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Macron et la « dissuasion avancée » : vers une Europe supranationale sous parapluie nucléaire…

par | Mar 3, 2026 | Actualités nationales | 0 commentaires

Le 2 mars 2026, depuis la base sous-marine de l’Île Longue, Emmanuel Macron a annoncé une révision majeure de la doctrine nucléaire française. La France va augmenter son arsenal nucléaire, mettre fin à toute transparence sur leur nombre, et instituer une « dissuasion avancée » : une doctrine qui associe plus étroitement plusieurs pays européens — Royaume-Uni, Allemagne, Pologne, Pays-Bas, Belgique, Grèce, Suède et Danemark — à des exercices, à l’accueil potentiel de forces nucléaires françaises sur leur sol et à des coopérations capacitaires, certes tout en conservant la décision finale exclusivement française.

Emmanuel Macron, lors de son discours le 2 mars 2026

Macron présente cette « dissuasion avancée » comme une réponse aux risques du moment : face à une Russie « aux portes de l’Europe », face à la guerre en Iran qui menace les bases militaires françaises et européennes, et face à la réduction des engagements militaires américains en Europe sous l’administration Trump, il s’agit pour lui de faire de la France un bouclier nucléaire européen. Cette évolution confirme une analyse que nous avions déjà faite à plusieurs reprises (1) : Trump ouvre une fenêtre historique dans laquelle Macron s’engouffre pour tenter de réaliser les aspirations historiques de la France concernant l’Europe, à savoir lui doter d’une relative autonomie stratégique sur le plan militaire, là où l’Allemagne est historiquement attachée au parapluie militaire américain.

Mais cette Europe que Macron pousse en avant n’a rien à voir avec une coopération fraternelle entre peuples libres et souverains ; elle est un projet d’État supranational militarisé, fascisant, guerrier et totalement au service du capital financier européen ET américain. Car ne nous leurrons pas, si les États-Unis diminuent leur engagement militaire en Europe, jamais ils ne cesseront leur main-mise économique et politique. Les États-Unis veulent le beurre et l’argent du beurre : que l’Europe leur reste toujours plus inféodée tout en s’investissant le moins possible dans la défense des intérêts impérialistes proprement européens.

L’heure est claire : sortir du carcan de l’Union européenne, de ses orientations bellicistes et de sa course à l’armement n’est pas seulement une exigence souverainiste ; c’est la condition de la paix, de la démocratie et de la reconquête des moyens publics pour les besoins populaires dans un monde qui depuis longtemps n’a pas été aussi dangereux et incertain. Macron a voulu faire de ce moment une étape vers l’« Europe puissance » ; qu’il soit au contraire compris comme la confirmation que l’UE est structurellement incompatible avec la paix et la souveraineté nationale et populaire.

William – JDM

(1) https://jeunessedumonde.fr/2025/05/29/la-tete-de-pont-de-la-democratie-nous-mene-a-la-guerre/ ; https://jeunessedumonde.fr/2025/07/03/le-nouveau-tandem-macron-merz-en-route-vers-larmee-europeenne/

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