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Réforme du DPE : Les classes populaires écrasées entre la bourgeoisie nationale et l’impérialisme

par | Jan 18, 2026 | Actualités nationales | 0 commentaires

À compter du 1ᵉʳ janvier 2026, la réforme sur le DPE prend acte. Le DPE est un indicateur essentiel pour l’achat, la vente et la location d’un logement. Il signifie « diagnostic de performance énergétique ». Comme son nom l’indique, il est un outil de mesure de la qualité de l’isolation et du chauffage d’un logement ou d’un bâtiment. Cet outil est ainsi conçu pour mieux mesurer les travaux de rénovation mais aussi permettre de fournir un indicateur pour les acheteurs et locataires de la qualité énergétique du logement. Il s’agit dans le même temps d’un indicateur écologique qui mesure les émissions de gaz à effet de serre émis par le chauffage du logement.

            Le DPE est un classement allant de A à G. Il est calculé à partir d’un coefficient de conversion à l’électricité, qui pour cette réforme passe de 2,3 à 1,9. Ce petit changement a pour effet de sortir 850 000 logements classés de F à G de leur cotation « passoires thermiques ». Cette mesure est présentée comme étant conçue pour mettre en avant l’énergie électrique pour le chauffage, ce qui pose deux problèmes politiques : tout d’abord, ce changement de calcul est une mesure décorrélée de la réalité puisque l’isolation et le bien-être, économique et physique, de ceux qui vivent dans le logement ne sont plus aussi bien pris en compte ; ensuite, il est bien beau de mettre en valeur l’énergie électrique tandis que notre parc nucléaire est laissé à l’abandon et que l’Union européenne s’oppose fermement au nucléaire par l’intermédiaire des Allemands qui s’en sont récemment débarrassés (quand on voit le résultat chez eux…). Le tout se déroule dans un contexte de pression des États-Unis qui ont besoin de sécuriser un marché pour vendre leur gaz et leur pétrole de schiste. Ainsi, cette réforme ne peut être analysée uniquement sous un prisme national. Rappelons notamment la forte augmentation du coût du chauffage depuis la guerre en Ukraine et la destruction du Nord Stream 2 ; une opération de sabotage qui avait été pilotée par les États-Unis et la Norvège.

             Ainsi, ce changement de calcul du DPE s’inscrit dans la juste continuité de la politique néolibérale, à laquelle nous sommes habitués depuis quarante ans, mais aussi à la vassalisation de notre pays. Elle a pour objectif de favoriser la vente et la location de biens mal isolés, d’augmenter les bénéfices des entreprises de l’immobilier et d’arranger les rentiers. Il est important de noter que cette mesure énergétique, déjà bien absurde, a été commentée par Loïc Cantin, président de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim), comme insuffisante. Ce dernier aurait souhaité voir un abaissement du coefficient à 1,5 ; permettant ainsi de revendre plus cher et plus facilement ses « passoires thermiques ». La mesure est présentée comme un vœu d’équité entre les chauffages à l’électrique et ceux au gaz ou au fioul, mais il ne s’agit en réalité que d’un arrangement entre investisseurs et rentiers pour écraser toujours plus les classes populaires, et augmenter leur marge sur un besoin primaire. Dans ce contexte, il me semble donc essentiel de rappeler que le nombre de sans-abris a doublé au cours de la dernière décennie et des deux mandats de Macron, passant de 143 000 en 2012 à 350 000 en 2024 selon La Fondation pour le logement.

Arno

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