
Les députés turcs ont adopté lundi 10 août une loi ouvrant la voie à la réintégration des combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) renonçant aux armes. Le texte, officiellement intitulé « Loi sur le renforcement de la solidarité nationale et de l’intégration sociale », a été voté par 468 voix sur 562 au terme de douze heures de débat.
La loi suspend les poursuites et l’exécution des peines pour certaines infractions pendant cinq à dix ans. En l’absence de récidive, les enquêtes seront classées et les peines considérées comme purgées. Les auteurs des crimes les plus graves, comme les homicides volontaires, en restent exclus. Environ 3 500 anciens membres de la guérilla, sur près de 10 000 détenus, pourraient être libérés lors d’une première phase, selon des députés turcs.
Le texte s’inscrit dans le processus de paix lancé fin 2024, après que le PKK a annoncé sa dissolution et procédé à une cérémonie de dépôt d’armes en juillet 2025 dans le nord de l’Irak. Il ne prévoit pas d’amnistie générale et ne mentionne pas Abdullah Öcalan, fondateur du mouvement, emprisonné depuis 1999. Selon le vice-président Cevdet Yilmaz, le sort du dirigeant kurde « ne relève pas de cette loi ».
Porté par l’AKP du président Erdogan, par son allié nationaliste du MHP et par le parti pro-kurde DEM, le texte a aussi été soutenu par la principale force d’opposition social-démocrate. La présidence turque a salué une « étape historique » vers « une Turquie sans terrorisme ».
Le PKK lui-même a toutefois dénoncé dimanche les « graves erreurs et lacunes » du texte, estimant qu’il ne règle pas la question kurde dans son ensemble. La libération d’Öcalan, la reconnaissance des droits politiques de la population kurde et le statut des combattants restés retranchés demeurent en suspens : le processus engagé par Ankara reste, pour l’heure, un désarmement plus qu’un règlement politique.












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