La récente séquence parlementaire autour du budget de l’État pour 2026 a une fois de plus mis en lumière l’effondrement démocratique du régime politique français et la crise de gouvernabilité dans laquelle se débat l’exécutif macroniste. Après des mois de débats et d’impasses à l’Assemblée nationale, le gouvernement de Sébastien Lecornu a choisi, non sans cynisme, de recourir une nouvelle fois à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le projet de loi de finances sans vote des parlementaires. Cette trahison ouverte de toute prétendue souveraineté parlementaire s’est poursuivie jusqu’à ce lundi 2 février, lorsque deux motions de censure déposées en réaction à ce passage en force ont été rejetées, scellant ainsi l’adoption définitive du budget.
Ce recours systématique au 49.3 — outil constitutionnel permettant de faire adopter un texte sans vote, sauf renversement du gouvernement — est devenu le levier central d’un exécutif qui n’est pas en mesure de tenir une majorité parlementaire pour faire passer un texte aussi fondamental qu’une loi de finances. Le gouvernement avait déjà utilisé cette procédure sur la partie « recettes » du budget, puis sur la partie « dépenses », avant d’engager sa responsabilité sur l’ensemble du texte pour en verrouiller l’adoption.

Un simulacre de démocratie parlementaire
Les motions de censure déposées par LFI et par le RN ont toutes deux été rejetées faute d’atteindre le seuil requis de 288 voix.
Le PS a une fois de plus refusé de voter ces motions, comme il l’avait fait lors des précédentes tentatives de censure. Par son refus de voter les motions de censure, le Parti socialiste s’est montré déterminant pour sauver l’exécutif et assurer l’adoption du texte. C’est bien grâce à la mansuétude des socialistes que le 49.3 a pu jouer pleinement son rôle de bulldozer institutionnel pour imposer ce budget.
Cette attitude du PS n’est pas un simple hasard tactique : elle marque l’absorption définitive de cette force politique par l’appareil macroniste. En refusant d’exiger la chute d’un gouvernement qui piétine les promesses de démocratie et s’en remet sans vergogne aux outils d’exception constitutionnelle, le PS a renoncé à toute opposition crédible, devenant de fait la dernière béquille institutionnelle d’un exécutif illégitime.
Le budget 2026 : une capitulation parlementaire au service du capital et de l’UE
Ce texte budgétaire, poussé à coups de 49.3, n’est pas un projet qui sort d’une impasse technique, mais l’expression politique d’une orientation d’austérité imposée par les traités européens du capital et par les marchés financiers. Loin d’être un compromis entre des visions divergentes, il reproduit les lignes directrices de la politique budgétaire commanditée par l’Union européenne — notamment l’objectif de réduction du déficit public, la discipline des comptes publics et la mise en place de sacrifices sociaux au nom de la « confiance des marchés ».
Le 49.3 n’est pas une manœuvre tactique isolée : il est le symptôme institutionnel de l’impossibilité, pour un gouvernement bourgeois, d’obtenir l’aval d’un Parlement fragmenté sur un texte qui ne fait que concrétiser une politique subordonnée aux critères européens. Ce budget, aujourd’hui adopté sans vote, incarne l’abdication de la souveraineté populaire au profit du cadre européen du capital financier.
Au cœur du débat politique : une seule issue ?
Cette séquence confirme que le régime politique actuel est en crise profonde : incapable de faire adopter un budget par ses représentants élus, prêt à utiliser des procédures d’exception pour imposer des politiques d’austérité, et dépendant d’alliances instables où la seule constante est la préservation des intérêts du capital.
Face à cela, le véritable enjeu politique ne peut être réduit à des discussions techniques ou à des arrangements parlementaires entre appareils de parti. Il s’agit de remettre en cause le cadre institutionnel et européen qui rend ces attaques sociales possibles, et de lutter pour une sortie démocratique des traités qui subordonnent la politique budgétaire aux marchés financiers et aux impératifs du capital.
Ce combat exige de nommer clairement ceux qui, comme le PS, ont décidé de sauver l’institution au prix de toute prétention démocratique et sociale, et de tracer une voie qui affronte frontalement l’Union européenne, l’euro, l’OTAN et le régime macroniste lui-même — seule perspective capable de restaurer une démocratie au service des classes populaires.
Un camarade












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