Emmanuel Maron, petit énarque qui a réussi à faire son trou dans la banque et la haute bourgeoisie, met en place depuis 2017 une logique comptable et bancaire des plus réactionnaires. Une politique qui frise l’absurde, jusqu’à fermer des lits d’hôpitaux pendant la crise du Covid. Bien entendu, il n’est pas l’unique responsable, mais il est intéressant de noter l’incroyable constance de sa politique de gestion budgétaire, qui ne cesse de faire des économies de chandelles (pour mieux venir à la rescousse de la bourgeoisie et dépenser au moindre mécontentement).
La fermeture de lits en soin intensif est un excellent exemple de l’absurdité de la logique comptable, qui est une négation du réel. Ces fermetures avaient pour objectif de rééquilibrer la balance budgétaire de l’hôpital. Les lits de soin intensif étaient ainsi présentés comme trop nombreux par rapport à l’afflux moyen de patients dans l’hôpital. La logique comptable souhaite s’adapter au taux d’occupation des lits, et donc tendre vers la moyenne d’occupation. Cette position frôle la stupidité puisque la moyenne est un nombre calculé sur les périodes de haute et de faible intensité, ainsi elle ne correspond à aucune réalité de terrain. Si en moyenne, les onze lits d’un hôpital ne sont utilisés que par cinq patients, cela ne signifie pas que les onze lits ne sont pas nécessaires pour répondre à la pression d’une affluence soudaine de patients. La logique comptable gomme le réel en mobilisant des outils inadaptés pour le décrire. In fine, la résilience de l’hôpital public est détruite pour faire des économies, et ce sont les patients et les soignants qui subissent les conséquences d’un matériel inadapté.
La logique comptable est donc mobilisée pour l’ensemble des services publics, c’est-à-dire tous les organes pour lesquels elle est inadaptée. Le néolibéralisme dans toute sa splendeur utilise la gestion privée dans un service essentiel qui ne peut pas dégager de rentabilité. Le gouvernement de Sébastien Lecornu a donc eu la merveilleuse idée de prolonger ce mode de gestion dans l’éducation nationale avec la fermeture planifiée de nombreuses classes dans le budget de 2026. D’après Public Sénat, ce sont 3 256 postes qui seront supprimés dans l’école publique, 1 891 postes en maternelle et à l’école primaire, et 1 365 dans le secondaire.

Notre ministre de l’Éducation nationale, énarque de son état, nous défend sa mesure comme une adaptation à la réalité du terrain, à savoir une baisse démographique « historique », qui appelle à une adaptation budgétaire. Il déclare ainsi : « Nous inversons la logique en partant du terrain et des réalités démographiques et géographiques de chaque territoire, pour construire ensuite le futur schéma d’emploi local. Cette nouvelle approche replace pleinement l’École au cœur des enjeux d’aménagement du territoire, avec une vision à long terme ». Bien entendu, il s’agit d’un faux argument pragmatique, la réalité est comptable : « Nous ne pouvons pas ne jamais tenir compte du contexte démographique et budgétaire, à plus forte raison avec 3 400 milliards d’euros de dettes », a-t-il déclaré devant le Sénat en mars dernier. Bien entendu, tout ceci relève de l’économie de bout de chandelle puisque la commission des finances du Sénat a chiffré à 75 millions d’euros l’économie réalisée par ces suppressions de postes, sur un budget total de 64,5 milliards d’euros. En sommes, ces économies et ces « adaptations » ne représentent absolument rien dans le budget de ce ministère.
Pourtant, les conséquences sont bien réelles et désastreuses. Les territoires ruraux de plus en plus défavorisés devraient bénéficier d’une adaptation à leurs besoins pédagogiques, la réduction du nombre d’élèves est une aubaine pour une éducation de meilleure qualité sans création de postes ou investissement conséquent. Les classes sont surchargées depuis des dizaines d’années, avec plus de trente élèves par classe dans le secondaire. Cette suppression de poste qui se veut être une adaptation rationnelle à l’évolution de la situation concrète est un mensonge. La baisse démographique permet de rééquilibrer une situation de tension, la suppression des postes rajoute de la souffrance aux enseignants et des difficultés aux élèves, qui auraient pourtant pu bénéficier de la nouvelle conjoncture pour un moindre coût.
En outre, il faut comprendre l’avalanche de conséquences à la fermeture d’une classe ou d’une école. Comme le dit Grégoire Ensel, vice-président du syndicat de parents d’élèves FCPE, « c’est tout le tissu associatif, tout le tissu relationnel, toute la vitalité du village ou du quartier qui est impactée », c’est en fait accélérer la destruction de l’organisation sociale et la désertion des campagnes. Mais ce n’est pas tout, dans le contexte actuel de choc pétrolier, les parents vont devoir amener leurs enfants dans des écoles à 10, 15, voire 20 km de chez eux. Ce qui entraine un cout non négligeable pour les travailleurs, qui perdent du temps pour les trajets, et creuse encore plus un salaire déjà inadapté aux couts de la vie.
En bref, l’école publique, comme l’ensemble des services essentiels de la population, est gérée comme une entreprise par une logique comptable qui efface toute la complexité du réel. Les conséquences et les souffrances de ces décisions sont effacées et justifiées par la dette publique ; qui, au passage, a été contractée par la gestion catastrophique des deux mandats du gouvernement d’Emmanuel Macron et qui, comme nous l’expliquions dans un précédent article (1), ne serait pas un problème sans l’Union européenne. La dette ne se résout pas en réduisant les coûts, mais en augmentant les recettes et en sortant de l’euro et de l’Union européenne. La bourgeoisie souhaite un retour à l’état d’origine de l’organisation politique de l’État : un système d’oppression pour protéger la propriété privée, assurer le vampirisme de la force de travail et redistribuer la richesse dans la haute bourgeoisie lors des crises inévitables du capitalisme…
Arno – JDM












Dans la Loire c’est 77 classes qui sont supprimés par ces enflures.
J’espère qu’on va réussir a réagir collectivement a l’échelle de tous les territoires
La comptabilité n’a rien à voir là-dedans. Ce qui est en question ce sont les choix budgétaires et donc les choix politiques. Là où la technique comptable ne fait que transcrire la réalité, la logique budgétaire détermine des choix (réalistes ou non). Par conséquent, c’est pour masquer ces choix que la presse bourgeoise reprend sans cesse le terme de « logique comptable », la comptabilité est une technique qui sera nécessaire dans une société socialiste pour la planification et arrêtez de la vilipender par suivisme car ce sont les choix budgétaires et fiscaux qui sont déterminants dans la lutte des classes, pas la comptabilité.