
© Carlos Jasso/ Pool Photo via AP
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé vouloir interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans à partir du printemps 2027. Selon lui, les plateformes sont « conçues pour être addictives », alimentent le harcèlement et nuisent à la santé mentale des enfants. Le gouvernement britannique entend s’inspirer du modèle australien, où une interdiction similaire est entrée en vigueur en décembre 2025.
La France avance dans la même direction, mais avec un seuil fixé à 15 ans. Une loi de juillet 2023 a déjà instauré une « majorité numérique » à cet âge : les réseaux sociaux doivent refuser l’inscription des moins de 15 ans sans autorisation parentale, mais le dispositif n’est toujours pas réellement appliqué faute de décret et de validation européenne. Le gouvernement français veut désormais aller plus loin, avec une interdiction d’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans dès la rentrée 2026, tandis qu’une proposition de loi a été examinée au Parlement pour renforcer la vérification de l’âge et limiter l’exposition des mineurs aux plateformes.
Ce mouvement franco-britannique marque un aveu : les grands monopoles numériques, principalement américains, ont construit leur puissance sur la captation massive de l’attention, y compris celle des enfants. Derrière les discours sur la « liberté d’expression » et l’« ouverture au monde », les réseaux sociaux fonctionnent comme des machines industrielles d’addiction, de profilage et de marchandisation des comportements.
Reste que ces réponses demeurent profondément limitées. Paris comme Londres prétendent protéger les mineurs tout en laissant intacte la propriété privée des plateformes et leur domination sur l’espace public numérique. La question n’est donc pas seulement celle de l’âge d’accès aux réseaux sociaux : c’est celle de la mainmise des monopoles capitalistes sur les outils de communication, d’information et de socialisation.












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