
Le Parti communiste de Pologne, KPP, a été réintégré au registre officiel des partis politiques après avoir fait appel de la décision qui visait à le radier. La tentative d’interdiction s’appuyait sur une décision du Tribunal constitutionnel polonais, juridiction dont le fonctionnement est lui-même contesté, et dont le jugement n’avait pas été publié. Le KPP a donc fait valoir que cette décision ne pouvait pas servir de base juridique à l’interdiction d’un parti politique. Le parti demeure ainsi légalement enregistré et poursuit son activité.
Cette victoire juridique est un revers pour l’offensive anticommuniste menée en Pologne depuis des années. Sous couvert de défense de la « démocratie » et des « valeurs européennes et chrétiennes », les autorités polonaises cherchent à criminaliser l’existence même d’un parti communiste, en assimilant frauduleusement le communisme au fascisme. L’appel de soutien signé par 124 intellectuels, syndicalistes, responsables politiques et militants français a d’ailleurs dénoncé cette falsification historique et rappelé que la Constitution polonaise ne prévoit pas l’interdiction d’un parti pour ses idées, mais seulement pour ses méthodes.
Le cas polonais illustre une tendance lourde dans l’Europe de l’Est intégrée au bloc euro-atlantique : réhabiliter les forces réactionnaires, effacer le rôle historique des communistes dans la lutte antifasciste, et frapper les organisations ouvrières au nom d’un antitotalitarisme de façade. La réintégration du KPP au registre légal ne met pas fin à cette offensive, mais elle montre que la répression anticommuniste peut être mise en échec lorsqu’elle se heurte à la solidarité internationale et à ses propres contradictions juridiques.












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