
La Banque centrale européenne a décidé, le 11 juin, de relever ses trois taux directeurs de 0,25 point. À compter du 17 juin, le taux de dépôt passera à 2,25 %, le taux de refinancement à 2,40 % et le taux de prêt marginal à 2,65 %. Il s’agit de la première hausse depuis 2023, officiellement justifiée par la reprise de l’inflation, notamment sous l’effet des tensions énergétiques liées à la guerre au Moyen-Orient.
Derrière le langage technocratique de Francfort, la logique reste la même : faire payer aux travailleurs, aux ménages endettés, aux petites entreprises et aux États la crise produite par l’ordre capitaliste mondial. La hausse des taux renchérit le crédit immobilier, freine l’investissement productif et pousse les gouvernements européens à redoubler de rigueur budgétaire, alors même que la croissance de la zone euro reste fragile.
La BCE prétend lutter contre l’inflation, mais elle ne contrôle ni les prix de l’énergie, ni les chaînes d’approvisionnement, ni les effets économiques des guerres soutenues par le bloc atlantique. En réalité, cette politique protège d’abord la crédibilité de l’euro et les intérêts du capital financier. Une fois encore, l’Union européenne confirme sa nature profonde : une machine disciplinaire, où la souveraineté populaire s’efface devant les marchés, les banques centrales et les traités.












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