Le 26 avril 1986, l’explosion du réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine soviétique, provoquait l’une des plus graves catastrophes industrielles du XXe siècle. Séries télévisées, jeux-vidéos, « arrêt du nuage radioactif à la frontière » : quarante ans plus tard, cet événement tragique continue de faire parler de lui. Mais au-delà de l’émotion qu’il suscite, Tchernobyl est aussi devenu un objet politique, largement instrumentalisé par les puissances impérialistes. À l’heure où la guerre en Ukraine fait peser de nouveaux risques nucléaires sur l’Europe, il est nécessaire de revenir sur cette catastrophe avec lucidité, sans céder à l’antisoviétisme dominant.

Une catastrophe réelle, affrontée par un État socialiste
L’accident de Tchernobyl est le résultat d’une combinaison de facteurs techniques et humains. Le réacteur de type RBMK présentait des défauts de conception connus, aggravés par des erreurs commises lors d’un test mal encadré. Ces éléments sont factuels et il ne s’agit nullement de les minimiser ou de les contester.
Mais il est tout aussi essentiel de rappeler la réponse apportée par l’Union soviétique. Des centaines de milliers de travailleurs — les « liquidateurs » — furent mobilisés pour contenir l’incendie, limiter la dispersion radioactive et construire en urgence un sarcophage autour du réacteur, sauvant ainsi l’Europe et le monde d’une catastrophe aux conséquences imprévisibles. Des villes entières furent évacuées. Cette mobilisation massive témoigne de la capacité d’un État socialiste à agir rapidement pour protéger sa population, dans des conditions extrêmes à des années lumières de la gestion calamiteuse de l’épidémie de Covid-19 par nos gouvernements bourgeois.
Une arme idéologique contre le socialisme
Comparé aux catastrophes survenues dans des pays capitalistes, comme celles de Three Mile Island aux États-Unis ou de Fukushima au Japon, l’accident de Tchernobyl a bénéficié d’une couverture médiatique disproportionnée. Aujourd’hui comme hier, la catastrophe a été exploitée par les puissances impérialistes comme un outil de guerre idéologique. L’accident fut présenté comme la preuve de « l’échec » du socialisme, occultant volontairement les responsabilités techniques ou individuelles et les réalités propres à toute industrie nucléaire.
Cette instrumentalisation s’inscrit dans un contexte plus large : celui de l’offensive politique et médiatique menée contre l’URSS dans les années 1980, assistée par la politique capitularde de Mikhaïl Gorbatchev. Tchernobyl a ainsi contribué à nourrir un récit visant à délégitimer le modèle soviétique, en exagérant certains aspects tout en passant sous silence les catastrophes similaires survenues en Occident. Quarante ans plus tard, ce récit reste dominant voire hégémonique dans la presse et les diverses productions culturelles occidentales, empêchant une compréhension objective des faits et de leurs implications.
Ukraine : la menace nucléaire toujours présente
Aujourd’hui, le risque nucléaire n’a pas disparu et a même pris une dimension nouvelle avec la guerre en Ukraine. La centrale de Zaporijjia, la plus grande d’Europe, est aujourd’hui au cœur des tensions qui émaillent la ligne de front. Le régime de Kiev, soutenu par l’OTAN, n’hésite pas à utiliser le risque d’un accident nucléaire comme levier politique et médiatique, sans que l’on ne sache toujours s’il s’agit de prévenance bien intentionnées ou de menaces terroristes ouvertes.
Toujours est-il que cette stratégie porte ses fruits médiatiques. La question de l’administration de la centrale par les forces russes ou ukrainiennes et les risques liés à la lutte pour son contrôle font office de véritable marronnier dans les revues de presse internationales. Cette brique de plus participe, comme toujours, à édifier la muraille de propagande justifiant l’escalade militaire portée par l’OTAN et l’implication croissante de ses pays membres dans le conflit.
Aujourd’hui, c’est bien la guerre impérialiste et non l’énergie nucléaire qui fait peser la menace la plus grave sur la sécurité des populations d’Ukraine et d’ailleurs.
Jérémy C












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