Lionel Jospin est mort à 88 ans. Avec lui disparaît une figure centrale de la dérive social-démocrate en France, celle qui aura accompagné la liquidation progressive des conquis sociaux issus du mouvement ouvrier au nom de “l’adaptation” à la mondialisation capitaliste.

Si son passage à Matignon s’est accompagné de quelques mesures sociales comme les 35heures, il restera surtout marqué par l’acceptation revendiquée de “l’économie de marché”, c’est-à-dire de la domination du capital sur le travail. Sous couvert de modernisation, son gouvernement a poursuivi les privatisations et enfermé la France derrière les barreaux de l’Union européenne, contribuant à désarmer politiquement et idéologiquement le monde du travail.
Son élimination dès le premier tour de la présidentielle de 2002 n’aura été au fond que le résultat logique de cette politique : en renonçant à toute rupture avec le capitalisme et en tournant le dos à la souveraineté nationale et populaire, cette fausse « gauche » a ouvert un boulevard à l’extrême droite et accéléré la fascisation du pays.
On rappellera également que Jospin avait été un trotskyste lambertiste envoyé par l’OCI (Organisation Communiste Internationaliste –> courant lambertiste) pour intégrer le PS et tenter d’en subvertir la ligne. Au final, il n’a fait qu’intégrer pleinement l’appareil du Parti et la logique opportuniste de la social-démocratie. Ce parcours illustre une impasse stratégique : celle de l’entrisme, qui, loin de subvertir les appareils réformistes de l’intérieur, conduit en réalité à s’y adapter jusqu’à en épouser les logiques, voire à en devenir un gestionnaire zélé.
Au-delà de sa personne, c’est donc toute une orientation qu’illustre Jospin : celle d’une « gauche » qui trahit, qui s’est faite le gestionnaire loyal d’un système qu’elle prétendait autrefois combattre, et qui porte la lourde responsabilité d’avoir désarmé politiquement la classe ouvrière et l’ensemble des travailleuses et travailleurs de notre pays.
C’est donc les yeux secs que nous prenons acte de sa mort, et que nous répétons cette nécessité qui se manifeste avec toujours plus d’évidence : Sortir de l’UE et de l’euro, Sortir de l’OTAN, Sortir du Capitalisme !












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