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L’Assemblée nationale a voté une résolution condamnant le gouvernement géorgien

par | Mai 16, 2026 | Brèves | 0 commentaires

Le 11 mai dernier, l’Assemblée nationale a adopté une résolution visant à condamner la « dérive illibérale et autoritaire » du gouvernement géorgien et à réaffirmer son soutien à l’intégration européenne de la Géorgie. Le texte a été voté par 68 députés, contre 28, le seuil de 49 voix nécessaires ayant été franchi. Les groupes Ensemble pour la République (macronistes), socialistes, écologistes et Les Républicains ont voté pour ; La France insoumise et le Rassemblement national ont voté contre.

La résolution appelle la France, en coordination avec ses partenaires européens, à soutenir des sanctions ciblées contre Bidzina Ivanichvili, fondateur du parti Rêve géorgien, ainsi que contre ses proches. Elle demande également aux autorités françaises de réexaminer les circonstances dans lesquelles Ivanichvili a reçu la Légion d’honneur, et d’envisager de la lui retirer. Le document condamne en outre ce qu’il considère comme des violations des droits humains fondamentaux, des restrictions à la liberté d’expression et de réunion, ainsi qu’un usage disproportionné de la force contre les manifestants pro-européens. Il fait référence à une enquête de la BBC sur l’utilisation possible de substances chimiques lors de la répression.

Sur le plan institutionnel, la résolution exhorte l’Union européenne à maintenir la suspension effective du processus d’adhésion de la Géorgie, jusqu’à ce que le pays remplisse certaines conditions – garantie du pluralisme politique, protection des droits fondamentaux, tenue d’élections libres et régulières. Elle encourage également le gouvernement français à soutenir les « acteurs démocratiques » en Géorgie (ONG, médias indépendants, institutions académiques) et à dénoncer publiquement « l’ingérence extérieure », qualifiée dans le texte d’« influence du régime russe ». Enfin, la résolution demande la libération immédiate des prisonniers politiques, y compris des figures de l’opposition et des manifestants, et préconise que le futur train de sanctions européen inclue des mesures destinées à empêcher le contournement des sanctions internationales contre la Russie via le territoire géorgien.

En réalité, ces « dérives autoritaires » dénoncées par Bruxelles servent surtout de prétexte pour ramener la Géorgie dans le giron du bloc impérialiste euro‑atlantiste. L’Union européenne, loin d’être un modèle de vertu démocratique, agit ici comme un acteur géopolitique cherchant à étendre sa sphère d’influence en exigeant que Tbilissi rompe tout lien avec la Russie. Plutôt que de favoriser une solution diplomatique respectueuse de la neutralité géorgienne, cette résolution vise à transformer le pays en un nouveau champ de bataille par procuration contre Moscou, dans une logique de confrontation qui a déjà montré ses effets catastrophiques en Ukraine. En votant ce texte, l’Assemblée nationale française choisit délibérément l’escalade militaire et politique, au détriment d’une paix durable dans la région.

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