas prévues avant 2029.
Avec cette démission, le Royaume-Uni s’apprête à connaître son septième Premier ministre depuis le vote du Brexit il y a dix ans.












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