Le 21 février 1944, le résistant franc-tireur partisan, section main-d’œuvre immigrée Missak Manouchian, exprimait ses dernières volontés avant d’être exécuté par l’occupant le 21 février 1944 : « Bonheur à ceux qui vont nous survivre ».
Ces mots ont résonné jusqu’à notre époque actuelle, puisque tous ces éléments qui accusent — à la suite de la mort du militant identitaire Quentin, survenue dans des circonstances défavorables à la légitimation de la posture victimaire inlassablement relayée dans toute la sphère médiatique sous domination bourgeoise — se sont rués sur la panthéonisation de ce héros de la nation française. Mais que se passe-t-il maintenant pour ceux qui voulaient être aux premières loges lors de la cérémonie en hommage à un résistant communiste et ouvrier, et qui aujourd’hui révèlent leur anticommunisme sous couvert de lutte contre l’extrême gauche, ce qui revient en définitive à une lutte contre le travailleur et à un durcissement de l’ordre actuel en crise ?
De fait, « le ventre est resté toujours fécond d’où a surgi la bête immonde », comme l’écrivait à son époque Bertolt Brecht, et dans le contexte actuel, les perspectives n’offrent guère de signes encourageants quant à la résolution des crises présentes par ceux qui revendiquent à longueur de journée si peu de réel patriotisme pour beaucoup d’assouvissements aux poteleurs potelés de l’ordre capitaliste actuel. Il suffit de piocher dans le programme de Bardella lors des dernières élections législatives pour comprendre qu’ils n’ont aucune intention de résoudre les crises ni les contradictions par de réelles alternatives progressistes et pérennes, mais plutôt simplement de remplacer les dirigeants en place pour renouveler les griffes lacérantes de ce capitalisme mortifère et criminogène. Le principe demeure le même que celui décrit par Gabriel Péri en 1941, dans sa brochure « Non, le nazisme n’est pas le socialisme ».
« Nous sommes entrés dans l’ère des grands et irrévocables bouleversements. » Cette phrase a été dite et imprimée cent fois depuis huit mois. Il n’est pas très sûr, d’ailleurs, que tous ceux qui l’ont prononcée ou écrite l’aient pensée au préalable. Dans tous les cas, elle exprime chez les uns une résignation attristée ; chez les autres une curiosité inquiète ; chez d’autres un soulagement et une délivrance. Pour certains, elle amorce une manœuvre subtile mais de grand style : crier très fort que l’ère des grands bouleversements a commencé, ce peut être un moyen de dissimuler les efforts souterrains que l’on tente pour conserver sous un nom nouveau le vieil ordre des choses.«
1941, l’année de son exécution par l’occupant pour lequel la filiation avec ceux qui « trustent » les urnes et le devant de la scène à l’heure de la nouvelle « ère » technologique n’est pas difficile à établir, et ce sans la moindre approche partisane.

Pour en revenir à ce qui concerne l’affaire Quentin liée au groupe identitaire Némésis, rappelons certaines choses : L’étymologie du nom Némésis dérive du grec ancien et signifie répartir équitablement, distribuer ce qui est dû : Redistribuons comme il se doit l’historique et les processus de jaillissement de ces multiples organisations d’extrême droite. Citons toujours Gabriel Péril :
« Pour assurer leur pouvoir, les oligarchies doivent renoncer au système de gouvernement démocratique. Elles recourent au terrorisme. Elles deviennent antidémocratiques et réactionnaires. Pour mener à bien leur entreprise, il leur faudra tenter de détourner les masses ouvrières de la voie révolutionnaire, de les maintenir sous la domination de la grande bourgeoisie. C’est dans ce but qu’elles créeront partout où elles pourront des mouvements fascistes ; qu’elles leur conseilleront, pour tromper les masses ouvrières, de se servir de mots d’ordre anticapitalistes. C’est ainsi qu’à l’époque de l’impérialisme, en combinant une démagogie anticapitaliste chauvine, antisémite avec un terrorisme forcené contre la classe ouvrière, le fascisme a pu, dans un certain nombre de pays, dresser un barrage contre le socialisme, assurer la prolongation du système de domination des oligarchies capitalistes. Telle était la mission des nazis rassemblés par Adolf Hitler. Telle est la mission des nazillons qu’essayent de rassembler Marcel Déat, Deloncle et Jacques Doriot. »
N’y a-t-il pas des similitudes avec l’état des mouvements d’extrême droite en « prospérité » d’aujourd’hui ? Oui, car leurs « prospérités » ne tiennent qu’à l’engendrement de la misère dans ce système d’exploitation, qui ne fait que préserver son noyau dur pour le maintien de son ordre, en favorisant ceux qui louvoient les peuples pour dissimuler leurs réels intérêts avec la bourgeoisie. La preuve en est par exemple l’appui d’Elon Musk à l’AfD, le parti identitaire d’Allemagne. L’instrumentalisation et la manipulation, telles sont les armes politiques de ces « nazillons » qui n’ont qu’une réelle intention de nuisance pour les masses afin de préserver l’ordre actuel capitaliste.
C’est ce qu’avait déjà compris l’impérialisme états-unien au sortir de la guerre antifasciste en 1945, qui de manière informelle a préservé, maintenu et engrangé partout dans le monde des réseaux d’extrême droite, fascistes, néofascistes, identitaires, etc. Tout ceci dans le but d’éteindre tout élan réellement démocratique, populaire à l’initiative des communistes dans un contexte de guerre froide. C’est de là qu’a été permis le reflux contre-révolutionnaire duquel s’est ensuivies de lourdes défaites pour le camp socialiste, avec la chute de l’URSS notamment. Oui mais voilà que l’ordre impérialiste hégémoniste creuse sa propre tombe, et élève chaque jour ses bourreaux en les maintenant dans une société qui tend de plus en plus vers une violence extrême par la voie de la militarisation, de l’économie de guerre, des discours politiques sécuritaires, anxiogènes, raciaux et tranquillisants. Tranquillisants, car pour maintenir l’asservissement des exploités et résorber, voire étouffer, toute velléité de remise en cause pouvant aboutir au renversement, il faut pouvoir « adoucir » la douleur, inexplicable sans analyses marxistes, de tous ces prolétaires qui ne peuvent encore à l’heure actuelle assurer leurs conditions d’existence que par la vente de leur force de travail.
Cela frise le ridicule, cette instrumentalisation d’un militant politique dont la plupart des actuels défenseurs ne connaissaient même pas l’existence jusqu’alors. Le peu de responsabilités que l’on se doit d’avoir lorsqu’on se donne une représentation abstraite de justice devrait engendrer a minima la volonté de mettre en lumière toutes les autres affaires de victimes liées à « la violence politique » : par exemple, Ibrahim Ali, Angela Rostas, Ismail Aali, Hichem Miraoui, Djamel Bendjaballah et tant d’autres, tués par l’extrême droite.
Ainsi, lorsque nous voyons aujourd’hui l’Union européenne faire de plus en plus monter l’extrême droite, lorsque nous voyons l’OTAN militariser toujours plus les économies de ses pays membres, lorsque nous voyons les mêmes forces qui pleurent un militant d’extrême droite soutenir par ailleurs le renforcement de cette institution supranationale, nous mesurons l’actualité brûlante de l’analyse de Gabriel Péri. Car l’UE et l’OTAN ne sont que les habits neufs de ce vieux système que les fascistes d’hier comme d’aujourd’hui ont pour mission de préserver : un capitalisme mortifère qui, pour survivre, doit museler les peuples, militariser les sociétés et faire taire toute aspiration à une véritable émancipation. C’est pourquoi, fidèles à l’héritage des résistants communistes comme Manouchian et Péri, nous devons exiger la sortie de la France de l’OTAN et de l’UE, seules conditions pour retrouver notre souveraineté et construire une alternative réellement progressiste, débarrassée de ces institutions qui perpétuent, sous couvert de démocratie, le même ordre d’exploitation et de guerre que combattaient nos aînés.
Erol – JDM












LE NÉOLIBÉRALISME « Le renard libre dans le poulailler libre est générateur d’exploitation, d’injustice, de désordre et d’anarchie.
Louis O’Neill, Initiation à l’éthique sociale, 1925
Réflexion : Sur une réforme constitutionnelle peut-être à envisager en emboitant le pas sur l’Italie pour une séparation des carrières entre les Magistrats du Parquet ou ceux relevant du Ministère Public?
En Italie comme en France aujourd’hui les magistrats sortant de l’école de la magistrature peuvent passer d’une fonction à l’autre au cours de leur carrière. Le référendum prévoit que les Magistrats devront choisir de manière définitive le choix de leur carrière.
Concernant la France. Le grand divorce de 1790 : la séparation des autorités administratives et judiciaires !
A ce jour le01.02.2026 Loi des 16-24 août 1790 sur l’organisation judiciaire Article 13. Les fonctions judiciaires sont distinctes et demeureront toujours séparées des fonctions administratives. Les juges ne pourront, à peine de forfaiture, troubler, de quelque manière que ce soit, les opérations des corps administratifs, ni citer devant eux les administrateurs pour raison de leurs fonctions.
Quelle déontologie prime le Parquet ou le Ministère Public ?
Cadre de réflexion sur les enjeux éthiques liés à la conciliation judiciaire 26 janvier 2026.