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Décès d’EL HACEN DIARRA : Analyse d’une société capitaliste qui n’en finit plus de TUER ses travailleurs.

par | Jan 26, 2026 | Actualités nationales | 0 commentaires

« A ce stade l’État de droit bourgeois, ne dispose plus d’aucune marge d’hésitation dans sa voie de fascisation  »

C’est parfois des affaires dramatiques comme celle-ci qui font ressurgir l’intention d’analyser et de comprendre afin de ne plus revivre les mêmes situations. Pour cela, la nécessité de dépasser le principe de segmentation des évènements est une obligation à but révolutionnaire. L’affaire en elle-même est inacceptable pour le droit à la vie, mais elle revêt également toutes les conceptions liées aux droits à la dignité de la vie humaine. C’est ce que nous tenterons d’expliquer au travers de cet article.

Dans cette société qui tend à la déshumanisation entraînée par le capitalisme, le décès d’El Hacen, travailleur immigré et résident au foyer des Muriers dans le XXᵉ arrondissement de Paris, n’est malheureusement qu’un drame de plus ajouté à la longue liste des travailleurs, des forçats victimes de la répression violente et inouïe adressée unilatéralement contre la majeure partie de la population. Jusqu’à cette dramatique nuit de son assassinat du 14 au 15 janvier, il se devait d’assurer ses conditions d’existence. Voilà une première donnée qui donne à réfléchir : Comment assurer des conditions d’existence dans cette société fondée sur le modèle du capitalisme ? Bien évidemment la réponse ; qui mérite d’être approfondie mais qui n’est pas le sujet maintenant ; se résume à la surexploitation du travailleur. Un principe qui s’applique à la majorité de la population, qui n’est pas propriétaire des moyens de production. La propriété de ces moyens de production, arrivée au stade de développement du capitalisme actuel, se concentre entre les mains d’une infime minorité ne participant même plus au processus de production du fait du transfert de la valeur marchande à la valeur capitale, financière et qui influe, de par sa détention de valeur transférée, sur tous les processus de production existants. Mais étant donné aussi que plusieurs facteurs entrent dans la variation de la valeur de la force de travail (le salaire, le coût du travail et tutti quanti), tels que le niveau de qualification, l’âge, l’expérience entre autres, il est aisé de percevoir une stratification des classes, voire même des sous-classes parmi les classes exploitées par les capitalistes. (Les classes ici sont évoquées en termes marxistes, c.-à-d. en fonction des conditions d’existence et de la place de l’individu dans les rapports sociaux de la production). C’est ici que nous allons nous arrêter quelques instants pour évoquer l’une des raisons de la déviance des idéologies particularistes et racistes, notamment… Le capitaliste, qui fonctionne sur le principe de la polarisation entre l’augmentation du capital investi dans les moyens matériels (essentiellement) et la diminution de la valeur donnant la plus-value (ce qu’il paie pour obtenir sa plus-value en quelque sorte), a tout intérêt à s’avantager et à jouer sur la concurrence entre les forces productives (en finalité le prolétariat). Voilà pourquoi, par exemple, vous entendrez à longueur de journée dans la sphère médiatique des idées de mise en concurrence entre les travailleurs d’un pays et d’un autre, etc. C’est aussi le bain-marie des conceptions réactionnaires du type « le choc des civilisations », des visions européistes, suprématistes, etc.

Combien de fois avons-nous entendu dire que la faute était à x ou y nationalités qui, avec leur arrivée, ont cassé le prix du marché ? Oui, mais qui d’autre que le capitaliste en tire réellement profit ? Personne n’osera s’attarder sur le délaissement provoqué par ce même capitaliste vis-à-vis de son travailleur, puisqu’il lui assurait ses conditions d’existence jusqu’à maintenant. Le travailleur lui-même n’aura d’autre choix que de se réassurer des conditions d’existence, même au prix d’une dégradation des conditions de travail.

Voilà que nous revenons sur le fait que dans le capitalisme, le rapport social dans la production ne favorisera jamais l’amélioration des conditions du salarié et de son émancipation sociale, mais qu’il cherchera constamment à réduire le besoin du salarié pour le capitaliste, à le rendre moins agile, moins nécessaire à la production… Ici, nous pouvons évoquer le principe fallacieux de la révolution technologique, de la nouvelle ère qui, sous ces phrases pompeuses, n’enlève en rien tout le principe du machinisme de Marx dans le Capital (tome I). Marx n’a pas connu l’automatisation, l’ère du numérique ni l’intelligence artificielle, mais il avait déjà démontré son principe d’utilisation par la classe capitaliste. Revenons à notre présent, et à la contradiction qu’amène cette nouvelle ère technologique : le fait est que sous des principes libéraux, la division du travail et l’autonomie demandée constamment au prolétaire entrent en contradiction. En effet, sous le principe d’autonomie de la vie du salarié via la numérisation (par exemple, les démarches liées aux ressources humaines transférées sur des applications) et de l’atomisation du travail, nous nous retrouvons avec une société qui ne sait plus où donner de la tête en termes de formation, de production et d’industrialisation. Cela fait aussi avancer la société capitaliste dans la voie de la fascisation car la classe bourgeoise dominante perd de plus en plus le contrôle des leviers de l’appareil de domination, en l’occurrence l’État.

De par ce fait, une armée de réserve du prolétariat embarquée dans le chômage se voit remplacer par un prolétariat venu de l’étranger, moins formé, acceptant des conditions de travail et de vie plus dégradées mais qui correspondent parfaitement aux critères recherchés par le capitaliste.

C’est alors que le potentiel danger de révolution sociale se fait ressentir et met en marche la classe capitaliste qui utilisera tous les moyens nécessaires à la perduration de son principe de fonctionnement basé sur l’exploitation humaine : elle contribue alors à former et développer une contre-révolution en exploitant toutes les idéologies réactionnaires, toute sa mainmise sur les sciences et la technologie. Elle se voue corps et âme à ne pas perdre ses conditions d’existence présentes. Elle se prête à militariser la majorité de ses chaînes de production afin de rétablir l’ordre social, elle arme tant idéologiquement que matériellement toute sa sphère d’influence pour ses propres intérêts.

Et lorsqu’une énième affaire d’assassinat policier surgit envers un travailleur dans ce contexte précis, cette classe capitaliste qui révèle toute sa décadence et sa fulgurante perte de vitesse sur le contrôle des masses, elle joue contre la montre afin de préparer le terrain de façon optimale pour son basculement dans le fascisme.   

La solution qui porte l’espoir pour tous les travailleurs en France, tous les exploités, toutes les forces productives qui s’accordent à vouloir stopper cette surexploitation infernale, est dans l’unification des forces et l’organisation pour une lutte contre ses propres bourreaux : l’appel à l’unité, du tous ensemble et en même temps, l’appel à l’arrêt pour que ce cycle infernal s’arrête !

Prolétaires du monde entier, Unissez-vous !

Erol – JDM

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